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samedi, 29 septembre 2007

Collège...

J’ai quatorze ans, je suis au collège, en troisième, je crois.  Il y a deux jours, S. a annoncé qu’il faisait une fête pour son anniversaire (il me semble que le mot boom était déjà bien passé de mode). Il a dit que nous serions tous invités. Il arrive aujourd’hui alors que nous sommes en cercle dans un coin de la cours et annonce qu’il a les invit’. 

Il ouvre son sac pour les sortir, j’ouvre le mien pour y ranger bien précautionneusement celle que je vais recevoir (dans mes souvenirs de collège, mes sacs à dos ou mes cartables font toujours environ 2m3 et 250 kg).

Il commence la distribution, je saisis la pochette rouge dans laquelle je trouve le plus judicieux de ranger le précieux carton.

Il poursuit la distribution, je sors ladite pochette et glisse mes doigts sous les élastiques qui la maintiennent fermée.

Il termine la distribution, je fais semblant de chercher quelque chose dans la pochette pour donner le change. Non, non, ça ne me fait rien de savoir que lorsqu’il disait « vous êtes tous invités », le « tous » ne m’incluait pas, vous pensez bien, ça ne me fait rien du tout (il y a juste une petite voix dans ma tête qui déclame que si la maison de S. pouvait brûler le jour de la petite fête, et ben ça me ferait plutôt chaud au coeur).

Je n’aimais pas particulièrement S., et je n’avais pas spécialement envie de devenir un de ses copains (non, je vous assure, en plus, physiquement, c'était pas vraiment ça :-) ), mais lors des semaines précédentes, nous avions eu quelques discussions dont les sujets m’échappent aujourd’hui et je croyais simplement faire partie de gens qu’il aurait eu envie d’inviter. Je me serais senti un peu plus intégré que je ne l’étais. S. était l’archétype du garçon catalogué cool et plein de personnalité, lui, le genre de gars avec lequel il était de bon ton de bien s’entendre pour être considéré comme quelqu’un d’intéressant à tout point de vue.

En retrouvant ce souvenir bien enfoui (enfuit ?) , je me rappelle à quel point j’étais triste et aussi capable de faire fi et refouler ma déception. Je n’en ai pas voulu à S. (qui n’a rien à se reprocher de toutes façons) mais je m’en suis voulu à moi d’y avoir cru. Les garçons comme S. ont une sorte d’aura, comme un pouvoir médiatique, le fait d’être à leur contact change positivement le regard de la majorité silencieuse sur vous. Voilà à peu près ce que je pensais à l’époque, à la différence qu'à ce moment, je n’étais pas capable de le formuler ainsi.

Des années plus tard on s'est croisé je ne sais plus où et j'avoue avoir pris un grand plaisir à le snober sans m'en cacher alors qu'il me cherchait du regard. J'aime penser qu'aujourd'hui S. est sans doute peut-être un gros bof qui se prend pour un exemple. Oui, ça fait du bien de dénigrer un peu (et sans aucune mauvaise foi, bien sur) les gens qui nous ont fait du mal parce qu'on se croyait inférieur à eux. C'est plaisant aussi de constater qu'en vieillissant on passe tellement au dessus de tout ça. Aujourd'hui, ça me paraît tellement insignifiant.

Et puis je suis très zen en y repensant (la prochaine fois, ton invit'à la con, tu pourras te la garder, merdeux !!), tout à fait zen. 

jeudi, 27 septembre 2007

Questions

De nombreuses questions dans ma tête en ce moment... En vrac.
 
Quel temps ce week-end ? Le meurtrier de Christian Morin est-il le détective ou ne serait-ce pas la défenseuse des orang-outans (bon là, faut suivre un peu Plus belle la vie, les fondamentaux, quoi) ? Pourquoi mon blog n'est-il plus référencé sur google depuis plusieurs mois ? (ce qui me prive des croustillants mots-clé qui font atterrir les gens ici). Un bouleau boulot pour quand ? William Leymergie est-il vraiment un étrangleur ? Mes parents savent-ils pour moi ? Vais-je retrouver la recette du duo de chèvre et courgettes au saumon pour l'envoyer à Titonne ? RCerise et Les Tamaris vont-ils reprendre leurs blogs ? Pourquoi mon oreille droite me fait-elle mal depuis hier ? Est-ce que je vais changer de région ? Où est-ce que ça se trouve exactement la Birmanie ? Mes notes, je vais les avoir quand ? Razzano va-t-elle battre Ruano-Pascual à Canton/Guangzhou ? Et l'amour dans tout ça ? L'auto-hypnose, ça marche ? Pourquoi les cheveux frisent ? Pourquoi est-ce que j'aime tant le bruit de la pluie sur les toits ? ...
 
(si vous avez des réponses...) 

mercredi, 26 septembre 2007

Un clin d'oeil pour finir

Le bâtiment dans lequel j'ai fait mes études fait face à un bar-brasserie.

Lundi, j'ai passé la toute dernière soutenance de ma vie d'étudiant. Nous avons fini la journée en prenant un verre dans ce bar d'en face, celui où nous avons passé quelques savoureux moments pendant ces quatre années écoulées, un peu notre Mistral à nous

Nous étions quasiment seuls, la patronne est venue discuter avec nous quelques instants. Je ne sais pas comment mais elle savait que c'était un jour d'examen. Nous lui avons précisé qu'il s'agissait même des tout derniers.

Elle nous répond alors que pour eux-aussi, c'est la fin. Ils vendent et s'en vont à la fin de la semaine, ils vont chercher un autre commerce ailleurs. Au fait, ils étaient là depuis combien de temps ?

Quatre ans.

Un joli clin d'oeil pour aider à tourner la toute dernière page avant de commencer un nouveau livre.

Today is where your book begins

samedi, 22 septembre 2007

Fraîcheur

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C'est un après-midi de fin d'été encore engourdi par la chaleur. Le sentier emmène toujours plus profondément, à l'écart. A l'abris. Une à une, les sensations de la ville se sont estompées jusqu'à devenir de vagues rumeurs, des souvenirs confus.

La balade est paisible en ces lieux. Il ne subsiste que le sentier, les arbres qui le bordent, la lumière entre les branches et cet air léger qui vient flatter doucement la joue et l'oreille. La marche se poursuit sans effort au gré de l'esprit qui prend plaisir à vagabonder, léger, espiègle, souverain. Il y a dans cet endroit la fraîcheur bienvenue, celle qui délasse et qui ravive.

Une douce rafale vient rendre la promenade plus sonore et plus réelle. Un mot, tranquillité.

Le bruit d'un camion dans la rue. La séance est terminée. 

Chaîne musicale

Une nouvelle petite chaîne vient frapper à la porte de mon blog, celle-ci vient de Monsieur moi et autrui. Il s'agit de reporter ici les 10 premiers morceaux qui sortent de son I-pod en mode shuffle. Evidemment, ç'aurait été trop simple, moi je n'ai pas de I-pod. Comme d'autres l'ont déjà fait, j'ai donc ouvert Windowsmédiapalyer en lecture aléatoire et voici le résultat tant attendu:
 
Hypocondriaque, Aldebert

La disparation, Keren Ann
 
Photographe de hasard, Martin Rappeneau 
 
Petit caillou, Amélie-les-crayons
 
Song of the storm, Emilie Simon 
 
Le tourbillon, La Grande Sophie
 
All neon like, Bjork
 
Les cailloux, Les Innocents
 
Dans la lune, Zazie
 
La liste, Rose
  
Trois morceaux dans la colonne de droite pour les curieux (suis gentil, hein ?)  

mardi, 18 septembre 2007

La même gestuelle ( le Chateau dans le ciel )

Janvier 2003. Samedi soir au cinéma avec des amis. Je ne sais plus pour quelle raison nous avons changé au dernier moment le film que nous allions voir (plus à l'affiche ou plus de places je ne sais plus, d'ailleurs, je ne me souviens pas du tout quel film nous avions prévu de voir). A la place, ils ont décidé qu'on irait voir un dessin animé japonais dont je n'avais jamais entendu parler, réalisé par un gars apparemment super connu, Miaquelquechose. Je suis arrivé dans la salle en ne sachant absolument rien sur le film si ce n'est que c'est un dessin animé japonais.

Je me rappelle avoir passé une bonne partie du trajet vers le cinéma à me répéter le titre du film en tête pour ne pas me trouver bête à la caisse du cinéma, parce que le titre n'était pas très marquant. Le Chateau dans le ciel.

Le Chateau dans le ciel. Le Chateau dans le ciel. Le Chateau dans le ciel.

 

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Je me suis rapidement aperçu que le film n'était pas récent, mon oeil habitué aux mangas japonais qui ont animé mon enfance n'était pas dupe, je l'ai situé dans le milieu des années 80. Il y avait cette poésie dans le début de l'histoire la liberté de s'échapper du monde connu et aller au delà avec toutefois des rappels familiers, mélange adroit d'un monde imaginaire et de l'Europe de la révolution industrielle.

La bande annonce du film pour ceux qui ne connaissent pas

 

 

Je suis tout à fait client de ce genre d'ambiance. Je suis dans le film, complètement. Il y a cette histoire et ce monde qui me plaisent. Et puis autre chose que j'ai du mal à cerner complètement. Jusqu'à une sorte de révélation. Je suis assis sur mon siège à me dire "mais oui, c'est ça ! c'est ça !".

Il y a au milieu du sérieux de l'histoire des touches d'humour bon enfant et puis surtout il y a cette façon dont les personnages bougent, leur manière de courir surtout. Tout à coup, j'ai revu le professeur Moriarty et ses deux accolytes prenant la fuite. J'ai revu l'inspecteur Lestrad et toute la horde de policiers à leur trousse. J'ai revu les méchants s'enfuir dans leur drôle d'appareil volant rose.

Le film a pris une autre importance. Ce soir là dans la salle, j'ai presque vingt ans et j'en ai huit en même temps. Il y a vraiment une ressemblance qui ne peut-être due au hasard. 

Le film est fort, il est riche, il m'a transporté complètement, il a parlé au petit garçon qui est en moi. Et surtout, j'en suis sorti avec le plaisir surpris d'avoir retrouvé un morceau de mon enfance, perchée entre les traits du dessinateur. Evidemment les jours suivants je me suis empressé de vérifier que l'auteur des premiers épisodes du dessin animé de Sherlock Holmes était bien ce même Miyazaki avec la fierté d'avoir reconnu la même gestuelle dans ses personnages (et j'ai même appris qu'il avait fait d'autres petits films qui ont un petit peu marché, si si).

 

Pour le plaisir et pour rafraîchir les mémoires, le générique dont l'intro me file toujours quelques frissons. 

 

 

 

dimanche, 16 septembre 2007

Chateau et rêves d'enfance

Dans mon esprit d'enfant, un chateau, c'était forcément un chateau fort. Ceux qui auraient des grosses murailles, de hautes tours, des meurtirères et un pont levis (et des créneaux, comme on apprenait à les dessiner à l'école, rappelez-vous). Ceux du début du moyen-âge, ceux où l'on pouvait imaginer des histoires de chevaliers (et aussi de magiciens, parce que moi j'aimais bien ). Ceux des légendes, avec un soupçon d'Arthur ou de Merlin.
 
Quelle ne fut donc pas ma déception lorsque plus tard j'ai appris qu'on appelait aussi "chateau" des grandes demeurs blanches et lumineuses situées au milieu de vastes jardins à la découpe milimètrée. Non, non et renon, c'est pas des vrais chateaux ça, c'est des trucs des souverains corrompus qui voulaient étaler leur richesse. C'est juste des grandes maisons avec des toits compliqués et pleins de fenêtres (ayons une pensée émue pour le petit personnel qui devait faire les carreaux).
 
Heureusement, lors des journées du patrimoine (et le reste de l'année aussi d'ailleurs), dans ma ville on peut visiter celui-ci, un comme je les aimais. Ca au moins c'est pas du chateau de pédé.
 
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( 3rd photo pictured by la blonde :-) ).
 
Alors malgré la foule, il est plaisant de laisser aller son esprit au détour d'un escalier enserré ou en débouchant sur la cours intérieure... (oui, je suis parfois un grand enfant moi aussi)

vendredi, 14 septembre 2007

L'avenir comme parachute - The rest is still unwritten

Plus que quelques encablures et ma vie d'étudiant sera définitivement passée à trépas.

Il y a peu, l'un de vous, vénérables lecteurs, a laissé un message sur mon répondeur(*) en évoquant le côté positif des choses avec ces mots que j'ai trouvés si bien choisis :

"Maintenant, tu as l'avenir comme parachute"

Natasha Bedingfield, Unwritten



L'avenir devant soi, ça faire peur mais c'est grisant. L'idée qu'il n'y a plus de rail et que c'est à moi de tracer la suite seul.

I am unwritten, can't read my mind, I'm undefined
I'm just beginning, the pen's in my hand, ending unplanned
L'idée que tout est ouvert autant que fermé, que tout est possible. En bien, en mal, mais que c'est à moi.
Staring at the blank page before you
Open up the dirty window
Let the sun illuminate the words that you could not find
Se dire que tout est à écrire, que la vie est à éprouver.
Feel the rain on your skin
No one else can feel it for you
Only you can let it in
No one else, no one else
Comme un grand saut. Avec l'avenir comme parachute. 
Today is where your book begins
The rest is still unwritten
 

 

 

(* : service exclusivement réservé aux abonnés bénéficiant de la formule Quedireoufaire Premium)

(allez, plus que deux commentaires, et ça en fera mille depuis l'ouverture de ce blog. :-) ). 

dimanche, 09 septembre 2007

Et l'impression que la vie est injuste

C'est un dimanche un peu comme les autres. Mes parents reçoivent pour la journée certains de leurs amis que je déteste copieusement n'aime pas. Ils sont entrain de dîner alors que je suis seul à l'étage et ils en viennent sans que je sache comment à discuter des pédés.
 
Il y a des fois où je suis sidéré par tant de bêtise d'ignorance ou de connerie. Je suis dégoûté, triste, en colère. J'en rage. Je les entends rire et bavasser gaiement, eux qui bien sur ne connaissent qu'un lointain cousin qui aurait peut-être... mais qui savent visiblement tant de choses sur les pédés.
 
Cela me permet au moins de constater les progrès que j'ai fait dans mon acceptation. Il y a quelques années, ce genre de conversation me donnait envie de passer par la fenêtre. Ce soir, c'est plutôt l'un d'eux que je voudrais passer par la fenêtre. 
 
Colère  rage  frustration. 

Le tour du calendrier

Cela faisait des mois et des mois que je me régalais à la lecture des récits de certains blogueurs inconnus. J'avais passé tant de moments à contempler leurs mots, leur originialité, leurs astuces, leur humour ou leur aisance à manier les phrases. J'avais passé tant de moments à jalouser leur audace d'exposer ainsi certaines bribes de leur existance et la façon dont ils s'y prenaient. Lire des blogs était pour moi aussi intéressant (et même plus) que suivre de bonnes séries télé.
 
Aussi futile soit-elle la blogosphère me permettait de trouver des existances auxquelles j'arrivais à m'identifer un tant soit peu. Dire que l'on peut s'attacher à une personnalité à travers un blog me paraît excessif car chacun ne laisse transparaître de lui que ce qu'il souhaite, toutefois, comme on s'attache à bon livre ou un feuilleton que l'on parcours pendant une longue période, on est parfois accroché par ce que l'on croit deviner de celui qui écrit. J'ai fini parfois par éprouver une forme de sympathie ou de l'admiration.
 
Immanquablement, j'en suis arrivé à me demander si moi aussi, un jour, je serai capable de capter l'attention de lecteurs inconnus. 
 
Et puis il y a un an aujourd'hui, après des semaines d'hésitation, j'ai cliqué, tout tremblant, sur "Publier maintenant" pour mettre en ligne ma toute première note. Dans la droite lignée de ce qui me secouait à l'époque, ce blog a chamboulé ma vie. J'aurais peut-être fini par trouver un autre moyen, mais c'est celui qui m'est venu.
 
Et ce fut une bonne chose. 

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