dimanche, 20 juillet 2008

Terre du milieu

Deux petites journées passées à Chartres en région Centre Terre du milieu, dans un appartement si riche en références à une grande trilogie bien connue...

Dès les premiers pas dans la ville, le ton est donné, à peine le temps de faire quelques courses, nous sommes cernés par l'un des neuf cavaliers noirs (oui enfin il était derrière nous à la caisse, quoi). Toutefois nous avons su conserver notre calme en jaugeant notre adversaire tout de noir vétu qui n'est plus vraiment ce qu'il a été (les Nazgûls n'auraient pas du se mettre à l'alccool, ça ne leur réussit pas...).

Après un déjeuner rondement mérité suite à cette recontre non désirée, nous partons à la découverte de la ville. Comme tout promeneur de passage en cette contrée, le chemin conduit naturellement vers la Cathédrale... Les abords sont sans surprise, la façade est très travaillée mais pas dans le meilleur des états. Surprise en revanche au moment d'entrer dans l'édifice. Une telle obscurité... Sans lumière artificielle, le décor se confondrait sans difficulté avec les mines de la Moria.

Un petit tour du lieu nous permet d'apprécier la richesse du travail réalisé dans les anciens temps. Nous nous lançons ensuite dans un défi de taille, l'ascension du clocher nord par la face escalier, tout aussi redoutable que le col du Karadras un jour de blizzard. Nous évitons de déclencher la colère de magiciens maléfiques, toutefois, il nous faut puiser dans nos réserves pour atteindre le sommet. L'endroit nous offre un point de vue remarquable sur Hobbitebourg et les champs qui l'entourent jusqu'aux confins de la Comté...

Nous redescendons, ravis du panorama découvert et fort aise de l'exercice physique accompli à cette occasion. Hélas, le coeur des hommes est aisément corruptible et nous nous retrouvons rapidement à manger une grosse glace réduisant nos efforts à néant...

Le soir venu, nous nous rendons dans un restaurant. Point d'Auberge du Poney Fringant au programme mais un restaurant au nom manifestement italien qui aurait mieux fait de s'appeler Aux trois plombes... Près d'une heure et demie d'attente pour des spaghetti al pesto, j'ignorais qu'il fallait tout ce temps pour mettre simplement à contribution Lustucru, Ducros, Puget et Bridélice... Le tout dans une ambiance assez froide (il a quand même drôlement maigri, Poiredebeurrée ...)

Fin de soirée, petit jeu à travers la ville, découvrir les illuminations projetées sur les principaux bâtiments historiques. La lune presque pleine serait-elle à l'origine de l'apparition de certaines publicités disséminées ça et là ? Pas moyen d'ouvrir quoi que soit même avec une petite formule elfique...

La journée s'achève sur ces références amusées... On n'oubliera pas, bien sur, la présence au casting d'un petit Gollum à vibrisses et au comportement on ne peut plus double ;D.

Le dimanche laissera la place à un joli petit tour dans des coins plus verts de la Comté avant mon retour vers les Havres gris. Ce week-end était charmant.

Demain, je me rends dans le Mordor, une sombre d'histoire d'entretien de bilan de fin de période d'essai...

mardi, 15 juillet 2008

Je ne suis pas son prince charmant

Il avait peut-être cru que je le serais.
 
La rencontre est intervenue rapidement, ce fut une bonne chose car les contes de fée les plus courts sont parfois les meilleurs. Il fait sans doute partie de ces gens un peu désespérés dont l'envie de croire à une belle histoire et sur laquelle projeter tous ses espoirs est plus forte que tout, apeuré par la solitude qui semble trop souvent l'étreindre et consummer ses aspirations au bonheur.
 
Alors il s’était imaginé la plus belle des histoires, aidé de petits coups de baguette magique pour arrondir les angles et embellir le décor, masquer les approximations et éluder les zones d’ombres. Il avait fait de l’avenir son rêve, un rêve dans un carrosse à deux places. Avant même notre rencontre, il tenait déjà à me présenter à ses amis, me proposait de partir en vacances avec lui… Il avait parlé de moi à sa meilleure amie, entichée du rôle de marraine. Mais les fées ne sont pas toujours de très bon conseil et elle ne l’invita pas à la prudence qui aurait pourtant été la meilleure des vertus, le plus sûr chemin à emprunter.

 

Nous avons passé une journée sympathique qui a semblé lui convenir. Il n’a cessé de promener au cours de ces quelques heures un sourire persistant et une humeur joyeuse ponctuée toutefois de quelques phrases réflexes déclamées avec la spontanéité d’un robot, signe d’une certaine nervosité sous-jacente.

 

De lieux en lieux, Rennes a offert un cadre joliment approprié au début du conte, nous proposant tour à tour un savoureux marché, un repas prometteur, une fort belle terrasse sur une place à colombage, une ballade dans les bois, un appartement agréable dans un quartier tranquille…

 

Hélas, le moment venu, j’ai pris sur moi pour endosser le rôle du méchant (la sorcière ?) et le carrosse redevint citrouille. Le chemin en commun allait s'interrompre là, parce que le charme n'a pas véritablement opéré.

 

Après une mise au point peut-être maladroite mais nécessaire, les dés furent jetés pour une conclusion qui me semblait implacable. En lui souhaitant de poursuivre sa recherche et de finir par trouver soulier à son pied…

 

Ils ne vécurent pas heureux (et n'eurent pas d’enfants !).

dimanche, 13 juillet 2008

Le calme

Fin d'après-midi dans la chambre apaisée. Au loin, le son de quelques voitures venant animer le boulevard par intermittence, au plus près, un léger courant d'air vient agiter doucement le rideau. Je suis étendu sur le lit, le regard perdu dans les profondeurs du plafond. Sa respiration lente et régulière me laisse le répit nécessaire au débat qui débute en moi sans que je puisse le contrôler. Ne pas tomber dans une histoire dont je sais déjà que je ne veux pas.
 
Mes pensées repartent tourbillonner autour du lustre et balaient un à un les coins de la pièce. Sa respiration s'interrompt, il se tourne de son côté puis reprend son ryhtme. Le temps s'écoule au ralenti dans la pièce où tout n'est que repos de son côté et réflexion du mien. A la recherche de l'ouverture dans laquelle s'engouffrer pour ne pas laisser glisser les choses le long d'une mauvaise pente.

samedi, 05 juillet 2008

Touché

C'est un repas comme chaque jour au self. Les même convives, la même table ronde, le même genre de conversations (à propos, je crois, d'une certaine Ingrid B. qui aurait apparemment été libérée de je ne sais pas trop quoi...). Il est assis à ma gauche. Au hasard d'un changement de position, son genou est venu frôler le mien. Dans un geste naturel d'évitement, j'aurais effacé mon genou au contact du sien et chacun aurait repris une position anodine à cette table où nous sommes bien serrés, c'est un fait. Mais ce geste naturel, je ne l'ai pas eu. Nous sommes restés un certain temps genou contre genou et même jambe contre jambe, d'une façon qui laisse peu de place à la coïncidence quant au maintien de cette position.
 
Alors que lui vit sa vie au grand jour, il est le seul à savoir pour moi, à connaître un peu de ma vie, un peu de mes peines de ces dernières semaines. La conversation se poursuit et nos cuisses se touchent toujours. Je ne sais plus vraiment combien de temps. Je reste à mon plaisir surpris d'apprécier ce contact impromptu. 
 
Dans ma famille, on ne se touche pas. Jamais une main sur l'épaule, jamais une main dans la main, jamais on ne se prend dans nos bras. Dans ma famille, même lorsque l'on fait la bise (jamais entre hommes, évidemment, on n'est pas des tafioles quand-même), on prend bien garde de ne pas se toucher ailleurs que la joue, pas d'épaule, pas de corps qui s'approche, rien. Le contact physique est une chose qui m'a toujours beaucoup fait défaut jusqu'au début tardif de ma vie amoureuse. Je me rappelle, au cours de mon adolescence être resté figé après avoir fôlé par accident la peau d'untel ou untel. J'avais toujours ce réflexe de m'effacer bien vite suivi d'un léger regret, un instant bref pendant lequel je m'autorisais à apprécier l'accident survenu. La peau contre la peau ou même au travers du vêtement, simplement celà, et l'envie d'y revenir. Jamais assouvie.
 
Retour au self, aux jambes sous la table. Ce genou appuyé, pour moi, c'est presque la représentation discrète et atténuée d'une épaule tendue pour reposer un peu de ma solitude. Une façon de dire je suis là ou peut-être bien d'autres choses. Je crois que je me suis senti moins seul. Bien mieux que des mots n'auraient pu le faire. Une petite phrase pleine d'humour de sa part est venue ponctuer l'affaire, il n'y a que moi qui aie saisi la complète portée du message.
 
La peau contre la peau. Ca me manque tant.

mardi, 01 juillet 2008

Dans mon jeu de cartes...

 

La semaine passée, je vous faisais part de mes états d'âme à l'idée de me sentir seul dans cette ville, trouvant mon jeu bien vide. Vendredi, après une balade introspective le long de la plage, je m'étais résolu à m'emparer de nouvelles cartes. Un compte créé quelque peu au hasard sur un site bien connu avec une photo petite mais entière comme atout majeur.
 
Et la partie débuta.
 
Après quelques plis laborieux au cours desquels je me suis efforcé de ne pas trop dévoiler mon jeu, je suis parvenu à tisser deux parties fructueuses laissant augurer, pour la suite, d'éventuelles bonnes pioches. Ayant délaissé le chat du site pour retrouver avec MSN un terrain de jeu plus familier, je me suis autorisé à avancer certains pions sans pour autant griller toutes mes cartes.
 
Les plis se sont alors enchaînés plus rapidement que prévu. La retenue étant de mise, les joueurs sont sagement restés sur un registre purement "amical". Après tout, c'est ce que je recherche, deux dix de trèfle plutôt qu'un valet de coeur. Dans un second temps, il sera toujours possible de redistribuer les cartes.
 
Avec le premier joueur, la rencontre pour une belle, verbale cette fois-ci, fut programmée dès dimanche. Hélas, contraint par d'autres obligations, le joueur du passer son tour. La belle eut lieu finalement à nouveau par écran interposés avant une revanche en chair et en os, apparemment pour demain. Avec le second joueur, les joutes verbales débuteront toute à l'heure.
 
Il y a simplement en jeu un peu de contact social et pourquoi pas des bribes d'amitié. Toutefois, je me réjouis tout de même à l'idée que le jeu puisse tourner en ma faveur.
 
Un simple verre ce soir. Et demain ? Rebelotte.

 

mercredi, 11 juin 2008

Les pieds dans le sable

 

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Sortir sur la plage sous le soleil de fin de journée. Profiter du bruit des vagues pour chanter aussi fort que la voix de Daphné qui emplit mes oreilles. Faire le tour de soi-même et savourer le vent, la lumière. Le moment.

Se laisser porter, trouver que le moment a quelque chose de magique. Et, l'espace de ce moment, tout oublier.

mercredi, 04 juin 2008

Un chat dans la nuit

Attention, cher lecteur, devant tes grands yeux incrédules, le récit d'un évènement furieusement paranormal, c'est pour tout de suite... 

(trop bien mon teasing, nan ? nan c'est pas bien ?) 

Le week-end passé j'ai reçu la visite de mes potos chartrains accompagnés de Caramel, leur petite compagne à quatre pattes et à vibrisses. Le premier contact entre la charmante petite bête et mon appartement est pour le moins furtif. Tout juste le temps de toucher le sol avant de se planquer dans le canapé (non, pas à côté, pas dessus, pas derrière, encore moins dessous mais bien dedans, entre l'armature et le tissu...)

Le demoiselle se cache. Tout le temps. Elle a le mérite de ne pas être dérangeante. Point du tout. Elle se met dans un coin et se fait oublier. Evidemment, lorsque l'intrus inconnu que je suis pour elle s'éclipse, la craintive Caramel se transforme en aventurière intrépide, exploratrice de la première heure.

Voici la nuit arrivée. En hôte exercé depuis mon arrivée en terre malouine, je me retire dans ma chambre, laissant le séjour à la disposition des invités et de leur chat. Je laisse la porte un rien entre-ouverte (je déteste dormir la porte close) et le petit appartement sombre doucement dans la plus profonde des obscurités.

(haan jusque là c'est quand même drôlement bien raconté moi je trouve :p) 

Mon sommeil est assez agité. J'enchaîne les rêves qui ne tiennent pas debout comme c'est souvent le cas chez moi. J'en suis à mon quarante-sixième rêve de la nuit. Je n'ai absolument aucun souvenir de ce à quoi je pouvais bien rêver, je sais juste que je suis entrain de parler (à qui ? de quoi ? aucune idée). Et puis au milieu de ma phrase, une certitude me tombe dessus, une évidence. On me regarde. UN CHAT me regarde. 

Je suis incapable de l'expliquer mais dans mon rêve je sais qu'elle est là, tout près. 

Le petit hic, c'est qu'alors que le stress de me savoir ainsi observé s'empare de moi, je suis toujours acquis à mon rêve. C'est à ce moment que les choses déraillent, je sens mon corps tremblotter et je termine le monologue de mon rêve à voix haute. Je me réveille en criant presque le dernier mot : "oui" (la seule et unique chose dont je me souvienne à propos de ce rêve c'est qu'il s'est achevé sur un oui déclamé à haute voix).

Il est quatre heures trente. J'allume la lumière et j'ai tout juste le temps d'apercevoir, au coin de la chambre, la fugitive quittant prestement la pièce. 

Evidemment, la porte n'était pas fermée, évidemment il était fort probable qu'elle viennent à un moment ou un autre visiter ma chambre... Mais forcément, mon petit esprit pas rationnel pour deux sous aimerait tant croire que ce n'était pas une coïncidence.

mardi, 18 mars 2008

Denfert - Les Halles - Denfert

20h30 Denfert-Rochereau. Dans le bruit de fond ambiant j'ai du mal à comprendre ce qu'elle me dit au téléphone. On se retrouvera quelque part, pas loin des Halles. Je n'ai pas tout compris mais ce n'est pas très grave. Je prends le métro seul pour la première fois.

Seul avec moi. La rame démarre. Je rêve un peu. Si c'était ma vie. Celle de tous les jours. S'engouffrer dans les galeries aux murs carrelés. Je dévore du regard les quais, les galeries, les visages, les affiches. Même pas d'hésitation. Les choses sont presque trop faciles.

Forum des Halles. Je sors. Ils ne sont pas là. Téléphone. Rendez-vous près du manège aux chevaux de bois. Je cherche. Ne trouve pas. M'éloigne. Me perds un peu. Ca ne me déplaît pas. Je finis par demander mon chemin. Le gentil passant nocturne m'indique le manège en bois. Je finis par les trouver. Parenthèse dans mes réflexions le temps du dîner.

23h30 Les Halles. Ils me laissent près de la station de métro. Entre moi et moi-même à nouveau. Ma vie. Celle que j'aurais pu avoir. Que je pourrai avoir. Denfert-Rochereau. Je ressors Avenue Leclerc en direction de l'hôtel. Balade nocturne dans le quartier. A nouveau ma vie, celle que j'aurais pu avoir, que je pourrai avoir. L'entrée de l'hôtel.

8h. balade dans le 14ème sous un frais ciel bleu. Ma vie. Celle des parisiens. Le métro et toujours cette même interrogation, pourquoi les transports en commun me poussent-ils toujours à tant d'introspection...

17h35, Montparnasse. Ma place dans le train au moment du départ. Paris. Et l'envie d'y revenir.

lundi, 03 mars 2008

La mouette et le débutant

Samedi matin. Il n'est pas encore huit heures et ce sont les mouettes qui se chargent de claironner mon réveil...  La mouette est devenue le lot commun de mes rares matinées de détente dans mon nouveau chez moi. J'en rêvais tant lorsque j'étais enfant. Qu'on me donne rapidement un lance-pierre, par pitié !!

C'est un changement parmi tant d'autres. Après quatre semaines d'interruption, la fée internet a fait son retour dans ma petite vie. Le cours de ce blog pourra reprendre tranquillement. Sur fond de mouette, et de travail débutant.

Quedireoufaire. Second acte.

(edit: et en plus à l'instant une crotte de mouette sur ma fenêtre !! grrrr !!) 

mardi, 15 janvier 2008

Par monts et par vaux

0fd9f45f489a2015a224545cd9ae2035.jpgJ'ai appris au début de ce week-end au détour d'un quizz sur internet que le pluriel du mot val se dit vaux. Non pas que je ne le sus point, mais le fait est que je ne m'étais jamais posé la question (ma région ne se prête pas vraiment à l'usage de ces termes). Cette découverte est fort bien tombée.
 
Je garderai de ces quelques jours les souvenirs dépaysans de l'horizon sans cesse découpé et parsemé ça et là dans ses plus hauts espaces de rafraichissantes touches blanches. Oui, oui, j'ai peine à croire qu'on puisse en voir de si loin alors qu'on est en pleine ville mais mon guide charmant le confirme, ces tâches blanches là-haut c'est bien de la neige. Moi, ça me fascine (oui, il m'en faut peu).
 
dc711d095f82b79386fc5f461286627a.jpg Alors que la voiture serpente le long des incessants lacets, mon regard plonge, remonte, retombe et se perd, accompagné des exclamations émerveillées qui doivent me donner des airs d'enfant ignard découvrant des trésors insoupçonnés. Je me sens presque bête à m'étonner de ce qui peut paraître si banal pour les locaux... Oh et puis ça va, hein !! Je peux jouer les ébahis si je veux, d'abord.

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Et puis tout à coup, les arbres se font plus chargés de blancheur et au virage suivant, tout est blanc. Blanc. Comme je ne l'ai jamais vu de mes yeux (mais oui je vous ai bien dit je n'étais jamais allé bien au sud). En j'en suis tout content, ça me fascine encore plus :-D
 
Un peu de culture, un peu d'histoire, une touche de magie. Un week-end charmant, même si toujours trop court. La magie doit s'interrompre. Mais elle va reprendre... 
 
 

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