vendredi, 26 juin 2009
Le soleil entre les arbres
Dans la rue au calme, animée seulement par le cri des mouettes devenu paisibles je marche tranquillement en direction de la futilité de ce soir, retirer quelques euros au distributeur le plus proche. Il a plu toute à l'heure. Le soleil de cette soirée de juin est revenu sécher les trottoirs et les arbres. L'air est doux et je respire calmement à nouveau. Je crois avoir passé cette semaine les jours les plus éprouvant qu'il m'est arrivé de vivre après être passé par le désespoir complet ce mardi matin, au bord des larmes avant le moment fatidique.
Mais les évènements ont tourné et j'ai retrouvé l'occasion de sourire. Je ne sais de quoi la suite sera faite, mais je me rappellerai avec un petit frisson ce soir de juin où j'ai regardé le ciel sereinement à nouveau, après avoir eu si peur.
Le bout du tunnel approche. Demain, j'enfile mes bottes de sept lieues pour atterrir sous les tropiques.
Milow, Darkness ahead and behind
21:14 Publié dans Dans ma lune | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
dimanche, 21 juin 2009
Tunnel. Avec une jolie sortie à l'autre bout...
Ce soir, pour beaucoup c'est la fête de la musique. Pour moi c'est en quelque sorte le début du tunnel. La semaine qui s'annonce va être de très loin la plus difficile de ma carrière débutante, bien plus stressante en tout cas que tous les examens que j'ai pu passés au cours de mes études. Les festivités (appelons ça avec un terme positif) débutent mardi pour durer jusqu'à vendredi. Vendredi, j'en serai d'ailleurs à 19 jours de travail consécutifs :( . Et l'enjeu est si important qu'il me donne presque le vertige. Je vais avoir l'impression de passer ces quatre jours en apnée.
Je poursuivrai juste après en partant dès samedi matin à 5h50 pour la Guadeloupe (mais si, je vous assure que je vais en Guadeloupe pour travailler !!). Même si l'enjeu sera largement moins important, là aussi il y a un peu de stress dans l'air. Oui, moi qui vais devoir traverser la Guadeloupe seul au volant d'une camionnette alors que je n'ai encore jamais pris l'avion ni conduit de véhicule plus grand qu'une peugeot 306, j'ai du mal à y croire. Ah si, en fait j'ai déjà conduit un tracteur, mais c'est pas pareil (Certains vont vraiment se demander ce que je fais comme métier).
A peine de revenu de Guadeloupe (enfin, si j'en reviens), ce sera retour à Mouetteland pour seulement un jour avant de filer à Lyon pour deux jours puis retour à Mouetteland pour deux jours (!?!) puis Angers pendant deux jours avant de partir en vacances... mes premières vacances depuis Août dernier...
Mes vacances pendant lesquelles je vais partir là où il me faudra mon passeport tout fraîchement acquis. Et enfin, tout sera bien .... :D
(Il est donc possible cher lecteur que dans les semaines à venir j'ai un peu de mal à trouver le temps pour écrire ici, mais j'aurais toute un foule de choses hautes en couleur à raconter)
23:01 Publié dans Un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
mercredi, 17 juin 2009
Petite joie futile, donc essentielle
Ce matin, passage par la mairie pour récupérer mon passeport tant attendu (oui, enfin, malgré une erreur dans le trajet qui a envoyé mon passeport dans une annexe de mairie sans aucune raison, ils l'ont enfin !).
En repartant, je passe par nécessité par la case parc-mètre. Petit souci momentané : Monsieur Parc-mètre ne prend pas la carte bancaire au dessus de 1 € et je n'ai pas de monnaie sur moi, je le sais bien, mon porte-feuille sonne creux lorsque je passe mon doigt le long de la petite poche à sous-sous. J'essaie tout de même de payer avec ma carte mais comme prévu, Monsieur Parc-mètre ne veut rien savoir, j'en ai pour seulement 40 centimes (oui, Madame Mairie a été extrêmement rapide cette fois-ci). En désespoir de cause, je regarde tout de même dans mon porte-feuille. J'ai alors la divine surprise d'y trouver un billet de 20 €.
Et bien, tu n'imagines pas, cher lecteur, à quel point il est jouissif de voir une machine te rendre 19€60 en pièces de monnaie, ça n'en finit pas de tomber avec ce petit bruit agréable. On en a plein les mains et on repart avec le sourire, on jurerait qu'on a gagné le jackpot à une machine à sous. Cela a suffit à mon bonheur pour toute la matinée.
(oui, petite joie futile, j'avais dit)
20:48 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 14 juin 2009
Dimanche matin
Dimanche matin. Dernier matin tranquille avant les grandes échéances (professionnelles) qui vont bousculer mes trois prochaines semaines.
S'éveiller doucement avec la radio et rester à somnoler. 8h. Se blottir sous la couette, trouver sa position contre le traversin. Refermer les yeux avec la radio en fond d'ambiance. Se rappeler la veille. Mon passage par le travail. Mon passage devant la vitrine d'un salon de coiffure et remarquer que le coiffeur a cessé son travail le temps de me regarder passer. Mon détour par la plage, les pieds dans l'eau par grand soleil, à côté de ce qui ressemblait à des bouts de crabe en pièces détachées. Ma soirée avec deux bons amis à regarder "cette magnifique lumière qui descend des nuages" pour se perdre dans la mer... puis me remémorer des petits souvenirs de fac qui me font sourire.
8h40. Toujours la radio. J'aime me réveiller avec la radio. Ecouter le journaliste me parler du monde, y piocher ce qui m'intéresse. A travers les volets, la lumière permet de tout distinguer, comme pour s'éveiller en douceur. Changer de position en passant le traversin de l'autre côté. Penser à la journée qui arrive. Le passage au travail, vers quelle heure ? Mon repassage qui m'attend. Si peu envie. Je referme une fois de plus la couette sur moi pour un répit supplémentaire. Penser au petit déjeuner qui m'attend.
9H30. Lever. J'aime les dimanche matin. Et ce serait tellement mieux en étant accompagné.
12:02 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
dimanche, 07 juin 2009
J'ai toujours préféré aux voisines les voisins
Ce matin, le soleil perce généreusement entre les arbres du Parc de Pignerolle. Le ciel bleu aidant, je me suis résolu à venir faire quelques foulées pour entamer ce dimanche avec bonne conscience, en plus d'être passé par le bureau de vote. Quelques mètres devant moi une brochette de trois joggueurs a fait de même. Leurs mollets ne laissent pas de place au doute : si je ne suis qu'un pratiquant occasionnel (et encore), eux sont des adeptes réguliers de la torture respiratoire en sous-bois.
Les mollets sont savamment dessinés par l'effort, bien accordés avec les cuisses tout comme leurs bras que les manches courtes laissent découvrir au grand jour. Le bronzage est également de mise, cela va sans dire, on déplorera simplement que les shorts ne soient pas un peu mieux ajustés (le cycliste a parfois du bon ;-) ). Je reste un petit moment derrière le groupe qui a choisi d'adopter une allure très modérée me permettant de les conserver dans mon champ de vision à portée de tir. Pendant quelques temps, je me sens même mu par une énergie insoupçonnée qui me permet de suivre bien plus longuement que je ne l'aurais pensé (comme c'est étonnant ... serait-ce la pratique du badminton qui m'aurait donné ce nouvel allant ? ou bien ... ).
Quelques minutes plus tard, ma brochette de joggueurs empreinte un itinéraire différent du mien et, craignant de ne plus tenir très longtemps, je préfère ne plus les suivre (rester digne, en toute circonstance). Ce sont ensuite deux filles de mon âge qui trottinent devant moi. Elles aussi ont la silhouette sportive et joliment taillée, l'une d'elle particulièrement. Mais voilà, c'est différent, c'est moins... moins attrayant ? oui, je crois que je peux le dire ainsi.
Je me suis alors souvenu l'une des conversations du week-end dernier sur la découverte de nos attirances à l'adolescence. Je me suis souvenu ce jour de quatrième ou cinquième, je ne sais plus exactement. On était en cours de sport, dans les vestiaires, l'un des garçons avait sorti de son sac de sport un magazine de cul qui devait être New Look ou l'un de ses concurents. Je me rappelle alors la ruée des autres garçons vers les photos, une sorte de mélée de rugby catégorie ado boutonneux, je me rappelle être resté complètement perdu, consterné avec mon survêtement dans les mains, seul de mon côté du vestiaire alors que les autres paraissaient en ébullition.
Que dire ? que faire ? Je voyais bien que quelque chose n'allait pas, que je ne parvenais pas à être comme les autres. Je me suis demandé si je devais faire semblant, si je devais moi aussi essayer de me méler à la cohue dans le but d'apercevoir un bout de sein que je trouverais de toutes façons sans intérêt. Dans le doute, je suis resté planté avec un sourire de façade faussement amusé et bien inutile puisqu'évidemment personne ne me prêtait attention, ils était bien trop occupés. Et puis je ne sais plus comment mais l'orage avait fini par passer, le déferlement d'hormones s'était calmé. Mais je n'ai jamais oublié ce moment, la toute première fois, je crois, que ma différence m'est apparue en pleine face, si évidente.
A la même époque, je me souviens qu'à chaque passage chez un marchand de journaux, j'essayais sournoisement de pointer mon regard dans les rayonnages les plus hauts, ceux où j'avais aperçu de temps à autres quelques clichés de garçons dénudés. Une fois, j'avais été interloqué par ce gros titre que j'étais parvenu à déchiffrer : "Les gars de la marine, on n'est pas tous des brutes". J'y avais pensé des semaines durant, essayant d'interpréter au mieux ce que cela pouvait bien vouloir dire exactement... Que c'est beau la naïveté lorsqu'on y repense dix ans plus tard.
Je me suis souvenu enfin ce jour d'été où pour la première fois de ma vie je m'étais autorisé à regarder des garçons dans la rue. C'était une libération, c'était un envol. C'était un jour de grand soleil et j'avais senti mon coeur battre lorsque sur la place du Ralliement, mes yeux s'étaient posés sur un T-Shirt blanc fort bien porté, et fort bien rempli.
Bon ben finalement la grognasse de devant, elle n'avance pas assez vite. Pour une fois, c'est moi qui dépasse. Ca me permettra de voir s'il n'y a pas d'autres jolies choses à aller voir plus loin.
13:23 Publié dans Homo-acceptation, Petits souvenirs et grands récits | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
dimanche, 31 mai 2009
Crypte, rillettes et canapé magique (et la formule de politesse qui va bien)
Samedi matin, départ pour Le Mans afin de rendre visite à Monsieur Rouge-Cerise.
Le week-end débute naturellement par le trajet aller du samedi matin. Point de GPS, ce ne serait pas drôle sans l'habituel suspense du "vais-je trouver tout seul comme un grand ?". Avec mon ami Viamichelin, tout est vraiment tout simple : je sors de l'autoroute, j'enchaîne trois petits ronds-points et me voici arrivé. Dans la vraie vie, c'est autrement moins drôle. Au premier rond-point, tout va très bien. Ensuite... Pas de deuxième rond-point, plutôt une bretelle d'accélération et hop, me voilà parti en orbite quelque part dans l'agglomération mancelle. Dix minutes de pérégrinations aléatoires plus tard, mon regard se pose complètement par hasard sur le panneau que je n'espérais plus voir "Boulevard St Rouge-Cerise", c'est juste à côté de ma destination finale. Il ne me reste plus qu'à tourner à droite dans la rue St Rouge-Cerise et je suis arrivé.
Je suis accueilli comme il se doit avec en prime une vue imprenable sur la cathédrale. La ville a même fait les choses en grand en lançant une campagne de rénovation de ladite cathédrale en vue de mon arrivée. Hélas, les travaux ayant pris du retard, les échaffaudages n'ont pas pu être retirés à temps, tant pis, je saurais m'en accommoder.
Le repas est à la hauteur pour saluer mon immense exploit automobile avec notamment la crème du rayon Rillette du coin (ça c'est pas de la rillette de pédé !!) et un clafoutis aux pommes parmi les tous meilleurs qu'il m'est arrivé de goûter. La journée se poursuit par le petit tour dans les rues de cette ville que je ne connais absolument pas. Et comme d'habitude, les petites rues pavées avec des maisons à colombage, dont on se demande comment elles conservent l'équilibre, trouvent un charme fou à mes yeux. La balade est agréable, couvée par le plus beau soleil de mai avec le clou du spectacle dans l'église notre dame de couture et sa crypte à l'ambiance délicieusement mystérieuse (une simple visiteuse passant à côté m'a fait sursauté). Grande balade en verdure pour la suite afin de donner cadre aux grandes conversations qui savent si bien refaire le monde. Diner de printemps ensoleillé devant cette vue si enthousiasmante sur la cathédrale.
Et voilà donc qu'au moment de l'extinction des feux, en deux coups de main magique, le canapé d'angle est devenu un lit rectangulaire. Je n'ai pu réprimer un "Ah ouuaiis" de circonspection, j'ai même failli demander la vidéo au ralenti pour comprendre le déroulement de la manoeuvre mais j'ai préféré rester sobre (je comprendrai, un jour, je comprendrai comment ça marche !). Et on dort drôlement bien, sur ces canapés magiques.
D'autres conversations viendront occuper la journée du dimanche, sur le voisinage, des considérations automobiles ou mes projets pour l'été à venir (et en fait, je fis aussi preuve de mon immense maitrise de tout ce qui touche à la botanique) avant que ne je reparte, car les week-ends ont toujours une fin. Bordel de merde.
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jeudi, 28 mai 2009
Joss découvre la vie : l'Hôtel de ville
Pour mon grand projet estival, le premier ingrédient indispensable, le sésame par lequel tout doit débuter, c'est un passeport, moi qui n'en ai jamais eu (qui a dit "tiens donc, ça m'aurait étonné" ?).
Je m'étais donc renseigné bien à l'avance pour connaître les pièces nécessaires à l'obtention du précieux passe muraille, et aussi savoir quand je pourrai me rendre en mairie, tout ça tout ça... Et bien sur au téléphone, la dame de la mairie est parfaite et rassurante : vous pouvez venir du lundi au samedi sans rendez-vous, pas de problème.
Samedi matin. Je presse mon frère et sa copine, invités pour le week-end, pour nous rendre à une heure décente à la mairie. Je les laisse devant l'entrée, leur proposant de se promener dans les rues commerçantes avant de les rappeler dès la fin de mes formalités. Ayant rassemblé scrupuleusement toutes les pièces nécessaires, je me présente le coeur vaillant à la porte de l'Hôtel de ville... Des portes, il y en quatre. Euh... alors, euh...
L'Hôtel de ville est un bel endroit plein de caractère, à l'image du côté touristique de l'endroit, c'est la première fois que je m'y rends. Il y a donc quatre portes, en consultant les intitulés, je finis par en choisir une, sans être tout à fait sûr. Le premier couloir est désert avec des pancartes sinistres qui ne me disent pas vraiment si je suis ou non sur la bonne voie.
Une porte. J'ouvre. Une grande pièce. Quatre bureaux. Les trois premiers sont inoccupés. Une dame ébouriffée au quatrième. "Bonjour, je viens pour faire un passeport". "Oh là non Monsieur, aujourd'hui on fait le strict minimum, les actes de naissance ou de décès, pour le passeport vous pouvez venir à partir de lundi, 9h, et puis c'est pas ici, ce sera porte C". Je suis en colère, je suis déçu, je suis frustré, je suis triste. "Au revoir Madame Connasse".
Enervé, je cherche mon téléphone pour appeler mon frère... Cet imbécile de téléphone est resté chez moi... je les cherche une vingtaine de minutes avant de me résigner. Je rentre chez moi en colère au possible et les appelle une fois rentré (à pied...).
Mardi matin. Je suis donc revenu, j'ai enprunté la porte C comme convenu, je me présente dans une grande pièce, trois bureaux dont deux sont inoccupés. Au troisième bureau, une employée de mairie généreusement frisée s'évertue à expliquer à son interlocuteur des choses qui semblent lui paraître aussi compliquées qu'à moi. Je crois vaguement que cela concerne les élections à venir.
Dans la pièce voisine j'aperçois trois personnes entrain de discuter autour d'un café et de pains au chocolat. Je croise les bras, adresse quelques regards interrogateurs à Mme Frisée. Au moins une minute passe. A travers l'entrebaillement de la porte, j'aperçois un pain au chocolat qu'une main agite au gré d'une séance de languedeputage largement digne de ce nom. Et j'attends. Mme Frisée finit par demander à son interlocuteur de patienter quelques secondes et rejoint le salon des pains au chocolat. A ma presque surprise, je l'entends dire à ses collègues qu'il y a quelqu'un qui attend ("quand même").
Une seconde Mme Frisée vient alors s'inquiéter de mon cas. Elle est presque étonnée de l'exactitude avec laquelle je connais la liste des pièce à fournir ("c'est vraiment parfait !"). Elle me tend un formulaire et un stylo en ajoutant "voici un magnifique stylo de la ville de Mouetteland". Je comprends la sympathique ironie en découvrant un bic dont l'extrémité semble avoir été machouillée par la moitié des employés de la municipalité. Je lui rend un sourire finalement complice.
J'y reste dix minutes, elle répond gentiment à l'ensemble de mes questions et je me surprends à quitter les lieux avec le sourire aux lèvres. C'est peut-être ce stylo à la dégaine cocasse, c'est aussi la satisfaction de l'avoir très vite, ce précieux morceau de papier.
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dimanche, 24 mai 2009
Mini billet solaire
On se croit à l'abri, protégé par un voil nuageux sympathique. Plus tard, lorsque le soleil est parvenu à faire sa loi, on se dit que de toutes façons, il ne fait pas bien chaud et puis on ne reste pas longtemps... Alors on se laisse aller à faire le fanfaron sur la plage, cheveux au vent et raquette en main.
Et voilà comment on passe sa soirée, le visage tout rouge et tartiné de crème...
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samedi, 16 mai 2009
Mais je n'en étais pas
Revenu au bercail pour le week-end, j'étais parti dans les rues d'Angers à la recherche du parfum qui m'accompagnera et me rendra irresistible pour les mois à venir, enfin, surtout en juillet (c'était couru d'avance, ce sera un Kenzo). J'entendais bien le bruit en centre-ville mais je n'avais réalisé de quoi il s'agissait. Et puis, au détour d'une rue, elle est là, face à moi.
Plus jeune, je l'avais redoutée, j'évitais soigneusement tout possibilité de la croiser, ne mettant jamais le nez en ville lorsque que je risquais de me retrouver en face d'elle. La simple idée de l'apercevoir me mettait nécessairement mal à l'aise, appuyant le doigt sur mes peurs et mes contradictions. La fuite était toujours la meilleure solution. Par conséquent, je n'avais donc jamais vu la Gay Pride dans les rues d'Angers.
Je me souviens l'avoir croisée sciemment en 2007 à Nantes, cette fois nous étions deux et je me sentais plus fort pour aller l'épier, ne serait ce que par intérêt anthropolgique. Je me rappelle y avoir été très attendri par un couple de jeunes filles dans les bras l'une de l'autre, regardant passer le cortège en silence, l'oeil brillant et le sourire aux lèvres. Je me souviens aussi avoir été charmé par ce garçon d'à peu près mon âge qui m'avait remis un tract relatant les émeutes de Stonewall. Cela dit, en dehors de quelques minutes passées (caché ?) sous le drapeau Arc-en-ciel, j'étais resté un simple passant à l'air vaguement intéressé.
Aujourd'hui je suis à nouveau ce passant anonyme qui ne fait que regarder en conservant ces distances. Je les regarde tout de même en souriant aux regards que je croise mais je ne parviens pas à faire plus. Je m'étonne de leur nombre, je m'étonne de leur jeunesse également (ils ont 15 ans à tout casser, ces deux là...).
Une perverse curiosité (ou curieuse perversité ?) m'amène à faire quelques détours dans les rues que je connais bien pour être sûr de croiser par le plus grand des hasards le cortège une ènième foi. Tous ces visages me sont rigoureusement inconnus, je ne connais aucun gay à Angers. C'est un peu dommage, c'est comme ça.
L'un des animateurs prend le micro et s'adresse aux participants. Ils étaient selon les organisateurs 900 au départ et plus de 1500 au plus fort de l'après midi, un record pour ce qui constitue la dixième édition (on attendra pour connaître les chiffres de la police...). Je trouve cela plutôt réconfortant de voir ce bon millier de personnes motivées et enjouées, le tout dans une ambiance visiblement simple et conviviale. Mais je n'en étais pas.
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dimanche, 10 mai 2009
25 inepties, je peux le faire... (3)
Afin de satisfaire vos esprits impatients, la fin de cette rutilante série :
18- Lorsque j'avais 19 ans, j'ai brutalement cessé d'écouter Mylène Farmer le jour où j'ai su qu'elle était particulièrement adulée par les homos (mais, dans l'ignorance, j'ai continué à regarder scrupuleusement l'Eurovision)
19- Aujourd'hui, pour permettre le déroulement d'une petite blague jouant avec la crédulité de certaines personnes, j'ai pris le rôle du pire des salauds. Enfin, peut-être plutôt la pire des saloppes, en l'occurence. Un peu malgré moi. Mais c'était si bon.
20- Pour la première fois, aujourd'hui, j'ai roulé dans une voiture décapotée.
21- Je croyais que Sim était mort. Mais non, en fait, il est là, à la télé, et il a l'air encore envie, en fait.
22- Je déteste le nouveau système présentation des points en vigueur depuis deux ans à l'Eurovision, j'aimais bien mieux lorsque cela durait beaucoup plus longtemps comme avant.
23- Je n'ai jamais vu le Secret de Brockeback Mountain. Jamais.
24- La première fois que je suis allé au cinéma, j'avais 12 ans. J'étais allé voir le Roi Lion avec mon frère. La seconde fois, j'avais 13 ans, j'étais allé voir une version remasterisée de la Guerre des Etoiles avec un copain de collège. Et si mon frère était venu avec nous, il nous aurait peut-être conseiller de nous assoir ailleurs que dans la seule rangée de la salle où l'on voit une rampe de sécurité en travers de l'écran alors que la salle était entièrement vide à part nous. Il nous aurait peut-être aussi évité de nous perdre sur le chemin du retour... en bus. Moralité, à 13 ans, je n'étais tout à fait autonome, pas tout à fait...
25- Depuis mon accident de mouette de l'été dernier, je suis toujours d'une vigilance extrême avec les volatiles marins. Et jusqu'ici ça fonctionne.
Et bien voilà, 25, le compte est bon. Ce soir, je suis gentil, je ne désigne personne. Oui, je suis une crème, vous avez le droit de le penser (et de le dire en commentaire).
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vendredi, 08 mai 2009
25 inepties, je peux le faire... (2)
Ma série de 25 choses essentielles, devant vos yeux impatients, la suite...
9- En avril quelqu'un est arrivé sur mon blog en tapant dans un moteur de recherche : "Carla Morgane" (oui, Carla) et un autre "récit vibrateur triolisme". Sans commentaire :D
10- Contrairement à certains, j'adore les sushis. Mais j'aime aussi les poivrons jaunes, les épinards en branche, et je suis aussi très curieux des châtaignes et du chocolat aux noisettes.
11- Mon insitutueur de CP m'a collé une giffle un jour parce que j'avais commencé ma dictée à quatre carreaux de la marge au lieu de deux. je ne l'ai jamais digéré.
12- Cette semaine, j'ai dit à une des personnes les plus élevées dans la hiérarchie là où je bosse (on peut dire que c'est la numéro 2) : "ils essaient tous de vous tirer comme une vieille couverture". Et juste parès j'ai pensé "non ! je l'ai pas dit ? j'ai comme même pas dit une chose pareille ?!?" Sorti de son contexte ça peut paraître stupide et incompréhensible. Le problème c'est que une fois remis dans le contexte, c'est tout aussi stupide et incompréhensible...
13- Entendu la semaine dernière sur France Info : le concert de Mylène Farmer déplace les foule à Nice, "Deux villages de TENTES sont installés près du complexe Nikaïa".
14- Je déteste porter des chaussette blanches
15- Contrairement à ce qu'on pourrait croire, je suis tout à fait capable de tenir des conversations tout à fait sensées et cohérentes sur le football.
16- Quand j'étais gamin, j'étais fasciné par le feu, je tannais toujours mon père pour que ce soit moi qui allume le barbecue. Après le repas, je m'amusais à réactiver le feu avec des brindilles que j'allais piquer dans la haie.
17- Comme certains ont pu le remarquer, je suis totalement incapable de mener en même temps une conversation téléphonique et une conversation sur MSN sans dire n'importe quoi au bout de deux phrases ;-)
La suite et la fin, c'est pour très bientôt...
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dimanche, 03 mai 2009
Pensées ferroviaires
Fraîchement installé à la place 46, côté couloir, je me saisis de mon cahier à impressions.
Deux rangs devant moi, il y a une vraie bombasse un homme au physique des plus avantageux, arrivé dans le train au dernier moment. Je le verrai bien jouer Don Diego de la Vega. La trentaine, regard sombre, brun bouclé, trop bien bronzé pour que cela puisse paraître naturel, il est vêtu d'un petit gilet blanc très ouvert et sans manche, laissant ainsi découvrir des bras parfaitement taillés (gonflés ?) par l'effort. Si j'étais honnête, je dirais que j'aime bien et même que je suis un peu jaloux mais j'ai décidé d'être de mauvaise foi, je dirai simplement que tant de gel dans cette coiffure, c'est un peu dommage.
On ne le croirait pas, mais il n'est pas si évident d'écrire dans un train entre virages et secousses.
A quelques rangs devant moi, sur la droite, un homme est en train de lire Guérir de David Servan Schreiber, il me vient alors à l'esprit que je ferai bien de faire quelques exercices pour retrouver un peu de cohérence cardiaque.
J'aime assez prendre ces postures intelligentes dans les lieux publics comme cette rame de tgv : mon index vient naturellement se loger à la commissure de mes lèvres alors que mon stylo pointe vaillamment vers le ciel et mon regard, tantôt faussement incisif, tantôt délicatement rêveur donne l'illusion de l'Artiste en plein bouillonnement de créativité. Je sens bien à ce moment que tous les passagers de la voiture 6 sont en admiration devant cette manifestation subliminale de mon génie.
Ah, tiens, Don Diego porte un boxer rouge et blanc (je ne cesserai jamais de m'étonner de ces jeans qui ne remontent pas plus haut que ça).
Je me demande si ma voisine ne cherche pas à voir d'un oeil ce que je suis en train d'écrire.
Derrière moi, un couple de jeunes adultes est installé du côté droit. Elle écrit sur un bloc-note posé sur sa tablette de la même façon que moi. Lui s'est intallé en travers et s'est assoupi, la tête sur ses genoux à elle, de telle sorte qu'elle écrit de sa main droite et caresse le visage et les cheveux de son ami de la main gauche. Une représentation furtive des moments de tendresse qui me manquent. Elle me regarde de temps à autres.
Comme je le redoutais, mon esprit est hanté par le refrain du film vu hier au cinéma. Ce petit air qui vous suit en tout chemin, en tout lieu (et ne parle que du bon dieu, et ne parle que du bon dieeeuuuu).
Les paysages de la Sarthe puis la Mayenne se superposent vaguement aux images défilantes de ma semaine écoulée, une semaines où certaines portes se sont ouvertes et d'autres se sont fermées. Avec tant de changements pour la suite.
Le sac de ma voisine de devant a manqué de m'assommer en tombant de ... comment on appelle ça ? L'étagère ?
Je maudis les mangeurs de sandwichs qui font du bruit avec les sachets en plastique. Mon baladeur vient m'isoler quelques temps.
Mon regard tombe tristement sur mon stylo enserré entre mes mains alors que nous quittons Laval sous le soleil et que Mika me glisse à l'oreille "Say good-bye to the world you thought you lived in...". Je sens mes yeux légèrement humides, sans vraiment plus. Je ne suis pas exactement triste, j'ai du mal à mettre des mots sur l'état dans lequel je me sens. Mon esprit se perd en considérations vagues et désordonnées jusqu'à la fin du trajet.
23:05 Publié dans Un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note

