lundi, 23 juin 2008

Et plus que l'air marin...

Retour de week-end. J’ai passé deux jours à Angers à vadrouiller sur les traces de ma vie d’avant, retrouvant ma famille, certains de mes amis que j'étais bien content de voir et aussi tous ces lieux qui m’ont vu grandir. Le temps de ces deux jours, comme à chaque fois, j’en arrive presque à croire que rien n’a changé, que je ne suis pas vraiment parti. J’en arrive à croire que ma vie « normale » c’est celle qui m’attend à Angers les quelques week-ends où je rentre et que mes passages ici ne sont que de petits interludes. Je me vois un peu comme un étudiant parti provisoirement avant un salutaire retour au bercail.

 

Les premiers temps, je repartais le dimanche sans difficulté, cette vie était encore toute nouvelle et pas franchement installée. Les mois passant, les choses sont moins simples.

 

J'ai passé deux jours joyeux, ensoleillés. Mais comme toujours, le dimanche a une fin. Je parviens sans problème à feindre la parfaite indifférence au moment de reprendre la route. Hier après-midi, j’ai laissé mes parents alors que nous étions chez des amis et je suis repassé par la maison familiale pour des préoccupations bassement matérielles avant mes deux heures et demie de route. Et bien, c’est très con mais, seul dans la maison, j’avais envie presque envie de dire au chien de mes parents que je ne voulais pas partir. Et c'est là que je me dis : oh la la, ça commence à être grave...

 

La ville où je vis désormais ne me déplaît pas, pourtant. J’avais toujours rêvé, lorsque j’étais plus jeune, de vivre au bord de la mer, j’ai fini par être exaucé. C'est un bel endroit prisé par les touristes, je trouve que les gens y sont agréables. Mais je m'y sens bien seul. Evidemment, c'est essentiellement de mon ressort. A moi aussi de faire tourner les choses (Oui, hein c'est vrai ça !).

 

En attendant, les débuts de semaines sont quelque peu moroses. Et plus que l'air marin, la douceur angevine.

lundi, 09 juin 2008

Rebond

Oh allez, ça va, hein. Je vais pas non plus passer des semaines à me morfondre... Un grand coup de balai là-dedans et on repart.

En fait ça va beaucoup mieux. Toute à l'heure je suis même rentré du boulot en chantant, l'humeur badine et l'esprit léger.

(des fois, j'ai vraiment l'impression que j'ai pas de coeur, moi ...)

dimanche, 08 juin 2008

Et après

Depuis un peu plus de six mois, j'envisageais l'avenir avec lui, dans un ailleurs qu'on finirait par réussir à construire pour nous deux. Compte tenu de la distance c'était sans doute déraisonnable. C'était sans doute pas faisable. Pourtant j'avais envie d'y croire.

Depuis hier soir c'est un peu comme si toute la suite s'était effacée. Disparue, estompée, oubliée. Comme s'il n'y avait plus de suite. Plus d'avenir à imaginer.

Demain je me lèverai pour aller au travail en n'ayant aucune idée de ce qui peut me motiver, ce dont j'ai envie. Et après ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Et rien au bout du tunnel.

Voici donc l'humeur du moment. Pas vraiment réjouissant mais je ne parviens pas à faire mieux.  Ca finira bien par aller un peu mieux.

samedi, 07 juin 2008

De circonstance

Je n'aime pas spécialement Jean-Louis Aubert mais c'est une chanson de lui qui me vient en tête à l'instant. Fort à propos. Les mois de juin se suivent et ne me réussissent pas.

vendredi, 09 mai 2008

Ma voix retient son souffle...

Samedi 3 mai.

Je suis rentré chez mes parents pour ce week-end de quatre jour (le même week-end ques les radis), dans l'après midi un coup de fil d'un numéro inconnu sur mon portable. L'APEC.

L'APEC appelle pour faire des enquêtes le samedi après-midi... "Une enquête pas très longue" me dit M. l'enquêteur au début (juste un quart d'heure vingt minutes, quoi). On ne peut pas dire que je sois vraiment occupé en ce week-end où je m'ennuie même pas mal, j'accepte l'enquête. Oui, j'ai donc trouvé du travail, oui, j'ai déménagé, j'ai mis quatre mois à trouver, oui, j'ai commencé à chercher dès l'obtention de mon diplôme (encore heureux), oui dans ma formation j'ai reçu des cours sur la recherche d'emploi, oui, j'ai trouvé dans mon secteur, non, mon travail n'est pas purement alimentaire...

Tu le comprendras cher lecteur, une liste de questions toutes plus passionnantes les unes que les autres. Et puis à la fin le fin limier de l'APEC poursuit "avec une question un peu plus personnelle..."

Signal d'alerte instantané dans mon esprit. Comme si le temps s'arrêtait brusquement. Que me veut-on, que cherche-t-on, que vais-je m'autoriser à dire... Je cogite, les questions fusent avant même qu'il ne termine sa question.

"... êtes vous célibataire ou en couple ?" 

Je m'entends donner les deux réponses. Toujours cette habitude de se cacher, comme un réflexe acquis, et, aussi, cette volonté de ne pas ouvrir ma vie à cette question insdiscrète et importune. Cela dit, c'est frustrant de toujours garder le silence et ça n'engage à rien après tout... mais cele ne les regarde pas. Et puis c'est comme si ma voix décidait de trancher seule au lieu d'attendre une décision, ma voix retient son souffle et dit :

"en couple".

Ce fut une bonne chose de répondre à cette enquête.

 

dimanche, 04 mai 2008

Trois radis

(le titre de ce billlet est paticulièrement vendeur, j'en ai parfaitement conscience)

Dimanche matin. Je suis rentré à Angers pour ce week-end de quatre jours, c'était la première fois que je revenais chez mes parents depuis cinq semaines. Je prépare mon petit-déjeuner dans la cuisine tout en discutant avec ma mère. Mon regard finit par se poser sur un coin de table où siègent encore trois queues de radis, vestiges probables de l'hétéroclite petit-déjeuner de mon père, pris un peu plus tôt alors que je profitais encore de ma couette.

J'ai la chance (je pense que c'en est une) d'avoir des parents à la main verte, adeptes du parre-terre de fleur et surtout du grand jardin potager. J'ai donc eu une alimentation riche en légumes divers et variés que beaucoup d'autres de ma génération ne connaissent que de façon lointaine et j'ai surtout eu cette riche habitude de voir nos repas familliaux décrire l'année au rythme des saisons.

C'est curieux comme trois queues de radis ont eu le don de faire voyager mes pensées ce matin. Je crois que je n'avais jamais réalisé à quel point les radis sont une évocation du printemps dans mon esprit. Soudainement, j'ai revu défiler les samedi matins de mai de mon adolescence. Ceux que je passais à dévorer dans L'Equipe les résultats des tournois de préparation à Roland Garros...

En mai 1998, au tournois de Berlin, une certaine Amélie Mauresmo créait la surprise. Plus tôt dans la semaine elle avait battu Lindsay Davenport et l'édition du samedi relatait sa victoire de la veille en quart de finale. Il me semble bien que c'était contre Barbara Paulus (j'irai vérifier tout à l'heure). Je me souviens encore que le samedi elle pousuivrait son parcours en battant Jana Novotna avant de s'incliner en finale le dimanche face à Conchita Martinez...

Mais pourquoi est-ce que je m'en rappelle si bien ? C'était il y a dix ans (...).

Je retourne aux radis. Nos repas du samedi midi en mai, les premiers de la saison que nous prenions dans le jardin, parfois accompagnés du barbecue. Le croquant du radis et la douceur du beurre, mais c'est aussi la qualité du pain qui faisait la réussite (ou non) de cette entrée en matière alimentaire. Les radis du jardin étaient l'entrée du samedi comme la tarte aux fraises de ma mère (à la délicieuse pâte sablée) était le dessert du dimanche. Et puis il y a toutes ces choses qui y sont associées, les jours de fête des mères, les dimanches d'élection, mes allergies au pollen, quelques pic-nic sous les maronniers...

En voyant ces restes de radis sur la table en ce dimanche matin, je suis un peu triste. Il y a maintenant trois mois que j'ai quitté la maison pour m'installer à un peu plus de deux heures de route.

C'est normal et c'est la vie qui veut ça, mais ça me fait un petit quelque-chose de savoir que désormais, les radis, ils les mangent sans moi.

jeudi, 10 avril 2008

Pas encore la panacée...

(un titre qui ravira j'espère certaines de mes lectrices :-D )

Il y a deux ans, je débutais l'un des longs stages de ma vie d'étudiant. Au cours de ces quatre mois, j'ai pris l'habitude d'échanger beaucoup (mais alors vraiment beaucoup) par mail avec une copine qui elle aussi n'était que peu accaparée par son propre stage. C'était devenu l'un des plaisirs de ma journée, nos mails parfois légers, parfois très sérieux. Nous avions fini par appelé cette correspondance par écrans interposés nos blablablondages (petit sourire à l'évocation de ce mot, clin d'oeil à toi, la blonde). 

Dans l'un de ces innombrables mails, je me rappelle que nous avions discuté du métier ou même de la vie que nous espérions avoir. Et je me souviens avoir donné une sorte d'indicateur. Je lui avais dit : plus tard j'aimerai avoir un boulot qui me donne envie de me lever le matin. Le petit quelque chose qui donne envie lorsque le réveil sonne de sauter et du lit et entamer la journée avec un léger sourire aux lèvres.

Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu de gros problèmes de sommeil. Chaque soir, il me faut toujours un certain temps, et même un temps certain, pour trouver enfin l'endormissement tant attendu. J'ai eu des périodes dans ma vie où cela prenait parfois des proportions assez importantes. En revanche, j'ai connu de grandes fluctuations dans ma capacité à me réveiller le matin. En fonction de mon moral, tant sur le plan scolaire que personnel, j'ai connu des moments où je me levais en un rien de temps et d'autres où c'était un petit crève-coeur de m'arracher chaque matin de la couette. Pire, je suis un adepte du réveil qui sonne toutes les dix minutes pendant parfois plus d'une heure avant de me lever pour de bon.

Depuis deux mois, j'ai un travail. Je vis dans une nouvelle ville où je ne connais pour ainsi dire personne. Globalement ça va plutôt bien. Je me plais chez moi, dans mon travail, les choses sont plutôt positives même si ce n'est pas idéal. La ville me plaît. Et pourtant.

Pourtant je dors très mal, et je me réveille encore moins bien. Je ne sais pas si c'est vraiment révélateur mais c'est peut-être un signe que ce n'est pas encore la fameuse panacée (Un lecteur du magazine Psychologies dans l'assistance ??).

samedi, 05 avril 2008

Aléas musicaux

(oui pour ce billet je pompe un peu les Aléas de la mémoire musicale d'Alexandre)

Je m'étonne toujours de constater comme j'associe à une musique des sensations que j'ai pu ressentir au moment où j'avais l'habitude de l'écouter (Rassurez moi, ça vous fait pareil à vous ?).

Lorsque celle-ci passait en radio (enfin sur certaines radio, hein), je me sentais emmuré, mais "prêt à éclore"... bien du chemin depuis, et pourtant il en reste... 

Sur cette chanson j'ai accroché tant d'espoir. Pas d'ambition juste l'envie de croire que j'arriverai petit à petit à passer mes obstacles et avoir une vie un peu plus aboutie. Toujours le moi intemporel et le je transcendental de ma prof de philo...

 

Lisa Miskovsky, Lady Stardust



jeudi, 03 avril 2008

Quand les choses vont bien

En fin d'après-midi, je suis rentré du travail sous le doux soleil d'avril débutant. Le coeur léger, le sourire aux lèvres après une journée réussie. J'ai la chance d'être dans une situation plutôt positive en ce moment, où je peux être serein et je ne m'en rends pas toujours compte.

Aujourd'hui j'ai eu 25 ans et, ma foi, ça va plutôt bien. C'est aussi important de le dire. Et de savoir l'apprécier.

jeudi, 17 janvier 2008

Chemins croisés, à quarante ans de distance

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Chemins Privés, François Boivin. 
 
Par un complet hasard, j'ai eu l'occasion de lire ces derniers jours un livre écrit par un homme qui a passé son enfance dans une propriété toute proche du hameau où vivaient mes grands-parents maternels. Ceux-ci ont d'ailleurs travaillé pour les parents de cet homme pendant de nombreuses années. Aujourd'hui agé de 65 ans, il raconte dans ce livre de nombreux épisodes de sa vie à travers des nouvelles souvent cocasses, parfois très touchantes. L'ordre de ces nouvelles ne respecte pas la chronologie, on se prend ainsi au jeu amusant de recoller un à un les morceaux de sa vie et brosser une sorte de portrait intemporel.
 
Ce livre est bien écrit, il est bourré d'émotion, de sourires, de moments tendres. Mais surtout, ce livre me parle à moi, différemment du lecteur lambda. Il décrit entre autres des lieux dans lesquels j'ai passé tant d'après-midi de vacances, dans lesquels je me suis promené tant de fois... quarante ans après lui. Ce livre est aussi et surtout peuplé de personnages qui ont été cités si souvent dans les conversations de familles de mon enfance. J'y ai même retrouvé des expressions que je n'avais entendu ailleurs que dans la bouche de ma grand-mère, décédée il y a un peu plus de trois ans.
 
Je n'ai jamais rencontré cet homme qui vit aujourd'hui dans le sud de la France mais lorsque j'étais enfant, j'ai souvent vu sa mère, aujourd'hui décédée, et sa tante dont il parle abondamment dans le livre.
 
C'est une sensation vraiment étrange que de lire dans un livre les impressions ressenties par un autre sur des personnes ou des lieux que l'on connait soi-même. Bien sur, je ne prétends pas avoir un point de vue comparable mais je me suis amusé à retrouver derrière ses mots bien des choses que ma mère m'a confiées par ailleurs et d'autres que j'ai constatées par moi-même.
 
Et puis il y a une chose en particulier qui m'a ramené à mes propres souvenirs, un parrallèle amusant que je voulais rapporter ici. Il raconte que sa mère conduisait dans le village la 5CV familiale, notamment pour le déposer parfois à l'école, alors qu'elle n'avait pas le permis (il précise d'ailleurs "heureuse époque").
 
Il ne le saura jamais mais, quarante ans plus tard, je devais avoir 6 ans, sa mère conduisait toujours, et cette fois, c'est moi qui était sur la banquette arrière de sa voiture (une AX en lieu et place de la 5CV ) aux côtés de mon frère, ma grand-mère était assise sur le siège passager. Elle se gare le temps d'un petite course dans une rue en pente du village, nous laissant tous les trois dans la voiture et oubliant de serrer le frein à main... Nous avions commencé à descendre la pente lorsque mon frère bondit sur le frein à main.
 
L'histoire ne dit pas si dans les quarante années d'intervalle elle avait passé le fameux permis.
 
J'ai aimé ce livre parce qu'en quelque sorte il a fait revivre ma grand-mère dont j'avais l'impression qu'elle était à côté de moi pendant ma lecture. J'ai aimé ce livre parce que je me suis revu enfant, écoutant les conversations d'adultes entre ma grand-mère et sa mère, je me suis revu accompagnant ma grand-mère pour nourrir les chiens de ses deux tantes, souvent absentes. J'ai aimé ce livre parce qu'il m'a paru juste et sincère et aussi pour tant de choses qu'il raconte avec malice.
 
A vrai dire j'hésite presque à contacter l'éditeur pour demander une adresse où lui envoyer un message de remerciement. Mais je ne saurais pas trop quoi dire. Ca n'aurait peut-être pas de sens. Je ne sais pas.

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