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lundi, 26 avril 2010

Ce n'est plus un secret

Un samedi soir il y a une dizaine de jours, au cinéma avec D du 15è (oui je continue à désigner ainsi D du 15è, so glam...). Nous sommes parmi les premiers installés dans la salle avant que la séance ne débute. Les rangs sont encore clairsemés, tu te doutes bien que nous avons choisi les meilleures places (au milieu, parmi les derniers rangs). Nous gloussons comme des bécasses discutons avec joie et entousiasme.

 

Nous nous attardons même sur un garçon qui vient s'installer au rang juste devant nous et que de D du 15è trouve plutôt à son goût. Tu penses bien que moi, n'étant pas célibataire, je n'ai absolument aucun avis sur les garçons qui passent. Il se trouve par hasard que le garçon en question finira par enlever son pull, celui-ci ayant, par miracle, entrainé sauvagement son t-shirt avec lui pour la plus grande joie du D du 15è (mais si !!). Et comme tu t'en doutes, n'étant pas célibataire, j'ai pudiquement baissé les yeux au moment critique. Enfin, ledit garçon sera rejoint par une grognasse, plutôt jolie, certes.

 

Nous poursuivons oisivement notre conversation avant de réaliser que, vue la teneur de nos propos et le volume sonore que nous déployons, nos voisins de derrière ont évidemment deviné notre goût pour certaines sucreries et notre profond désintérêt pour les soutien-gorges rebondis. D'ailleurs, je ne sais absolument pas comment on écrit soutient-gorges (soutients ?), c'est bien une preuve de plus. Nous nous regardons brièvement après avoir réalisé ce que Monsieur et Mme Assisderrière savent désormais sur nous puis nous décidons d'un geste de la main que peu importe. La conversation se poursuit, le monde continue à tourner et le film finira même par débuter...

 

Ce n'est que le lendemain que j'ai pleinement pris conscience du petit évènement. Pour la première fois de ma vie, dans un lieu non estampillé "attention, garçons sensibles autorisés" j'ai laissé des inconnus connaître mon goût pour les viandes de qualité et je ne m'en suis pas ému. Pour la première fois, cela m'est paru égal. Je me suis revu, toutes ces années où je tentais de cacher (parfois vainement) à la face du monde que je préférais les garçons. Tous ces efforts pour contrôler mes intonations de voix, gommer mes gestes en parlant, assagir ma démarche et autres petits détails que les garçons sensibles connaissent bien.

 

Je me suis rappelé aussi ma colère, la fois où lors d'un week-end d'intégration des étudiants de mon école s'étaient fait une joie de prendre une photo de moi dans une posture ou l'un de mes poignets se montrait particulièrement souple et la diffuser sur le réseau des étudiants parmi les autres clichés du week-end. En découvrant cette photo, j'avais eu une furieuse envie de trouver la personne en question, l'agripper par les cheveux, la trainer dans les toillettes toutes proches de la salle informatiques où je me trouvais et y casser le miroir en tapant dessus avec son visage. Il n'avaient pas le droit, personne n'en avait le droit, ce devait être mon secret.

 

Ce samedi soir, tout s'était évaporé. Monsieur et Madame Assisderrière allaient pouvoir raconter le lendemain que le film leur avait plu (ou pas) et, si ça a vraiment de l'importance pour eux, ils pourront ajouter que juste devant eux il y avait deux pédés. Pour la première fois, je m'en balance les oreillers. Je n'en suis encore que là mais c'est important pour moi.

 

Cela me donne le sentiment d'une petite victoire. Ne serait-ce que sur moi.

lundi, 19 avril 2010

La revanche des petits

Au moins lorsqu'au petit matin je remonte la couette sur mes épaules, ce n'est pas moi qui ait les pieds découverts et au frais. Et toc.

 

Si ! ça méritait d'être dit !

mardi, 13 avril 2010

Recherche personne influente, désespérément

Nous sommes déjà le 13 et le 13 touche même à sa fin. Il me reste seulement trois jours. Trois jours en effet car dans ses prévisions pour la semaine, Elizabeth T (mon guide, tel un phare dans la nuit) est tout ce qu'il y a de plus formel pour les béliers du deuxième décan :

 

"Le 13, soyez moins émotif, mettez-vous au vert. Une rentrée d’argent occulte à la clé, le 17, ou une personne influente vous fait progresser."

 

C'est très clair, hein ? tu trouves aussi ? Oui, je vois que nous sommes d'accord.

 

Aujourd'hui 13 avril, j'ai effectivement du traverser quelques minutes tumultueuses, conséquence d'un acte proprement héroïque accomplit par mes petites mains le week-end passé mais que je ne peux te raconter ici pour des raisons d'anonymat que tu dois comprendre même si ça te contrarie (Rouge-Cerise le confirme d'ailleurs dans son propre récit du week-end). Il se trouve que je me suis en réalité tourmenté ce matin pour fort peu de chose, n'ayant rien à me reprocher (contrairement à ce qu'on prétend ailleurs, la blanche colombe sortie de l'oeuf c'est moi et moi seul).

 

Evidemment comme tu t'en doutes, une fois la petite émotion passée ce matin les paroles de la sémillante Elizabeth ont résonné en moi comme l'évidence du destin qui attend pour me sauter à la gorge et s'emparer de moi comme un jouet. Il va donc de soi que j'attends de pied ferme la journée du 17 qui va me permettre de tutoyer encore un peu plus la gloire que je mérite grandement selon les dires d'Elizabeth. Si mes calculs savants sont exacts, le 17 devrait tomber aux environs de samedi.

 

Hélas, trois fois hélas, à la page de samedi, mon agenda est désespérément vide. Vide, c'est affreux. Je te le dis donc à toi, personne influente qui me lit. Il nous reste ainsi trois petites journées pour fomenter le plan qui me permettra une progression substancielle dans la vie. Allez, personne influente, manifeste toi, manifeste toi.

 

Tu peux donc te faire connaître ici même. J'attends ton signe (tu ne vas tout de même pas faire mentir Elizabeth ? Ni elle ni moi ne te le pardonnerons, sois en certain). A très vite, donc, chère personne influente.

 

Ah zut, je ne sais comment terminer ce message sans en faire trop.

 

Euh... bisous ?

dimanche, 11 avril 2010

Les chansons, les fesses de Jérôme et l'adorable inconnu

Hier soir, alors que notre hôte Rouge-Cerise et moi croisions dans l'escalier la voisine de palier accueillant l'un de ses invités vers 22h30, elle s'excusait déjà du regard en précisant qu'il y aurait probablement un peu de bruit au cours de la soirée.

 

La soirée de la voisine et ses nombreux amis fut musicalement animée. Elle fut fort variée sans toutefois atteindre de véritables sommets (je m'obstine à penser que Johnny Hallyday chantant allumer le feu ne constitue pas un sommet, Rouge-Cerise partage d'ailleurs mon avis). Et puis, il y eut les chansons à boire. A de multiples reprises. Enfin il y eut surtout les nombreux refrains invitant les participant à dévoiler leur postérieur au reste de l'assemblée. Tu sais, ce refrain si subtil et délicat qui se conlut par : "Allez Jérôme montre nous tes fesses, allez Jérôme montre nous ton cul" (NB : ça marche aussi avec Mathieu, Olivier, Christophe ou Jean-Claude, si tu préfères. Ou même Brigitte).

 

Hélas, le mur étant désespérément opaque, nous n'avons pas vu si Jérôme s'est exécuté et, le cas échéant, s'il y avait matière à y prêter attention. Nous nous sommes donc malheureusement contentés de prêter l'oreille sans pouvoir déterminer l'issue de ces échanges à tue-tête accompagnés de sauts à pieds joints dont le but n'étais pas visiblement, d'aider les voisins à trouver le sommeil. Les joutes animée auront duré au moins jusqu'à deux heures trente, moment où je crois avoir définitivement sombré dans le sommeil alors que je me demandais si le plancher de l'appartement tiendrait jusqu'au lendemain.

 

Au petit matin, Rouge-Cerise ayant eu à coeur de montrer qu'il est un hôte de qualité, s'en est allé faire un crochet par la boulangerie. Par une magie qui nous échappe, l'un des convives de la soirée était alors en train de dormir sur le palier (quelle douce soirée décidément). Quelques minutes plus tard, à son retour de la boutique à croissants, le dormeur du palier s'était évaporé laissant uniquement derrière lui son Blackberry Nokia E71. Nous récupérons précieusement ledit téléphone et je m'engage sur l'honneur à tenter de retrouver par tous les moyens le dormeur du palier et lui restituer son bien.

 

Un petit déjeuner plus tard, Rouge-Cerise parti rouler des mécaniques avec ses amis motard, je découvre que le dormeur du palier est repassé par ici, ayant laissé un mot sur la porte de la bruyante voisine lui disant qu'il a perdu son téléphone et l'attend dans un vague café près de la station de métro la plus proche en signant B. Il est onze heures, je me fais plaisir à marteler la porte et jouer de la sonnette. Rien. Je remets une nouvelle salve cinq minutes plus tard. Rien.

 

N'écoutant que le bon samaritain qui m'anime chaque minute que dieu fait, je me saisis du téléphone en question et me rends près de la station de métro évoquée en me disant que tout de même ce que je fais n'a pas de sens. Par ce beau dimanche matin ensoleillé, j'approche de la fameuse station de métro, une terrasse toute proche et un client isolé dont le visage exprime très clairement : "j'ai passé la nuit à chanter des chansons où je demandais à mes copains de me montrer leurs derrières avant d'aller ronfler sur un palier". Je lui demande donc s'il ne s'appelle pas B. et n'a pas perdu un téléphone, je te laisse deviner la suite, sa surprise, son soulagement, tout ça tout ça. Il a trouvé mon geste adorable. Vraiment A-DO-RA-BLE.

 

Moi aussi, j'espère bien que le jour où j'aurai égaré mon téléphone, un adorable inconnu viendra me le rapporter sans que je sache ni comment ni pourquoi alors que je bois un café à une terrasse par un dimanche matin ensoleillé. Y a des chances que ça arrive, tu crois ?

lundi, 05 avril 2010

La suite comme on la vit

(Attention ce billet devrait avoir un fort parfum de mièvrerie, tu ne pourras pas dire que tu ne savais pas. Promis, après j'arrête avec les niaiseries)

 

En février en 2009, j'ai écrit ici un billet que j'avais si brillamment appelé La suite comme on la rêve. J'y exposais mes états d'âme en te disant que je vivais alors depuis un an à Mouetteland et que je regrettais de n'avoir pas trouvé un cadre de vie plus urbain et plus socialisant. Exactement un an après avoir écrit ce billet, je débutais ma vie parisienne. (ah tiens, je l'ai pas mis sur ma page à propos)

 

Il y a deux jours, j'ai eu 27 ans (vite, mettre à jour ma page à propos). Professionnellement et personnellement, j'ai connu de loin l'année la plus intense que j'ai vécue. Moi qui n'avais jamais pris l'avion, je me suis rendu seul en guadeloupe puis en Californie, j'ai remporté un prestigieux concours de mollet, j'ai démémagé, j'ai trouvé un autre boulot, j'ai donc démissionné et redéménagé au bout de trois mois et je suis arrivé ici pour en découvrant les joies de la vie à deux. J'ai aussi fait une multitude de rencontres (dont une particulière) qui me rendent aujourd'hui de plus en plus heureux d'être ce que je suis et heureux de ce qui m'attend.

 

Tu dois bien savoir ce que c'est, les gens plus jeunes (mais pas de beaucoup) qui te demandent : "alors, ça te fait pas trop mal d'avoir 27 ans ?". J'ai juste envie de répondre "après l'année que je viens de passer, je le vis très très bien. Connasse".

 

Ce à quoi je rêvassais niaisement il y a un an est aujourd'hui devenu ma réalité de tous les jours. En repensant à ces douze mois écoulés, je m'adosse contre le canapé en étendant mes jambes sur la table basse et je souris. Niaisement.