Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 03 janvier 2011

Les princes, les crapauds... les sept nains...

En 2008 pendant l'une de mes périodes de célibat, alors que je vivais encore à Mouetteland, j'avais eu l'idée pas très originale de créer un compte sur un site de rencontre pour garçons sensibles bien connu. Les discussions sur ce site m'avaient amené à rencontrer trois garçons en trois semaines (pour Mouetteland, je pense que c'était plutôt pas mal). Toutefois, c'est un hasard tout autre et digne des meilleures séries télé qui m'a permis de rencontrer quelques semaines plus tard celui dont j'ai partagé l'existence pendant huit mois et qui est aujourd'hui encore l'un de mes proches. Au cours de ces huit mois, tu te doutes bien que j'ai eu tout le loisir d'oublier ce site et le compte que j'y avais créé. Je me rappelle juste en avoir retiré les photos.

Et puis, je ne sais pas trop pourquoi, ce site - qui a changé de nom entre temps - s'est souvenu que j'existais il y a quelques semaines. Un beau matin j'ai découvert un mail à mon attention. Depuis, ce faiseur d'amour (hin hin hin) a le bon goût de m'adresser deux mails chaque semaine pour me dire qu'une foule de charmants jeunes gens attendent que j'aille discuter avec eux. L'un des deux m'annonce chaque mercredi que les abonnés de la région Bretagne ont droit une soirée hebdomadaire spéciale (tu penses comme ça me remplit de joie) et l'autre me propose des profils (de gens vivant près de Mouetteland) qui vont à n'en pas douter me donner une irrépréhensible envie de me connecter.

Mon mot de passe de connexion profondément oublié dans les limbes de ma petite mémoire, je ne sais pas exactement comment supprimer mon compte et donc cesser le flot de mails qui en découlent. Chaque semaine je regarde donc arriver avec un air consterné ces messages que je reçois malgré moi. A l'occasion il m'est arrivé de regarder les photos des profils indiqués.

Je suis partagé entre l'envie de rire et presque de la compassion à l'idée de voir les pseudos et les photos qui ont été choisis pour être vendeurs (nan mais tu veux vraiment séduire avec ça ?). Si quelques uns s'en sortent tout de même honorablement je suis parfois assez circonspect devant certaines façons de se mettre en valeur. J'imagine les réflexions intenses qui ont pu aboutir à la conception si ingénieuse de ce cliché pris avec le flash d'un téléphone tenu à bout de bras en face d'un miroir mal orienté, le tout pour mettre en scène ce sourire digne de Gargamel (dans ses bons jours, certes).

Tout le monde l'a certainement déjà pensé avant moi mais je ne peux m'empêcher de trouver un côté pathétique à ces écrans-catalogues ou chacun semble essayer avec sa petite photo d'attirer à lui le chaland telles des prostituées néerlandaises derrière leurs vitrines. Lorsque je lis "Gentleman45, 37 ans, Trifouillis-les-bains" je ne peux m'empêcher de penser à "Blanchette, charolaise, Une tonne quatre".

Je repense alors au profil que j'avais moi-même créé il y a deux ans et demi. Et je réalise seulement maintenant que moi aussi j'ai figuré sur ces catalogues de princes charmants. Enfin heureusement, je crois me souvenir que mes photos à moi étaient parfaites, mon pseudo amusant et mon profil rempli avec tant de classe, de finesse et de distinction, ça va de soi. Euh... *Méthode Coué* .

Oh mon dieu... mais en fait mon profil existe toujours ? (vas y tu peux relire le titre maintenant)

dimanche, 26 décembre 2010

Rôti de biche, défilé de bûches et non-dits

Aux environs du douzième coup de midi, le bal du 25 décembre débute toujours de la même façon ou presque : la voiture tout juste immobilisée sur le parking, l'un des mes oncles affairé à décharger une bourriche d'huîtres alors que la porte de la salle entre-ouverte laisse échapper un peu de chaleur. Chaque année la même salle d'une coopérative viticole louée pour une bouchée de pain (de seigle) accueille le joyeux et pantagruélique repas de Noël de ma famille maternelle.

Jusqu'à il y a une dizaine d'années ce repas était un plaisir, c'est devenu presque une épreuve. Chaque année nous sommes un peu plus d'une vingtaine à installer, décorer, bavasser, déguster, raconter, manger, s'empiffrer et (tenter de) digérer. Mais aussi, ne nous le cachons pas, les gens ne peuvent s'empêcher d'observer, spéculer, imaginer... et tirer des conclusions, justes ou hâtives. Même si les sourires sont sincères, même s'il y a un réel plaisir à retrouver ces gens que l'on ne voit pas si souvent, ce repas de Noël c'est tout de même la grand' messe officielle où le cousin Machin vient présenter pour la première fois sa copine Berthe (tu seras un homme, mon fils) et où la cousine Unetelle nous montre que sa progéniture grandit si vite et si bien.

Evidemment, je ne viens avec personne. J'ai vécu comme une torture les années où je suivais fébrilement le compte à rebours des cousins plus âgés que moi qui venaient avec fierté montrer leur moitié à l'assemblée réjouie d'accueillir ce nouveau membre (oh elle a l'air tellement sympa, Berthe, en plus). Je suis naturellement l'éternel célibataire dont personne n'aborde jamais la vie personnelle. Personne, si ce n'est une allusion d'un ou deux oncles sur le moment où je viendrais enfin avec une copine à leur présenter. Plus jeune je redoutais ces instants comme la peste, le coeur battant un peu trop fort et les oreilles promptes à rougir au premier assaut. Avec le temps je suis devenu plus fort et j'ai appris à répliquer facilement et sans émotions aux remarques qui sont toujours adressées de temps en temps. Il est des familles où jouer carte sur table en annonçant clairement la couleur (le rose) ne me semble vraiment pas être une bonne chose à faire. Pour te situer le décor, l'un de mes oncles estime encore la valeur de ses tracteurs en anciens francs.

Le repas débuté vers quatorze heures se poursuit lentement mais surement jusqu'aux environs de dix-neuf heures en une litanie de plats et de vins que l'on a du mal à lister tant ils sont nombreux (chaque famille est venue avec ses propres victuailles à faire réchauffer et partager). Le coup de grâce arrivera avec les six bûches faites maison. Dehors le soleil décline pour indiquer que le carrosse va bientôt redevenir citrouille en même temps que je vais retrouver un peu plus de liberté. Chacun virevolte de sujets de conversation légers (pfff... que de neige cette année !) en sujets de conversation encore plus légers (pfff... faisait pas chaud ce matin, hein ?) le tout en évitant d'aborder l'essentiel (et sinon, t'es heureux en ce moment ?) parce qu'au fond, même en famille élargie, il est de bon ton de rester des étrangers ou presque, et c'est sans doute mieux ainsi. Au moment du café, les premiers cousins s'éclipsent avec le diplomate "A bientôt" dont on sait pertinemment que "bientôt" signifie dans un an sans doute.

La café achevé, chacun se lève et entame le cérémonial fastidieux du débarrassage et du rangement de la salle avant le Au revoir spontané et pourtant copie conforme de l'année précédente. Au moment de partir, je ne peux m'empêcher d'imaginer certaines conversations dans les voitures respectives (Ah tu vois cette année encore il est venu tout seul. A son âge, toujours aucune copine, moi à la place des parents je me poserais des questions). Oui parce que, soyons réalistes, ils ont bien remarqué à quel point je suis brillant, bien fait de ma personnes et doué pour l'art de la conversation, quelle fille dotée d'un minimum de bon sens saurait y renoncer ?

Ce rituel de Noël est devenu presque un jeu, une représentation un peu cynique où le but est de rester courtois et sympathique sans jamais en dire ou en demander trop. Chaque année par ailleurs je guette aussi du coin de l'oeil l'un de mes cousins de huit ans plus jeune que moi, et fort timide hélas, dont je sais comme une évidence que lui aussi préfère les garçons alors que lui-même ne l'a peut-être pas encore admis. Etant donné son cadre familiale, je lui souhaite bien du courage et je dois dire que je m'inquiète un peu pour lui.

Il est vingt heures, les tables sont rangées, la salle de Noël est redevenue ce qu'elle était le matin-même et les moteurs des voitures commencent à ronronner les uns après les autres.

Le père Noël aime réjouir les enfants, il prend aussi un malin plaisir à faire vivre à certains adultes des journées mitigées entre sourires figés et embarras.

jeudi, 23 décembre 2010

Le rayon jouets

En cette avant-veille de Noël le grand magasin fourmille de monde déambulant en tout sens. Il me restait une dernière emplette à faire, j'ai trouvé mon bonheur facilement dès mon arrivée à ce cinquième étage dévolu aux enfants. Depuis quelques minutes, je déambule, mon butin sous le bras, entre les legos, les puzzles et les peluches en jetant des regards gourmands et nostalgiques.

Je me revois à l'âge où la plus belle chose que la vie pouvait m'apporter faisait partie de ces objets joliment emballés et mis en lumière dans ces rayons dont la hauteurs me donnait un périlleux vertige. Les rayons de mon enfance n'avaient pas le charme précieux de ce grand magasin feutré mais la hauteur des amoncellements de boites, la foule et surtout l'excitation du moment faisaient le reste. 

Au hasard des allées, je me retrouve dans le rayon des robots, exactement du même type que ceux dont j'étais si friand il y a presque vingt ans. Je jalouse légèrement celui qui dans deux jours déballera avec un enthousiasme rigoureux ces petits trésors pour le rêve et l'imagination. Je m'éclipse avec l'idée que tout de même je serai bien parti avec celui-ci, ou peut-être cet autre là.

Et aussi une pointe de satisfaction à l'idée de voir que certaines choses ne changent décidément pas.

mercredi, 22 décembre 2010

La vie comme dans une publicité

Parfois la vie est triste. Elle est morne, un peu froide, un peu humide, sombre et peut-être même effrayante. Tu avances les épaules voutées, tu tiens debout parce qu'il le faut bien et tu souris pour faire plaisir alors que tu rêverais de frapper affectueusement ton prochain avec ton fer à repasser. Et puis... et puis comme dans les meilleures publicités pour des chocolats qui te rendent heureux toi et tes amis, il arrive parfois que l'humeur bascule.

CIMG0142.jpg

Tu sais, ces publicités où tu rentres chez toi après une dure journée où tu as sué sang et eau pendant quarante-six heures, mais on voit bien dans l'éclat de tes yeux que rien ne pourra altérer le bonheur qui t'habite grâce à ce chocolat. Ce chocolat bienfaiteur qui croquera généreux sous ta dent dès que tu auras franchi la porte de ton chez toi (vas savoir pourquoi je ne visualise que des pub de chocolat ces temps-ci).

Et puis parfois, même toi, dans la vraie vie, après un déclic un peu bête ou parce que tu as entendu une chanson qui te met en joie, tu souris niaisement, tu saurais à peine dire pourquoi mais tu souris sincèrement. Et l'envie de chanter vient même parfois chatouiller les plus braves et les plus brillants d'entre-nous (donc moi, tu l'auras évidemment compris).

Le bonheur c'est peut-être simplement ça. Rentrer à pied du BHV avec ses cadeaux de Noël au complet sous le bras en chantant à tue-tête sous la pluie qui tombe juste assez dru pour accompagner mes éclats de voix. Alors, sous les jolis éclairages de Noël qui illuminent les rues du troisième arrondissement, la vie est simple, elle donne envie de sourire et de gambader joyeusement entre les flaques, les épaules légères et le regard pointé vers le haut.

Elles ne sont pas si ridicules ces publicités.

jeudi, 16 décembre 2010

Non Monsieur, ce n'est pas ici

Je le constate de façon un peu plus certaine chaque fois que je consulte la liste des termes par lesquels des lecteurs plus ou moins avisés arrivent ici : on ne cesse de m'importuner pour des choses qui ne m'intéressent ou ne me concernent pas. Il y a encore et toujours de graves erreurs d'aiguillage, c'est intolérable.

Non, toi qui a tapé "boeuf bourguignon au bout de trois heures ma viande est encore dure " tu n'aurais pas du venir ici. Vraiment pas. Je ne suis pas Joël Robuchon. En tout cas les pires mauvaises langues prétendent que non. Certains raillent même de façon odieuse mon goût pour les recettes originales et innovantes. Et pourtant, cela ne donne pas non plus raison à l'internaute parvenu ici alors qu'il était à la recherche d'une "tarte à la cyprine " (je crois que je vais me sentir mal).

Quant à toi qui a tapé "la faire rire " mais aussi "récit d'allumeuse " et surtout "cuisse voisine " je suis persuadé que tu trouveras ailleurs et sans difficulté de nombreux sites plus indiqué que ce blog. Non vraiment, à la rigueur toi qui a tapé "comme mettre des photos sur rezog " tu es mieux tombé, mais tout est relatif, hein, si tu savais comme j'avais galéré, à l'époque.

Dans un autre registre, j'ai des lecteurs qui s'inquiètent de la vie intime d'autres blogueurs. Nan mais si tu cherches à pénétrer (disons le franchement) la vie intime des mes confrères, je te conseille de les contacter directement plutôt que tourner autour du pot en cherchant "avec qui couche Blogisbeau " ou "Pascalr mon amour ".

Cela dit, je me plais à fustiger ainsi les lecteurs égarés mais si je veux me montrer pleinement honnête, je dois aussi saluer la pertinence de la grande majorité qui sait où elle mais les pieds. "Bouillie Bledina " ou le grand classique "Expression mollet" montrent clairement que le grand public commence à bien me connaître. De nombreux lecteurs ont bien repéré l'un des grands épisodes de ma vie relatif à mon "education à la vie amoureuse et sexuelle ". On saluera dans le même ton la formulation originale : "la bonne éducation d'un enfant (sexuel) ". Enfin, comment ne pas applaudir la fervente saisonnalité de mes lecteurs ? Je ne compte plus les clochent qui tintinabulent, ou les lettres d'adulte au père noël et enfin pour le côté festif (il est permis de l'espérer) de cette fin d'année je décerne une palme au "pyjama en plume de canard " (wouhou !!).

La première fois que j'avais écrit un billet sur les mots-clé qui aiguillent les lecteurs ici, j'avais conclue sur une touche d'amour avec le délicieux : "dire bonne nuit à celui que j'aime". Et bien tu vois, cette semaine également, mes lecteurs ne sont qu'amour et tendresse. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à lire ce merveilleux "je viendrai derrière je me frotte à toi ". Edifiant, n'est-ce pas ?

vendredi, 10 décembre 2010

Irma, le bateleur et la bonne pioche

livre.jpgRassure moi, toi aussi, il t'arrive de recevoir de temps à autres des spams envoyés par Mme Irma (ou Brigitte ou Josette ou d'autres de ses collègues) parce qu'elle a une irrépréhensible envie de te dire ton avenir ? Moi, en tout cas, Mme Irma, elle pense bien à moi ces temps-ci, visiblement.

J'avoue que je serai assez curieux (moqueur ?) de savoir de quelle façon elle s'y prendrait, Mme Irma, pour me dire de quoi sera fait mon demain à moi, quelles portes s'ouvriront, lesquelles resteront closes, et est-ce que je vais enfin retrouver cette chaussette beige qui manque tant à sa jumelle depuis maintenant deux semaines.

Hélas comme je suis stupide j'ai toujours le réflexe de supprimer les messages de Mme Irma avant même de les avoir lus avec l'attention nécessaire. C'est tout juste si je me souviens avoir aperçu qu'elle opère épisodiquement avec ta date de naissance mais plus régulièrement, et c'est ce qui m'intéresse, avec son jeux de cartes. J'imagine alors avec un poil de dérision Irma seule devant son écran entrain de jouer une partie de solitaire et décider à l'envie si je serai chef étoilé, déménageur ou dresseur de lions (je refuse d'envisager une autre voie).

monsieur.jpgMais voir les cartes tirées devant soi en un jeu savant et méthodique a pourtant tellement plus de saveur. Au delà de croire ou pas au scénario qui se tricote entre bateleur et tempérance ou entre livre et ancre selon le jeu utilisé, il y a quelque chose de poétique qui se dégage de ces séquences plus ou moins fortuites. C'est en quelque sorte une farandole de symboles qui vient mettre en scène des personnages incarnant des valeurs connues de tous, certaines attendues au tournant (la chance, la réussite), d'autres redoutées comme la guigne (l'obstacle, l'adversaire).

A la façon de certains contes de fées que l'on imagine appartenant à l'inconscient collectif tellement ils semblent universels, les cartes me paraissent incarner des issues ou des passages essentiels de la vie de chacun. L'espoir, la fin d'un cycle, le message, l'union, la maison sont des éléments symboliques à la fois simples et si indispensables, autant que l'amant dans le placard fait partie du décor d'un vaudeville.

Il y a, je trouve, une dimension forte et mélancolique à imaginer qu'une vie puisse se scénariser ainsi dans l'enchainement de ces images pas si anodines. Sans rechercher le débat d'y croire ou pas, je ne peux m'empêcher de trouver séduisante la démarche de tracer ainsi un parcours, une histoire avec ses jalons, ses rebondissements ou ses cycles, comme s'il suffisait d'avoir la main heureuse au moment de la pioche pour que la vie prenne soudainement un tournant bienvenu et promette des lendemains qui chantent.

Je revois alors subrepticement Irma (ou Brigitte ou Josette) avec son sourire tiède et sa posture ridicule (ne parlons pas de sa tenue) dans ce mail publicitaire pas très bien agencé et je me dis que, parfois, on traite avec une dérision bien cruelle une culture qui aurait mérité plus de respect.

ancre.jpg

 

00:56 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (8)

mercredi, 01 décembre 2010

Colimaçon, mon amour

escalator.jpgJe vis au troisième étage d'un immeuble où les escaliers sont du genre plutôt abrupts. La marche est robuste et l'étage haut perché, l'accession au luxe et au confort de Boboland, ça se mérite. En tout cas c'est ce que m'ont dit les déménageurs le jour où ils m'ont apporté mes meubles. L'un de mes voisins estime d'ailleurs qu'en arrivant au troisième, on a déjà fait son sport de la journée (sinon, il fait pas chaud ces temps-ci, hein, tu as remarqué toi aussi ?).

J'ai monté ces escaliers pour la première fois en juin dernier, je venais visiter cet appartement sans savoir encore s'il serait le mien. Cette rapide ascension presque au pas de course parce que la propriétaire était pressée, ça m'avait bien plu...

Parce qu'à vrai dire, je ne te l'ai encore jamais confié mais, plus encore que mettre ma tête sous la couette ou utiliser une perforeuse, j'adooore monter des escaliers. C'est bien simple, je crois que c'est mon activité physique préférée (après m'étirer au réveil et secouer mes tapis à la fenêtre). 

Dans le métro, au boulot, à Montmartre, chez un de mes amis qui habite au cinquième étage tout près de chez moi, en visitant le Panthéon, au cinéma, plus ça monte, plus j'aime ça. J'aime enjamber les marches deux par deux (et même trois par trois les jours où je me sens d'humeur gourmande). J'ai par exemple une tendresse particulière la sortie de la ligne 11 du métro à la station République parce que je sais qu'à cet endroit j'ai une belle série qui m'attend. J'aime aussi quand ça tourne, lorsqu'on enchaine les paliers, lorsque je me saisis ardemment de la rampe pour y prendre appui et aller plus vite encore. J'en avalerais des kilomètres. J'aime sentir les muscles travailler, les ischio-jambiers, les quadriceps, les mollets, les fessiers, je me sens fort lorsque j'avance fièrement mon pied pour dominer la dalle qui se présente devant moi (tu pourras regarder à l'occasion dans quelle catégorie ce billet est classé).

Je travaille dans un bâtiment qui s'étend du second sous-sol au sixième étage. Je ne l'ai encore jamais dit à personne mais mon péché-mignon, c'est de trouver parfois des prétextes pour gravir ces neuf niveaux en une seule traite. Et dire qu'à Mouetteland j'habitais au rez de chaussée, tu imagines comme j'étais malheureux ? C'est évidemment pour cette raison que j'en suis parti.

Tu crois que c'est grave, Grand-Schtroumpf ? Nan, parce qu'après tout, tu crois peut-etre que c'est en prenant l'ascenseur qu'on a des mollets comme les miens ? Pffff... Tais toi et monte.

samedi, 20 novembre 2010

Quatre ans, des vieilleries et du baratin (et des gifles ?)

Capture d’écran 2010-11-20 à 16.24.57.pngA la faveur d'une discussion hier je suis allé vérifier une information vestimentaire de la plus haute importance que je pensais trouver dans un billet écrit au lointain début de ce blog. Un billet vieux d'un peu plus de quatre ans (tu veux en savoir plus sur cette information vestimentaire ? et bien il va falloir lire tout ce billet).

Je me suis pris ainsi à feuilleter quelques archives empoussiérées en survolant les petites histoires que je racontais alors. Au passage, je trouve la façon dont j'écrivais certains billets à la limite de l'insupportable aujourd'hui. C'est bien simple, je me serais mis des gifles. Ce tour d'horizon furtif vient par ailleurs compléter ce que j'ai pensé en lisant le billet de Christophe sur le sujet.

Lorsque j'ai commencé à t'écrire ici je vivais chez mes parents et je ne m'adressais qu'à des inconnus, d'ailleurs je ne te tutoyais pas encore, c'est dire. Il n'y a à peu près rien de cette vie-là qui n'ait pas changé au cours de ces quatre années. Je me revois finalement avec une certaine tendresse (passons pour les gifles) rédiger mes billets dans l'ancienne chambre de la maison familiale où je ne me rends plus que quelques fois l'année. J'ai regardé rapidement les colonnes dévolues aux archives avec quelques surprises ("ah oui j'avais écrit un billet sur ma phobie du téléphone, quelle connerie").

Au gré des liens, je suis allé parcourir également les vieux billets d'autres blogs que je lisais alors (et que je lis toujours pour les quelques uns qui n'ont pas disparu). C'est tout un petit monde qui a évolué pendant ce temps. Beaucoup de lien n'aboutissent plus, tel un village dépeuplé d'une grande partie de ses habitants qui auraient déménagé ailleurs ou seraient partis sans laisser d'adresse. Fort heureusement, d'autres sont venus assurés le repeuplement, du moins en partie. Les pseudos des commentateurs défilent en rappelant à l'occasion une anecdote, un souvenir ("ah oui Untel, c'est vrai, je m'en souvenais plus"). Même si certains autres écrivent depuis bien plus de quatre ans, je me sens tout de même être un ancien avec une collection de vieilleries qui se sont égrainées au fil des mois.

Même le rôle que je donnais à ce blog a changé. Je n'y écris pas mes brillants états d'âmes ou mes peines futiles et égocentrées comme je pensais le faire au commencement, je me suis contenté d'anecdotes et de morceaux de vie que j'ai eu envie de te raconter sans chercher de fil conducteur. Les trois premiers mois de mon blog qui me paraissaient à l'époque être presque un aboutissement me semblent aujourd'hui comme une infime amorce qui comptera finalement assez peu. Ce blog n'a rien d'un journal intime et c'est aussi bien ainsi. Aujourd'hui, je suis lu, et c'est heureux, par une majorité d'inconnus dont certains commentent parfois, mais aussi par bon nombre de personnes de mon entourage, ce qui invite nécessairement à la mesure voire à la censure.

En quatre ans, j'ai changé plusieurs fois de région et de domicile, j'ai fini mes études et occupé deux emplois, j'ai fait grâce à ce blog une foule de rencontres dont je me félicite chaque jour (en espérant bien en faire d'autres) et mon entourage a changé quasiment du tout au tout. Et pourtant il existe des choses immuables auxquelles on ne s'attend pas : hier soir je suis allé relire ce billet posté le 31 octobre 2006 dans lequel je décrivais avec finesse ma splendide tenue au moment même je rédigeais. En le lisant, je me suis aperçu que je portais exactemement la même tenue que celle décrite quatre ans auparavant : "Un tee-shirt jaune et un pantalon rouge, ample et léger (vous voyez celui de Sangoku dans Dragon Ball ? ben on pourrait croire que c'est celui-là)".

On change beaucoup avec les années, mais on ne se refait pas complètement.

dimanche, 14 novembre 2010

C'est pas compliqué, je suis un chef (euh...)

CIMG0167.jpgLa recette s'avérait assez simple. Les ingrédients étaient tous réunis, dosés et disposés comme pour une photo de famille (bon, il manquait juste la levure, mais c'est bien connu, la levure, ça sert à rien, nan ?). De la même façon, les ustensiles étaient bien en rang, prêts à faire feu de tous bois. Le cuisinier lança les hostilités d'un geste confiant en allumant le four pour l'indispensable préchauffage et le spectacle débuta.

Un léger parfum de beurre envahit l'appartement, la farine se mit à voler en pluie savante, les oeufs s'entrechoquaient et le chocolat fondait langoureusement alors que la casserole, le fouet et la fourchette s'en donnaient à coeur joie pour donner une jolie mélodie à ce joyeux mélange. Jamais une si belle matinée de cuisine ne s'était annoncée dans cet appartement.

Mais en une fois encore la vie, cette garce, a trouvé que les choses se passaient un peu trop bien à son goût et elle décida sournoisement d'y mettre son grain de sel. Alors que le cuisinier s'émerveillait de retrouver les souvenirs de son enfance où il tournait autour de sa mère et de la table en Formica, il se mit à sentir une odeur quelque peu étrange assortie d'une surprenante fumée en provenance du four. Un rapide coup d'oeil à l'intérieur du four le rassura pourtant : rien à l'horizon. Décidément, cette recette, ça allait être du gâteau.

Comme lorsqu'il était petit, le cuisinier s'amusa à goûter de-ci de-là la préparation qui commençait à prendre forme et tout se passait pour le mieux. Les blancs en neige moussaient fermement et la farine faisait décidement de si jolis dessins sur la table... Et puis... Et puis il y eut cette affreuse fumée, cette odeur qui prend à la gorge, les yeux qui piquent de façon tout à coup insupportable, tellement insupportable qu'il fut difficile d'aller jusqu'à la fenêtre pour l'ouvrir.

ATTENTION : ceci est un communiqué du ministère de la prévention contre les risques d'accidents pâtissiers :

Quand tu as un four équipé de plaques de cuissons dont tu ne te sers pas (parce que bon, ce four tu l'avais acheté en urgence quand tu vivais à Rennes et que là, les plaques de cuisson t'en as pas besoin), il est TRES FORTEMENT déconseillé de poser son micro-onde directement sur les plaques de cuisson et d'allumer les plaques pas inadvertance au lieu d'allumer le four.

Une fois la fenêtre ouverte et les vapeurs nocives dissipées, la recette reprit avec un enthousiasme largement entamé, l'ambition et la magie s'étaient envolées, le cuisinier devait toutefois procéder à la cuisson de la "chose".

Et cette cuisson... Euh... en fait c'est à dire que ... nan c'est trop long à expliquer tu pourras pas comprendre, mais le cuisinier a réellement eu une multitude de circonstances atténuantes, sois en convaincu.

En conclusion, on retiendra que mon fondant fut aussi fondant qu'il soit possible de l'imaginer (plus liquide c'est de la soupe), tellement fondant que même les pieds de mon micro-onde ont fondu. C'est dire si je suis un CHEF.

(Et non, tu ne verras de photo du résultat sorti du four et encore moins servi à l'assiette, c'est classé secret défense.)

(Quant au micro-onde, paix à son âme)

dimanche, 07 novembre 2010

Banquise, résolution de problème et Captain Igloo

Cela faisait quelques temps déjà que je voyais les cristaux s'amonceler et grossir peu à peu les parois du petit compartiment freezer de mon réfrigérateur. La couche de glace commençait à gagner en ampleur et mon avis était assez partagé lorsque je tombais nez à nez avec elle.

Ma mère m'a toujours appris que du givre qui s'accumule c'est tout sauf une bonne nouvelle et qu'il faut y remédier, cependant mon optimisme habituel préférait y voir des signes positifs : d'une, j'avais la preuve irréfutable que mon frigo il est trop fort parce qu'il sait faire de la glace, de deux, je contribuais dans une démarche civique à contre-balancer la fonte des glaces au pôle nord en entretenant ce petit îlot de banquise au coeur du onzième arrondissement parisien.

J'ai toutefois fini par écouter la voix de la sagesse maternelle en me décidant à détruire ce qui aurait pu devenir un habitat refuge pour les ours polaires de la pub coca-cola (Ooooooooh soooooo sweeet). J'ai néanmoins dû user de plusieurs stratagèmes pour parvenir à mes fins.

Ma première méthode consista à appliquer une stratégie parfaitement maîtrisée dans ma famille depuis ma plus tendre enfance : quand tu as un problème, le meilleur moyen de le régler c'est de faire comme s'il n'existait pas, il finira bien par disparaître ou alors tu l'oublieras. Dans le cas qui nous concerne, il s'agissait donc ne pas jamais prêter attention à la couche de glace et toujours refermer très rapidement le compartiment gelé après ouverture pour ne pas la prendre en considération. Et bien figure toi que malgré mes efforts assidus et répétés, rien ne se passa. Pire encore, la glace continua à pousser et une colonie de manchots empereurs allait bientôt pouvoir s'installer.

Il était temps de passer au plan B : une idée de génie. J'allais tout simplement ne plus fermer du tout la porte du compartiment freezer. Ainsi, la température des deux compartiments allait se réguler naturellement, la banquise fondrait lentement sans même que je m'en rende compte et un jour prochain, je pourrai à nouveau acheter des épinards Findus et des poissons Croustibat. Au bout d'une dizaine de jours je me suis aperçu que la vie est vraiment belle garce. Figure toi qu'il s'est formé en haut de mon freezer toute une rangée de méchants stalactites qui se sont amusés à déverser des petits bouts de glace sur la partie inférieure, c'était pire que tout. La fin des haricots (extra fins Bonduelle), un bac à glaçons n'y aurait plus retrouvé ses petits.

C'est cet après-midi, en sirotant mon café que j'ai finalement décidé de prendre le taureau par les stalagmites. J'ai éteint l'alimentation de mon réfrigérateur et je me suis jeté furieusement sur ma bouilloire. J'ai garni mon freezer de pas moins de trois verres d'eau bouillante et j'ai tapé du pied fermement en toisant la banquise d'un regard hautain. Au propre comme au figuré, j'étais en train de réaliser un coup fumant. Et bien après seulement deux minutes, je prenais un plaisir certain à faire glisser le long de la paroi du haut les stalactites et à les écraser entre mes doigts. Après quatre minutes, je prenais un pied d'enfer à extraire sans effort un bloc de glace qui devait bien peser dans les vingt-cinq kilos (dommage, ma balance n'a plus de piles) et le laisser se vider lentement de son sang dans mon évier. Tant pis pour les oursons.

Ce soir je crois que je suis quand même, un peu, le roi du monde. 

C'est bon, Captain Igloo, tu peux revenir.