mardi, 27 janvier 2009
Les chaussures roses
Robert Post, Everything is fine
Le souvenir m'est revenu subitement ce week-end autour d'une conversation sans importance particulière. Il m'était totalement sorti de l'esprit depuis des années. Lorsque j'avais cinq ans (je me souviens, j'étais en dernière année de maternelle) j'ai chaussé pendant quelques mois une ravissante paire de baskets roses. Il s'agissait d'une paire de chaussures à scratch que j'avais choisies autant pour ce mode de fermeture que la teinte légèrement bonbonneuse. Je me rappelle avec une précision étonnante les réticences de ma mère dans le magasin, me demandant à plusieurs reprises si c'était vraiment cette paire que je voulais. J'imagine aujourd'hui toutes les pensées qui ont pu la traverser ce jour où le rose fit une intrusion si inattendue dans ma vie. Je me rappelle aussi les sourires de ma grand-mère et mes oncles et tantes lors des repas de famille qui ont suivi. Je ne saurais dire en revanche si je les avais portées à l'école, je n'en ai pas le souvenir. Je me rappelle enfin que du fait de leur couleur et aussi de leur texture, je les appelais "mes cochons" (tiens, voilà qui va encore ameuter des internautes aux mots clés imagés).
C'était une bien douce époque où je ne ressentais pas d'inhibition et n'étais pas encore convaincu par les intentions pressantes de mes parents de me voir vêtu de bleu ou de vert. A cet âge, l'essentiel de mes tourments était occasionné par la cantine de l'école.
Je me souviens que je répondais aux sourires des gens étonnés par mes chaussures avec un même sourire, pour leur dire oui c'est moi qui les ait choisies. Fièrement. J'étais un enfant des plus souriant. Et bavard, aussi.
Et puis, je ne sais plus vraiment à quel moment mais les choses ont tourné du tout au tout. Mes chaussures roses ont fini au placard de la même façon qu'on y cache un petit coussin au ruban de satin. Je suis devenu taciturne et follement introverti. Le rose a été banni de mon monde. Comme si avec le temps j'avais appris à me cacher, pour des années. Et aujourd'hui encore, même si le rose a été réhabilité, il subsiste toujours cette perpétuelle habitude de se cacher.
I remember I was young, Not that i'm old, but I was young
I have lost all my sense, I'm a bit wiser, but lost my sense...
I remember I was a smile, Now I hide, I used to smile
It is because of all hurry i have learned, To live by...
21:45 Publié dans Homo-acceptation, Petits souvenirs et grands récits | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
dimanche, 25 janvier 2009
Erreurs d'aiguillage
On a beau entendre à longueur de journée les difficultés rencontrées par notre bonne vieille compagnie de chemin de fer, ce n'est pas elle que je fustige dans ce billet (avouez, elle vous rend bien service quand même). Non, dans cette tribune, je tiens à m'insurger contre l'incompétence notoire des moteurs de recherche qui viennent déposer ici des internautes qui, à l'évidence, n'y trouveront pas ce qu'ils cherchent.
En effet, la personne qui est arrivée ici en tapant "sucer un schtroumpf" a du se sentir extrêmement frustrée de débarquer sur un blog si prude et je m'en excuse platement. Hélas il ne s'agit pas d'un cas isolé, en décembre, une autre personne a du être des plus déçues (j'imagine que quand on tape "coquinerie sexuelle photo" et que l'on tombe sur mes petits égocentrismes, ça doit être un tantinet agaçant...).
On n'oubliera pas non plus, le sympathique "copulation vache" et l'énigmatique "faire l'amour au téléphone que dire" (d'ailleurs, sur mon blog, l'internaute de base est très demandeur de conseils, on ne compte plus les questions en que dire et que faire). Je garde aussi une certaine tendresse pour le "histoire gay parking" et le "parking route homo". On en arriverait presque à se demander si le contenu entier de ce blog ne cacherait pas un double sens...
Enfin, comment passer sous silence le paradoxal "crotte de mouette" ? Sur un blog justement interdit aux mouettes, on croit rêver.
Mais parfois, le moteur de recherche est finalement bien inspiré et parmi la liste on trouve un charmeur "dire bonne nuit à celui que j'aime". Et tout va mieux.
22:07 Publié dans Psycho-blogo-logie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
samedi, 17 janvier 2009
De rouge et de satin
Autour du pouce, entre les doigts, le long du menton, contre les lèvres.
Lorsque j'étais gamin, ma mère m'avait confectionné un petit coussin grand comme le poing et elle avait cousu le long d'un des bords un ruban de satin mauve (tiens donc...) qui formait des boucles dans lesquelles je pouvais glisser mes doigts. J'ai gardé mon petit coussin pendant des années, chérissant intensément le plaisir de frotter mes doigts contre le satin, c'était le plus grand plaisir que pouvait m'apporter le sens du toucher. Ma mère remplaçait le ruban de temps à autres lorsqu'il montrait des signes de grande fatigue. Elle s'était même amusée une fois à le glisser dans mon cartable au moment de partir à l'école et j'avais été tout surpris de le trouver en classe même si je m'étais évidemment empressé de le cacher aux yeux de tous. L'adolescence arrivant, je m'étais résolu à contre coeur à remiser mon coussin au placard parce que ce n'était plus de très bon ton et j'ai fini par l'oublier.
Je devais avoir vingt ans, le voisin de mes parents était venu apporter un petit sachet de dragées, reste d'un baptême dans sa famille, le petit sac était fermé par ruban de satin beige. Je m'en étais donné à coeur joie durant une quizaine de jours avant de l'égarer à mon grand damme.
Quelques temps plus tard, mes doigts ont même mené une double vie. La semaine, ils caressaient le petit ruban bleu qui avait servi à ceinturer mon diplôme de maîtrise le jour de la cérémonie de remise et, le week-end, ils couraient le long des rubans blanc qui décoraient les rideaux de l'appartement de Monsieur Hérisson alors que je me tenais le long de la fenêtre à regarder le boulevard. J'ai gardé le ruban bleu avec moi, le perdant de temps en temps et le retrouvant à nouveau jusqu'à cet automne où il semble s'être définitivement volatilisé.
Et puis en décembre... Il décorait une boîte de chocolats appartenant à mon cher et tendre, un large ruban rouge. Sur la table de chevet pendant la nuit, sur mes genoux lorsque je conduis, au fond de ma poche en réunion, il ne me quitte plus (et j'embête ceux que cela fait sourire, vous n'avez qu'à regarder dans quelle catégorie ce billet est classé...)
Et j'éprouve toujours le même plaisir à le passer entre mes doigts, comme à l'époque du ruban mauve de mon petit coussin disparu.
15:30 Publié dans Mes petites nevroses, Petits souvenirs et grands récits | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
dimanche, 11 janvier 2009
Bourdon
Le week-end a été joyeux et amusant malgré la fraîcheur météorologique, il avait débuté vendredi avec un dîner tardif et une soirée douillète. Et puis dimanche à la nuit tombée, nous nous sommes rendus à la gare, discutant encore un peu sur le trajet puis sur le quai. Et puis la voix a fini par annoncer le départ du train et les portes se sont fermées. Elles se sont fermées sur le week-end à mesure que je le regardais s'éloigner.
Comme les fois précédentes, je rentre chez moi à pied les mains dans les poches et le nez dans l'écharpe, la mine basse et l'humeur défaite. Je n'ai jamais aimé les dimanche soirs et celui-ci est un de ceux qui me plaisent le moins. Je trouve peu de choses pour distraire mon humeur, le journal télévisé est triste, la musique est triste, mon toast à la rillette de saumon est triste. Le coup de fil parental ne suffit pas à me donner le sourire. Quelques conversations sur MSN viendront toutefois égayer cette soirée difficile, il est bon d'avoir des amis pour confier son blues du dimanche soir.
Si seulement les dimanches soirs pouvaient n'exister que dans les livres d'histoire ou dans les comptes contes de fées...
23:32 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
mardi, 06 janvier 2009
Photos de classe
Après y avoir été farouchement opposé, après y avoir été froidement indifférent, après avoir été vaguement intéressé, j'ai fini par céder à la frénésie ambiante et j'ai déposé il y a quelques semaines mes premiers clics sur facebook (oui, je sais, on va me détester) en prenant bien soin de n'y laisser que le strict minimum (pas d'adresse, pas de numéro de téléphone, pas de photo comprométante et, comme sur ce blog, absolument rien sur ma vie professionnelle). Sans réellement être emballé, j'ai été agréablement surpris d'apprendre ce que quelques anciennes connaissances sont devenues, sans plus.
Et puis hier, un des mes amis de longue date a mis en ligne quatre photos de classe sur lesquelles je figure (en entier !) et que je n'avais pas vues depuis... en fait il y en deux que je n'avais jamais vues depuis l'année où elles ont été prises (1994, ça commence à dater).
Euh... mais enfin, vous êtes sûrs que c'est moi, là, parce que j'ai comme un doute. Mais j'avais vraiment un pull comme ça ? Mais c'est abominable, c'est affreux ! Mettre ces photos en ligne est une ignominie !! un scandale !! Je me vengerai !!
Et je redécouvre des visages, des expressions, des sourires aussi. Des coiffures improbables, de curieux vêtements (je n'oserai pas me moquer des lunettes, et pourtant, il y a de quoi). Le temps de la soirée, une vielle connaissance perdue de vue vient laisser un commentaire, puis une autre. Et c'est une conversation qui se noue presque par commentaire interposés entre personnes qui se sont perdues de vue depuis presque dix ans. Elle est partie vivre à Paris, s'est mariée cette année, a un fils de deux mois et elle se moque du sourire niais qu'elle a sur la photo. Il vit sur la côte Atlantique, est en vacances en Espagne. Elle vit en Belgique, elle raille sa coiffure sur l'une des photos, on ne peut pas lui donner tort. C'est une conversation étrange mais plutôt réjouissante. On ne se connaît pas vraiment, on ne se connaît plus, mais c'est plaisant. Il est rapidement question de se revoir, voeu pieux peut-être sans lendemain, on se demande où l'on est, ce que l'on fait, de joyeuses banalités en somme, mais l'échange porte une jolie spontanéité.
Les choses en resteront peut-être là, mais hier, le temps de cette discussion improvisée, je me suis dit que facebook avait tout de même quelques bons côtés. Puis je regarde une fois de plus ces photos, et je me dis que j'ai tout de même gagné à grandir...
20:16 Publié dans Mes petites nevroses, Petits souvenirs et grands récits | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
dimanche, 04 janvier 2009
Je mets un terme
Parce que même si je ne le voulais pas vraiment, je me suis contraint à consulter les chiffres pour en avoir le coeur net; parce qu'entre mes doigts crispés j'ai aperçu la sentance que je redoutais; parce qu'il est hors de question de laisser les choses se pousuivre ainsi, avant qu'il ne soit trop tard, je préfère arrêter.
Je mets donc un terme dès aujourd'hui à la dictature du chocolat.
19:14 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
jeudi, 01 janvier 2009
Ascension lumineuse
21:11 Publié dans Clic-clac | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note

