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jeudi, 31 juillet 2008

Le parfum des caves

Lorsque j'étais enfant, j'ai passé d'innombrables samedis et dimanches chez l'un de mes oncles viticulteur à arpenter un beau domaine et surtout à revassser dans de grandes caves creusées dans le falun. J'avais pour ces endroits un attachement curieux. Ces caves étaient pour moi des grottes dont le prolongement restait à découvrir. J'y ai passé tant d'heures à jouer à me cacher, dans les petits recoins, à sonder les parois de mes petites mains, à m'inventer des aventures, seul et satisfait de l'être.

Pas loin de vingt ans plus tard, mon appartement comporte un petit débarras s'engouffrant sous la cage d'escalier, bien utile pour y placer tout ce que je n'ai pas envie de voir. La semaine passée, suite à un malencontreux concours de circonstance, une bouteille de vin a été cassée dans ce débarras. Une fois l'agitation passée entre serpillères et éponges, les dégat ne sont pas bien méchants, tout juste déplore-t-on la perte d'une bonne bouteille, pas de tâche malencontreuse. Il reste juste une trace. Une trace qui ne se voit pas. Une trace qui se sent.

J'ouvre la porte du débarras et tout à coup il y a cette odeur. L'impression d'y être revenu. L'espace de quelques instants mon petit débarras redevient ces caves tortueuses au plafond bas. J'ai huit ans. Je m'amuse dans la fraîcheur ambiante parfumée par l'odeur tenace  associée à ce rouge sombre qui fait tant parler. Entre les tonneaux, cherchant les différents angles de vue pour me trouver ou non dans la lumière, je fais jouer l'imagination dont je n'ai jamais manqué pour faire voyager mon esprit d'enfant.

Ces caves et leurs alentours troglodytes aux roches blanches, régulièrement affublées ça et là des bonnes vieilles toiles d'araignées, auront tant servi de décors à mes rêveries isolées. Ce n'est pas l'odeur qui m'avait le plus marqué. C'est pourtant elle qui m'y ramène.

Pendant ces quelques jours, mon débarras renferme un petit trésor. Un trésor éphémère qui se respire.

J'ouvre la porte du débarras et tout à coup il y a cette odeur. L'impression d'y être revenu.

mercredi, 30 juillet 2008

Barbotage et transparence

Les pieds dans le sable, les pieds dans l'eau. Petit plaisir du soir en rentrant après la journée de travail, pouvoir aller me baigner. A cette heure, la grande plage est toujours peuplée de vacanciers profitant des rayons de soleil de fin de journée. C'est pour moi un peu de calme, seul avec l'eau qui vient brasser mes pensées et délasser mon humeur. Je marche, je m'étends, je contemple, et aussi, j'oublie. C'est cela que je viens chercher.
 
Une interrogation fait surface toutefois à l'horizon sur ce bleu immense. Ai-je bien fait d'opter pour le short de bain blanc ? Au moment de l'acheter dans la boutique, la question de la tranparence une fois mouillé n'est pas venu alerter mon attention. Mais est-ce vraiment important si, du fait de la blancheur du costume, le quidam de passage distingue très légèrement les contours de mon séant... Après tout, pas tant que celà.
 
(tiens c'est vrai, ce blog prend une drôle de tournure ces derniers temps)

mardi, 29 juillet 2008

Mouetteland and surroundings

Je n'en parle pas très souvent mais le coin de France où j'ai atterri est tout de même rudement joli. Quelques clichés de Mouetteland et des alentours (et petit coucou à celui qui a pris certaines de ces photos avec moi).

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Par cancale juillet 08 019.JPG 002.JPG
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lundi, 28 juillet 2008

Coquineries

L'été traine dans son sillage bon nombre de petites choses légères (et court vétues) et parmi elles une chaîne au parfum subtilement grivois. Et, ayant flairé un soupçon de poussée hormonale chez moi à la suite de mon billet précédent, Monsieur Rouge-Cerise s'est laissé aller à me transmettre le petit jeu... Même pas peur !

Si j'étais un slip !

Je serais blanc. Je serais ferme et inflexible, solidement arrimé mais bien agréable à caresser.

Si j'étais un sex toy !

Alors là, même sous la torture, je ne repondrai pas à cette question ! Alors ça, JA-MAIS !!! (euh... un fouet de cuisine ?)

Si j'étais un fantasme !

Je serais une ballade en forêt un matin d'été, fraîche et tantôt lumineuse tantôt ombragée. Peut-être une clairière isolée. Ou bien je serais tout autre chose, une consultation médicale qui aurait mal tourné...

Si je devais faire l'amour avec un animal !

Euh non, sans façon. La forêt, oui, le grizzli, non.

Si je devais te dire quelque chose à l'oreille pendant qu'on fait l'amour !

C'est une inspiration du moment. C'est une improvisation instinctive. Cela n'aurait pas de sens ici.

Si j'étais Clara Morgane mais avec mon cerveau actuel !

Je ne sais pas là, il faut que je réfléchisse. Ah ben j'y arrive pas. Mince. Finalement, Clara se passe très bien de mon cerveau.

Si j'étais une zone érogène !

Je serais une oreille. Frémissante.

Si j'étais un détail absolument irresistible !

Je serais un sourire coquin. De ceux que l'on peut deviner rien que dans le regard.

Si j'avais une morale sexuelle !

N'attendons pas le mariage...

Si je me réveillais demain matin sans pénis ni vagin !

Je me maudirais d'en avoir si peu profiter.

A qui je refile la chtouille !

Question délicate. Il ne s'agit pas là d'une chaîne banale... La sagesse conduirait tout naturellement à éluder cette question finale. Mais c'est l'été, soyons légers. Je ne force absolument personne. Mais si Messieurs Petit-Chose, Cereal Killer, Christophe, Lancelot ou pourquoi pas Nicolas Bleusher se sentent inspirés, la porte leur est ouverte. Il y a matière à être original.

dimanche, 27 juillet 2008

Je crois que je suis amoureux

Un look viril, de la force à revendre, un manche agréable à prendre en main, des petits accessoires amusants et bien pensés pour se faufiler dans des endroits peu accessibles...

Vraiment, j'adore mon aspirateur. Rien de tel que lui pour faire disparaître les traces du passage des mes parents (et surtout le chien) pendant toute cette semaine. Vraiment, mon bel aspi, je suis heureux de t'avoir dans ma vie.

La morale de cette histoire : Ah... le célibat... on compense comme on peut... (mais on ne perd pas le sourire !)

mercredi, 23 juillet 2008

Visibilité

La plupart du temps, j'affiche dans la colonne de ce blog une photo de la moitié de mon visage. Elle est parfois absente parce que mes humeurs m'amènent de temps en temps à l'envie de la retirer mais elle finit chaque fois par revenir tôt ou tard. Les demies photos qui se sont succédées ici ont d'ailleurs pas mal fait parlé dans les commentaires.
 
Il y a quelques jours, j'ai reçu un mail qui m'a beaucoup étonné. Son auteur est quelqu'un que je ne connais absolument pas et qui me lit depuis apparemment quelques mois sans avoir cherché à se manifester jusqu'alors. Dans son mail, il me raconte qu'il croit  avoir reconnu mon visage (qu'il n'a pourtant jamais vu en entier) à la terrasse d'un café à St Etienne debut mai. Et il ne s'est pas trompé... Je n'en reviens pas. Oui !! on me reconnaît dans la rue, bientôt à moi les autographes, la gloire, l'argent facile et les hommes.
 
Au commencement de mon blog, je faisais tout pour conserver un anonymat bien étanche. Mon prénom n'a jamais figuré ici, j'ai attendu plusieurs mois avant de citer la ville dans laquelle je vivais, je ne parlais jamais du contenu de mes études comme je ne parle d'ailleurs jamais de mon travail aujourd'hui. Je crois qu'il n'y a pas si longtemps, savoir que je pouvais être reconnu ainsi dans la rue m'aurait effrayé. Je me serais senti comme à découvert. Aujourd'hui ça m'est plutôt égal. D'ailleurs, je me suis déjà autorisé à mettre ici une fois une photo de moi en entier même si il est vrai qu'elle était bien petite (ceux qui l'ont ratée peuvent toujours tenter de remonter dans les archives...).
 
J'ai si souvent eu l'habitude de me cacher, de ne pas sortir du rang que celà me paraît presque contre nature. Mais si j'étais tout à fait honnête, je crois que je vous dirais qu'au fond, cette anecdote, et bien c'est assez plaisant.
 
Quoi qu'il en soit, ce blog ne livre que des petits morceaux de moi, un puzzle peut-être fourni mais toujours incomplet. Comme cette photo. Seules certaines facettes passent dans la lumière.

dimanche, 20 juillet 2008

Terre du milieu

 

Deux petites journées passées à Chartres en région Centre Terre du milieu, dans un appartement si riche en références à une grande trilogie bien connue...

Dès les premiers pas dans la ville, le ton est donné, à peine le temps de faire quelques courses, nous sommes cernés par l'un des neuf cavaliers noirs (oui enfin il était derrière nous à la caisse, quoi). Toutefois nous avons su conserver notre calme en jaugeant notre adversaire tout de noir vétu qui n'est plus vraiment ce qu'il a été (les Nazgûls n'auraient pas du se mettre à l'alccool, ça ne leur réussit pas...).

Après un déjeuner rondement mérité suite à cette recontre non désirée, nous partons à la découverte de la ville. Comme tout promeneur de passage en cette contrée, le chemin conduit naturellement vers la Cathédrale... Les abords sont sans surprise, la façade est très travaillée mais pas dans le meilleur des états. Surprise en revanche au moment d'entrer dans l'édifice. Une telle obscurité... Sans lumière artificielle, le décor se confondrait sans difficulté avec les mines de la Moria.

Un petit tour du lieu nous permet d'apprécier la richesse du travail réalisé dans les anciens temps. Nous nous lançons ensuite dans un défi de taille, l'ascension du clocher nord par la face escalier, tout aussi redoutable que le col du Karadras un jour de blizzard. Nous évitons de déclencher la colère de magiciens maléfiques, toutefois, il nous faut puiser dans nos réserves pour atteindre le sommet. L'endroit nous offre un point de vue remarquable sur Hobbitebourg et les champs qui l'entourent jusqu'aux confins de la Comté...

Nous redescendons, ravis du panorama découvert et fort aise de l'exercice physique accompli à cette occasion. Hélas, le coeur des hommes est aisément corruptible et nous nous retrouvons rapidement à manger une grosse glace réduisant nos efforts à néant...

Le soir venu, nous nous rendons dans un restaurant. Point d'Auberge du Poney Fringant au programme mais un restaurant au nom manifestement italien qui aurait mieux fait de s'appeler Aux trois plombes... Près d'une heure et demie d'attente pour des spaghetti al pesto, j'ignorais qu'il fallait tout ce temps pour mettre simplement à contribution Lustucru, Ducros, Puget et Bridélice... Le tout dans une ambiance assez froide (il a quand même drôlement maigri, Poiredebeurrée ...)

Fin de soirée, petit jeu à travers la ville, découvrir les illuminations projetées sur les principaux bâtiments historiques. La lune presque pleine serait-elle à l'origine de l'apparition de certaines publicités disséminées ça et là ? Pas moyen d'ouvrir quoi que soit même avec une petite formule elfique...

La journée s'achève sur ces références amusées... On n'oubliera pas, bien sur, la présence au casting d'un petit Gollum à vibrisses et au comportement on ne peut plus double ;D.

Le dimanche laissera la place à un joli petit tour dans des coins plus verts de la Comté avant mon retour vers les Havres gris. Ce week-end était charmant.

Demain, je me rends dans le Mordor, une sombre d'histoire d'entretien de bilan de fin de période d'essai...

mardi, 15 juillet 2008

Je ne suis pas son prince charmant

Il avait peut-être cru que je le serais.
 
La rencontre est intervenue rapidement, ce fut une bonne chose car les contes de fée les plus courts sont parfois les meilleurs. Il fait sans doute partie de ces gens un peu désespérés dont l'envie de croire à une belle histoire et sur laquelle projeter tous ses espoirs est plus forte que tout, apeuré par la solitude qui semble trop souvent l'étreindre et consummer ses aspirations au bonheur.
 
Alors il s’était imaginé la plus belle des histoires, aidé de petits coups de baguette magique pour arrondir les angles et embellir le décor, masquer les approximations et éluder les zones d’ombres. Il avait fait de l’avenir son rêve, un rêve dans un carrosse à deux places. Avant même notre rencontre, il tenait déjà à me présenter à ses amis, me proposait de partir en vacances avec lui… Il avait parlé de moi à sa meilleure amie, entichée du rôle de marraine. Mais les fées ne sont pas toujours de très bon conseil et elle ne l’invita pas à la prudence qui aurait pourtant été la meilleure des vertus, le plus sûr chemin à emprunter.

 

Nous avons passé une journée sympathique qui a semblé lui convenir. Il n’a cessé de promener au cours de ces quelques heures un sourire persistant et une humeur joyeuse ponctuée toutefois de quelques phrases réflexes déclamées avec la spontanéité d’un robot, signe d’une certaine nervosité sous-jacente.

 

De lieux en lieux, Rennes a offert un cadre joliment approprié au début du conte, nous proposant tour à tour un savoureux marché, un repas prometteur, une fort belle terrasse sur une place à colombage, une ballade dans les bois, un appartement agréable dans un quartier tranquille…

 

Hélas, le moment venu, j’ai pris sur moi pour endosser le rôle du méchant (la sorcière ?) et le carrosse redevint citrouille. Le chemin en commun allait s'interrompre là, parce que le charme n'a pas véritablement opéré.

 

Après une mise au point peut-être maladroite mais nécessaire, les dés furent jetés pour une conclusion qui me semblait implacable. En lui souhaitant de poursuivre sa recherche et de finir par trouver soulier à son pied…

 

Ils ne vécurent pas heureux (et n'eurent pas d’enfants !).

dimanche, 13 juillet 2008

Le calme

Fin d'après-midi dans la chambre apaisée. Au loin, le son de quelques voitures venant animer le boulevard par intermittence, au plus près, un léger courant d'air vient agiter doucement le rideau. Je suis étendu sur le lit, le regard perdu dans les profondeurs du plafond. Sa respiration lente et régulière me laisse le répit nécessaire au débat qui débute en moi sans que je puisse le contrôler. Ne pas tomber dans une histoire dont je sais déjà que je ne veux pas.
 
Mes pensées repartent tourbillonner autour du lustre et balaient un à un les coins de la pièce. Sa respiration s'interrompt, il se tourne de son côté puis reprend son ryhtme. Le temps s'écoule au ralenti dans la pièce où tout n'est que repos de son côté et réflexion du mien. A la recherche de l'ouverture dans laquelle s'engouffrer pour ne pas laisser glisser les choses le long d'une mauvaise pente.

samedi, 05 juillet 2008

Touché

C'est un repas comme chaque jour au self. Les même convives, la même table ronde, le même genre de conversations (à propos, je crois, d'une certaine Ingrid B. qui aurait apparemment été libérée de je ne sais pas trop quoi...). Il est assis à ma gauche. Au hasard d'un changement de position, son genou est venu frôler le mien. Dans un geste naturel d'évitement, j'aurais effacé mon genou au contact du sien et chacun aurait repris une position anodine à cette table où nous sommes bien serrés, c'est un fait. Mais ce geste naturel, je ne l'ai pas eu. Nous sommes restés un certain temps genou contre genou et même jambe contre jambe, d'une façon qui laisse peu de place à la coïncidence quant au maintien de cette position.
 
Alors que lui vit sa vie au grand jour, il est le seul à savoir pour moi, à connaître un peu de ma vie, un peu de mes peines de ces dernières semaines. La conversation se poursuit et nos cuisses se touchent toujours. Je ne sais plus vraiment combien de temps. Je reste à mon plaisir surpris d'apprécier ce contact impromptu. 
 
Dans ma famille, on ne se touche pas. Jamais une main sur l'épaule, jamais une main dans la main, jamais on ne se prend dans nos bras. Dans ma famille, même lorsque l'on fait la bise (jamais entre hommes, évidemment, on n'est pas des tafioles quand-même), on prend bien garde de ne pas se toucher ailleurs que la joue, pas d'épaule, pas de corps qui s'approche, rien. Le contact physique est une chose qui m'a toujours beaucoup fait défaut jusqu'au début tardif de ma vie amoureuse. Je me rappelle, au cours de mon adolescence être resté figé après avoir fôlé par accident la peau d'untel ou untel. J'avais toujours ce réflexe de m'effacer bien vite suivi d'un léger regret, un instant bref pendant lequel je m'autorisais à apprécier l'accident survenu. La peau contre la peau ou même au travers du vêtement, simplement celà, et l'envie d'y revenir. Jamais assouvie.
 
Retour au self, aux jambes sous la table. Ce genou appuyé, pour moi, c'est presque la représentation discrète et atténuée d'une épaule tendue pour reposer un peu de ma solitude. Une façon de dire je suis là ou peut-être bien d'autres choses. Je crois que je me suis senti moins seul. Bien mieux que des mots n'auraient pu le faire. Une petite phrase pleine d'humour de sa part est venue ponctuer l'affaire, il n'y a que moi qui aie saisi la complète portée du message.
 
La peau contre la peau. Ca me manque tant.

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