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mardi, 27 mars 2007

Un an tout juste

Il y aura un an demain, pour la toute première fois j'ai réussi à parler, à ouvrir un peu de moi à quelqu'un.

J'avais rassemblé tout mon petit courage dans mes mains. J'avais raconté mes petites misères dans un mail envoyé à une asso LGBT de ma ville. Pour franchir le pas, j'avais accepté de rencontrer la présidente de l'asso de vive voix, en chair et en os, et avec mon coeur bondissant.

Le rendez-vous était fixé à 18h15. J'avais passé plus de trois heures à arpenter les rues du centre-ville à imaginer comment cela se passerait. Si j'en aurais le courage. Si j'allais vraiment le faire. Combien de temps j'y resterai. Si je trouverai les mots. S'il y aurait une suite ou, plutôt, si ce serait un début.

Je connaissais le quartier par coeur. C'est celui de ma vie d'étudiant, un trajet quasi-quotidien dans une rue pavée devant cette porte au drapeau arc-en-ciel que je n'avais encore jamais vue ouverte. Et pourtant c'étais si dur de me convaincre que cette fois j'y entrerai. Je savais qu'on n'allait pas me manger (pas si vite, quand même !). Et pourtant, et pourtant... 

C'était un des premiers après-midi ensoleillés du printemps. Ma tête bouillonnait au rythme des questions qui fusaient en pilotage automatique. Et si je renonçais. Et si je refermais le couvercle. 

L'heure fatidique est arrivée. Je me suis planté devant la porte, puis je lui ai tourné le dos. Pour retarder un peu l'échéance, j'ai sorti machinalement mon portable comme pour m'accrocher une dernière fois à quelque chose de rassurant avant de plonger. Et puis j'ai entendu la porte s'ouvrir derrière moi. Elle venait me chercher pour me donner le courage de faire les derniers pas.

Je suis entré tout tremblant. Elle m'a souri. Elle m'a écouté. Elle m'a félicité. J'étais stressé au possible, un peu confus, un peu perdu. J'y suis resté un peu plus d'une heure et demie. Je suis reparti chamboulé, mais fier.

Je crois que j'arriverais à me rappeler chaque élément du décor même si je n'y suis jamais retourné.

Ce fut une éclosion tardive et je n'ai pas d'autre excuse que d'avoir fait comme j'ai pu, quand je l'ai pu.

Lorsque je me retourne aujourd'hui sur l'année écoulée, j'ai parfois presque le vertige en voyant ce qui s'est passé, en comparant ma vie d'alors et celle d'aujourd'hui. Le chemin est encore long, bien sur.

Cet été, une amie m'a écrit par mail que depuis, je suis simplement un peu plus moi. C'est la meilleure des conclusions.

lundi, 26 mars 2007

Martyrisé !!

Regardez !! Nan mais regardez comment il m'a maltraité ! sous prétexte que c'était le carnaval.

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Et là, vous ne voyez que mes cheveux (parce que dans les vêtements, les confettis, ça gratte)

Ah c'est pas facile la vie... 

Heureusement que j'ai très envie de m'accrocher (à lui).

lundi, 19 mars 2007

On peut être un gros con et aimer Aldebert

Attention, chers lecteurs, ce que vous allez lire risque de vous faire croire que je peux parfois être méchant, ce qui serait une malencontreuse méprise, bien sûr.

Jusqu'à la semaine passée, je croyais que les gens qui aimaient le chanteur Aldebert étaient nécessairement des gens bons. Cette croyance s'est donc effondrée mardi dernier alors que j'étais entré depuis quelques instants dans la salle de concert.

J'étais dans la salle depuis quelques minutes en compagnie de ma copine Louloute et son mari lorsque mon regard prodigieusement perçant a distingué à quelques mètres de nous le visage de l'infâme P.. Savoir qu'il était là, ça m'aurait presque gâché le concert. Nan mais c'est vrai, quoi.

Tenez vous prêts, nous partons pour quelques instants de pure méchanceté gratuite récit poignant.

P. était dans ma classe au lycée. Le hasard Une malédiction a voulu pour une raison inconnue que je sois son voisin de classe pendant quasiment la moitié de ces trois ans.  P. n'était pas méchant, non. Il était juste con, bête, vantard et mythomane. Et collant aussi (et moche). Cerise sur le gâteau, c'était aussi un footeux (et pratiquant en plus). P. était aussi un fervant amateur de bonnes blagues bien viriles parce que, lui, c'est un vrai mec.

Je n'ai jamais vu quelqu'un faire à ce point l'unanimité contre lui sans qu'il ne s'en soit jamais rendu compte, c'est peut-être ça qui était le plus drôle. Personne, absolument personne ne le supportait (rien que d'y repenser, ça me rend heureux) (comment ça, je suis méchant ? moi ?). 

Au lycée il m'arrivait très souvent d'aller en cours même lorsque j'étais malade (je suis un champion de la rhino-pharyngite). Il m'est donc arrivé trois fois de venir en cours en étant malade et de constater chez moi un certain talent involontaire pour la contagion. "Oh zut, P. n'est pas là aujourd'hui, il a dû attraper quelque chose, c'est balo". Et hop voilà, deux jours sans P., le bonheur :-) . Je vous assure que d'autres dans la classe m'étaient reconnaissants.

Pour ma défense, je tiens à raconter en ces lignes le préjudice que je subissais pour ma part du fait de la présence de P. : comme il habitait près de chez moi, nous prenions le même bus. Du coup, pour éviter les conversations footeuses, moi j'étais obligé de rester 10 minutes plus tard au lycée après les cours, le temps que lui prenne un bus et moi le suivant (merci d'adresser vos messages de solicitude en commentaires).

Soyons bon joueur. Il est certainement devenu quelqu'un de très bien aujourd'hui, la preuve, il était au même concert que moi. Oui, bien sûr, la maturité et tout et tout, ça a bien dû faire son effet... ou pas. 

Simple constat rapide suite à l'écriture de ces quelques lignes : il est tellement bon parfois de se défouler en disant du mal de quelqu'un... S'autoriser un peu de méchanceté ressentiment, ça soulage :-)

A part ça, le concert, c'était vraiment grandiose. Un grand moment de musique et d'humour, je conseille très vivement. 


vendredi, 09 mars 2007

Oh bah tiens !!

Et voilà, je me rends compte que ça fait 6 mois que je parle ici...

C'est curieux d'avoir cette trace pour revivre la demie-année écoulée et se dire "ah oui, j'avais écrit ça" (c'est pas que je regrette, hein). Le blog c'est aussi un moyen sympa efficace de s'aperçoir qu'on vieillit évolue.

Et ouais, par exemple ça fait bizarre de me dire que j'ai écrit ça ou ça ou encore ça :-). Je pourrais toujours dire pour ma défense que écrire, ça aide à grandir...

Joyeux demi-anniversaire, mon blog. 

 

 

mardi, 06 mars 2007

Alors ça passe par le frisson

Je pleure peu. Il m'arrive parfois (rarement) de me sentir les yeux humides mais de vraies larmes, celles qui font les yeux rouges ou même simplement brillants, ça ne m'arrive pas, à croire que je n'y arrive pas. Ce n'est pas bien, grave, j'en conviens. La dernière fois que j'ai pleuré avec des larmes, des vraies, je n'arrive pas à me rappeler quand c'était.

Je pleure peu, mais je frissonne. Beaucoup. Facilement. Tous ces petits picotements qui viennent immanquablement parcourir mon corps à l'évocation d'une situation touchante, cette vague qui vient déferler le long de mon dos ou courir sur mes bras sans que je puisse y faire quoi que ce soit, me laisse une impression mitigée.

C'est déroutant de voir que je ne peux contrôler la réaction émotive de mon corps à des évènements qui paraissent souvent bien anodins. C'est agréable de me sentir réagir malgré moi, malgré toute raison, agréable de me sentir vivant, un peu plus qu'à l'habitude. Ma façon à moi de vibrer en quelque sorte.

medium_michou.jpg Hier soir, je me suis laissé entraîné avec deux copines pour voir Michou d'Auber. C'était tendre, souriant, touchant, très touchant même. Alors bien sûr, je n'ai pas pleuré (contrairement à l'une de mes accompagnatrices !) mais les frissons n'ont cessé d'aller et venir pendant qu'un sourire récurrent dictait les courbes de mes joues.

C'était un très joli moment. Il est parfois bien agréable de laisser aller à frissonner.

 

 

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