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lundi, 20 septembre 2010

Chambre 406

DSC03796.JPGAprès l'averse, le courant d'air léger relayé par le ventilateur s'amuse à agiter avec malice le rideau et sa doublure blanche. Je sors caresser des pieds la surface de la piscine avant d'aller fouler la terrasse de bois et y laisser à dessein des empreintes humides que je regarde fondre peu à peu sous la chaleur déjà de retour.

Le bruit des vagues en contrebas habille le décor sonore en arrière plan du concert que les oiseaux reprennent à la suite de l'entracte pluvieux. Je reviens à l'intérieur me saisir de mon livre puis je prends place à la table de la terrasse pour y poursuivre ma lecture en jetant un regard sur l'océan à peine visible entre les arbres.

J'attends son retour en feuilletant quelques pages à l'ombre lumineuse de cette fin d'après midi qui s'écoule.

dimanche, 19 septembre 2010

Chauve-souris, chat créole et soleil

C'est alors que nous nous baignions, en fin d'après midi dans la piscine privée sous les arbres que nous avons fini par nous en rendre compte : aux Seychelles, les très gros oiseaux qui commencent leur ballet au moment où la lumière décline, s'ils ont l'air quelque peu étrange, c'est avant tout parce que ce sont des chauve-souris (hmmm...).

Bon, sinon, je ne peux pas te raconter toute ma semaine passée là bas, tu finiras par m'en vouloir. J'ai tout de même appris que :

- Le transit entre Dubaï et les Seychelles c'est simplement un grand rodéo aérien (ah, ça accélère. ah, ça ralentit).

- Se retenir de rire au moment où le douanier secoue vigoureusement le flacon de gel en se demandant ce qu'il peut y avoir dedans, ce n'est pas si facile.

- Un jet ski ça peut se retourner, oui. Très facilement, d'ailleurs.

- Se retenir de sourire lorsque le touriste français un petit peu lourd nous fait la conversation en disant : et vous êtes venus sans femme ? c'est surprenant, deux gars comme vous !" , c'est pas si facile non plus.

- Alors qu'il fait nuit noir, sur un petit sentier au milieu de ce qui ressemble à la jungle uniquement éclairé par notre lampe torche et les étoiles, il ne faut jamais dire : "Tu vois, le gars de l'hôtel avait raison les chiens qu'on entend aboyer sont enf..." . Ah ben non, il est pas enfermé celui là. Oups.

- Après trois verres de rosé, personne ne parle en créole à un chat comme moi. Il paraitrait même qu'il existe une preuve en vidéo.

- Avant de partir, il faut bien regarder les horaires sur tes billets d'avions, même les billets retour. Et il faut cesser de croire qu'une escale à Dubaï ça dure forcément pas plus de deux ou trois heures (3 x 3h = 9h).

- Pfiooouuu. C'est haut la Burj Khalifa, hein !

Je ne te montre pas de photo parce que tu me détesterais vraiment mais comme tu t'en doutes, c'état absolument magnifique... oh allez, trois pour la forme puisque tu insistes.

 

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samedi, 04 septembre 2010

Roma Express : la fuite

Cher Vinzniv, mon maître, mon ami

Pour notre sécurité à tous les deux, il est préférable que vous ignoriez l'endroit où je me trouve actuellement ainsi que la façon dont ce message sera arrivé jusqu'à vous. Comme vous le supposez, les journaux de France et d'Europe ne cessent d'émettre les hypothèses les plus fantaisistes sur le massacre du Roma Express. Fort heureusement, ces benêts sont encore bien loin de la vérité tant que personne n'aura la triste idée de les aiguiller vers nos services.

A dire vrai, je ne suis pas peu fier des fausses pistes que j'ai lancées en témoignant de la scène que j'ai observée au moment du départ du Roma Express auprès de plusieurs journalistes et policiers. La version la plus en vogue reste donc le règlement de compte faisant suite à une histoire d'adultère (comme il est heureux qu'un couple illégitime se soit embarqué à bord de votre train).

Le choix que vous m'avez demandé de faire fut une difficile épreuve à mes yeux. Je resterai longtemps nostalgique de cette utopie que l'Agence représentait pour moi à sa grande époque. Hélas depuis l'ascension de ce gredin d'Albert Legrand et son mouvement extrémiste "La grandeur de la France dans la souffrance et les pleurs de ses obligés", j'ai fait une croix sur mon beau rêve. 

Comme vous me l'avez indiqué, je me suis rendu aussi rapidement que possible à Venise. Après quelques heures d'errement, ce sont les trois jeunes gens que vous m'aviez indiqués qui m'ont identifiés et se sont manifestés auprès de moi. J'ignore de quelle façon il m'ont repéré (le jaune serait-il réellement une couleur inhabituelle pour les culottes courtes ?). La rencontre fut brève et courtoise. Je leur ai remis à chacun un billet leur permettant de rejoindre discrètement la Sicile en échange du pendentif que j'ai gardé précieusement après m'être assuré de la présence du microfilm. Je tiens toutefois à vous dire que vous avez manifestement laissé un souvenir impérissable chez ces jeunes français. Tous trois n'ont eu de cesse de vanter votre bravoure, votre charme et vos qualités physiques. Ils ne se sont pas attardés toutefois sur vos choix vestimentaires. Je les laissés rapidement à leurs propres occupations afin de me concentrer sur la suite de mon périple.

Les choses se sont compliquées dans les rues et canaux de Venise où j'ai du ruser en sautant de gondoles en gondoles pour échapper à deux poursuivants. Je ne saurais dire s'il s'agissait de simples brigands attirés par la valeur marchande du pendentif (ou jaloux de mon bermuda jaune ?) ou bien s'il s'agit-là d'une menace plus informée et forcément plus dangereuse. Quoi qu'il en soit je n'ai dû mon salut qu'à la maladresse d'un gondolier coincé en travers d'un canal qui finit par faire chuter à l'eau l'un de mes poursuivants.

N'écoutant que la peur qui me taraudait je me suis enfuit aussi vite que possible pour rejoindre l'air de décollage du Biplan Latécoère que vous aviez fait apprêter à mon endroit. Le coeur battant et les cheveux au vent, le pilote et moi avons volé jusqu'aux limites des capacités de l'appareil qui coïncidèrent d'ailleurs avec mes propres limites (vous connaissez mon aversion pour les trajets aériens à bord de ce genre d'engins). Je fus satisfait et soulagé d'arriver à bon port au terme de ma première escale hors d'Europe.

Par ailleurs, sachez que j'ai recueilli avant de partir quelques informations concernant les contacts que l'agence vous a attribués pour cette opération. Je ne saurai que trop vous conseiller de vous méfier du Rouge-Cerise dont le passé m'inspire peu confiance. Son recrutement par l'Agence est bien un signe de plus de la déchéance dans laquelle est tombée notre organisation. Au contraire, le comptable qui vous accompagne me semble moins dangereux car peu au fait de la tournure réelle des évènements. Dans tous les cas, soyez vigilant je vous en conjure.

Je ne suis pas certain que nous puissions à nouveau communiquer avant longtemps. Sachez que travailler à vos côtés fut un honneur et une chance pour moi. Prenez garde.

Que les couleurs soient avec vous.

Votre dévoué Joss_Davril.

mercredi, 01 septembre 2010

Roma Express : les dessous obscurs

Sitôt le Roma Express parti avec à son bord une kyrielle d'assassins potentiels, je sus qu'il fallait en toute hâte rejoindre l'agence afin d'y quérir quelques indices dans l'attente d'un hypothétique message en provenance d'Italie. Je regagnai donc quatre à quatre le 43 de la rue du Miroir aux Alouettes pour tenter au moins d'en savoir plus sur les deux accompagnateurs de mon maître.

Les locaux de l'agence sont un triste capharnaüm dans lequel une chatte ne retrouverait pas ses petits. J'y trouvai pèle-mèle sur le bureau de Vinzniv de vieux journaux malmenés dont certains avaient été découpés grossièrement, le brouillon d'une lettre inachevée, un petit sachet de papier contenant des croquettes pour chat, quelques esquisses sur lesquelles il avait cherché à dessiner une clef ainsi que des cartes des territoires parcourus par le Roma Express au cours de son trajet et dont certains points étaient cernés d'une croix rouge.

L'analyse méticuleuse de l'ensemble de ces pièces me révéla qu'un homme d'affaire helvétique de haut rang serait lui aussi du voyage. Les écrits de Vinzniv faisaient également référence à plusieurs reprises aux initiales L. T. Pour le reste, les articles regroupés faisaient état de l'instabilité politique sous-jascente des derniers mois, de la Bavière au Péloponnèse, cette immense poudrière dont le grand public ignore pour le moment la propension à se mettre en branle prochainement.

Dans l'entrée de l'agence je vis par hasard, la pile du courrier de la veille à laquelle personne n'avait visiblement prêté attention. Ce rustre de Nestor avait probablement préféré une nouvelle fois aller conté fleurette plutôt que s'atteler à la tâche. Je me jetai sur la pile et découvris une enveloppe solidement ficelée à l'attention de Monsieur Vinzniv Lecoloré. J'y découvris enfin ce que j'espérais trouver : des fiches de renseignements sur Messieurs Incipio et Rouge-Cerise (plutôt que Framboise, apparemment, pendant qu'on y est...). 

Les renseignements sur Incipio étaient assez sommaires et se limitaient à dire que l'homme était un comptable de génie très versé dans les affaires financières et dont l'aide serait précieuse une fois sur place. On apprenait de plus qu'il bénéficiait de par sa filiation d'un réseau de connaissances de premier choix. Je m'amusais d'une phrase doublement soulignée : "Méfiez vous de son goût prononcé pour les vapeurs et les liquides peu conventionnels".

La fiche de renseignements sur Monsieur Rouge-Cerise était légèrement plus fournie. On y apprenait que l'homme était une nouvelle recrue de l'agence et avait derrière lui un passé trouble et plutôt sanguinaire, s'étant fait appelé à une époque "le Barbare de Mancellie". Il était également précisé en rouge : "prenez garde, l'homme est particulièrement PEREMPTOIRE".

Je n'appris rien de plus en dehors d'une dernière note manuscrite indiquant que la mission serait effectuée sans le concours d'un nettoyeur. Vinzniv était donc prié d'opérer de façon "propre", contrairement à ses habitudes.

Je cachai précieusement l'ensemble des informations que je venais de recueillir et une longue attente commença alors avec ce doute à l'esprit : fallait-il avertir les autorités ? Je choisis de rester silencieux. Dans l'éventualité où il faudrait étouffer l'affaire Vinzniv savait pertinemment que je n'avais pas mon pareil pour mener les ambassades en bateau.

Il me fallut presque deux jours avant d'en savoir plus. Alfred m'apporta au petit matin une missive en langage codé que Vinzniv m'avait fait parvenir par un moyen que j'ignorais encore...

Les derniers évènements vécus sur place vous sont contés ici et