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mardi, 24 février 2009

Parfois, je hurle...

Mardi matin, de retour d'un week-end de trois jours, dans le bureau d'une de mes collègues, plutôt détendu. Elle m'explique ce qui s'est passé la veille en mon absence. Je n'ai pas vu qu'un autre collègue est entré dans le bureau et s'est glissé derrière moi pour s'amuser à me faire sursauter en pointant ses deux index au-dessus de mes hanches.

Je n'ai pas simplement sursauté, j'ai sauté pour de bon. Et surtout, j'ai crié, j'ai hurlé. Un AAAAAAaaaaaahhh très gutural et furieusement viril poussé à plein poumon qui a duré au moins un quart d'heure deux secondes. Il en a eu pour son argent, d'autant qu'il a eu très peur lui aussi, visiblement.

Il s'en est suivi un violent fou-rire. Et tout à coup je réalise que tout le monde autour a du entendre mon cri d'horreur, l'accueil juste à côté et mon directeur deux bureaux plus loin... D'ailleurs, dix secondes plus tard voici mon directeur qui débarque, effrayé lui-même par ce bruit qu'il n'a pas réussi à identifier... Je saurais un peu plus tard que le cri a aussi fait peur à l'hôtesse d'accueil, aux comptables, à l'assistante du directeur... On était tout penaud, là.

Toutefois, je dois dire qu'après je me suis senti mieux. Comme si pousser ce cri m'avait permis d'évacuer une bonne tranche de stress coincée depuis des semaines entre mes omoplates. Ca m'a fait un bien fou.

vendredi, 20 février 2009

Parfois, je rêve...

Vendredi 17h30. Il a fait beau toute la journée, une journée qui se termine par un petit détour dans les couloirs pour saluer une collègue avant de prendre la route. On entend dans l'une des salles un concert de piano. Je suis dans un passage tout en verre et en lumière dessiné par le soleil déclinant sur le flanc d'un grand ciel encore tout bleu. Au loin, à travers le couloir du premier étage, on aperçoit la cime d'un grand arbre.

J'entre un instant dans la pièce voisine pour y voir en contre-bas les épaules et la chevelure du pianiste avant de m'effacer. Je retourne dans l'alignement du patio revoir le haut de cet arbre dont le pied est tout proche de la plage. D'ailleurs, à l'étage au dessus, à ce même endroit précis, c'est la mer que l'on aperçoit.

C'est curieux comme en faisant le récit de cette fin de journée, j'ai l'impression d'y trouver les mêmes invraisemblances que si je racontais un rêve. Et pourtant tout est vrai. Je file pour de bon en agitant joyeusement les clés de ma voiture au moment où je traverse le parc.

dimanche, 15 février 2009

Constat domestique dominical

Comme bon nombre de gens, je ne goute qu'assez peu les plaisirs de la vaisselle. Je le confesse à ma honte, il m'arrive même parfois d'avoir envie de renoncer face à l'amoncellement de plats, assiettes, gamelles, couverts et autres vestiges variés des différents festins qui prennent place dans mon antre. Je ressens alors une profonde envie de remettre à demain (parce que demain il fera jour et j'aurais tellement plus de courage. Si si, c'est certain).

Mais souvent, le plus dur ce sont simplement les premiers morceaux, c'est un élan à trouver, une simple cadence... et le goût du travail bien fait. Chez moi, la limite entre la pile d'assiettes à l'équilibre précaire qui attendra demain et la perfection ménagère ne tient qu'à un fil. Quel bonheur de frotter son doigt contre une assiette encore chaude et humide (hmmm...) tout en entendant le son et en sentant l'accroche bien caractéristique de la propreté ultime... (vous savez, comme dans les pub pour les meilleurs liquides-vaisselle du monde entier).

Ce soir, suite à un week-end richement pourvu en fastes et en gastronomie (n'ayons pas peur d'exagérer légèrement), je me suis frotté à l'un de mes records en matière de vaisselle. J'ai hésité légèrement, mais après quelques temps de réflexion, le volume de vaisselle usagée n'eut d'égal que ma détermination d'en finir avec ce défi de fin semaine.

Pour contrecarrer l'absence d'eau chaude due au mode de fonctionnement quotidien de mon chauffe-eau (la douche ou la vaisselle chaude, le dimanche, il faut parfois choisir) je m'en étais remis à ma bouilloire. En un peu plus d'une heure, la cause était entendue. J'arborai alors un regard plein de fierté à l'encontre de ces placards décemment fournis et cet évier à nouveau déserté.

Alors, le sentiment du devoir accompli en poche, je terminai sur ce constat qui s'imposait comme une évidence : ce soir, je suis vraiment un gars bien, Maman peut-être fière de moi.

lundi, 09 février 2009

Joss découvre la vie : être à moins quelque chose...

"Les informations reçues ne nous permettent pas de répondre à votre demande". Ah, elle a un problème cette machine, je vais réessayer...

"Les informations reçues ne nous permettent pas de répondre à votre demande". Mais euh...

C'est l'histoire d'un garagiste, celui du gentil petit Joss. Un garagiste qui met bien du temps à encaisser les chèques de ses clients, précisément des chèques de 999 € 09 (joint de culasse + courroie de distribution + 4 bougies = Ah ouais, hein !). Du coup, le gentil petit Joss est convaincu en négligeant de vérifier que son garagiste s'est déjà payé et donc il croit qu'il est riche et met plein de sous-sous de côté...

Hélas, si l'encaissement du chèque tarde à venir, il finit toujours arriver un jour alors que pendant ce temps, le gentil petit Joss, naïf et innocent, poursuit ses dépenses... Et nous voici donc devant ce distributeur de billets qui refuse obstinément de donner au gentil petit Joss de quoi s'acheter sa place pour aller voir Walkyrie. Heureusement, Chéri, il est gentil et il a plein de sous.

Toutefois, sois rassuré cher lecteur, le gentil petit Joss a rapidement pu remédier à la situation (grâce à sa banquière qui l'a incité à se mettre à gérer ses comptes en lignes, il y a tout juste un mois). Mais pour lui dont le solde n'était jamais passé sous les 500 € depuis quelques petites années (mais non, c'est pas une névrose de plus) et encore moins passé dans le négatif, et bien ça lui a fait tout drôle de voir sortir de la machine un ticket sur lequel le solde était -372 €. Tout drôle.

lundi, 02 février 2009

La suite comme on la rêve

Lorsque j'étais adolescent, je ne m'imaginais pas vraiment vivre dans une autre région que celle où je me trouvais. A quinze ans, j'aimais me projeter vingt ans plus tard installé dans une belle maison d'un bourg de la campagne angevine avec le tryptique femme-enfants-chien (rayer la mention éventuellement inutile), un ruisseau au fond du jardin, une belle véranda - j'ai toujours adoré les vérandas -,  des voisins sympas et des petites allées de gravier gris clair reliant le portail, le garage, la porte d'entrée de la maison et la cabane en bois où seraient rangés les indispensables tondeuse et barbecue.

J'ai également eu ma période bord de mer. Régulièrement, notamment à chaque rentrée de septembre, j'aimais me persuader que je finirai par trouver une jolie habitation près des embruns qui rendraient alors la vie plus douce avec un semblant de parfum estival permanant.

Plus tard, j'eus comme une révélation : je serai un citadin. Même le pavillon de quartier résidentiel ne suffirait plus à combler mon bonheur, il me faudra un appartement le plus proche possible d'un centre-ville avec les commerces et transports en commun en bas de chez moi (mais un garage réservé tout de même, ne sacrifions pas la voiture, ça peut servir). Dans mes rêves, le voisinage était peuplé de quelques restaurants, mais aussi de cinémas et de librairies. J'y mènerai une vie assez occupée mais tranquille avec une copine qui apprécierait mes parents tout en étant assez indépendante vis à vis des siens et sans trop savoir si nous vivrons ensemble à temps complet dès le début.

Plus tard encore, j'eus une autre révélation : une femme ou une copine, ce n'est peut-être pas si indispensable...

Le 1er février 2008, je récupérais les clés de mon tout-premier appartement. Il ne ressemblait pas à ce à quoi j'avais révassé tout ce temps. J'avais passé des années à imaginer un appartement plutôt petit, en hauteur, assez lumineux, situé dans un quartier bruyant d'une ville que je n'identifais pas mais que je voulais proche (au propre comme au figuré) de la ville où j'ai grandi.

Il y a un an, j'ai donc posé mes cartons dans mon premier chez moi. Un chez moi que je trouve parfois trop grand pour moi lorsque j'y suis seul, en rez-de-chaussée d'une résidence aux allures d'ancienne ferme rénovée dans une rue que l'on peut difficilement imaginer plus calme. Même la gare toute proche ne parvient pas à animer le fond sonore, ce sont encore les mouettes et goëlands qui s'en chargent le mieux. L'effet "bord de mer = illusion d'été = sourire toute l'année" s'est tout de même révélé extrêmement limité. Mais avant toute chose, même si la ville compte ce qu'il faut de commerces et lieux de sortie, je ne suis pas tout à fait dans le cadre très urbain que j'avais tant appelé de mes voeux.

Mais heureusement, comme lorsque j'avais quinze ans, comme lorsque j'en avais vingt (et comme lorsque j'en aurai trente), il y a une suite à venir et à imaginer. J'espère bien ne pas rester si longtemps ici, avec en tête des villes plus grandes, des appartements de deuxième étage peut-être un peu étriqués mais tant pis, des commerces en bas de chez moi et une terrasse qui fera aussi véranda (je suis prêt à faire une croix sur les chemins de gravier s'il le faut), la poste juste à côté, ma banque aussi, une FNAC ce serait bien, une gare avec...

Comme quoi, avec l'âge on devient tout de même autrement plus raisonnable.