mercredi, 14 mai 2008
Andromède et le singe savant
Oui bon ça va, moi aussi je sais que c'est Mars, là, mais je le crie pas dans la salle non plus. Et puis est-ce que je m'amuse à étaler ma science comme ça, moaaaa ??? C'est fou comme les enfants qui veulent montrer qu'ils savent tout ont le dont de m'énerver...
J'ai 10 ans, je suis en CM2. Je suis ce qu'on peut appeler un bon élève. Mieux, en classe, je suis un stakhanoviste de la participation spontanée (deux ans après avoir délaissé la délation ;-) ), toujours prêt à répondre aux questions que l'instituteur, Monsieur C. n'avait pas encore posées, un vrai petit con, quoi.
Monsieur C. était un instituteur proche de la retraite, à la répartie facile et surtout fort grinçante. C'est un début d'après-midi, nous faisons un cours d'astronomie. Monsieur C. nous parle du soleil puis évoque les galaxies et les nébuleuses. Tout à coup je me sens comme investi d'une mission : enrichir le cours de mon indispensable grain de sable. Moi même, je me demande parfois comment je faisais, à dix ans, pour savoir autant de choses. Je lève la main au moment où il parle de la Voie Lactée. Il me donne la parole et, tout fier, je dis : "l'autre galaxie la plus proche de la nôtre, c'est Andromède".
Je suis toujours étonné de voir comme on peut être décontenancé et marqué par une réponse à laquelle on ne s'attend pas. Quinze ans après j'ai toujours le sentiment de sentir mes joues rougir au moment où il m'assène sa réponse.
"Non, ce n'est pas Andromède, c'est Orion. Mais de toutes façons on ne t'avait pas demandé de ramener ta science".
Je ne saurais dire combien de fois j'ai entendu cette phrase passer et repasser dans ma tête, pendant des mois. Et mes joues rougissent à n'en plus finir. Je voudrais tant n'avoir rien dit. Je voudrais tant ne pas avoir été là. Mais je l'ai dit et cette fois ma vanité a été fauchée en plein vol. Bravo Monsieur C., dans le mille.
Le cours se poursuit. Monsieur C. me laisse à mes joues écarlates et enchaîne à propos des nébuleuses. Il marque un temps d'hésitation. Il s'est trompé. La nébuleuse la plus proche c'est Orion et donc la galaxie la plus proche est bien Andromède. Il s'excuse aurpès de moi. Mais ce n'est évidemment pas ce qui compte.
J'ai comme une révélation de jour-là. Savoir plein de choses, c'est bien, avec une pointe d'humilité, c'est mieux. Il va sans dire que pendant tout le reste de l'année, Monsieur C. entendra bien moins souvent le son de ma voix. Avec les années, je crois que ce fut une bonne chose pour moi mais j'ai alors entamé une longue période pendant laquelle mes professeurs se plaindront de ne jamais m'entendre assez...
C'est encore le cas aujourd'hui. Le silence plutôt que la parole, la discrétion comme sécurité, à croire que cette petite phrase a changé tout un aspect de ma personnalité.
Retour au planétarium. Jusqu'à la fin, elle poursuivra évidemment son petit numéro ignorant le souvenir qu'elle me rappelle. Je ne sais pas si elle trouvera un jour un Monsieur C. sur son chemin, je ne sais même pas si ce serait une bonne chose. Après tout, elle a bien le droit.
19:38 Publié dans Petits souvenirs et grands récits | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
mardi, 13 mai 2008
Ne vous fiez pas à sa fraîcheur...
Vous ne savez pas quoi faire de vos bombes désodorisantes pour toilette parfum océan ? recyclez les en armes de destruction massive. Si efficace que la grosse araignée qui avait échappé à mon aspirateur puis à ma chaussure (seulement une patte cassée avant de battre en retraite) et qui se croyait bien à l'abris entre ma machine à laver et le mur n'en est pas revenue...
Voilà une arme de plus à ajouter au petit manuel à l'attention des arachnophobes...
La prochaine n'a qu'à bien se tenir. Nan mais !
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vendredi, 09 mai 2008
Ma voix retient son souffle...
Samedi 3 mai.
Je suis rentré chez mes parents pour ce week-end de quatre jour (le même week-end ques les radis), dans l'après midi un coup de fil d'un numéro inconnu sur mon portable. L'APEC.
L'APEC appelle pour faire des enquêtes le samedi après-midi... "Une enquête pas très longue" me dit M. l'enquêteur au début (juste un quart d'heure vingt minutes, quoi). On ne peut pas dire que je sois vraiment occupé en ce week-end où je m'ennuie même pas mal, j'accepte l'enquête. Oui, j'ai donc trouvé du travail, oui, j'ai déménagé, j'ai mis quatre mois à trouver, oui, j'ai commencé à chercher dès l'obtention de mon diplôme (encore heureux), oui dans ma formation j'ai reçu des cours sur la recherche d'emploi, oui, j'ai trouvé dans mon secteur, non, mon travail n'est pas purement alimentaire...
Tu le comprendras cher lecteur, une liste de questions toutes plus passionnantes les unes que les autres. Et puis à la fin le fin limier de l'APEC poursuit "avec une question un peu plus personnelle..."
Signal d'alerte instantané dans mon esprit. Comme si le temps s'arrêtait brusquement. Que me veut-on, que cherche-t-on, que vais-je m'autoriser à dire... Je cogite, les questions fusent avant même qu'il ne termine sa question.
"... êtes vous célibataire ou en couple ?"
Je m'entends donner les deux réponses. Toujours cette habitude de se cacher, comme un réflexe acquis, et, aussi, cette volonté de ne pas ouvrir ma vie à cette question insdiscrète et importune. Cela dit, c'est frustrant de toujours garder le silence et ça n'engage à rien après tout... mais cele ne les regarde pas. Et puis c'est comme si ma voix décidait de trancher seule au lieu d'attendre une décision, ma voix retient son souffle et dit :
"en couple".
Ce fut une bonne chose de répondre à ette enquête.
11:06 Publié dans Un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
mardi, 06 mai 2008
Joss, êtes-vous un hyper-sensible ?
Par un après-midi de désoeuvrement pendant ma période de chômage, j'avais créé un compte sur le site du magazine Psychologies (oui, encore, je sais). L'intérêt était de pouvoir faire tout un tas de tests de personnalité à la con (trop bien, n'est-ce pas ?). Depuis, j'ai le grand plaisir/bonheur/privilège de recevoir régulièrement des spam me proposant d'aller répondre nouveaux tests savants mis en ligne sur le site.
Et vl'atipas que ce matin je reçois un spam me proposant le test êtes-vous un hyper sensible ? ...
Waaouuuhh trop bien !! j'en ai frétillé toute la journée en attendant ce soir, le moment où je pourrai enfin répondre à cette trépidente question. Je ne crois pas être spécialement sensible. Comme je l'ai déjà raconté ici, je ne pleure quasiment jamais. C'est donc plein de curiosité que je me lance dans les premières questions...(pfff, il est long ce test en plus)
Résultats des courses : "Vous êtes un grand douillet affectif"
Ah nan mais n'importe quoi, hein !!! Je veux pas d'abord ! Non, non et renon. Je lis leur conclusions, bof bof, ça c'est faux, ça aussi, complètement faux...
et puis je tombe sur : "Votre grand atout : vous êtes quelqu’un de facile à aimer. Les autres s’attachent à vous, votre entourage apprécie vos qualités d’écoute, votre faculté de vous mettre à la place d’autrui. "
Haaaannn mais oui c'est vrai ça !!! ils sont trop fort chez Psychologies en fait. Vraiment, c'est un test de grande qualité qui sait révéler notre véritable nature. En dehors de quelques petites erreurs dans tout le reste, surtout à la fin au tout début de leurs conclusions, ils sont su déceler à quel point je suis quelqu'un de remarquable.
Du fond du coeur, merci, merci. Tant de justesse dans l'analyse... ça m'émeut.
22:57 Publié dans Mes petites nevroses | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
dimanche, 04 mai 2008
Trois radis
(le titre de ce billlet est paticulièrement vendeur, j'en ai parfaitement conscience)
Dimanche matin. Je suis rentré à Angers pour ce week-end de quatre jours, c'était la première fois que je revenais chez mes parents depuis cinq semaines. Je prépare mon petit-déjeuner dans la cuisine tout en discutant avec ma mère. Mon regard finit par se poser sur un coin de table où siègent encore trois queues de radis, vestiges probables de l'hétéroclite petit-déjeuner de mon père, pris un peu plus tôt alors que je profitais encore de ma couette.
J'ai la chance (je pense que c'en est une) d'avoir des parents à la main verte, adeptes du parre-terre de fleur et surtout du grand jardin potager. J'ai donc eu une alimentation riche en légumes divers et variés que beaucoup d'autres de ma génération ne connaissent que de façon lointaine et j'ai surtout eu cette riche habitude de voir nos repas familliaux décrire l'année au rythme des saisons.
C'est curieux comme trois queues de radis ont eu le don de faire voyager mes pensées ce matin. Je crois que je n'avais jamais réalisé à quel point les radis sont une évocation du printemps dans mon esprit. Soudainement, j'ai revu défiler les samedi matins de mai de mon adolescence. Ceux que je passais à dévorer dans L'Equipe les résultats des tournois de préparation à Roland Garros...
En mai 1998, au tournois de Berlin, une certaine Amélie Mauresmo créait la surprise. Plus tôt dans la semaine elle avait battu Lindsay Davenport et l'édition du samedi relatait sa victoire de la veille en quart de finale. Il me semble bien que c'était contre Barbara Paulus (j'irai vérifier tout à l'heure). Je me souviens encore que le samedi elle pousuivrait son parcours en battant Jana Novotna avant de s'incliner en finale le dimanche face à Conchita Martinez...
Mais pourquoi est-ce que je m'en rappelle si bien ? C'était il y a dix ans (...).
Je retourne aux radis. Nos repas du samedi midi en mai, les premiers de la saison que nous prenions dans le jardin, parfois accompagnés du barbecue. Le croquant du radis et la douceur du beurre, mais c'est aussi la qualité du pain qui faisait la réussite (ou non) de cette entrée en matière alimentaire. Les radis du jardin étaient l'entrée du samedi comme la tarte aux fraises de ma mère (à la délicieuse pâte sablée) était le dessert du dimanche. Et puis il y a toutes ces choses qui y sont associées, les jours de fête des mères, les dimanches d'élection, mes allergies au pollen, quelques pic-nic sous les maronniers...
En voyant ces restes de radis sur la table en ce dimanche matin, je suis un peu triste. Il y a maintenant trois mois que j'ai quitté la maison pour m'installer à un peu plus de deux heures de route.
C'est normal et c'est la vie qui veut ça, mais ça me fait un petit quelque-chose de savoir que désormais, les radis, ils les mangent sans moi.
11:19 Publié dans Petits souvenirs et grands récits, Un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
lundi, 28 avril 2008
Un cor, une trompette, un poste
L'arrivée à la gare et toi au bout du quai, ma toute première ascension dans la tour Eiffel ce vendredi, notre dîner sur les Champs, la promenade dans le 10ème vers l'hôtel...
Il y a nos deux matins ensoleillés, et, au détour d'une rue, ma question innocente "Ah tiens ça a l'air bien cette chose, là, on dirait que c'est le bout d'une église qu'on aperçoit, non ? on pourra s'en approcher tout à l'heure ? ..." Ce bout d'église qui était en fait l'un des clochers de Notre Dame... notre petit trajet à St Michel, notre pause au bord de laMaineSeine, le diner à Montmartre, la petite croisière improvisée à la dernière minute...
Ce petit déjeuner en terrasse au soleil tout près du forum des Halles en ce charmant dimanche matin. Je crois que c'est là mon meilleur moment du week-end... Et puis nos nombreux trajets dans le métro, mes commentaires éclairés sur les affiches du spectacle de Jean-Luc Lemoine, la dernière pause aux Tuileries, La course pour avoir le dernier métro à la Concorde vendredi soir...
Paris. Et l'envie d'y retourner.
23:15 Publié dans Petits souvenirs et grands récits | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
mardi, 22 avril 2008
Question fort à propos
Comme beaucoup de blogueurs, je m'amuse souvent à consulter la liste des mots clé qui ont permis à des internautes hasardeux d'arriver ici. Pour avril, la tendance n'est pas à la gaîté printanière mais plutôt à la dépression saisonnière...
"les phrases à dire positives", "petites phrases de souffrance", "que faire le samedi soir"
Et puis j'avoue avoir une certaine tendresse pour :
"je n'ai que faire de definition" et "ou faire du rodeo" (et oui, les plus grands esprits de la toile se côtoient sur mon blog).
Mais revenons donc à nos brebis galeuses moutons, ce qui m'amène à écrire cette petite note. Au milieu du désordre apparant, il faut parvenir à trouver la petite pépite, l'éclair de bon sens que l'on espérait plus trouver. Un lecteur est arrivé ici en tapant "que faire à paris ce week end". Eh bien en voilà une personne bien informée, mon chéri et moi, nous serons effectivement "dans la capitale" ce week-end (mais comment mes lecteurs font-ils pour être au courant de ça ??).
Alors que ma semaine de boulot est plutôt chargée et pas franchement détendue, c'est mon petit plaisir intermittent, penser que vendredi je retouverai ses bras et que nous nous balladerons l'un et l'autre dans les rues de la grande ville...
22:26 Publié dans Blablablog, Psycho-blogo-logie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
lundi, 21 avril 2008
Le score de la soirée
Elle s'était cachée dans un coin, elle m'a regardé prendre ma douche avant de se montrer. Moi qui suis si pudique, s'il est bien une chose que j'excecre c'est que l'on me voit nu, que l'on se permette une pareille intrusion dans mon intimité. Cela doit faire des années que je n'ai pas ressenti une pareille colère. J'ai eu envie de la massacrer, de la détruire. Je voulais la voir souffrir.
J'ai même éprouvé un certain plaisir à entendre son squelette craquer lentement pendant que je la voyais se débattre.
Le score de la soirée :
Joss : 1,
très très grosse araignée toute noire : 0.
(rhoooo pis maintenant ça me fait une tâche sur mon mur !!!)
21:46 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
dimanche, 20 avril 2008
Quelle ingratitude !!
Lui : ah tiens, c'est marrant, je trouve que vous ressemblez au gars qui présente les Zamours le midi.Moi : ... ... ?!!? ?!! ... ...Lui : euh mais en mieux, heinMoi : ?!? ah oui ? et bien on ne me l'avais jamais dit...

20:29 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
mercredi, 16 avril 2008
Où quand le temps qui passe devient le temps qu'il reste
De loin, sa robe laisse apparaître des jambes tristement maigres. Elle a le visage mangé par deux grandes tâches rouges, les yeux masqués derrière un voile légèrement opaque. Engoncée dans son fauteuil roulant, elle attend fermement qu'on vienne l'aider à rejoindre la salle à manger. Pourtant, à quinze heures, cela ne figure pas au programme et il y a fort peu de chance pour que son voeux soit exaucé. Mais elle ne le sait pas, elle ne le sait plus. Elle peine à se faire comprendre et finit par s'agacer.
J'ai déjà vu des gens mal en point mais je crois que c'est la première fois que j'éprouve autant de pitié. Je ne faisais que passer dans le couloir et le devoir m'appelait ailleurs. Je n'ai rien fait de plus que la laisser entre les mains de l'infirmière qui se trouvait tout près. Un sourire entendu, bien sur qu'elle veut aller dans la salle à manger. Comme souvent, comme d'habitude.
Chaque matin je longe la chambre mortuaire avec cette sensation étrange d'être au voisinage de ces fins de vie comme si c'était normal. Venir travailler chaque matin et voir comment les choses se terminent a quelque chose de désespérant.
Et qu'ont ils fait de leurs vies ? Parfois j'ai du mal à me convaincre que eux aussi ont eu vingt-cinq ans, des projets, des ambitions, un avenir. Ils ont été souriants et dynamiques, ils ont eu l'oeil malin et la répartie habile, le pas léger et l'humeur badine. Ils ont voulu être pompiers, infirmières ou artisans, ils ont élevé des enfants, les ont porté dans leurs bras...
Leur existence est devenue une routine morbide et alliénante dans l'attente d'un dénouement que personne n'ignore. Parfois, je me demande comment on fait pour être présent chaque jour et ne pas voir son moral sombrer sous ces funestes considérations.
Je ne sais pas.
21:47 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note


