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vendredi, 26 février 2010

La fatigue du vendredi. Sans doute.

On a beau dire qu'il ne faut pas se charger de trop de pression, lorsqu'on débute dans un nouvel emploi, donner une image de rigueur et de sérieux reste la conduite la plus prudente à suivre. Il va de soi que j'ai mis un point d'honneur durant ces quatre premières semaines à montrer à quel point mes collègues ont l'inestimable privilège de me cotoyer chaque jour ouvrable que dieu fait.

 

Je suis donc irreprochable et ponctuel, me permettant à l'occasion un ou deux traits d'esprit afin de laisser toutefois entrevoir les merveilles verbales dont je suis capable (mais si !!). Je tiens à préciser que j'ai fait deux jeux de mots absolument divins aujourd'hui-même, je me frotte encore les mains que mon directeur ait été là pour les entendre (je pense qu'il est fan de moi).

 

Mais voilà, être parfait à temps plein, ce n'est pas chose aisée. Toute à l'heure je crois que j'ai comme qui dirait lâché la rampe. Il t'es déjà arrivé, à toi, de te retrouver assis à ton bureau, d'ouvrir un classeur et te mettre à le renifler alors que ton directeur est assis devant toi entrain de te parler ? Nan ? Et bien moi, oui, cet après midi.

 

En tout cas, il a éclaté de rire. Je crois qu'il me prend pour un original. C'est peut-être bon signe, hein ?

samedi, 13 février 2010

Haut patrimoine musical

Au hasard d'une émission télé de haut niveau hier soir, j'ai entendu deux animateurs massacrer une chanson d'Hervé Villard. Je me suis d'ailleurs  aperçu que je connaissais cette chanson quasiment sur le bout des doigts, c'est affreux (alors que j'ai seché lamentablement sur le grande tube de Larusso, mais que m'arrive-t-il ...). Mon opinion sur les qualités musicales d'Hervé Villard est plutôt réservée mais entendre cette chanson m'a rappelé une foule de samedis après-midi ou dimanche matin à entendre (supporter ?) les rengaines yéyé qui plaisaient tant à mon père.

 

Ces pensées m'ont donné l'envie d'aller passer un petit moment sur Deezer. Je me suis amusé à retrouver deux trois petites choses et, tout à coup, le grand frisson avec les premières paroles de La maison où j'ai grandi de Françoise Hardy. Je me suis revu un après midi de printemps dans le salon, un de ces premiers jours où l'on se permettait de laisser ouverte la porte-fenêtre. On venait d'acheter la chaine avec notre premier lecteur CD, je devais avoir onze ans. Ma mère s'était offert une compilation de Françoise Hardy trouvée au hasard je ne sais plus vraiment où. Je revois encore très bien la pochette. Mise en abyme improvisée, les paroles de la chanson me parlent bien plus aujourd'hui qu'à l'époque.

 

Celà doit faire quinze ans que je n'ai plus entendu cette chanson et pourtant les mots me reviennent facilement (fort heureusement j'étais seul dans l'appartement hier pour effectuer mes vocalises). Quelques soient les qualités de ces chansons, je garderai toujours une tendresse particulière pour cette chanteuse du fait de l'attachement qu'avait ma mère. Il me vient alors une douce envie de printemps, d'un léger vent qui viendrait agiter les rideaux pendant que le jardin s'habille de couleurs tendres et que je tarde à commencer mes exercices de conjugaison. J'ai toujours préféré la grammaire.

 

Je passe ensuite à Marie Laforêt que mon père aimait tout particulièrement et confie mes impressions en direct par écran interposé. Mon interlocuteur me répond alors que, vraiment, je ne pouvais finir autrement que pédé. Rhhoooo ! Tu trouves que les Vendanges de l'amour ça fait un peu pédé, toi ? Moi je vois pas.

 

(tu as les vendanges de l'amour dans la tête pour la fin de la journée ? pas la peine de me remercier, tout le plaisir est pour moi)

samedi, 06 février 2010

Une beurre-sucre

(mais plutôt avec du beurre salé, si on en a)

 

Depuis que je n'habite plus chez Papa et Maman, dans la boîte à souvenirs des choses que je n'ai pas encore retrouvées, il y a les crèpes à la maison. Dans mon enfance, on les faisait le samedi en fin d'après-midi en février ou en mars. Nous nous tenions, mon frère et moi, chacun d'un côté de ma mère, elle-même affairée devant les fourneaux. Ma mère faisait aussi des bottereaux, une chose que je n'ai jamais trouvée ailleurs que chez moi.

 

Je me souviens bien sur des odeurs, des sons. Le bruit de la pâte versée dans la poële chaudement huilée, celui de la crèpe qui reprennait sa cuisson juste après le retournement. Le goût,  aussi, évidemment, celui de mon doigt discrètement trempé dans la pâte liquide. Il m'arrivait de me demander pourquoi on faisait cuire la pâte plutôt que de la boire comme une soupe tellement c'était bon. Tout le rez-de-chaussée de la maison allait sentir le graillon le reste de la soirée mais c'était une chose agréable. L'odeur d'un rituel qui me paraissait immuable, aussi immuable qu'une famille réunie, une fin d'après midi d'hiver, au chaud, dans la cuisine illuminée.

 

Par ailleurs, une autre sensation dont je me souviens le plus, c'est le sucre en poudre qui craque entre mes dents : j'aimais manger ma dernière crèpe avec du beurre et du sucre, du beurre salé quand il y en avait. C'était croustillant et fondant, sucré et salé, bien plus intéressant qu'une banale crèpe au Nuuutella. C'était mes crèpes à moi, ça les rendait d'autant meilleures.

 

Ces jours-là, il nous arrivait parfois de recevoir du monde à la maison. Et bien figure toi que quelque soit le nombre de personne présentes, je parvenais toujours à suivre une comptabilité indéfectible. Tu pouvais me demander à n'importe quel moment qui avait mangé combien de crèpes, dont combien au Nuuutella et combien à la confiture de mure, je le savais. Je comptais tout, je surveillais tout. Jusqu'à l'épaisseur de la couche de Nuuutella que mon frère pouvait mettre sur les siennes. Tout. Prêt à réciter mes statistiques, détails à la clé, au moment éventuel où on aurait demandé un volontaire pour manger la dernière (je me demande bien quel rôle j'aurais eu dans la classe du petit Nicolas, moi).

 

Il me semble que certaines fois j'avais triché juste un peu sur le nombre de celles que j'avais moi même mangées. De toutes façons, personne n'aurait pu avoir l'idée saugrenue de me soupçonner, moi, un enfant si parfait et irréprochable ça aussi, c'était immuable. Mais aussi immuables qu'elles aient pu paraître, ces choses ne sont plus.

 

Promis, demain, j'essaierai de ne pas compter.