dimanche, 30 août 2009
Acte manqué de la vie ordinaire
- Dis Joss, c'est quoi un acte manqué ?
- Ben tu vois, par exemple, cette semaine, je faisais mes courses dans mon hypermarché préféré et je me suis dit que j'allais m'acheter un flacon de solution hydro-alcoolique pour faire comme tout le monde chez moi. Donc j'en ai trouvé un dans le rayon concerné, je le tenais dans mes mains. Et puis tout à coup j'ai trouvé que l'ouverture du flacon était différente de ceux que j'ai déjà vus. Je l'ai donc regardé d'un peu plus près et je me suis aperçu que c'était un flacon de gel lubrifiant. Et bien, ça je crois que c'est pas très éloigné d'un acte manqué.
01:16 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
mardi, 25 août 2009
Séance privée, très privée
Hier soir, j'ai pris mon courage à deux mains et je me suis décidé à me faire enfin un plan en solitaire : moi, uniquement avec des inconnus.
Oui, bon, en fait j'avais décidé d'aller au cinéma tout seul pour la première fois, quoi. C''est curieux mais j'ai toujours eu l'impression qu'en me rendant seul au cinéma je serais immanquablement la cible de tous les regards, tous ces regards qui diraient : "Oh regarde, l'autre là, celui qui vient d'entrer, il est tout seul ! ". J'avais décidé que c'en était fini, je serais plus victime de l'oppression !!
Devant l'affiche de la soirée (à Mouetteland, l'affiche n'est pas très fournie), je m'étais décidé à aller voir GI Joe (pour la subtilité du jeu de Channing Tatum). Et puis, je ne sais pas exactement pourquoi mais au moment de me présenter devant la petite caisse du cinéma, ma langue a choisi de dire :
- "Bonsoir je voudrais, une place pour Numéro 9".
Quelle imbécile, cette langue. Tant pis, Channing m'attendra. Me voici donc avec entre les mains une place pour Numéro 9 dans la salle 3. Je ferai avec. C'est la séance de 22h05, un lundi, il ne devrait pas y avoir grand-monde. J'entre dans la salle 3, il est 22h01. Personne.
Je ressors, l'air de rien, faisant semblant d'envoyer un message avec mon téléphone, pour vérifier que je suis bien dans la salle 3. C'est bien la salle 3. Je ressors mon ticket pour vérifier que le film est bien projeté dans la salle 3. C'est bien la salle 3. 22h03, personne. 22h04, personne. Les publicités commencent, personne. Les publicités se terminent, personne. Mais ils sont où les gens, Grand Schtroumpf ?
Waaoooouu. C'est fou ça je suis seul. Tout seul. Un si grand écran pour moi tout seul. Du coup, tu imagines bien je me suis complètement laissé aller et je me suis permis de faire des choses dingues comme poser mon pull sur les sièges d'à côté, mettre mes pieds sur la rangée de siège de devant et même laisser mon téléphone portable allumé (ohlala c'était si excitant !). Non, je n'ai pas pensé à me déshabiller, enfin pas au début.
Regarder un film seul dans un lieu public c'est finalement très étrange. Les explosions, les bruits d'ambiance, tout m'a paru différent. Les émotions aussi. Parce qu'il y en a dans ce film. Un film qui fourmille de trouvailles et de créativité malicieuse qui m'ont déccroché quelques sourires solitaires. A la fin du film, n'avoir personne, même pas un regard à croiser furtivement en partant pour partager une impression laissée, c'est assez déroutant.
C'est un peu triste, aussi.
19:05 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
dimanche, 23 août 2009
L'haltérophile, les gaillards et la main sur le jean
Un samedi soir de léger désoeuvrement après une journée bien peu animée. Il est 22h et je me décide à sortir sans but précis autre que passer un peu de temps à me faire des films réfléchir en marchant avec un peu de musique dans les oreilles.
Je choisis une rue au hasard. Sur la gauche une allée de gravier d'une dizaine de mètres, perpendiculaire à la rue que je longe et au bout de cette allée, une dame agée assise pare-terre. Dans la pénombre, je la distingue uniquement à son pantalon blanc. Je poursuis mon chemin pendant quelques pas. Que peut bien faire une personne agée assise pare-terre toute seule dans une allée déserte d'un quartier peu fréquenté à 22h ? Je reviens sur mes pas et le bon samaritain qui est en moi prend alors le contrôle de mon cerveau. C'est rare, mais ça arrive.
Madame Assise-pare-terre est tombée et ne parvient pas à se relever. Elle vit juste à côté et est venue à vélo (!?!) tenter de récupérer son chat parti se cacher au bout de l'allée. Madame Assise-pare-terre semble bien avoir au moins quatre-vingt ans et ne paraît pas très lucide. Mais pourquoooiii je me retrouve encore dans ce genre de galère ... Je lui fais la conversation (je suis très doué pour les conversations avec les vieilles dames) en cherchant comment je vais bien pouvoir la relever sans l'aide de personne. Je choisis de m'accroupir derrière elle et la soutenir par le dos pendant qu'elle essaie de se lever. Elle est persuadée qu'on y arrivera pas, elle pense qu'elle est bien trop lourde. Oui, bon, c'est pas faux, elle accuse certain embompoint, la p'tite dame mais il faut bien essayer quelque chose. Elle commence à se lever. Je la soutiens, nous sommes bien partis. Et puis... et puis plus rien.
Quelques instants qui me paraissent trois petits quarts d'heure. Elle n'arrive pas à pousser plus et moi je suis à bloc (j'entends ma voix intérieure qui dit : Gnnnnnnnééééééé !! Gnnnééééé !!). Je me sens tel l'halterophile qui a réussi à monter la barre au niveau de ses épaules et ne sait pas encore s'il pourra terminer son mouvement. D'ailleurs c'est bien la première fois que je m'imagine entrain de faire de l'haltérophilie. Le suspense est à son paroxysme.
Gnnnnnniiiiii Gnnnniiiii...(le changement de voyelle rend plus fort) et voilà que finalement je parviens à prendre appui sur mes jambes et deux secondes plus tard, nous voici tous les deux debout, elle toute chancelante et moi tout surpris d'avoir réussi. Je reste une minute contre elle, la tenant par les épaules alors qu'elle se plaint de la hanche. Elle finit par retrouver son équilibre, un équilibre tout de même bien précaire. Je passe dix bonnes minutes à la convaincre qu'elle peut rentrer chez elle en laissant son chat dehors pour la nuit.
Je remets mes écouteurs et reprends mon chemin en direction des remparts. Je n'ai plus approché les remparts de Mouetteland depuis début juin et c'est sans doute l'une des dernières fois que j'y viens avant mon déménagement pour Rennes.
Devant moi, trois garçons d'une vingtaine d'années, plutôt grands et larges d'épaules, je préfère conserver entre eux et moi une certaine distance de sécurité. Il est 22h30, ils sont trois et sans trop savoir pourquoi, leur tenue jean-et-sweet-à-capuche, m'invite plutôt à la prudence (je réaliserai ensuite que je porte moi aussi précisément un sweet à capuche... et un short déchiré). Ils se rendent dans la même direction que moi. Je laisse une quinzaine de mètres d'écart.
Tout à coup je suis étonné par le geste de l'un d'eux. Il accroche sa main au niveau de la ceinture de celui marche à sa droite. Mon regard interloqué ne peut que rester focalisé sur cet étrange marque d'amitié virile. La main finit même par descendre un peu plus bas, de telle sorte que pendant une dizaine de mètres l'un marche avec la main sur les fesses de l'autre pendant que le troisième semble s'assurer du regard de qui pourrait bien les voir, il n'y a que moi (et oui, je les vois, je ne vois que ça). Moi qui me méfiais, en fait ce sont trois copines...
Je n'ai jamais fait plus que tenir discrètement la main d'autres garçons dans des cadres exclusivement très urbains, je suis grandement surpris (agréablement, s'entend) de voir celà à Mouetteland. Nan mais ho ! les pédés, on n'est pas dans le marais ici, faut faire gaffe !! En fait, vue la population croisée ensuite entre les remparts, je finirai par me dire que Mouetteland avait de forts accents de Pédéland ce soir. Avec parmi ces pédés, un haltérophile sauveur de dames âgées tombées pare-terre. Quel endroit étonnant...
02:08 Publié dans Un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
mercredi, 19 août 2009
Toujours par les coins
Aussi loin que je me souvienne, je crois que je n'ai jamais réussi à manger un Petit Ecolier de façon conventionnelle.
Et puis au fait, ce serait quoi d'abord une façon conventionnelle de manger mon petit écolier ?? Je le mange comme je veux ! Enfin c'est vrai, cher lecteur chéri, tu trouves ça naturel, toi, de manger un petit écolier sans commencer par les coins ? moi je trouverais ça presque suspect. D'ailleurs, faites gaffes, les prochains qui mangeront un petit écolier devant moi, je vous surveillerai du coin de l'oeil (le coin, je vous dis, le coin, il n'y a que ça de vrai). Tout ça me fait penser qu'il y a affreusement longtemps que je n'ai pas mangé un petit écolier, moaa.
Ah non, en fait j'ai même mieux qui remonte à l'instant à la surface à travers les méandres de ma mémoire embrummée, caché derrière les portes de placard de la cuisine de ma grand-mère : le Déli-choc. Oui ! attaquer le délichoc par les coins, c'est encore plus excitant que le petit écolier. J'en frétille, rien que d'y penser ! (en plus il parait que les petits écoliers, ce n'est que pour les enfants). Dis, Grand Schtroumpf, tu crois que ça existe encore les Déli-choc ?
Oh mon dieu, il faut absolument que je me trouve des Déli-choc pour le week-end. Sinon, je crois que je vais défaillir...
Et toi ? tu as des façons étranges de manger toi aussi ?
Un billet inspiré par cette charmante vidéo à laquelle a collaboré le splendide, le fantistatique, le sémillant, le magnifique, le seul, le vrai, l'unique : Nicobiscoto. C'est vraiment amusant. Alors suis le conseil de cette chère Lorie quand elle te dit : "appuie sur play, sans délais..."
22:58 Publié dans Mes petites nevroses | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
lundi, 17 août 2009
Mauvais coton
Je crois que je file un mauvais coton ces derniers temps.
22h51, je suis là sur mon canapé à me balancer bêtement sur un rocking chair qui n'existe que dans mes pensée (je suis sûr que mes lèvres devaient faire des bulles d'ailleurs) et je m'aperçois que depuis une heure, je suis en train de regarder la Carte au trésor. Et je crois que ça ne me déplait même pas (elle a l'air plutôt sympatoche Nathalie Simon quand elle vend pas de biscottes un jour de vent force 6, un temps à manger des biscottes).
Ce n'est pas aussi grave que la fois où je me suis surpris devant un grand prix de formule 1 en mai dernier mais ça m'inquiète tout de même ce genre de comportement.
Dis, tu crois que c'est grave Grand Schtroumph ?
22:54 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
dimanche, 09 août 2009
Parfois, je chante...
Oui, parfois, je chante, nottamment lorsque je nettoie mes carreaux. Le tableau est charmant : moi, sur le seuil de la porte-fenêtre, dans mon petit débardeur noir, sur la pointe des pieds et chiffon en main, écouteurs sur les oreilles. Et voilà, comme souvent, une chanson prend l'ascendant sur mon envie de rester courtoisement silencieux. Il m'a fallu quelques temps avant de m'apercevoir que mes voisins étaient tout à fait en mesure de profiter du spectacle vocal (on n'osera pas dire musical).
Heureusement, la chanson de Clarika que je fredonnais alors est bien plus convenable que ma chanson préférée du moment. Qu'importe, je quitte bientôt mes voisins pour la grande ville ;-)
17:50 Publié dans Dans ma lune | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
vendredi, 07 août 2009
Les joies du hors-contexte
Aujourd'hui, en fin de matinée, une de mes collègues :
"- Ah mais Joss, de toutes façons, il a un doigt magique."
Le plus navrant, c'est que je crois être le seul à avoir trouvé cette phrase curieuse. Mon dieu mais c'est moi qui suis dérangé ?
18:12 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

