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<title>Histoires d'avril</title>
<description>Anecdotes, souvenirs et dérision. Quand je peux.</description>
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<lastBuildDate>Tue, 15 May 2012 09:31:54 +0200</lastBuildDate>
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<title>La fin des haricots.</title>
<link>http://quedireoufaire.hautetfort.com/archive/2012/04/30/as.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (quedireoufaire)</author>
<category>Blablablog</category>
<category>Mes petites nevroses</category>
<pubDate>Tue, 08 May 2012 23:08:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;Si tu es un de mes voisins, je te conseille de ne pas lire ce billet, ça vaudra mieux pour tout le monde et les paillassons seront bien gardés.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'avais une terrible envie de te parler de ma consommation déraisonnée de rillettes de thon Petit N*avire et puis je me suis dit que ce ne serait peut-être pas très vendeur pour la promotion de ma petite personne.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce matin je quittais mon appartement, j'avais tourné la clé dans la serrure, j'étais prêt ouvrir la porte et sortir et puis... un bruit sur le palier. Un bruit suspect et effrayant. Comme un voisin qui serait en train de descendre l'escalier. J'ai immédiatement coupé ma respiration et je suis resté parfaitement immobile dans la position du héron jusqu'à ce que la menace s'éloigne. Plus le temps passe, plus j'éprouve une réticence presque phobique à l'idée de croiser mes voisins dans les escaliers. Mes voisins de palier qui m'ont invité une fois chez eux et à qui je n'ai jamais relancé la pareille parce que ça me fait peur, mes voisins du dessus, - dont celui qui me demande à chaque fois comment se passent mes études et qui a bien compris que je fais du &quot;bibinton&quot; parce qu'il me voit souvent avec ma raquette - et mes voisins du dessous qui chantent de l'opéra sous la douche. Non pas que je ne les aime pas, hein. Mais je ne sais pas quoi leur dire... Jamais.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En général, je fais ma vie tranquille dans les escaliers, je pense à vingt-trois choses en même temps et voilà qu'un voisin surgit sur mon palier sans prévenir ni me demander mon avis. A chaque fois c'est courage fuyons dans mon cerveau. Je me retrouve avec autant de répartie que la boite de haricots verts extra fins bond*uelle qui se trouve dans le fond de mon sac de courses et qui n'a qu'une envie : aller se cacher dans un placard.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;- Le voisin : bonjour ! vous allez bien ? (&quot;tu vas bien ?&quot; pour la version &lt;em&gt;voisin de palier sensible&lt;/em&gt;)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;- La boite de haricots verts : 'jour ... ... oué ... ... &lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;et bonne s...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;- Le voisin : Ah vous rentrez des courses ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;- La boite de haricots verts : ... oué ... faut bien manger, hein... &lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;et bonne soi...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;- Le voisin : vous avez vu ce temps un peu ? c'est quand même dingue, ça.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;- La boite de haricots verts : ... oui ben oui alors... je ... un peu pressé... &lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;et bonne soir...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;- Le voisin : Oh ça avec ce temps faut pas s'étonner qu'on soit mal fichu. Bon bah bonne soirée, hein.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;- La boite de haricots verts : Oué. bonne soi...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je déteste au plus haut point parler de banalités dont tout le monde sait que c'est uniquement pour meubler la conversation. Oui je sais parler météo si je veux. Et même bien mieux que Monsieur ToutLeMonde grâce à mon &lt;a href=&quot;http://quedireoufaire.hautetfort.com/archive/2011/06/05/la-pluie-le-beau-temps.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;éducation familiale&lt;/a&gt;.&amp;nbsp;J'ai peur que mes voisins finissent par me prendre pour un garçon un peu simple. Pas trop dans le bon sens du terme, tu vois. Mais me résoudre à dire du mal de la pluie et du beau temps sans apporter quoi que ce soit de pertinent, c'est au-dessus de mes forces. Peut-être que je m'aime trop pour m'abaisser à ce genre de choses (ah c'est intéressant ça...)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cela dit, encore plus que devoir meubler une conversation dont chacun sait qu'elle ne mènera pas plus loin que le local poubelle, je déteste être pris au dépourvu en face de gens que je connais peu. Et si le voisin me demandait quelque chose que je ne veux pas ou, pire, que je ne comprends pas (dans ce cas je dis toujours oui en souriant bêtement même si je sais que ça risque d'être à mes dépens). Et si le voisin ne riait pas à la blague un peu nulle que je vais finir par faire pour alimenter cette foutue conversation parce que, c'est sûr, je me connais, ça va m'échapper à un moment. Et si le voisin commençait à se dire que j'ai l'air bien gentil mais &lt;em&gt;un peu bizarre&lt;/em&gt; *sourire entendu*. Et si le voisin s'imaginait - à tort - que je suis un psychopathe qui a peur de croiser ses voisins... Tu comprends un peu mon raisonnement ? Voilà toute la subtilité de ma méthode boite de haricots verts.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le souci c'est que les voisins ça reste amusant et sympathique mais ils ne sont pas les seuls mécréants à me mettre dans cet état. Je n'évoquerai pas ici quelques déboires professionnels. Aucun problème avec les gens que je connais bien, je suis capable de dire des horreurs avec un petit sourire narquois et un brin provoquant mais l'inconnu me paralyse. Tu vois, par exemple, samedi soir il y avait un mec plutôt à mon goût avec sa chemise sympa qui était venu danser avec moi un peu plus tôt et qui en toute fin de soirée est revenu me prendre par la taille pour m'entrainer et faire quelques pas avec lui. A ce moment, la boite de haricots verts extra fins a repris fermement les commandes de mon cerveau à distance depuis le placard où elle était sagement rangée avec ses copines, et rien.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'ai souri bêtement et je crois que j'ai vaguement fait non de la tête&amp;nbsp;(extra fins, tu parles...). Parce que j'avais peur, parce qu'il allait me prendre pour une tâche, parce que je n'avais aucune idée de ce que j'allais bien pouvoir dire. Dans une vie idéale je lui aurais dit &quot;&lt;em&gt;attends mon coco, laisse moi vingt minutes, le temps que je t'écrive un billet avec deux-trois blagues moyennes et je reviens, au pire tu trouveras que j'ai un peu d'autodérision&lt;/em&gt;&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Soyons lucides deux secondes. On est dans la nuit de samedi à dimanche, il est 5h45, on danse depuis un peu plus de quatre heures. Qui peut prétendre avoir l'air brillant, digne et alerte ? D'aucuns diront que je dois m'en sortir à peu près aussi bien que n'importe qui ( *cri du coeur ON/* &amp;nbsp;ET MEME MIEUX !!! &amp;nbsp; *cri du coeur OFF/* ). Et pourtant je me suis caché derrière la boite de haricots et lui est allé conté fleurette à quelqu'un d'autre. Il avait bien raison.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais, c'est dans l'air du temps, &lt;strong&gt;le changement c'est maintenant&lt;/strong&gt; (si si rappelle toi). J'ai innové en faisant mes courses avant-hier et je peux te dire que la ratatouille Ca*ssegrain est une tuerie. C'est donc décidé, la prochaine fois c'est la ratatouille qui parlera, et, foi de courgette, ça ne se passera pas comme ça. La boite de haricots verts extra fins, TA GUEULE.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;Après la lecture de ce billet, tu peux admirer l'extrême finesse de son titre. Et ouais.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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<title>La fin du bal</title>
<link>http://quedireoufaire.hautetfort.com/archive/2012/04/15/fauves.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (quedireoufaire)</author>
<category>Blablablog</category>
<pubDate>Mon, 16 Apr 2012 20:20:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dimanche. Quelques pas parcourus sous la&amp;nbsp;fraîcheur de ce matin juste naissant, au terme de cette soirée étirée jusqu'à l'inconvenance. Il est un peu plus de six heures. Bientôt sept en fait. Et le jour commence sérieusement à poindre, un jour un peu étrange, quasiment stérile : il fait jour et pourtant rien ne vit ou presque, les cafés du onzième arrondissement n'ont même pas encore étalé leurs terrasses, il n'y a dans les rues que quelques passants bien&amp;nbsp;pressés, comme moi, de regagner leurs pénates.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le déroulement de la soirée s’est improvisé à la dernière minute pour se terminer sur une piste de danse à la population largement masculine et sensible. Et puis dès les premières minutes il y a eu cette fille que j’ai trouvée épatante. La trentaine, peut-être, d'origine asiatique avec une coiffure, une robe et une gestuelle tout-droit sorties des années soixante et, surtout, ce sens du rythme fascinant. La vitesse à laquelle ses bras s'agitent, ses rotations habilement maîtrisées, tout porte à maintenir mon regard fixé vers elle. J'aime regarder les gens danser, enfin ceux qui savent. J'ai toujours trouvé que la limite entre un déhanchement admirable et des gesticulations ridicules était très ténue. Elle est un pantin dynamique aux mains d'un chorégraphe&amp;nbsp;diablement inspiré.&amp;nbsp;J’aime par-dessus tout l’indifférence qu’elle semble adresser à ceux qui trouvent son style peu académique. Je crois que j'aurais passé la nuit à la regarder si on ne m'avait pas entrainé vers d'autres occupations.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'aimerais parfois être un observateur extérieur pour me faire un avis sur ma propre façon de danser. Je crois faire plutôt dans la demi-mesure et je finis toujours par singer plus ou moins ce que font les gens qui m’entourent. En moins coordonné sans doute, c’est pour ma petite touche perso. Et puis de toute façon, il faut dire qu’aux heures de pointes l’affluence limite grandement les initiatives qui nécessiteraient un tant soit peu de place et c’est peut-être mieux ainsi. Mon gabarit n’aide pas énormément à repousser les autres gesticulateurs assaillants. Il est vrai aussi que danser à quelques mètres du bar n’est pas la plus brillante des idées que nous ayons eues, je suis un suiveur lamentable. Après une petite demi-heure de gesticulations, je dénombre pas moins de deux mains qui sont venues se déposer sur mon postérieur. C’est correct. Deux mains de femmes. C’est un peu vexant.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A quelques mètres, les jeux de regards, les autres mains&amp;nbsp;aventureuses&amp;nbsp;et les tentatives un peu timides, un peu hésitantes jouent leur bal comme dans chaque soirée de ce type. Quelques coups d’œil encore permettent d’identifier deux ou trois fauves à l’affût. Il y a ce garçon à la chorégraphie pas exactement subtile qui n'a de cesse de fixer des cibles à travers toute la piste de danse, se déplacer à vive allure dans leurs directions et se présenter devant elles pour, à l’occasion, retirer son tee-shirt comme il offrirait un bouquet de fleurs (ou d’orties, peut-être). C’est d’un romantisme relatif. Je ne suis pas sûr qu’un militant distribuant des tracts pour Philippe Poutou aurait essuyé plus de refus que lui. J’admire toutefois son courage et son abnégation (les mauvaises langues parleraient plutôt d’acharnement pathétique mais comme tu le sais je ne mange pas de ce pain-là).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les musiques passent (les saladiers de bonbons, aussi), les groupes se font, se défont. On me marche sur les pieds pour la vingt-troisième fois. Et la soirée se poursuit sans grande histoire. Même pas un truc drôle à raconter, même en exagérant un peu. Bon, j’ai retrouvé par hasard un pote pas vu depuis quelques mois et ça m’a fait plaisir mais ça tu t’en fous un peu.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Fin de soirée, la piste s’est largement clairsemée. Nous arrivons à ce moment un peu cruel où il semble que seuls les invendus de la nuit rodent encore près des enceintes. Ce garçon à la chemise rayée, pourtant si charmant, continue à tourner, à esquisser des gestes qui avec un peu de mauvaise foi peuvent s'apparenter à des pas de danse. Et puis quelqu'un s'approche de lui, lui prend la main et les gestes suivant ressemblent à un début de romance, comme dans les comédies romantiques, comme dans les rêves&amp;nbsp;échafaudés&amp;nbsp;par les célibataires pleins d’espoir qui arpentent ces soirées. En tout cas, depuis le poste d’observation, la parade semble se dérouler assez bien. Quelques minutes plus tard, un baiser puis un autre et une belle étreinte accompagnée de gestes sans ambiguïté. Au coup d'œil suivant, l'un et l'autre ont disparu, en route peut-être pour une partie de bridge endiablée ou je ne sais quelle autre occupation à leur goût.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La soirée - encore au cœur de la nuit noire et complète – continue à s’étirer toujours plus à l'intérieur de cette grande salle sombre et bruyante, il suffit pourtant de faire quelques mètres pour voyager dans le temps. Derrière la porte, en effet, il n'est plus question de soirée et les boulevards encore vides s'étirent déjà langoureusement sous la lueur timide de cette grisaille débutante. En un instant, la fraîcheur de ce matin d’avril finit d’éteindre les dernières braises de la nuit.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le temps de me remémorer ces quelques morceaux d’amusement, j'ai gravi les escaliers de mon immeuble. Il est sept heures. Le onzième arrondissement s’éveille, je vais tenter de faire le contraire. Je tire les rideaux pour faire comme si le jour n'était qu'une menace encore assoupie. J'adresse une prière à St Marchand-De-Sable, j’essaie de me convaincre que je vais passer une nuit tranquille et reposante, que je suis La Belle au bois dormant.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Avril est distrayant mais garde un certain goût d’inachevé.&amp;nbsp;Il fera jour dem... ah. Oui.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://quedireoufaire.hautetfort.com/media/00/01/598102763.mp3&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/podcast.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;podcast&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/dewplayer.swf?son=http://quedireoufaire.hautetfort.com/media/00/01/598102763.mp3&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;20&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/dewplayer.swf?son=http://quedireoufaire.hautetfort.com/media/00/01/598102763.mp3&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;pluginspage&quot; value=&quot;http://www.macromedia.com/go/getflashplayer&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Me against les Buttes-C.</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (quedireoufaire)</author>
<category>Blablablog</category>
<pubDate>Mon, 09 Apr 2012 20:30:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Km 0.&lt;/strong&gt; A peine revenu de mon week-end de Pâques en famille je décide de m'attaquer à mon premier footing de 2012 avec pour but de vérifier si ma quasi première année de badminton a fait &lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;exploser&lt;/span&gt;&amp;nbsp;évoluer mes capacités cardio-pulmonaires. Et puis après tout, ça y est, c'est la saison pour exhiber mes mollets de compet'. L'objectif est de parcourir au moins X tours du parc des Buttes-C. (sauras-tu reconnaître quel parc se cache derrière ce mystérieux pseudonyme ?). Florence + The Machine, Adam Levine, VV Brown, Yuksek et quelques autres se sont réunis dans une playlist au bout de mes écouteurs pour me donner du coeur à l'ouvrage. J'entame les hostilités avec confiance, force et courage. En commençant pas la descente, quoi.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Km 0,4.&lt;/strong&gt; Trop facile. Je vole sur la piste comme un kenyan des hauts plateaux, je regarde les promeneurs du parc avec un air serein et assuré. Ouais, chuis un runner, moi.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Km 0,9.&lt;/strong&gt; Je me dis que tiens j'aurais peut-être pu penser à ne pas respirer n'importe comment.&amp;nbsp;Ça commence à me piquer dans le bas du poumon gauche. Mais je suis fort, brave et courageux. Au diable cette petite douleur de rien du tout. D'ailleurs dans mes écouteurs, les Brigittes m'ordonnent (en me vouvoyant) de me battre, d'être un voyou, un loubard. Et ça marche.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Km 1,1.&lt;/strong&gt; On me la fait pas à moi. Cette douleur n'est pas un point de côté banal, c'est la fédération péruvienne de magie vaudou qui s'amuse à persécuter&amp;nbsp;à l'aide d'un marteau-piqueur&amp;nbsp;le poumon gauche d'une pauvre petite poupée à mon effigie. La douleur est intense et je grimace un peu mais je m'accroche, je suis 1m66 de courage et d'abnégation. Je tenirai, je tenirai.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Km 1,qqch.&lt;/strong&gt; J'entame la montée. Je visualise la petite poupée entre les mains de ces salauds de péruviens et je lui envoie tout le soutien possible. Ces saletés de Joggeurs chevronnés montent comme des flèches. Je me vengerai. Un jour. De toute façon, Florence + The Machine me rappelle de regarder le paysage, c'est important aussi.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Km x,2.&lt;/strong&gt; Je commence à me sentir mieux. Les péruviens lâchent l'affaire apparemment. Ils ont compris à qui ils ont à faire. Je me permets même de doubler d'autres gens qui courent, rends-toi compte. Je visualise désormais les monceaux de chocolats ingurgités hier et inconsciemment mes jambes se mettent à tricoter plus rapidement.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Km x,9.&lt;/strong&gt; Petit moment de silence entre deux chansons dans mes écouteurs. Je réalise le bruit que je fais en respirant. Je comprends mieux les regards interloqués de certains marcheurs au passage de cette si belle imitation de la Bête du Gévaudan.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Km y,4.&lt;/strong&gt; J'arrive à nouveau en haut de la côte avant de basculer dans les débuts de la descente. La magie des endorphines commence à opérer et Revolver se présente dans mes écouteurs, je suis à nouveau le garçon aux semelles de vent.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Wind Song&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://quedireoufaire.hautetfort.com/media/01/01/2986756074.mp3&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/podcast.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;podcast&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/dewplayer.swf?son=http://quedireoufaire.hautetfort.com/media/01/01/2986756074.mp3&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;20&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/dewplayer.swf?son=http://quedireoufaire.hautetfort.com/media/01/01/2986756074.mp3&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;pluginspage&quot; value=&quot;http://www.macromedia.com/go/getflashplayer&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je vais, je cours, je vole. Je tire la langue, je fais des moulinets des bras pour montrer à quel point je suis frais et décontracté. Je sens bien l'admiration dans les yeux des promeneurs. Je vois même que certains se sentent coupables de ne faire que marcher.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Km y,8.&lt;/strong&gt; Les péruviens sont de retour au début de la côte. Je suis héroïque mais je ralentis le rythme. Qui n'était pourtant déjà pas bien méchant. Dans un virage à droite, une poussette tente de me dépasser en me faisant l'intérieur. Péruviens ou pas, je décide que ce n'est pas possible, je fais une queue de poisson à la poussette. Cet affront me donne l'énergie pour rallier une nouvelle fois le haut de la côte.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Km z,0.&lt;/strong&gt; J'entame le Xième tour avec l'espoir de parvenir à mes fins et en me disant que je vais pouvoir me la péter un max une fois l'exploit accompli. D'ailleurs, c'est bien la seule chose qui me donne envie de continuer. Les péruviens me tenaillent. Ils prennent plaisir à pincer chacune des parties du corps de la pauvre petite poupée avec des tessons de bouteilles. Je poursuis malgré tout. Et dire que tous ces gens autour de moi ignorent ce combat que je suis en train de mener.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au prix d'efforts colossaux et d'une lutte sans merci contre les services secrets péruviens je parviens à terminer ce Xième tour et je me permets même de faire un peu de zèle en continuant encore pendant quelques centaines de mètres (de descente). Je décide toute de même de mettre un terme à ce footing parce que pour une première c'était pas trop mal (et puis bon, ça commence à bien faire).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je marche fièrement dans les allées avant de me rapprocher de la station de métro. A quelques mètres de moi une fille fait semblant d'être essoufflée et en rajoute des tonnes en grimaçant. Ces gens qui se sentent obligés de tout exagérer à la limite de la mauvaise foi ça m'insupporte au plus haut point.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nan, parce que, venir courir au Parc des Buttes-C., c'est sportif, c'est vrai, mais c'est quand-même pas le Pérou (HinHinHin...).&lt;/p&gt;
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<title>Et bah on retourne la chaise...</title>
<link>http://quedireoufaire.hautetfort.com/archive/2012/04/01/et-bah-on-retourne-la-chaise.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (quedireoufaire)</author>
<category>Blablablog</category>
<category>Homo-acceptation</category>
<pubDate>Mon, 02 Apr 2012 19:57:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'autre soir, au concert&amp;nbsp;d'Aldebert au Casino de Paris, le hasard des placements libres m'a assis à côté d'une dame qui doit avoir à peu de choses près l'âge de ma mère. J'ai passé les premières minutes à me dire que c'était un peu la honte ultime avant de retourner ce constat en auto-congratulation : oui, moi je vais voir des spectacles qui parlent à tous et pas seulement aux bobos parisiens trentenaires (ou en passe de l'être, dans un an et un jour exactement) (comme ça tu sauras quoi me souhaiter demain). Elle avait l'âge de ma mère mais elle en avait aussi la coiffure et le look, avec toutefois un jovial&amp;nbsp;embonpoint&amp;nbsp;en supplément. Dès le début du concert j'ai perçu cette femme comme une rivale. La bougresse en connaissait un rayon sur les paroles des chansons, elle&amp;nbsp;chantait couplets et refrains avec une assiduité quasi-parfaite. Hey oh, Jacqueline, la personne qui connaît les chansons par coeur dans ce genre d'endroits, c'est moi et moi seul, C'EST CLAIR !?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'humiliation véritable est arrivée sur une chanson de l'avant-avant-...-avant-avant dernier album sur laquelle j'ai séché lamentablement alors que j'entendais Jacqueline appuyer ses paroles avec perfidie pour montrer sa supériorité suffisante. Je crois que j'étais vexé. Cette femme est un monstre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour connaître aussi bien ces paroles, cette femme a probablement une vie lamentablement désoeuvrée dans laquelle elle ne trouve rien d'autre à faire qu'apprendre par coeur des albums entiers de chanteurs à texte. Jacqueline est manifestement délaissée par son mari, oubliée par ses enfants. Une femme frustrée qui croit trouver des compensations en se réfugiant dans des textes musicaux qu'elle mémorise tel un robot, pathétique. J'éprouve à ce moment une certaine pitié pour Jacqueline, et je la regarde chanter avec une intention presque bienveillante.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et vient le morceau suivant,&amp;nbsp;&lt;em&gt;La Dame aux Camels Light&lt;/em&gt;. Pour mon plus grand plaisir Jacqueline reste muette dès les premières lignes alors que je connais la totalité sur le bout des doigts. Au diable la bienveillance, pensons d'abord à la vengeance. Je me rapproche d'elle de quelques centimètres et je penche légèrement la tête dans sa direction pour qu'elle entende clairement que JE maîtrise le sujet mieux qu'elle. Oui ma petite Jacqueline, tu as trouvé ton maître aujourd'hui, t'as encore du boulot ma cocotte. A la fin de la chanson je me tourne pour la toiser avec un air de défi. Cette connasse me répond par un sourire. Je crois que j'ai à faire à une détraquée. Ma mère avec vingt kilos de plus et en version détraquée. Sympa ce concert.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'une des chansons suivantes (&lt;em&gt;Mon Homonyme&lt;/em&gt;) issue du dernier album raconte l'acceptation difficile de son homosexualité par un homme qui évoque notamment quelques souvenirs de son adolescence.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'ai parfois l'impression d'avoir passé la totalité des dimanches midis de mon enfance et mon adolescence dans ces repas de famille s'étirant méchamment sur l'après midi. Les conversations passaient en revue tous les clichés indispensables du repas de famille avec une légère tendance obsessionnelle dans le cas qui me concerne : la météo, les 35h, la météo, les retraites, la météo, le salaire des joueur de foot, la météo, le sermon du curé le matin-même et la météo de la semaine prochaine. Et puis parfois, la conversation déviait sur les pédés. Il était alors question du neveu d'une collègue de la tante Monique qui venait d'avouer l'atroce vérité à sa mère. Tout le monde s'accordait à dire que c'était terrible pour les parents. Oui c'est bien pour les parents que c'était le plus dur, après tout. Et puis ces hommes qui s'embrassent, Tonton Jean-Claude en avait vus pas plus tard que six mois auparavant, c'est vraiment dégoutant.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Heureusement, pour détendre un peu l'atmosphère Tonton Didier en avait toujours une bonne à raconter sur les pédés : &quot;&lt;em&gt;On est dans une salle pour un spectacle, il ne reste plus qu'une place de libre, il y a quatre pédés qui arrivent pour s'asseoir dans le public, comment va-t-on pouvoir faire ?&lt;/em&gt;&quot;&amp;nbsp;(la réponse, c'est le titre de ce billet).&amp;nbsp;J'avais 17 ans.&amp;nbsp;Toute la tablée était écroulée de rire. Moi pas trop. Mais j'ai quand-même souri pour la forme. La prochaine fois je te raconterai comment on fait la différence entre un jeune et un vieux pédé. Tu verras, c'est sympa aussi.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Jacqueline connait si bien les paroles de cette chanson que je me tais pour l'écouter sur cet extrait de couplet :&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;em&gt;Nous en sommes encore là je regarde mes pieds, &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;em&gt;Deux enfants de la honte nous renvoient le passé, &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;em&gt;Cette voix qui résonne, C'est la voix des parents, &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;em&gt;Cette voix qui vous somme, Ne sois pas différent.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'écoute Jacqueline, cette femme qui a l'âge et un peu l'allure de ma mère, prononcer ces mots parmi la foule et j'en ai quelques frissons. Aussi détraquée qu'elle soit, Jacqueline fait preuve de bien plus d'ouverture d'esprit que mes parents, mes oncles et tantes et l'arbre généalogique réunis. Si Jacqueline a des enfants, je me prends presque à les jalouser.&amp;nbsp;Plus tard dans le concert nos bras se touchent, elle me jette un sourire furtif que je finis même par lui rendre. Allez, sans rancune Jacqueline, t'es une fille bien, je crois. Même si t'es une détraquée.&lt;/p&gt;
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<title>Variation sur les nouilles et les saladiers.</title>
<link>http://quedireoufaire.hautetfort.com/archive/2012/03/26/bas.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (quedireoufaire)</author>
<category>Blablablog</category>
<pubDate>Mon, 26 Mar 2012 23:37:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;(je suis assez fier de mon titre, c'est déjà ça)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce soir, je fais de la grande gastronomie. Des pâtes. Enfin des torsades comme c'est écrit sur le paquet, c'est classe de dire &quot;&lt;em&gt;je prépare des torsades&lt;/em&gt;&quot;, ça peut surtout laisser songeur quelqu'un qui fera semblant de comprendre de quoi je parle. Je n'ai pas encore choisi comment je vais les accommoder mais c'est un détail. Et puis mon frigo est plein à craquer de denrées qui vont se battre pour recueillir mes faveurs (les bananes sont toutefois hors concours, il est des expériences qu'il ne faut vivre qu'une fois). Je retire la casserole du feu, je vide, j'égoutte, je goutte. Du travail de pro. Les meilleures pâtes du quartier, à n'en pas douter. Le chinois d'en bas peut crever de jalousie. Je les mets à refroidir dans un saladier de plastique que je pose là où je trouve de la place pendant que je vais vaquer des occupations importantes (&quot;&lt;em&gt;oh et si je passais mon doigt sur ce meuble pour faire des dessins dans la poussière ?&lt;/em&gt;&quot;).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je suis donc en pâmoison devant mon range-cure-dents lorsqu'un petit signe vient m'alerter.&amp;nbsp;Je suis d'une vigilance admirable. Aussi, à peine l'odeur du plastique fondu arrivée à mes narines, j'interviens prestement en fondant sur le plan de travail comme une nuée de chèvres sur un bol de Chocapics (c'est la première image qui m'est venue à l'esprit, c'est comme ça). Je réagis donc avec l'agilité d'une chèvre (oui oui, une chèvre) pour sauver la situation et mettre mon saladier de plastique à l’abri de cette vilaine plaque électrique que ne je sais quel idiot du village a laissée allumée. C'est comme ça, chat échaudé craint &lt;a href=&quot;http://quedireoufaire.hautetfort.com/archive/2010/11/11/cuisine-et-circonstances.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;le gâteau au chocolat pas très cuit&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le bilan de l'incident est assez lourd, la plaque électrique souffre de légères contusions, les pâtes sont indemnes mais assez choquées psychologiquement et surtout le saladier grièvement blessé est immédiatement envoyé en soins intensifs, le pronostic vital est engagé. Je mets en route la procédure d'urgence vitale qui consiste à soupirer piteusement en regardant l'heure avant d'annoncer très solennellement &quot;&lt;em&gt;heure du décès, 20h17&lt;/em&gt;&quot;. Il est ensuite transféré à la morgue - un sac en plastique à côté de ma poubelle - parce que je ne peux tout de même pas me résoudre à le jeter si froidement dans ma poubelle comme une vulgaire lingette nettoyante parfumée à la pomme Granny Smith. Une petite pensée émue pour ce jour où j'ai acheté ce magnifique lot de quatre saladiers en plastique emboitables à moitié prix. Je venais de m'installer à Mouetteland, j'étais jeune et plein d'avenir, encore loin de penser que je serai un jour parisien. Je suis un peu triste. Pas autant toutefois que le jour où j'ai cassé mon mug jaune, mais pas loin.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je me jure de réussir un festin en sa mémoire. Il devrait s'agir d'une farandole de torsades au filet de thon (en boite) et petits champignons (de Paris) accompagnée d'une touche de crème et son assaisonnement de poivre fin. Je suis presque prêt pour top chef. Au moins pour les noms des plats. Ce sera un délice, un enchantement. Coup de fil. L'invité attendu ne viendra pas ce soir. Cette soirée est un grand succès. C'était bien la peine de me lancer dans des projets aussi pharaoniques. J'étais tout de même allé jusqu'à ouvrir une boîte de thon, bordel. La prochaine fois, j'ouvrirai un paquet de chips.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Vingt et une heures trente, je déguste ma merveille avec un oeil sur top chef pour m'assurer que mon plat a l'air bien meilleur que leurs obscures productions douteuses. Je suis avachi avec une remarquable élégance et nerveux comme un plat de nouilles, cette soirée est une franche victoire sur la vie. Mon saladier n'aura pas péri en vain. Les gens se seraient battus pour manger mes pâtes, s'ils avaient su. C’était, c’était… presque aussi bon que le titre de ce billet.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La prochaine fois j’essaierai de caser les chèvres dans mon titre, ce sera un billet encore meilleur (mais bien sur que si, c'est possible).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;em&gt;...En fait je suis vraiment triste pour mon saladier. C'est con, hein ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Le fond du panier et les autres.</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (quedireoufaire)</author>
<category>Blablablog</category>
<category>Petits souvenirs et grands récits</category>
<pubDate>Tue, 20 Mar 2012 19:33:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je suis sorti du gymnase ce dimanche avec la satisfaction du devoir accompli. Après ces quatre heures à courir rageusement après un volant, j'avais mal aux jambes, aux épaules et aux bras mais je marchais fièrement sur le chemin du retour, aux côtés d'un de mes compagnons de sueur dans les environs de la Gare de Lyon. Je croisais les regards de tous ces même-pas-sportifs, revenus d'un week-end mollasson à Flémard-les-Ombrelles, trainant lamentablement leurs valises à roulettes alors que je portais encore avec force et vigueur mon sac d'où le manche de ma raquette&amp;nbsp;dépassait bien assez pour justifier à lui seul la rougeur quelque peu exacerbée de mon visage. J'étais un soldat revenant du front, un héros. Pas moins.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sur l'emploi du temps de ma classe de quatrième je crois que les cours de sport figuraient au menu du jeudi matin (ou le mardi mais je te l'accorde, on s'en fout un peu). Ce trimestre-là on faisait du basket dans une salle rutilante située à même pas cinq minutes du collège. Jouer au basket. Autant te dire que j'étais ravi comme un canari s'apprêtant à faire un séjour dans un micro-onde. Le volley passait encore, le hand je pouvais comprendre. Mais le basket. Pourquoi ? Pourquoi j'avais encore mérité un truc pareil ? Après la gym, l'endurance et même la lutte&amp;nbsp;(!!?)&amp;nbsp;l'année précédente. Mais au moins j'échappais encore cette année-là à la terrible piscine et, évidemment, rien ne pourrait déjà plus jamais égaler mon pire souvenir de sport au collège, &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://quedireoufaire.hautetfort.com/archive/2010/01/23/triple-flip.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;cet entretien épouvantable avec Mme D. et ses dents&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Comment peut-on exiger de quelqu'un qu'il soit adroit dans le maniement d'un ballon pesant dans les douze kilos et devant être lancé dans un cerceau de &lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;plomb&lt;/span&gt; ferraille (très certainement rouillé et infesté de tétanos) situé à six mètres d'altitude, le tout avec une demi douzaine de sauvages boutonneux prêts à toutes les bassesses pour t'arracher des mains ce ballon dont tu ne veux même pas ? Qu'ils le prennent. Et qu'ils s'étouffent avec si c'est possible.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La classe devait être divisée en six équipes. Je te fais grâce de ce moment merveilleux où les meilleurs en sport sont désignés pour choisir ceux qui seront leurs coéquipiers tout en essayant d'éviter autant que possible le fond du panier - c'est bien connu, les profs de sport sont des tortionnaires psychopathes et pervers qui ont toujours détesté les petits mecs et filles ayant un minimum le sens de la grammaire et pas trop celui du passement de jambe. La classe fut donc divisée en six factions qui allaient s'affronter vaillamment aux quatre coins de la salle de sport. Et le premier match débuta, j'étais très concentré. Vraiment très concentré. Tellement qu'à un moment j'ai réalisé que sur le terrain il y avait quelqu'un qui n'était pas de mon équipe, ni même de l'équipe adverse. D'ailleurs mon équipe entière avait disparu. La stupeur l'emporta rapidement sur une petite joie furtive. C'était souvent comme ça les sports d'équipe pour moi : je tentais de me concentrer avec tout le sérieux possible et je réalisais quelques minutes plus tard que mon esprit avait mis en œuvre malgré moi un stratagème de fuite imparable en me plongeant dans une espèce de demi sommeil apathique dont je finissais par sortir en sursaut, comme après un rêve vaporeux.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;**&lt;em&gt;Dans toute l'histoire de la littérature, je t'assure que le mot apathique n'a jamais été utilisé a aussi bon escient que dans cette dernière phrase.**&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'ai fini par réaliser que mon équipe avait donc terminé son match, quitté le terrain et débuté un autre match sur le terrain d'à côté sans&amp;nbsp; - un - que je m'en rende compte ni - deux - que personne d'autre ne s'aperçoive de mon absence. C'est dire si j'étais un maillon indispensable au bon fonctionnement de cette immense concentration de talents qu'était mon équipe. J'ai couru bien vite pour reprendre ma place quelque part entre un panier et une ligne blanche et je me suis mis à faire ce que je maitrisais le mieux à l'époque. La position statique.&amp;nbsp;J'étais partagé entre une forte envie de rire et une véritable honte qui me faisait espérer très fort que personne n'ait rien vu. Le match s'est terminé peu de temps après mon entrée si brillante sur le terrain. Je crois me souvenir qu'on a gagné. Sans doute en bonne partie grâce à mon art de l'évitement. Une belle victoire d'équipe, quoi. Vive le sport et mes aptitudes hors-pair.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aurais rêvé de croiser un de mes profs de sport du collège aux abords de la Gare de Lyon ce dimanche. Par exemple Mme D. et ses dents, tiens. Je leur aurais raconté que j'ai compris, je leur aurais dit à quel point je sais désormais ce que ça fait, les endorphines, le plaisir de l'effort, de construire un point, de réussir un beau geste, pour soi ou pour son partenaire. Le plaisir. On se serait tapé dans le dos avec Mme D. et ses dents, et on aurait disserté elles et moi pendant trois quarts d'heure sur le désarroi de se sentir au fond du panier, le plaisir d'en sortir, le plaisir du sport, tout simplement, et aussi les bienfaits de l'orthodontie (dont je suis la preuve vivante et elles un peu moins). Et puis elles m'auraient filé un truc contre les courbatures et ça m'aurait pas fait de mal. Ouais, j'aurais pu m'en faire de bonnes copines. Limite, on aurait fini par se programmer une petite virée tranquille. A Flémard-les-Ombrelles.&lt;/p&gt;
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<title>Mon meilleur profil</title>
<link>http://quedireoufaire.hautetfort.com/archive/2012/03/09/profil.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (quedireoufaire)</author>
<category>Blablablog</category>
<pubDate>Tue, 13 Mar 2012 23:44:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et là, on me demande mon style vestimentaire. Ça doit être quelque chose comme la quinzième question et j'en ai un peu ma claque de remplir ce profil. Je regarde prestement les possibilités de réponse. On a le choix entre une myriade de termes tous plus vendeurs les uns que les autres : casual, sportswear, streetwear, costume, &quot;&lt;em&gt;selon mon humeur&lt;/em&gt;&quot; et bien d'autres, oubliés dans les limbes de ma mémoire. Il faut que je me creuse méchamment pour choisir au milieu de ça. Pour me faire une idée, je jette un oeil à mon armoire dont la porte est à demi ouverte. Aux premières loges, un vieux short mal plié menace de tomber d'un étage. Je vais cliquer sur casual, c'est moins risqué. Question suivante, mes qualités. J'hésite entre&amp;nbsp;mon sens inné de la répartie lorsqu'il faut parler météo&amp;nbsp;et&amp;nbsp;ma connaissance inégalable des meilleures tubes de Sandy Valentino.&amp;nbsp;Je décide de jouer la modestie en indiquant &quot;&lt;em&gt;je ne porte jamais de chaussettes blanches&lt;/em&gt;&quot;, ce qui est presque vrai.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est toujours&amp;nbsp;un peu pareil avec les profils. Toutes ces questions ça a tendance à me gonfler sévère au bout du deuxième espace vide à compléter pour m'inscrire auprès de ma nouvelle mutuelle alors imagine un peu quand c'est pour un site de rencontres. Je deviens une sorte de petit ado rebelle qui refuse de cracher le morceau pour un oui ou pour un non. Nan je te donnerai pas mon prénom. Nan je te dirai pas si ma famille est au courant de mon orientation sexuelle (d'ailleurs ça t'intéresse vraiment, sérieux ?). Nan je te dirai pas ce que j'ai fait comme études. Nan je te donnerai pas mon tour de taille.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au terme d'intenses réflexions j'ai dû répondre à un petit quart des questions posées et j'estime que j'ai déjà donné beaucoup de moi. J'ai tout de même indiqué ma taille exacte sans mentir, rends-toi compte. Pour le reste, c'est des infos secrètes ça Monsieur, c'est un minimum si on veut garder une intimité. Je ne suis pas de ces gens qui racontent leur vie en large et en travers sur des chats ou des bl... ah. Mince.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je réponds à une dernière question dont je me rappelle pas du tout le sujet, c'est dire si je suis concentré, et - alléluia - on m'annonce que mon profil est en ligne. Enfin, il manque une photo quand-même. Je regarde mes archives. Ça nan, ça nan, ça non plus, ça Oh-la-vache-surtout-pas, ça Oh-oui-je-me-rappelais-plus-de-cette-photo... Ouais je vais jouer à faire une photos en live avec ma webcam. Tout le monde doit bien faire comme ça, chuis sûr. Dix minutes plus tard je ris encore tout seul devant mon écran. Parce que je n'ai toujours pas découvert comment désactiver le flash. Je suis sur le point d'envoyer un texto d'appel détresse lorsque je finis par trouver. Le résultat est un peu naze mais je décide en accord avec moi-même que c'est déjà beaucoup d'efforts accomplis et que j'en ai un peu rien à foutre pour une première connexion.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'indique à côté de mon statut : &quot;&lt;em&gt;je file chercher une vraie photo et je reviens&lt;/em&gt;&quot; ce qui dans mon langage signifie très clairement quelque chose comme &quot;&lt;em&gt;me parle pas ce soir, fais comme si j'avais mes règles&lt;/em&gt;&quot;. Ben figure toi que y en a un qui n'a pas compris.&amp;nbsp;Et hop, déjà, le lourd qui commence à essayer de me taper la discute. Je décide de réagir avec calme et discernement : prenons la fuite. Je claque mon écran sans répondre un seul mot mais en faisant quand même coucou avec la main - même si ma webcam est bien sur éteinte - parce que je ne suis pas un rustre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voilà pour cette première connexion puisque je viens d'éteindre mon ordinateur dans cette manœuvre tellement habile. Ah c'était bien. Rudement bien.&amp;nbsp;C'était il y a une semaine et je n'y ai pas remis les pieds. Peut-être que ma photo aura été mise au rebus par un modérateur un peu inspiré.&amp;nbsp;Je crois que j'ai pas trop l'intention de retourner voir.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Parce que parfois, les rencontres de la vraie vie, c'est un peu comme Particulier à particulier : ça marche ! Si si, je t'assure...&lt;/p&gt;
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<title>Simone et les patates sans beurre</title>
<link>http://quedireoufaire.hautetfort.com/archive/2012/02/28/simone.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (quedireoufaire)</author>
<category>Petits souvenirs et grands récits</category>
<pubDate>Sat, 03 Mar 2012 10:25:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://quedireoufaire.hautetfort.com/media/01/02/1615553726.mp3&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/podcast.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;podcast&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/dewplayer.swf?son=http://quedireoufaire.hautetfort.com/media/01/02/1615553726.mp3&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;20&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/dewplayer.swf?son=http://quedireoufaire.hautetfort.com/media/01/02/1615553726.mp3&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;pluginspage&quot; value=&quot;http://www.macromedia.com/go/getflashplayer&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je lui trouvais une drôle de façon de prononcer les mots, surtout les r. Ma mère avait décrété que c'était &quot;l'accent du Jura&quot;. J'ai donc passé mon enfance à imaginer les gens du Jura parlant tous comme Simone, un verbiage un peu exotique qui avait tendance à me faire sourire (ne t'y trompe pas, cette phrase est pleine d'euphémismes). Simone était une ancienne collègue de ma mère, bien qu'âgée d'une trentaine d'années de plus. Par le hasard de quelques rencontres, Simone était surtout la mère de celle qui fût notre nourrice à mon frère et moi de nos trois mois à nos onze ans. Nous n'avons connu qu'une de nos grand-mères, et je ne sais plus exactement pourquoi ni même si elle le savait mais nous appelions Simone &quot;la Mamie R.&quot; .&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lorsque nous allions diner chez Simone et son mari, dans leur vieille maison bizarrement bâtie et régulièrement victime des caprices hivernaux de la Loire passant tout près, c'était tout un petit monde &amp;nbsp;étrange qui se mettait en mouvement devant mes yeux, un monde peuplé de la 4L de Simone, de la casquette inamovible de son mari Joseph, du chien Titus - éternel petit gueulard, d'un téléphone à cadran orange, du tupperware aux cacahouètes et des récits récurrents sur les inondations. Et même à cet âge, ce petit monde un peu espiègle, il me plaisait pas mal.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je ne sais pas vraiment pourquoi mais je garde surtout des souvenirs du rituel figé de l'apéritif du samedi soir (pas de mauvais esprit, s'il te plait). Joseph était à mes yeux un personnage mystérieux et taciturne, il m'effrayait un peu malgré son gabarit assez modeste, alors qu'il m'aurait suffi de lui souffler dessus pour le faire trébucher mais, que veux-tu, j'étais naïf. Joseph avait eu quelques problèmes avec l'alcool par le passé et s'était résigné depuis à boire un sempiternel soda jaune fluo auquel mon frère et moi avions droit également. C'était le seul endroit où nous buvions cette chose étrange, légèrement acide mais finalement pas si mauvaise et je ne suis pas certain d'en avoir bu ailleurs par la suite. La teinte d'une jaune furieusement vif me paraissait même à l'âge de six ans aussi naturelle que la couleur d'un bon liquide vaisselle des années 80.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une fois les boissons servies (mes parents et Simone se servaient, je crois, un verre de vin cuit ou du guignolet), le vieux Joseph allait chercher les cacahouètes. Chaque fois les mêmes cacahouètes, chaque fois rangées dans la même boîte en plastique de type tupperware avec le même couvercle rouge, imperméable aux années et même aux inondations. Je trouvais dans les mains âgées de Joseph une application presque cérémonieuse à ouvrir la boite et la présenter (aux enfants) comme le précieux trésor qui va les occuper quelques temps. Et ça marchait... Et puis l'attention de Joseph était aussi pour Titus, le petit cabot geignard qui tournait sans cesse autour de la table et ne tolérait pas le moindre bruit venant de l'extérieur. Il y avait des coups de pieds qui se perdaient, moi je te le dis.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'année de mes cinq ans (ou six, j'ai le droit d'avoir un doute, hein), une fois où nous dinions chez eux, Simone avait dit en apportant le plat de résistance qu'elle avait ajouté à ses légumes des patates exprès pour moi parce que les enfants aiment tellement les patates. A l'époque, pour moi, le summum de la gastronomie étaient les patates au beurre de ma grand-mère, choses que l'on appelle plus conventionnellement des pommes de terre rissolées lorsqu'on est adulte et qu'on ne fait pas partie de ma famille. Je me rappelle avoir donc imaginé que Simone allait me servir des patates au beurre identiques à celles de ma grand-mère, normal, c'était pour ME faire plaisir.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mes espoirs furent à la hauteur de ma déception. C'est étrange parce que si elle n'avait rien dit de particulier, je sais que j'aurais mangé mes légumes sans broncher parce que c'était la politique habituelle de la famille. Oui, mais elle l'avait dit. Elle avait mis un point d'honneur à insister sur ses patates. J'ai donc très certainement décidé d'accorder à ma dégustation la même importance, une plate indifférence l'aurait déçue, elle n'a pas été déçue. J'étais d'ordinaire très sage et consensuel lorsque nous sortions et il était hors de question de faire le difficile, mais je crois que cette déception était au-delà du supportable. J'ai mangé une bouchée, le verdict était implacable. Ce n'était PAS des patates au beurre. Je suis monté sur ma chaise et j'ai asséné avec un petit air qui devrait être un poil énervant : &quot;elles sont pas bonnes tes patates, moi j'aime que les patates au beurre&quot;.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ma mère, pour qui ce genre de comportements était totalement prohibé, n'a jamais oublié la honte d'avoir engendré un enfant aussi effronté et&amp;nbsp;diabolique qui l'a traversée à ce moment&amp;nbsp;(en même temps qu'une probable envie de me coller une gentille torgnole). Elle&amp;nbsp;se confondait en excuses pendant que - garnement jusqu'au bout des ongles - j'avais quitté cette table et ces assiettes aux patates même pas beurrées pour aller vaquer à d'autres occupations bien plus dignes d'intérêt. Simone s'est contentée de rire, sans doute parce que, elle, elle savait se tenir. Cette anecdote nous a beaucoup marqué ma mère et moi je ne saurais dire combien de fois on se l'est raconté, ni combien de fois elle s'est excusée.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Aussi, lorsque j'ai eu ma mère au téléphone l'autre soir, elle a commencé la conversation par &quot;il faut que je te dise, ce matin on était à l'enterrement de la Mamie aux patates aux beurre&quot;. Le chien Titus, le soda jaune, le téléphone orange et presque l'odeur de leur maison sont remontés à mon esprit, si vite qu'ils étaient là dans la pièce avec moi. Ce n'était pas triste, Simone est décédée à 91 ans après plusieurs années difficiles entre les mains d'Alzheimer, il faut reconnaître qu'il y a des décès plus difficiles à accepter, mais c'était quelque chose de sentir tout ce pan de souvenirs qui sont là et se rassemblent instantanément au passage d'une petite vague de frissons entre mes épaules. C'était une galerie de personnages, d'objets ou de sensations que l'on accroche comme ça, comme les perles d'un même collier. Comme si j'avais dépoussiéré, le temps de ce coup de fil un peu malheureux, un vieil album de photos que j'aurais ouvert en me disant &quot;ah oui, le chien il s'appelait Titus je crois, et il passait son temps à gueuler sur tout et n'importe quoi...&quot;. Et vingt ans plus tard, tout ce petit monde espiègle, même révolu, il me plait autant.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Simone s'appelait en vérité Marguerite mais pour une raison que j'ignore elle se faisait appeler par cet autre prénom et pour moi elle restera Simone, la mamie R. au volant de sa drôle de 4L, avec ses grands éclats de rire, la tête penchée en arrière et son accent amusant, la mamie aux patates au beurre&amp;nbsp;(qui n'en avaient pas) (nan mais !).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Le marchand de sable, ce petit con</title>
<link>http://quedireoufaire.hautetfort.com/archive/2012/02/25/las.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (quedireoufaire)</author>
<category>Blablablog</category>
<pubDate>Mon, 27 Feb 2012 22:32:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce soir je me couche tôt. Je me glisse avec élégance et raffinement sous la couette avec, sur la table juste à côté, ce bouquin que je fais semblant de lire depuis bientôt trois mois (j'en suis à la page 22, je me rappelle absolument pas de quoi ça parle). Je me force à éteindre l'ordinateur (la quatrième tentative d'auto-persuasion est la bonne) et je ferme presque complètement le rideau derrière lequel la guirlande de noël de mes voisins situés en vis à vis continue à clignoter chaque nuit comme si sa vie en dépendait.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je suis bien, je suis détendu, je respire, je n'ai plus qu'une chose à faire, fermer mes paupières et sourire béatement à la vie en attendant les premières pelletées du marchand de sable. Il va venir, il va venir. Je le sens, il est là, tout près, il me chatouille les méninges. Le bruit du frigo. Il en fait du bruit ce frigo. Tiens, depuis combien de temps mon bidon de lait est ouvert ? Est-ce qu'il m'en reste un autre en réserve ? Faut p'tête que j'aille faire les courses dès demain soir. Ouais mais j'aurais pas le temps. Ouais mais il me faudrait des éponges neuves aussi. J'ai eu trop de mal à gratter les restes des oeufs brouillés de ce matin. Une plaie à nettoyer ces oeufs brouillés. 'Tain ça y est j'ai fini d'avoir envie de dormir. Connards d'oeufs brouillés. J'ai cru que j'en viendrai pas à bout et là encore il m'empêchent de dormir.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Machinalement je déplace le rideau pour voir si la guirlande clignote toujours. Cette gourdasse clignote toujours. On est fin février. Une guirlande avec des ampoules jaunes, bleues, vertes et rouges. Normal. Ces voisins doivent être des psychopathes qui veulent jouer avec mes nerfs. Je les imagine rire derrière leur guirlande. Objet de Satan.&amp;nbsp;Je referme le rideau.&amp;nbsp;Je tente d'oublier. Leur donner de l'importance, c'est leur donner gain de cause.&amp;nbsp;Je suis bien, je suis détendu, je respire, je n'ai plus qu'une chose à faire, fermer mes paupières et sourire béatement à la vie en attendant les premières pelletées de ce salaud de marchand de sable.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mes pieds sont lourds, mes jambes sont lourdes, mon corps est lourd, mes bras sont lourds. Je suis bien, je sens que ça vient. Ma couette repose lourdement sur moi. Mais pas assez. Cet oreiller me gène. Il vaut pas un traversin. Je sens que je vais à nouveau militer pour la réhabilitation du traversin. Il reste encore des combats justes et nécessaires dans ce bas monde. Le traversin est tellement plus adapté. Je récupère mon traversin dans mon armoire. Il me vengera des oeufs brouillés. Je me réinstalle. Ah oui je suis mieux là. Ah oui je sens que ça vient, ça vient. Je respire. C'est bon ça vient.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je me sens décrocher comme dans un rêve. Comme dans mon rêve de la semaine dernière. Celui où j'ai rêvé que je tombais et je finissais par atterrir dans la maison de mes parents. Dans le lit de ma chambre d'adolescent. Mais j'avais changé la tapisserie. Pourquoi ne pas avoir gardé la tapisserie jaune ? Pour la remplacer par du bleu et du vert. Une hérésie. Dans ce rêve mes parents ont vraiment fait n'importe quoi de cette maison. Je repense &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://quedireoufaire.hautetfort.com/archive/2011/02/19/la-maison.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;au billet&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; que j'ai écrit il y a un an sur ce que mes parents ont changé dans la maison. Et à ce que je pourrais y ajouter encore. Je me promets de retourner voir l'empreinte de pas de la chienne sur le vieux dallage la prochaine fois. J'essaie me de rappeler quelques souvenirs avec cette chienne. Juste à côté du bac à sable. Putain de sable. Et son marchand.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est deux heures. Le marchand de sable est un enfoiré. La guirlande clignote toujours. J'ai faim. Je mangerais bien des oeufs brouillés.&lt;/p&gt;
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<title>Des cailloux plein les chaussures</title>
<link>http://quedireoufaire.hautetfort.com/archive/2012/02/19/regrets.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (quedireoufaire)</author>
<category>Un peu de moi</category>
<pubDate>Sun, 19 Feb 2012 21:48:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je me suis acheté hier une paire de chaussures. Exactement comme je les voulais, dans les moindres détails. Exactement l'image que j'ai envie de donner.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est peut-être la nouveauté du célibat qui fait ça, j'avance sans la certitude du bienfondé d'aucune décision, aucun choix. Je crois savoir comme une évidence ce dont j'ai envie, ce qu'il me faut et l'instant d'après je me noie dans une marée de doutes et de questions - pas toutes existentielles, certes. Je m'étais pourtant promis de savoir nager avant 2012. Je finis néanmoins par réussir à refermer le couvercle et oublier un peu les questionnements, jusqu'à la fois suivante. Tu crois que c'est pas bien ? Moi je ne vis pas si mal en faisant ainsi. Une grande tradition familiale entretenue de mère en fils depuis pas moins de une génération.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je traine depuis pas loin d'un mois une toux intermittente qui rode à la façon d'un garde un peu sadique pour sanctionner chaque écart, chaque prise de liberté. J'ai donc la voix un peu éraillée, ça ne me déplait pas complètement&amp;nbsp;mais ça m'empêche de chanter à plein(s) poumon(s) mes chansons préférées sous la douche. Pendant ce temps je dors peu et mal, je me sens perpétuellement dans un état second entre une légère fièvre et un fond d'ivresse salement tenace. C'est génial. Je finirai peut-être bientôt par trouver cet état normal.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je ne suis pas un adepte des grandes tergiversations ou séances de psychotage sur la vie, les autres, et moi dans tout ça, mais je ne sais plus exactement dans quelle direction ces chaussures neuves qui me plaisent tant doivent m'emmener. Ce n'est pas bien grave, c'est sans doute très passager mais c'est un peu désagréable de se sentir dans la peau d'une boussole fiévreuse qui cherche continuellement son nord. Chercher mon nord, c'est presque me regarder dans une glace, me demander qui je suis et ce à quoi j'aspire dans les semaines ou les mois à venir. Tu réalises un peu où j'en suis ? Et miroir mon beau miroir, ben il me dit quedalle, ce con. Le tien non plus, peut-être, ça me console de le penser.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En attendant j'hésite entre faire la marmotte et courir un peu dans tous les sens. Cela dit, la marmotte n'a pas beaucoup eu voix au chapitre pour le moment. Je erre, je crois trouver, je réfléchis, le doigt sur les lèvres. Et je me dis que, peut-être...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je me suis acheté hier une paire de chaussures. Exactement comme je les voulais, dans les moindres détails. Exactement l'image que j'ai envie de donner.&amp;nbsp;Elles me font un mal de chien.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br class=&quot;Apple-interchange-newline&quot; /&gt;&lt;a href=&quot;http://quedireoufaire.hautetfort.com/media/02/02/1483919220.mp3&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/podcast.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;podcast&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/dewplayer.swf?son=http://quedireoufaire.hautetfort.com/media/02/02/1483919220.mp3&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;20&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/dewplayer.swf?son=http://quedireoufaire.hautetfort.com/media/02/02/1483919220.mp3&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;pluginspage&quot; value=&quot;http://www.macromedia.com/go/getflashplayer&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Fièvre. Mais pas malade, hein.</title>
<link>http://quedireoufaire.hautetfort.com/archive/2012/02/05/fievre.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (quedireoufaire)</author>
<category>Dans ma lune</category>
<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 22:06:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je sors tout juste de ce week-end de frimâts (Éveline Dhéliat - Sainte-Éveline - ne s'était donc pas trompée) où une folle et douce fièvre s'est emparée ténébreusement de mon corps. Un samedi soir dément où la température est montée en flèche jusqu'au petit matin. Le genre de soirée qui te laisse cloué au lit au réveil, un peu hagard et plus vraiment certain du déroulement des quelques heures&amp;nbsp;précédentes. Ni de son bienfondé (j'ai vraiment marché une heure dehors par moins 43 alors que j'aurais pu prendre le métro ?). Je mets un pied hors du lit avec le courage d'une huître en face d'un ouvre-boite. Je le remets illico à sa place, sous la couette. Au prix d'un effort terrible je parviens à apercevoir l'heure sur le réveil. 8h30. Bénédiction, je peux à nouveau sombrer dans le marasme et les profondeurs. Jusqu'à 8h45. Misère.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et soudain, ce dur moment où tu commences à réfléchir en te demandant si ce qui pourrait ressembler à de la fièvre combiné à un affreux mal de gorge débutant et quelques courbatures ça et là pourraient être les symptômes d'une quelconque maladie balbutiante. Hors de question. Ou alors, peut-être. Oui mais quel genre de maladie ? Le mildiou ? le Phylloxera ? Le cancer de la prostate ? Impossible. Je ne suis pas malade, je ne suis pas malade.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'un des avantages de faire du sport c'est que tu peux toujours chercher à nier l'évidence en soutenant mordicus que cette sensation de courbatures n'est pas liée à un quelconque état grippal, non. Juste à un manque d'échauffement lors de l'une des trois séances&amp;nbsp;hebdomadaires&amp;nbsp;de badminton (oui, je t'ai dit que j'en faisais trois fois par semaine ?). Je finis par me lever courageusement en faisant comme si je ne tremblais pas et je parcours le long chemin qui me sépare de la salle d'eau. Quelques contractions abdominales permettent de ne presque pas tousser, c'est signe que tout va bien. Je fais bien attention à ignorer le placard dans lequel se trouve mes comprimés de paracétamol : chercher à se soigner, ce serait déjà commencer à accepter la maladie, IL NE FAUT PAS. Pourquoi pas voir un médecin pendant qu'on y est.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je vis donc ma vie d'un dimanche normal en n'étant pas malade, en ne tremblant presque pas et en ne ressentant pas du tout ce besoin de réduire mes gestes à leur strict minimum. Et comme je ne suis pas malade, je pousse le vice en allant évidemment à ma séance de badminton du dimanche. Et là, j'aurais peut-être pas dû... Ouais parce que j'ai fait des blagues vraiment minables. Mais vraiment, hein. Limite je me serai pris pour&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://ditom.wordpress.com/&quot;&gt;Ditom&lt;/a&gt;.&amp;nbsp;Le soir venu, le tremblement est devenu un état normal et accepté (Allo ? Parkinson ?). Cette douleur dans la gorge c'est sans doute parce que j'ai dormi dans une mauvaise position la nuit dernière, il n'y a pas d'autre explication.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lundi matin. Horreur et damnation, le malin s'empare de moi et mes mains me font avaler du paracétamol. Les contractions abdominales ne suffisent plus complètement à m'empêcher de tousser toutes les minutes, je redoute que mes collègues ne commencent à s'imaginer quelque chose. Lundi après-midi, c'est un peu pire. Lundi soir, à un concert je fais presque bonne figure et je ne crois pas avoir contaminé la moitié de la salle, que je sache (cela dit, cher voisin de droite, si tu me lis, n'hésite pas à te manifester, je suis en général plus en forme qu'hier soir).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mardi. Mes collègues s'obstinent à croire que je ne suis pas en forme olympique. Il se murmure même par endroits que je serais &quot;souffrant&quot;. Balivernes. On finit toutefois par me proposer gracieusement quelques menus traitements (les joies de travailler dans le milieu hospitalier). De bonne grâce et pour ne pas froisser les bonnes volontés, je finis par accepter ledit traitement. La petite vacherie dans ces moments-là c'est de ne pas savoir si un comprimé est effervescent ou à avaler directement. Comme je suis ingénieux je décide de plonger le comprimé dans un gobelet d'eau, je verrai bien ce qu'il adviendra. Cet imbécile de comprimé se réduit en une poudre informe qui vient tapisser le fond du gobelet sans que je ne puisse la diluer ni l'atteindre. Le fameux fléau des gobelets trop étroits. Heureusement, comme je ne &amp;nbsp;manque pas d'idées - ni de classe - je pense intelligemment à découper le gobelet avec des ciseaux pour en lécher le fond, avec toute l'élégance possible. C'était pas mauvais.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;M'enfin quatre heures après ce premier comprimé, ça ne va franchement pas mieux. C'est bien la preuve que je ne suis pas malade. Ou à la rigueur juste le mildiou.&lt;/p&gt;
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<title>Un pied devant l'autre</title>
<link>http://quedireoufaire.hautetfort.com/archive/2012/01/15/un-pied.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (quedireoufaire)</author>
<category>Un peu de moi</category>
<pubDate>Sun, 29 Jan 2012 23:49:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;Il est possible que tu ne comprennes pas grand chose à ce billet, ce n'est pas bien grave. Moi quand je comprends rien je dis oui en souriant bêtement, mon interlocuteur se sent valorisé et c'est déjà ça de gagné. Je te propose donc de faire pareil.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;T'as remarqué comme j'ai rien raconté dernièrement ? Si si tu peux même le dire à voix haute : &quot;&lt;em&gt;bah dis donc Joss il se foule pas trop ces temps-ci, espèce de sale feignasse&lt;/em&gt;&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour me rattraper ce soir, pendant qu’un certain Nicolas S. devise gentiment de choses et d’autres sur les grandes chaines, moi je regarde sur Arte un documentaire qui montre des marmottes en train d'hiberner. Je crois que c'est ça que je veux. Me réincarner en marmotte. Elles dorment, elles se serrent les unes contre les autres, elles ont chaud. Elles oublient tout. Pendant trois mois. 'tain oui c'est ça que je veux, c'est ça ! En guise de terrier, je me contente de me brûler les pieds contre mon radiateur tout seul dans mon appartement, c'est moins réconfortant (mes chaussettes sont bien trop loin pour que j'aille les chercher). Pas une marmotte ni même rien qui puisse s'y apparenter de près ou de loin à portée de main. Mon mouton en peluche me fait la gueule parce que j'ai un peu oublié de l'épousseter ces trois derniers mois. M’en fous, il est gris.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je crois déjà pouvoir dire que cette image de marmottes blotties les unes contre les autres va me hanter cette nuit. Pourquoi elles ? Et pas moi ? C'est vraiment dégueulasse. Je me repasse le film, comment en être arrivé là. De toute façon c'est mieux comme ça, c'était la décision à prendre et j'ai beau faire les gros yeux à mon mouton, je sais bien que ça ne changera pas grand-chose. Plutôt que remonter le fil, je pourrais aussi commencer à tricoter la suite. Il faudra bien. L’image du tricot est un peu étrange mais bon. Oh oui, un magnifique pull torsadé, rien que l’idée me met en joie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bon là maintenant, dans la suite du documentaire, on voit des tortues qui tentent de se reproduire, ça aussi je... comment dire ? Oh des cerisiers en fleur&amp;nbsp;! Il y a toujours une grande ambivalence à l'idée d'envisager la suite dans ce genre de périodes. L'euphorie du champ des possibles oscille pernicieusement avec le vide.&amp;nbsp;Ça va étrangement bien, puis, plus rien. Et puis le courant revient tout seul, sans doute quand les deux neurones se percutent accidentellement ou alors quand j’entrevois une belle suite - faite de pulls torsadés mais pas obligatoirement. Et même si les marmottes avaient l'air comblées de bonheur dans leur terrier, la petite voix du bon sens me dit que la méthode marmotte n'est pas le plus court chemin vers la jouissance ultime. Je serai donc fort, brave, conquérant et merveilleux. En plus d'être délicieusement drôle mais ça ce ne sera pas nouveau et tu le sais déjà. Euh...&amp;nbsp;Un simplement hochement de tête suffira.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je martèle donc à l'envie que le monde est à moi, l'avenir est entre mes mains et que je vais marcher fièrement dans les rues en essayant d’avoir l’air épanoui et dégourdi. Et c'est franchement pas le moment de dormir.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Brutalement je me rappelle qu’Evelyne Dhéliat - Sainte Evelyne, priez pour nous - nous annonce moins quarante-trois degrés pour la fin de la semaine prochaine. Et là, tout de suite, j'ai furieusement envie d'être une marmotte.&lt;/p&gt;
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