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dimanche, 28 mars 2010

Joss découvre la vie : bienvenue chez les morts

Visite des catacombes de Paris avec D. du 15ème. (oui, j'ai osé)

 

Pfiiioooouuuu !! t'as vu la queue à l'entrée ?

 

- Moi : blablablablablabla [...] blablabla

- D. du 15ème : Blablablablabla [...] blablabla

- Moi : blablablabla [...] blablabla.

 

Oh ayé, c'est notre tour (pas si difficile pour deux pipelettes d'occuper une heure d'attente en papotant). Après une heure de queue, une affiche qui va bien : la machine à carte bancaire est en panne. Sympa. D. du 15è me sauve la mise en payant en liquide. Je vais encore avoir des dettes...

 

Le voyage débute par un escalier en colimaçon qui descend longuement suivi de plusieurs longs couloirs au plafond assez bas (mais moi ça ne me gène pas vraiment, tu vois). Après plusieurs de ces longues galleries, un des "guides", je ne sais pas si c'est le mot le plus adapté, s'adresse à nous en nous demandant : "c'est long, hein". Heuuu, tu sais mon grand, là, on n'a encore rien vu, alors j'espère que ça va encore bien plus long.

 

Ah tiens des os.

 

C'est fascinant.

 

Cela dépasse tout ce que j'imaginais. C'est à peine croyable tous ces ossements, toutes ces vies. Ou plutôt, tous ces morts. Il y a dans ces allées tant d'histoires et de visages figés, une vie ne pas suffirait pas à les dénombrer. Il me parait difficile de décrire la disposition des ossements avec des mots qui te donneraient une impression juste. Les os sont accumulés comme les parpaings d'un mur, ajustés comme des sculptures infinies. Les crânes sont parfois agencés de façon à faire apparaître des dessins avec un goût parfois surpenant, notamment à l'endroit où des crânes disposés à la façon de pierres ornant un mur forment un coeur. Certains agencement me donnent l'impression de sculptures sur bois où même de meubles en osiers. Il est difficile de réaliser qu'il s'agit bien de milliers de morts et pas d'un décor de parc d'attraction tellement on a l'impression d'une mise en scène.

 

On retrouve, sans surprise, au détour des allées, des citations qui rappellent combien l'homme est peu de choses face au temp et la vie, était-ce vraiment nécessaire. Je regrette quelque peu également le flot des autres visiteurs parfois bruyants qui dénote dans cet endroit que j'aurais voulu plus silencieux.

 

Le visite se poursuit dans des galeries humides où l'eau perle au plafond et vient mouiller le sol foulé par nots frèles chaussures. Cela ajoute une goutte de pittoresque au voyage. Je termine le récit de cette visite avec le sentiment de n'avoir pas du tout réussi à retranscrire les impressions que j'ai eues.

 

A nouveau les escaliers. Retour à la lumière du jour. J'ai faim. La vie, quoi.

12:27 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (9)

dimanche, 21 mars 2010

1m86

Je crois que j'étais en CM1 lorsque j'ai commencé à me rendre compte que la plupart des garçons de ma classe commençaient à pousser plus vite et surtout plus haut que moi. A l'arrivée au collège, je comptais sur les doigts d'une demie main les plus petits que moi. Filles comprises.

Je rongeais mon frein en espérant très fort que j'allais combler mon retard. Je saisirai ma revanche quelques années plus tard. Mon frère, lui, recueillait à chaque réunion familliale les sempiternels "ah mais tu as encore grandi toi, c'est pas possible !!". Et moi rien. L'une de mes tantes s'était une fois penchée sur mon cas en assénant un implacable "s'il arrive à 1 mètre 70 ce sera déjà bien". J'avais trouvé ça terrible, mais évidemment, j'avais souri gentiment (j'ai toujours maitrisé à la perfection ce genre d'expressions pincées et tellement diplomates).

Et puis un soir, alors que j'avais treize ans, nous dinions chez des amis de mes parents, le sujet était venu sur la table. Ils nous donnèrent l'exemple du second fils des voisins de la poissonnière de leur fameuse cousine Gertrude, un exemple que j'entendis comme on entend un conte de fées (mais en vrai, pour changer). Le fils en question était un petit adolescent rondouillard alors que son frère ainé était grand et longiligne (tout comme mon frère et moi) et la plèbe n'avait de cesse de faire remarquer cette différence, ce qui attristait fort le plus petit des deux. Et puis brutalement, à la fin de l'adolescence, les hormones retardataires faisant enfin leur travail, il se mis tout à coup à grandir et s'affiner pour devenir tout juste plus grand que son frère en culminant à 1 mètre 86.

Ce fut comme une révélation. Moi aussi j'allais probablement grandir tard et ma revanche n'en serait que meilleure. J'avais décrêté qu'1 mètre 84 me suffiraient amplement. Je m'imaginais des soirées où, la hauteur venue, je viendrai revoir des gens pas vus depuis des années qui resteraient incrédubles devant ma stature tardivement aquise.

Le collège passa, puis le lycée. La mort dans l'âme je me suis résigné. Je me rappelle un jour de terminale où je m'étais vu dans un miroir à côté d'une fille de ma classe que je ne trouvais pas spécialement grande mais qui me dépassait tout de même de quelques centimètres. Cela m'avait profondément attristé. J'avais, de plus, la particularité de paraître nettement plus jeune que mon âge qui m'a valu quelques moquerie perfides au cours du temps. Mais il a bien fallu que je l'accepte : je ne mesurerai jamais 1 mètre 86. Ni même 1 mètre 70. Je comprends que cela puisse faire sourire mais je l'ai vraiment vécu comme quelques chose de blessant, d'humiliant. Il n'y aura jamais de revanche.

Hier, profitant des possibilités que m'offre cette nouvelle vie parisienne (en plus d'avoir rencontré la sommité CDDB), j'ai rencontré pour la première fois un ancien blogueur, toujours lecteur de mon blog qui m'a dit après le dîner, que je ne suis pas aussi petit qu'il le croyait. Je mentirais en disant que ça ne m'a pas fait plaisir. Et puis en rentrant, je me suis dit, "nan mais c'est quoi ce blog qui me fait passer pour un nabot ?"

Je te le précise donc cher lecteur. Je suis bien plus grand que tu peux le croire, d'abord. Si. Espèce de petit morveux.

vendredi, 19 mars 2010

"Un ange frappe à ma porte...

est-ce que je le laisse entrer ?"

 

Euh, ça t'es déjà arrivé à toi de te retrouver entrain de chanter à voix haute une chanson de Natasha St-Pier alors que tu fais oisivement tes courses à Mono*prix ?

 

Celà dit, on passait tout juste devant le rayon des chocolats de Pâques, j'étais ému, aussi. Et puis j'avais le coeur léger d'un vendredi aux airs de printemps en pleine éclosion, c'est-y pas merveilleux.

 

samedi, 13 mars 2010

Allumeuses

La journée a été bien longue, pénible et pleine d'imprévus, elle se termine plus tard que je l'espérais. Je me retrouve agacé (et stressé, aussi) planté sur le quai du métro. Il sera là d'ici deux minutes, je promène mon regard aiguisé autour de ma petite personne pour occuper ces deux minutes. Je les vois, sur le quai d'en face.

 

Elle sont là, auguicheuses, ces deux petites trainées tentent de faire de l'oeil à tous les passants sans distinction. Elles offrent une vue imprenable sur les charmes qu'elles ont à proposer. Plus jeune, ce genre comportement me mettait mal à l'aise, je m'efforçais d'esquiver autant que possible ce type de vision dont je savais qu'elles ne m'apportaient rien de bon.

 

Elles savent pertinemment l'attraction qu'elles excercent et l'envie qu'elles suscitent dans l'esprit de tous, elles prennent plaisir à jouer avec le désir des quidams. Je trouve le principe malhonnête et calculateur, et pourtant, je cède moi aussi au plaisir coupable de les regarder jusqu'au bout. Elles peuvent s'enorgueillir de recueillir à longueur des journées tant de regards gourmands qu'elle captent si facilement.

 

Le métro arrive. Même une fois monté, je me délecte du regard jusqu'à l'ultime instant en fixant ces deux publicités Suchard qui s'éloignent. Je ne suis résolument pas cuir.

 

 

 

 

rocher-suchard-affichage-cuir-ou-chocolat.jpg

 

samedi, 06 mars 2010

Le bon réservoir

(Attention un jeu de mot furieusement grotesque ingénieux s'est caché à la fin de ce billet. Sauras-tu le retrouver ?)

 

Grande angoisse dans la nuit de jeudi à vendredi. J'étais au volant. En mettant le contact, mon regard rivé sur l'aiguille du réservoir d'essence constate avec effroi que ladite aiguille ne se lève pas. Ou si peu. Presque à plat. La panique. Demain matin, lorsque je serai levé, il faudra absolument que je passe faire le plein le plus rapidement de possible. Je ne sais même pas si j'ai assez d'essence pour aller jusqu'à la station la plus proche. Faire le plein de ma ... Ah ben non en fait, j'ai plus de voiture. Je suis parisien désormais. Ouf alors. Je peux m'endormir à nouveau.

 

Mais comme chaque jour ce traitre réveil finit par sonner. Enfoiré de réveil. Je t'arracherai les boutons un par un et je terminerai par l'antenne, demain un jour. Oui, mon réveil a une antenne, je trouvais ça sympa, au début. C'est la fin de ma cinquième semaine de travail. Lorsque je ne renifle pas mes classeurs je parviens à faire plutôt bonne figure même si ce n'est ni simple, ni de tout repos. A Paris ou ailleurs, c'est toujours pas facile, la vie d'artiste. Comme dans chaque nouvel endroit où je dois faire ma place, je manque toujours d'aplomb les premiers temps. J'en ai l'habitude et pourtant, je ne parviens pas à quitter rapidement le costume étriqué du petit nouveau qui prend ses pincettes pour avancer à taton et sans trop de bruit. Avant toute chose, j'ai besoin de prouver (me prouver) que je peux faire le job, être à la hauteur (de ce qu'on nous demande, ce que les autres attendent, se vouloir en vainqueur et surmonter sa peur, ça va de soi).

 

Je reste dans le lit à attendre que les dernières minutes de répit s'égrainent. Il fait apparemmet plutôt beau dehors. Mais si bon sous la couette. C'est donc un beau vendredi qui débute, il ne manque plus que la confiance. Je regarde l'heure s'afficher au plafond en cherchant comment parvenir au bout de cette journée qui s'annonce et me stresse légèrement, à la façon d'un réservoir vide. Mon réservoir d'aisance.