vendredi, 20 juin 2008

Et bien figurez vous que...

... je m'étais apparemment fait un film. Oui. J'en reviens pas moi même dis donc. Elle a un copain.
 
Mais c'est tellement mieux ainsi. Elle est entrain de devenir ma grande copine en plus :D (oui, du genre, on va boire un verre tous les deux le soir après le boulot, on se raconte nos petites histoires personnelles... et puis on regarde un peu ce qui passe dans la rue ;) ). Si je m'étais attendu à ça. Dans une ville où je ne connais encore à peu près personne, je suis bien heureux de l'avoir trouvée.
Bon, et puis, c'est un peu rapide pour moi mais, elle aimerait même me présenter à un de ses copains. Si c'est pas gentil, ça. 

lundi, 19 mai 2008

Mes années manquées

18, 19, 20 ...

Il y aura toujours ces années vides. J'ai beau me dire qu'il ne faut pas y penser, j'ai beau me dire que c'est peut-être mieux ainsi, elles viennent toujours à mon esprit. Elles viennent toujours comme un interminable sablier, symbole du temps écoulé jusqu'à l'éclosion si tardive.

Je fais ma vie et j'avance comme je peux pour rattrapper un peu de retard mais je ne reprendrai pas une once de terrain. Jamais. Alors parfois je m'en veux, j'en veux aux autres, j'en veux à la vie. J'en pleurerai presque mais cela ne vient jamais. Pourquoi être resté emmuré si longtemps, pour des raisons qui aujourd'hui ne paraissent pas en valoir la peine. J'enrage seul d'avoir gaché toutes ces années glissées entre mes mains, passées à arpenter le sol de ma chambre en attendant que les soirées s'écoulent.

Je sais bien que ce n'est pas si grave, qu'il y a des choses plus importantes mais je n'arrive pas à faire comme si ça ne comptait pas. Ces années que j'ai regardées défiler sans réussir à changer, sans vraiment vivre. Je les ai toujours là. Et rien n'y fait.

21, 22, 23. Mes années manquées. 

lundi, 10 mars 2008

à demi soi

Aujourd'hui j'ai fait la connaissance d'un de mes collègues avec qui je vais beaucoup travailler, il revenait après un mois de vacances et de formation. J'ai appris au cours de son absence qu'il est homo et qu'il l'assume apparemment très bien. Il a un peu plus de quarante ans, vit en couple et son ami rencontre régulièrement mes collègues féminines avec qui tout se passe très bien.

Depuis un mois que j'ai fait mes débuts dans mon travail, les choses se passent bien avec mes collègues. Très bien, même. Comme lors de mes études j'arrive assez facilement à m'intégrer dans les milieux féminins (oui ben comme beaucoup de garçons sensibles, quoi...). Toutefois, je me suis bien gardé évidemment d'en dire trop sur ma vie personnelle. Ne rien dire, pas d'allusions. Rien.

Mon premier contact avec ce collègue fraîchement revenu s'est très bien passé. Je le trouve sympathique, drôle sans en faire trop et j'irai même jusqu'à dire que j'aimerais assez lui ressembler lorsque j'aurai son âge. Je me suis demandé évidemment si j'aurais remarqué son homosexualité si je ne l'avais pas su à l'avance. Je crois sincèrement que oui. Même si rien n'est flagrant.

Une seconde question vient alors immanquable à mon esprit : Et lui, va-t-il savoir pour moi ? L'a-t-il déjà vu ? Je suis bien tenté de répondre oui... Ou en tout cas que ça va finir par arriver.

C'est la toute première fois que je me trouve dans ce genre de situation. Je me doute bien que dans les semaines à venir des questions sur ma vie privée seront peut-être mises sur le tapis. C'est assez banal lorsque l'entente entre collègue est conviviale et agréable. Je ne sais pas sur quel pied danser.

Je n'ai aucune envie de m'afficher mais pourtant cela me pèse de devoir toujours me voiler, toujours éluder certaines choses, ne pas pouvoir dire avec qui j'ai visité un célèbre Mont pas très loin de chez moi, faire comme si j'étais célibataire alors que ce n'est pas le cas. J'en ai assez. Plus qu'assez. Marre. Ras le bol.

Cela ne me stresse pas particulièrement mais j'envisage tous les scénarios. Je tourne et je retourne la question (chose que je sais extrêmement bien faire !!) et je ne sais pas. J'aimerais tant que ce soit plus simple. Je tourne en rond. J'attends de voir comment les choses tourneront.

L'aspect positif, c'est que je m'autorise aujourd'hui ce genre de questions. Envisager d'être plus qu'à demi-soi.

 

dimanche, 28 octobre 2007

Comme un baiser victorieux

C'était une fin d'après-midi, après ma journée de cours, j'étais dans le bus qui me ramenait chez moi. J'étais vers le milieu du bus, débout contre une fenêtre du côté droit. Le bus arrive au petit rond-point qui fait face à l'entrée de l'université catholique. C'est un endroit cosmopolite sorte de symbole de l'ouverture de la ville sur l'étranger. On peut y trouver toutes les langues, toutes les origines. Devant l'entrée se trouve une petite place triangulaire dont la pointe vient border le rond-point.

Comme à l'habitude les gens se croisent et défilent sur le triangle. Le Bus commence à s'écarter pour sortir du rond-point. Il y a une demi-douzaine de passants, silouhettes vétues de noir du fait de la saison encore fraîche. Des piétons traversent et obligent le bus à s'arrêter tout à côté du triangle. Et tout à coup elles sont là sur la petite place à quelques mètres du trottoir, à quelques mètres du bus.

L'une s'était approchée de l'autre rapidement. Elle avait approché son visage tout près. Si près, ça en devient étonnant.

Elles devaient avoir un peu plus de vingt ans, plutôt jolies. Le bus voyait surtout le visage de celle qui s'était approchée. Et puis comme une piqûre soudaine dans l'habitude de mon trajet quotidien, elles se sont embrassées. Le bus était toujours à l'arrêt, comme captivé par l'entorse aux règles de bonne conduite dont il était témoin. Le bus est pris au dépourvu, surpris. L'une d'elles se retourne et remarque l'étonnement qu'elle vient de susciter. Alors, heureuse de son petit effet, elle allume son plus grand sourire et se met à lever les bras en direction du bus comme pour faire partager sa joie et sa fierté.

Le bus n'avait encore jamais assisté à un baiser entre filles, ni entre garçons d'ailleurs. Il a été parcouru pas un léger murmure, il a rougi discrètement puis il a repris son chemin. Et il s'est mis à sourire.

dimanche, 09 septembre 2007

Et l'impression que la vie est injuste

C'est un dimanche un peu comme les autres. Mes parents reçoivent pour la journée certains de leurs amis que je déteste copieusement n'aime pas. Ils sont entrain de dîner alors que je suis seul à l'étage et ils en viennent sans que je sache comment à discuter des pédés.
 
Il y a des fois où je suis sidéré par tant de bêtise d'ignorance ou de connerie. Je suis dégoûté, triste, en colère. J'en rage. Je les entends rire et bavasser gaiement, eux qui bien sur ne connaissent qu'un lointain cousin qui aurait peut-être... mais qui savent visiblement tant de choses sur les pédés.
 
Cela me permet au moins de constater les progrès que j'ai fait dans mon acceptation. Il y a quelques années, ce genre de conversation me donnait envie de passer par la fenêtre. Ce soir, c'est plutôt l'un d'eux que je voudrais passer par la fenêtre. 
 
Colère  rage  frustration. 

lundi, 20 août 2007

Ma première soirée en milieu gay (5è et dernière partie)

Pour les fans et les retardataires qui reviennent de vacances et ont ainsi décroché avec l'actualité lourde du moment, les quatre première parties de cette saga devenue culte en quelques jours à peine sont ici, , et . (j'en fais trop ?)

Devant vos yeux ébahis et impatients, la fin de ce poignant récit...

Je m'arrête pour me donner un peu de répit pendant que notre ami chasseur continue à meubler la conversation sans l'ombre d'une difficulté. Je désespère.

Mais parfois, il est des moments où la providence accepte de faire un petit geste pour les gens dans le besoin...

Au milieu d'une de ses phrases, j'entends le chasseur de sanglier dire qu'il ne veut pas rentrer chez lui tout de suite et qu'il veut aller traîner en ville, même si il y va seul. Il espère bien sur que nous allons l'accompagner. L'occasion est évidemment trop belle, je me tourne vers Sourire-Timide :

" Et toi, tu rentres chez toi ? Si tu veux je te dépose, c'est sur ma route "

" ah oui je veux bien, merci " (et avec un tel sourire :-D)

J'ai alors en tête le sentiment du devoir accompli. Cette douce sensation d'être parvenu à tourner les évènements en ma faveur malgré les gros cons obstacles. 

Le tour était joué en quelques secondes, après avoir dit aurevoir poliment mais surement à notre chasseur de sanglier qui avait bien du mal à cacher sa déception mais ne pouvait pas décemment changer d'avis, je démarrais ma voiture avec Sourire-Timide sur le siège passager. Une grande victoire. Je repense brièvement à la soirée, à mon duo de chèvre et courgettes plébiscité, à Regard-Noir, au gesticulateur, au chasseur de sanglier... et voilà que je suis entrain de ramener chez lui ce charmant garçon.

(oui, hein, car, au passage, mon frein à main était parfaitement serré, ce dont j'avais douté toute la soirée) 

Un moment plus tard, nous arrivons dans sa rue. Au moment où je ralentis, il me demande si je veux monter prendre un verre d'eau. C'est alors que je dégaine ma toute nouvelle voix grave dans sa version 3.0 pour lui dire:

" euweuh a weee eu wa eu ee ouais, je veux bien " (quelle répartie ! je sais, c'est très impressionnant)

Nous montons discrètement dans sa petite chambre pour ne pas éveiller les autres habitants de cette maison en collocation.  

Il est dans ma ville pour ses études, il occupe une petite chambre dans un quartier résidentiel. Nous discutons un long moment. Pour la première fois j'arrive à trouver quelqu'un d'à peu près mon âge qui m'écoute et a vécu des choses semblable. Sourire-Timide est plus jeune que moi mais il a l'air plus agé, il est plus grand aussi (pour ça y a pas trop de mal). Il n'y a plus les gens autour. Il n'y a plus Regard-Noir qui m'épie du coin de la salle... Petit bip de mon téléphone...

Un SMS au milieu de la nuit, c'est bien une chose que je ne reçois jamais... C'est évidemment Regard-Noir (quel bonheur !) qui a une pensée pour moi (oui rapplez vous je lui avais donné mon numéro dans le 3è épisode). Il m'écrit, en toute simplicité bien sur, que je suis son étoile alors qu'il est perdu dans le désert, que mon regard le guide, enfin un truc qu'une ado de 13 ans aurait pu égalé sans problème un soir de grande fatigue et de déshydratation (ça c'est pour le côté désertique ;-) ). Ca me fait même rire. Je le montre à Sourire-Timide.

Nous reprenons le fil, nous nous sommes assis côte à côte sur son lit.

Ces moments font parties des instants d'une vie où l'on perd la notion du temps. La discussion a duré, duré sans jamais paraître se tarir. Nous avons fini par nous endormir dans les bras l'un de l'autre tout habillés sans qu'il ne se passe rien de plus.

Je suis reparti au petit matin avec son numéro griffonné sur un morceau de papier dans une de mes poches et le sentiment comblé d'avoir fait une belle rencontre.

 

Je garde un souvenir amusé de cette soirée à rebondissements.

 

***

 

Par la suite, nous nous sommes revus de façon épisodique (car il devait s'absenter régulièrement) et aussi nettement moins prude. Je suis resté sur mon petit nuage pendant quelques semaines avant de retomber progressivement mais surement. Nous avons entretenu pendant quelques temps une relation assez cahotique car je pense qu'en définitive nous n'étions pas l'un et l'autre ce que nous avions pensé au début.

Enfin, pour répondre à l'un des commentaires du quatrième épisode, cela s'est en effet terminé comme je l'ai raconté une fois au début ce blog.

vendredi, 17 août 2007

Ma première soirée en milieu gay (4è partie)

Attention les gens, voici la suite de cette fantastique saga. Les fans de la série peuvent retrouver les 3 premiers épisodes , et .  

Le gesticulateur s'intéresse vivement à Sourire-Timide et lui demande son numéro (ah mince) et moi, rien (ouhou, je suis là). Pendant ce temps, c'est le chasseur de sanglier qui jette son dévolu sur moi...

Le chasseur de sanglier ne cherche pas de nouvelles conquettes, il en a déjà assez (oh les pauvres). Non, ce qu'il veut, lui, c'est l'amitié, vraie, sincère. C'est pourquoi il veut m'inviter au restaurant la semaine suivante. Il est en manque d'amitié parce qu'il rencontre souvent des gens trop timides, exactement comme moi et il me dit que j'ai l'air du parfait candidat qu'il recherche pour une amitié durable et que je ne devrais pas être aussi timide (mais tu sais, ce n'est pas un problème de timidité, c'est juste que je ne veux PAS être ton ami...). Je finis par lui dire que je reviendrai sans doute le lendemain à une permanence de l'asso, ce qui me permet de ne pas lui donner mon numéro (c'est pas beau de mentir, je sais, mais c'était un cas de grave nécessité...).

A deux mètres de là, le gesticulateur annonce qu'il rentre chez lui non-sans dire à Sourire-Timide qu'il le recontactera bientôt, il me salue avec une reflexion perfide et infantilisante qui me reste encore aujourd'hui en travers de la gorge et s'en va. Nous ne sommes plus que trois. Les conversations de la soirée m'ont permis de comprendre que je suis le seul à être motorisé ce soir-là. Ils habitent tous les deux dans le même quartiers, c'est à dire de l'autre côté de la ville et moi j'habite exactement dans la même direction mais encore un peu plus loin. Sourire-Timide me demande où je suis garé et me glisse discrètement qu'il souhaite m'accompagner jusqu'à ma voiture avant de poursuivre à pied (je pense que c'est sans doute parce que, comme moi dans le premier épisode, il se demande si j'ai bien serré mon frein à main et il veut voir la réponse de ses propres yeux, je ne vois pas du tout ce que cela pourrait être, sinon, pas du tout...).

Evidemment, il y a l'autre qui nous colle.

Nous marchons vers le parking, il monopolise la parole en racontant je ne sais quoi. J'échange avec Sourire-Timide un regard complice qui me fait bien plaisir, nous sommes d'accord sur le troisième personnage. 

Nous sommes trois. L'équation consiste à retirer de l'énoncé l'un des trois tout en restant diplomate, on pourrait très bien se séparer comme ça et rentrer sagement chacun chez soi mais le gros problème c'est que je n'ai pas le numéro de Sourire-Timide et aucun moyen de le recontacter. Le temps d'arriver à la voiture, j'échaffaude dans ma tête tous les moyens de faire disparaître le troisième mais rien de juridiquement légal ne me vient à l'esprit. Nous sommes à dix mètres de la voiture et je n'ai pas de solution. Je m'arrête pour me donner un peu de répit pendant que notre ami chasseur continue à meubler la conversation sans l'ombre d'une difficulté. Je désespère.

Mais parfois, il est des moments où la providence accepte de faire un petit geste pour les gens dans le besoin... 

La suite et la fin au prochain épisode (non mais quel suspense, hein, vous trouvez pas ?).

mercredi, 15 août 2007

Ma première soirée en milieu gay (3è partie)

La première partie de cette fabuleuse saga à suspense est ici et la seconde est .

Pour la toute première fois de ma vie, un homme est entrain de me draguer, et c'est du lourd :-D ...

Regard-Noir a 39 ans et arrive donc avec ses gros sabots pendant que mon duo de courgette et chèvre au saumon fumé est entrain de faire fureur. Regard-Noir commence par me demander si je suis célibataire (pensée juste dans ma tête : "Euh, alors là mon vieux, si tu savais à quel point je suis débutant en la matière, tu le croirais pas..."). Regard-Noir poursuit en s'étonnant de mon célibat ("avec un visage pareil, et en plus tu sais cuisiner, comment se fait-il que tu ne sois pas marié ?"). Il demande s'il y a une liste d'attente pour partager ma vie et, si oui, il veut s'incrire.

Et moi pendant ce temps je suis consterné, je n'ose même plus le regarder (faut dire que jamais on ne m'avait bouffé des yeux comme ça). Sourire-Timide est parti. ( :-C ) . Et vas-y que je te dis qu'on pourrait faire des trucs ensemble, "tiens, si je t'invite à prendre un café chez moi ce soir, tu me réponds quoi ?" Ca dure un certain moment.

(mais comment je vais faire pour m'en sortir, moaaa ???)

Je me sens vraiment comme un lapin pris dans les phares d'une voiture. Je commence à lui dire que je ne sais pas, qu'il va quand même un peu vite. Que je suis flatté mais... (mais franchement, non, ça va pas être possible, quand même ! et pas avec la tête qu'il a !)

Pendant ce temps, j'arrive à suivre que tout le monde est d'accord sur un point : mon duo de chèvre et courgette au saumon est vraiment un délice, et ça me console un peu...

Grâce à son insistance, Regard-Noir finit par obtenir mon numéro même s'il remarque bien que la partie n'est pas franchement gagnée. Je n'ai pas dit oui à sa proposition. Telle une éclaircie après l'averse, Sourire-Timide revient s'asseoir à ma gauche, Regard-Noir me demande alors de réfléchir à sa proposition pendant qu'il va discuter avec d'autres. Je me tourne soulagé vers Sourire-Timide qui laisse comprendre qu'il compatit à ma situation. Nous nous mettons à discuter. J'apprends que même s'il a l'air plus agé, il est en fait plus jeune que moi (et a décidément un charmant sourire).

La soirée avance, je regarde un peu tout le monde, essentiellement des trentenaires. Sourire-Timide et moi menons une conversation maladroite, je n'arrive pas à être à l'aise et lui non-plus apparemment. Au loin j'aperçois parfois Regard-Noir qui ne me quitte pas des yeux, curieuse sensation que de se sentir poursuivi comme un gibier, mais je finis par l'ignorer faire comme si je l'avais oublié.

C'était évidemment trop simple pour que les choses restent en l'état. Un autre garçon de notre âge vient nous voir. Je l'avais pas encore remarqué celui-là. Il est comment dire... disons qu'il ne meurt pas de faim, oui, on peut dire ça, c'est un doux euphémisme. Il a visiblement un peu bu, et il est visiblement très intéressé par la chair fraîche nous. Une bière à la main, une voix qui ne me plaît pas du tout, il commence à critiquer d'autres gens présents à la soirée que je ne connais pas, puis il nous raconte un peu sa vie... (tiens, il y aurait des langues de putes chez les gays ?).

Pour déceler le mythomane qui a bu, il y a tout de même des signes qui ne trompent pas. Oui, hein, parce que lui, entre autres, il chasse le sanglier (!?!) (oh trop cool, j'ai toujours fantasmé sur les chasseurs de sangliers), il a fait son coming out dans une réunion de famille où il y avait 800 personnes (rien que ça) et, cerise sur la gâteau, il est un descendant de la famille de Joséphine de Beauharnais, la femme de Louis XIV (bêtement, j'avais toujours cru qu'elle avait été la femme de Napoléon...). Bref, il nous raconte sa vie passionante, je décroche un peu... 

La soirée va s'achever, d'autres commencent à s'agiter et parlent de poursuivre dans un bar. Il viennent nous voir, nous les petits jeunes, pour demander si on veut les suivre. Je guette la réponse de Sourire-Timide, il préfère rentrer chez lui. Bêtement je réponds la même chose (j'ai toujours regretté d'avoir dit ça). Dix-minutes plus tard nous sommes tous en bas, les joyeux trentenaires s'en vont, Regard-Noir vient me faire une réflexion sur ma timidité excessive et s'en va (bon vent). Nous ne sommes plus que quatre au pied du bâtiment: le chasseur de sanglier, le gesticulateur du début, Sourire-Timide et moi. Le gesticulateur s'intéresse vivement à Sourire-Timide et lui demande son numéro (ah mince) et moi, rien (ouhou, je suis là). Pendant ce temps, c'est le chasseur de sanglier qui jette son dévolu sur moi...

Que va-t-il advenir de moi entre les griffes du gros chasseur ? Sourire-Timide va-t-il s'éclipser en me laissant seul ? Comme va se finir la soirée ? Toutes les réponses à ces questions seront peut-être dans le prochain épisode... 

Moi je trouve que les scénaristes vous ont vraiment gâtés question suspense. :-)

lundi, 13 août 2007

Ma première soirée en milieu gay (2è partie)

Sous les acclamations de la foule en délire, voici la suite. La première partie de cette grande saga est ici.

Je termine de monter les dernières marches, ils sont quatre sur le pallier à me regarder arriver. Le premier me salue, j'explique un peu tremblant que je suis venu voir J-L. il y a peu et qu'il m'a proposé de venir. Il se présente comme étant lui aussi membre de l'asso et enchaîne en me présentant les trois autres qui sont déjà arrivés.

En temps normal, j'ai une faculté assez impressionnante pour retenir immédiatement les prénoms mais cette fois, il n'a même pas fini sa phrase que je ne sais plus lequel des trois s'appelle Philippe ni quels sont les autres prénoms. Après coup, je crois que ça a été l'un des moments les plus stressants de toute ma vie. Le membre de l'asso a la quarantaine et l'air très gentil. Parmi les autres, il y en a un qui doit avoir un peu plus de mon âge, un sourire timide, et qui me plaît beaucoup (beaucoup beaucoup). Les deux autres... euh... ils me font un peu peur en fait...

Nous sommes les premiers arrivants, il faut installer des tables, c'est très bien, ça va me permettre de bouger un peu sans chercher un sujet de conversation sans intérêt. On installe un peu, on prépare j'échange des regards avec Sourire-Timide, il n'a pas l'air plus à l'aise que moi. D'autres gens finissent pas arriver. Nous sommes 8, 12, 20...

Je fais la bise à plein de gens que je ne connais pas, ils me donnent leur prénom que j'oublie instantanément. Et puis, il y a J-L. qui vient me voir et me félicite d'avoir en le courage de venir. J-L. a environ l'âge de mon père et c'est si facile de discuter avec lui. Des groupes se forment, j'observe, un peu en retrait. Un autre membre de l'asso vient me voir. Il ne me plaît pas trop. Il parle fort en faisant de grands gestes et fait évidemment des remarques sur ma timidité apparente, ce qui me met encore plus mal à l'aise.

Je me retourne vers Sourire-Timide qui ne s'est pas trop éloigné de moi. Nous échangeons quelques mots. Lui aussi vient ici pour la toute première fois. Il y a une rangée de chaises le long d'un mur, nous allons nous asseoir. D'autres s'approchent. Sourire-Timide est assis à ma gauche, l'un des deux qui me faisaient peur (avec son regard noir) se met à ma droite et vient avec la ferme intention de me taper la discute... J'étais arrivé avec la naïveté qui laisse croire que les homo sont des gens plutôt subtils et délicats. Bon ben, pas tous, en fait, celui-là, on jurerait qu'il s'est déguisé en beauf. A chaque seconde qui passe, je sens que Regard-Noir s'approche et que Sourire-Timide se fait de plus en plus distant. C'est bien ma veine (mais pourquoi, pourquooooooooooiiiiiiiiiiii ???).

Pour la toute première fois de ma vie, un homme est entrain de me draguer, et c'est du lourd :-D ...

 
La suite, bientôt. 

samedi, 11 août 2007

Ma première soirée en milieu gay (1ère partie)

Attention les gens, je commence ici une série à suspense (Plus Belle La Vie, c'est vraiment de la gnognotte, à côté), ma saga de la fin de l'été ;-). Voici le premier épisode, je ne sais pas encore si je mettrai les suivants en ligne. Je crois que le titre est assez explicite, pas la peine que je vous fasse un pitch.
 
C'était à la fin d'un mois d'avril. Quelques semaines plus tôt j'avais rencontré un membre d'une asso gay de ma ville pour m'épancher sur mes angoisses, mes difficultés... Il m'avait proposé de venir à une soirée conviviale organisée chaque mois par cette même association. Il s'agissait d'une soirée toute simple autour d'un repas surprise, chacun était invité à venir avec un plat confectionné par ses soins. Printemps oblige, le thème était le vert.
 
Ce soir d'avril, je gare donc ma voiture à 19h50 sur le grand parking et je jette un dernier regard au duo de chèvre et courgettes que j'avais choisi d'agrémenter moi-même d'un peu de saumon fumé (parce que je suis un garçon qui cuisine ;-)). J-L., Le membre de l'asso que j'avais rencontré m'avait dit qu'il essaierait d'être là dès le début pour éviter que je ne sois trop perdu.
 
C'est le grand stress. Je n'ai aucune idée du nombre de personnes qu'il y aura. Quels âges ils auront ? Se connaissent-ils tous ? Est-ce que je ne vais pas faire un peu tâche ? Pourrai-je m'éclipser discrètement si ça ne se passe pas bien ? Mon duo de chèvre et courgettes n'est-il pas un peu trop cuit ? Est-ce que j'aurais pas du mettre un peu plus de gel (dans mes cheveux, hein, bien sur) ? Est-ce que je vais avoir l'air bête ? Est-ce qu'on va me remarquer ? Est-ce que je laisse mon pull dans la voiture ? Pourquoi a-t'il fallu que je sois homo ? Est-ce que j'ai bien serré mon frein à main ? Est-ce que je vais réussir à nouer ne serait-ce qu'un petit contact ? Est-ce que je dois baisser un peu plus la fermeture éclair de mon polo ? Mon duo de chèvre et courgettes n'est-il pas un peu trop salé ?
 
Toutes ces questions plus ou moins importantes tourbillonnent dans ma tête au moment je m'apprête à m'engouffrer dans la gueule du loup cette petite entrée discrète. Le local de l'asso est au premier étage, je remonte donc les mêmes escaliers que quelques semaines aupparavant, avec un poids tellement énorme dans les jambes et surtout dans le coeur. Je termine de monter les dernières marches, ils sont quatre sur le pallier à me regarder arriver...
 
C'est ici que s'achève sur un suspense insoutenable le premier épisode. Peut-être la suite un jour. 

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