dimanche, 28 décembre 2008
Mlle l'intello
Mercredi soir, à la messe de Noël pour laquelle je n'ai pas pu être présent, mes parents ont aperçu Mlle l'intello.
Mlle l'intello était dans ma classe au collège, elle n'a jamais su que mes parents l'ont toujours appélée ainsi. Cette dénomination dédaigneuse lui a été attribuée un soir de réunion de parents d'élève, alors que le prof parlait des filières d'apprentissage (BEP, CAP...), sa mère assise à côté d'elle juste devant ma mère s'était tournée vers elle, le regard plein de fierté en disant: "mais tu sais, ces choses là ce n'est pas pour toi, toi tu es une intellectuelle". Une petite phrase lancée comme ça sans intention particulière je crois mais qui a eu pour effet de révulser ma mère, d'autant plus que la mère de Mlle l'intello est institutrice.
Mes parents ont été choqués par cette phrase pas franchement respectueuse il est vrai pour ceux qui font le choix du travail manuel (l'apprentissage n'est pas toujours un choix, loin de là, je le sais bien). Je les comprends, mais j'ai un peu de mal avec leur rancoeur vis à vis de cette pauvre fille qui n'y est pour rien si sa mère ne jure que par les études bien menées. Mais voilà, depuis ce soir-là, cette fille avec qui je m'entendais plutôt bien est devenue "Mlle l'intello".
Par la suite, à chaque fois que je ramenais un bulletin à la maison, j'avais droit de la part de ma mère à un cynique "et l'intello, elle a eu combien, elle ? plus que toi ?". Le fait est qu'au collège puis au lycée, je me défendais plutôt bien question notes et même si Mlle l'intello portait assez bien son surnom, mes résultats étaient un peu meilleurs que les siens. Pour le plus grand plaisir de ma mère, cela va de soi. Avec le temps, le note reporting était devenu une corvée et j'ai fini par mentir en disant que je ne connaissais pas les notes de Mlle l'intello.
Ma mère était toute fière. J'avais parfois l'impression d'être l'objet de son succès par procuration, mon fils, ses notes. Parce que ma mère a été ouvrière sans l'avoir choisi. Parce que ma mère n'a pas eu le droit d'apprendre un métier comme elle l'aurait voulu sans même penser à faire des études. Ma mère était fière sans pour autant jamais dénigrer les métiers manuels qui ont fait sa vie, et que mon frère a choisi également, en y mettant un point d'honneur. Et pourtant, son fils était tout de même meilleur que l'intello. Pour ma mère, il s'agissait là d'une grande victoire sur l'autre connasse la vie. Ces comparaisons m'ont toujours mis mal à l'aise parce que moi, je n'étais pas fier de moi, de mon comportement, de mon physique...
Les années passant, Mlle l'intello et moi nous sommes logiquement perdus de vue et je n'ai eu que de très brèves nouvelles par personnes interposées. Je sais simplement qu'elle s'est mariée cet été. Alors mercredi soir lorsque j'arrivais et que mes parents rentraient de la messe, ma mère m'a dit "tiens il y avait l'intello avec ses parents ce soir. Tu sais pas ce qu'elle devient ?"
J'ai répondu que non, je ne savais pas. Parce que je n'ai pas eu envie de lui dire, tu sais, elle s'est mariée cet été, et moi, ça ne m'arrivera pas. Et pourtant, aujourd'hui, je suis bien plus fier de ce que je suis. Mais il lui faudra tant de temps pour partager mon avis.
17:27 Publié dans Petits souvenirs et grands récits, Un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
dimanche, 21 décembre 2008
Rive Sud
Lorsque j'étais enfant, ma mère, comme beaucoup, recevait en décembre de la part du CE de son entreprise des bons d'achats pour Noël. Pour l'essentiel de ce qui m'intéressait, c'est à dire les jouets, ces bons étaient valables dans le centre commercial Rive Sud. C'est un centre commercial légèrement excentré au sud de la ville dans lequel nous nous rendions assez peu souvent. Justement, nous nous y rendions surtout pour cette raison bien précise, les bons de Noël.
Rive Sud. Les semaines précédentes, j'avais harcelé de questions ma mère chaque soir lorsqu'elle rentrait du travail pour savoir quand elle aurait les fameux bons. Et puis enfin, l'évènement finissait par se produire aux alentours du dix ou douze décembre, alors que j'avais eu largement le loisir d'apprendre par coeur les catalogues de jouets qui m'étaient passés entre les mains pendant la quinzaine précédente. J'avais passé de longues et bonnes soirée à les feuilleter en m'imaginant dans les rayons concernés ce fameux soir de décembre où les précieux sésames seraient enfin en possession de mes parents. C'était un soir en semaine, souvent un jeudi, on y allait après manger, c'était l'un des rituels des préparations des fêtes...
J'y suis revenu il y a peu avec ma mère pour des achats de décoration et je lui ai même fait la remarque, "tu vois, on revient là en décembre, comme quand j'étais petit...". J'ai aimé voir que cela n'a pas vraiment changé. Et surtout, j'ai aimé me dire si pour moi, les choses ont logiquement tourné, il y a encore des enfants qui attendent, l'oeil brillant, que leurs parents les emmènent à Rive Sud pour des achats dont ils se souviendront eux aussi.
Parce qu'au délà du cadeau, c'est le souvenir du moment qui reste, des années après. (et je commence à entendre au loin les clochettes qui tintinabulent...)
23:03 Publié dans Petits souvenirs et grands récits | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
jeudi, 18 décembre 2008
Entends-tu les clochettes tintinabuler...
Il n'y pas une décoration chez moi, rien qui indique la saison, j'ai eu si peu de temps pour m'y prendre et j'en aurais eu si peu pour en profiter que j'ai préféré m'abstenir. Et pourtant, Noël comptera beaucoup cette année. Parce que c'est la première année où je ne vis plus à la maison, parce que je rentre seulement le 24 après ma journée de travail et les deux heures et demie de route. Parce que de toute ma vie je crois que je n'ai jamais autant eu besoin de vacances. Il me tarde d'y arriver, parce que cette année, ce sera court mais ça comptera autrement plus.
Il y a un an, je racontais mes souvenirs d'enfance et mon goût pour les petits dessin de noël. Depuis, les choses ont pris une toute autre tournure. J'ai le sentiment d'avoir beaucoup perdu de cet état d'esprit, avec l'envie qu'il revienne ne serait-ce qu'en petits morceaux la semaine prochaine. Il n'est pas toujours bon de grandir.
20:53 Publié dans Un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
lundi, 15 décembre 2008
Gris sur gris
Depuis la Pointe du Grouin, 14 décembre 2008
22:29 Publié dans Clic-clac | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
samedi, 13 décembre 2008
Le premier bidon de lessive (et autres menus signes d'autonomie)
Hier soir, entre courses, ménage et préparation du dîner, j'ai achevé mon tout premier bidon de lessive. Un bidon acheté par ma mère dans la précipitation de mon déménagement express en février (oui, c'était un très gros bidon, en effet). Hier, je me suis attardé à le regarder se vider jusqu'aux toutes dernières gouttes en penchant la tête pour ne pas en perdre une miette, je crois même que je tirais un peu la langue pour mieux voir. Un bidon de lessive, c'est tout ce qu'il y a de plus banal, c'est peut-être pour ça que c'est important. Mais la machine qui ne s'en est pas émue le moins du monde s'est lancée sur son tour de manège habituel, parce que pour elle, rien ne change (vilaine machine sans coeur). C'est comme si l'élan donné par mes parents au moment de mon départ avait fini de se diluer dans le rythme de croisière emprunté.
Et tu sais, cher lecteur, la première fois, au moment de remplacer ledit bidon il n'est pas si simple de masquer son profond désarroi devant la profusion du rayon lessive. Je suis tout de même parvenu à repartir avec de la lessive et non pas l'adoucissant que j'avais pris par erreur dans un premier temps, oui, j'ai su ainsi déjouer l'un des pires pièges de la grande distribution.
Ce n'est qu'un détail parmi d'autres dans mon éveil à l'autonomie mais je crois que c'est le dernier.
Voilà, et puis un autre enseignement retenu ces derniers mois, et non des moindres : j'ai découvert que, non, tous les papiers toilette ne se valent pas ...
11:33 Publié dans Un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
dimanche, 07 décembre 2008
Bécassine à Paris
Joss : Oh c'est pas mal cet endroit, ça s'appelle comment ?
Chéri : Le champ de Mars
Joss : Aaaaaaahhhh c'est çaaaaaaa... hein, ouaaais.
(et même que j'ai fait du vélib et j'suis pas mort)
12:43 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
mercredi, 03 décembre 2008
Cher Père Noël,
Cette année, comme chaque année d'ailleurs, j'ai été d'une extrême sagesse. Oui. Et je pèse mes mots. Pas plus tard que lundi soir au badminton par exemple, j'ai rendu un point à mes adversaires sur un volant de match (de toutes façons, ma coéquipière et moi, on leur a réglé leur compte juste après à ces tocards). J'ai également renoncé à tout acte de violence à l'encontre de mouettes ou de sangliers. J'ajouterais enfin que dimanche dernier en arrivant après mon trajet, j'ai bien pensé à appeler ma maman pour l'avertir que j'étais bien arrivé (oui, cest vrai je leur cache deux-trois petites choses à mes parents, mais des petites broutilles, hein). Je pense donc, cher Père Noël, que je mérite amplement les petites choses auxquelles j'aspire (non, je ne veux pas d'aspirateur, j'en ai déjà un très bien).
Pour débuter j'aimerais une brosse à cheveux verte. Tu sais, un peu dans le genre de celle qu'il y a chez mes parents. J'allais pas leur piquer quand même (oui, je suis gentil et très sage, rappelle toi). Elle est bien comme j'aime (NB si elle n'est pas verte, tant pis, je saurai de m'en accommoder). Je sais que c'est difficile à obtenir, mais j'aimerais également avoir un petit ruban de soie bleu pour le passer entre mes doigts comme celui que j'ai perdu en octobre et qui me manque vraiment beaucoup.
Voilà pour l'essentiel, et puis sinon, accessoirement j'aimerais bien aussi une table basse pour mon salon pas trop grande, pas trop petite, un peu transparente mais pas trop, une machine à café qui dit What Else, un fer à repasser autonome, des cheveux qui se coiffent facilement et tous seuls le matin (auquel cas tu peux annuler la brosse verte susnommée), un abonnement SNCF d'un an pour des trajets illimités vers Paris (ou un boulot à Paris, tiens, et la vie qui va avec).
Voilà voilà, j'ai bien conscience que les délais sont un peu courts mais je sais que tu es capable de faire des miracles surtout quand on te met la pression en prenant à témoin tous les lecteurs de ce blog. Je compte sur toi, rappelle toi mon geste au badminton ce lundi, ça vaut bien un petit effort de ta part.
PS : si toutefois, tu ne peux pas satisfaire toutes mes demandes, ne te crois pas obligé de respecter l'ordre de cette lettre.
Bien à toi, je t'embrasse,
Joss.
19:50 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 02 décembre 2008
Si ça c'est pas un beau programme...
Pas grand-chose ici depuis la semaine passée, pas bien du tout. Pourtant, j'ai de nombreuses petites choses à te raconter cher lecteur mais je ne sais pas vraiment par où commencer et surtout comment te raconter tout ça. Il faut aussi que je te parle de ma lettre au Père Noël mais quelqu'un m'a déjà grillé la politesse à ce sujet (des gens qui écrivent leur lettre au Père Noël en novembre, c'est inadmissible). En attendant d'écrire donc au monsieur vétu de rouge et blanc, je me recentre sur les fondamentaux. Et quoi de plus pertinent pour un retour aux sources que de me tourner vers mon guide, tel un phare dans la nuit ? Le lecteur fidèle aura reconnu la glorieuse Elizabeth T.
Alors voilà, Elizabeth, cette semaine dans TV mag, elle me dit ceci (Bélier du 2è décan) :
"Le 3, (re)lancez un projet. Lié à l'étranger, l'édition, la pub, le barreau, il a de belles chances. Une phase hyperdynamique, efficace (3, 5), malgré les embûches inattendues (5-6)."
Ah oui, c'est tout bon, ça. Voilà qui me met en joie. Oui, demain je lance un projet. Bon c'est vrai, pas totalement lié à l'étranger, ni la pub, ni l'édition et encore moins le barreau, ça touche aux antibiotiques (non, je ne suis pas malade, rassure toi cher lecteur). Mais lorsque l'on y réfléchit, les antibiotiques, l'étranger, c'est un peu la même chose tout ça, non ? Ah oui, c'est vrai, tiens, ça n'a absolument aucun rapport. De toutes façons je serai hyper-dynamique donc tout va bien, je vais bien. Mais oui puisqu'elle le dit. Il est vrai que la dernière fois que j'ai parlé d'Elizabeth ici, elle s'est plantée sur toute la ligne n'était pas tout à fait dans le juste.
Par contre, le 5, elle parle d'"embûches inattendues", et moi, le 5, je prends le train pour Paris, je m'adresse ainsi expressément à tous les sangliers des environs, pour leur demander de se tenir à distance des voies ferrées d'ici la fin de semaine. Par avance, merci.
Demain, courrier à Papa Noël.
22:29 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

