dimanche, 18 octobre 2009

Ma vie in carton motion

Ce n'est pas un secret pour toi, lecteur assidu de ce blog, je vais déménager fort bientôt (d'ailleurs il faudra que je pense à te raconter comment j'ai trouvé mon appartement grace à une famille de touristes allemands égarés). Je passe donc une partie de mon temps ces jours-ci à mettre mes petits et grands effets personnels dans mes cartons. C'est un peu ma vie que je mets en boite en attendant qu'elle refasse surface dans une petite dizaine de jours, à la sortie du camion.

 

Cette semaine, mes parents étant présents, ma mère qui, n'est pourtant pas d'un naturel envahissant en temps normal, a tenu à me prêter main forte pour la préparation du déménagement. Non, elle n'a pas contribué à remplir les cartons. A la place, ma mère, chiffon en main, avait entrepris de briquer, récurer et faire briller toutes les surfaces ayant l'audace de se présenter à ses yeux, de mes miroirs à l'intérieur de mes meubles. Oui, ma mère a nettoyé l'intérieur du meuble de ma salle de bain et rangé tout ce qu'il contenait. Euh...

 

Oui, ma mère a pris soin de bien remettre bien en place mes cotons-tiges, mon savon, ma boite de capotes (euh...), mes lames de rasoir, mon gel javelisant, mon gel à cheveux, mon gel douche en réserve et ... mon autre gel. (Euh... Maman ? ... Maman ?? Y aurait pas des trucs qui t'auraient un peu étonnée dans mon meuble de salle de bain ? Nan ? ah bon. Nan, pour rien.)

 

Hier, j'ai rangé mes CD dans un grand sac. Je me suis ainsi rappelé des choses que j'écoutais au lycée dont j'avais totalement occulté l'existance. J'ai fait défiler mes livres, mes DVD, les divers papiers que je range de façon légèrement aléatoire, des factures consciencieusement éparpillées aux quatre coins de l'appartement, des relevés de banque jamais ouverts et des boites vides jamais jetées. J'ai fait l'inventaire de mes vêtements, retrouvé ce boxer que je croyais perdu et n'ai toujours pas remis la main sur l'une de mes deux chaussettes beiges. Il y eut aussi des photos, des lettres et des billets de train, des tickets de cinéma, des listes de courses et des notes personnelles.

 

Ce soir je poursuis en m'occupant de mes chaussures avec cette idée à l'esprit : je suis seul à boucler mes cartons mais bientôt, à la sortie du camion, nous serons deux à les déballer.

dimanche, 13 septembre 2009

Lecture, bronzette et risette

Je reviens de la gare où j'ai raccompagné ma compagnie du week-end. Il fait plutôt beau et même chaud lorsque l'on arrive à trouver un coin à l'abris du vent. Je rentre chez moi sans but particulier si ce n'est un livre à terminer.

 

Je saisis le livre en question à la recherche de l'endroit où l'achever. Il me reste une quarantaine de pages sur les trois cent quatre-vingt cinq qu'il compte. Lorsque j'aime un livre, j'évite toujours de le parcourir trop rapidement, je me contente de picorer les pages par petites pincées pour faire durer le plaisir (là encore, plus c'est long plus c'est bon). Il y a donc quelques temps déjà que je laisse trainer en longueur Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates. J'ai la bonne surprise de constater qu'en cette fin d'après midi mon lit est copieusement chauffé et inondé de soleil. C'est donc le lit que je choisis.

 

J'ouvre grand la porte-fenêtre pour profiter au mieux des rayons. Dehors le vent souffle violemment. A quelques centaines de mètres, sur la plage, d'autres doivent se battre avec leur livre, le vent et le sable pour tenter vainement de trouver une position à leur convenance. Il me prend alors l'envie de pousser plus loin le vice en otant mon T-shirt, oubliant les regards éventuels d'un peu probable vis à vis. Je suis étendu sur mon lit, offrant au soleil mes épaules, ma poitrine puis mon dos. Je parcours sans trop me presser les dernière pages de roman décidément bien inspiré, imaginant les scènes et les décors à Guernesey.

 

J'arrive au dénouement le sourire aux lèvres, me réjouissant d'une fin conforme à mes attentes mais aussi et surtout de la façon dont elle nous est contée. Je referme le livre, le pose sur le côté du lit, m'allonge sur le dos dans l'alignement du soleil et pose mon bras gauche sur mes yeux pour profiter encore de la chaleur impromtue. Mais elle est déjà partie : à peine le temps de m'installer, un nuage s'est interposé, puis un autre, la chambre est de suite plus fraîche, je me redresse, il fait à nouveau gris.

 

Le bain se soleil est terminé. J'ai du linge à repasser.

dimanche, 09 août 2009

Parfois, je chante...

Oui, parfois, je chante, nottamment lorsque je nettoie mes carreaux. Le tableau est charmant : moi, sur le seuil de la porte-fenêtre, dans mon petit débardeur noir, sur la pointe des pieds et chiffon en main, écouteurs sur les oreilles. Et voilà, comme souvent, une chanson prend l'ascendant sur mon envie de rester courtoisement silencieux. Il m'a fallu quelques temps avant de m'apercevoir que mes voisins étaient tout à fait en mesure de profiter du spectacle vocal (on n'osera pas dire musical).

Heureusement, la chanson de Clarika que je fredonnais alors est bien plus convenable que ma chanson préférée du moment. Qu'importe, je quitte bientôt mes voisins pour la grande ville ;-)

vendredi, 20 février 2009

Parfois, je rêve...

Vendredi 17h30. Il a fait beau toute la journée, une journée qui se termine par un petit détour dans les couloirs pour saluer une collègue avant de prendre la route. On entend dans l'une des salles un concert de piano. Je suis dans un passage tout en verre et en lumière dessiné par le soleil déclinant sur le flanc d'un grand ciel encore tout bleu. Au loin, à travers le couloir du premier étage, on aperçoit la cime d'un grand arbre.

J'entre un instant dans la pièce voisine pour y voir en contre-bas les épaules et la chevelure du pianiste avant de m'effacer. Je retourne dans l'alignement du patio revoir le haut de cet arbre dont le pied est tout proche de la plage. D'ailleurs, à l'étage au dessus, à ce même endroit précis, c'est la mer que l'on aperçoit.

C'est curieux comme en faisant le récit de cette fin de journée, j'ai l'impression d'y trouver les mêmes invraisemblances que si je racontais un rêve. Et pourtant tout est vrai. Je file pour de bon en agitant joyeusement les clés de ma voiture au moment où je traverse le parc.

dimanche, 02 novembre 2008

Incertitude photographique

Lorsque je regarde cette photo, il m'arrive parfois de me demander si j'ai réellement "vu" cet endroit ou si ce n'est pas un délire de mon appareil photo.

 

DSCN0280.JPG

Janvier 2007, Pornic

(selon toute vraissemblance)

samedi, 01 novembre 2008

Grisaille et décadence

Je pourrais écrire un billet qui ressemblerait trait pour trait à celui d'il y a un an mais cette Toussaints fut légèrement différente, quelques touches de fantaisie en plus. Comme je le faisais lorsque j'étais plus jeune, j'ai passé la journée de la Toussaints en compagnie d'une partie de ma famille maternelle avec le passage rituel sur les tombes de mes quatre grands parents. La journée s'est déroulée dans un parfum gentiment décadant ou parfois absurde.

En vrac :

- J'aime beaucoup l'ambiance du cimetière où reposent les parents de mon père avec vue sur les coteaux, particulièrement les jours de brume. Il s'habille de teintes ternes que je trouve étrangement séduisantes. C'est assez glauque, et même plutôt triste, mais, ne les ayant jamais connus, et ne les ayant vus qu'une fois brièvement en photo, la seule représentation à laquelle je peux me raccrocher pour associer quelque chose de matériel aux parents de mon père c'est cette tombe grise visitée à chaques Toussaints et dimanches de Rameaux de mon enfance. Je sais très peu de choses sur eux, j'ai d'ailleurs du mal à employer le terme grands-parents pour les désigner. Je ne sais même pas de quoi mon grand-père est mort, mon père lui-même l'ignore et le sujet est tout ce qu'il y a de plus tabou dans la famille.

- J'ai retrouvé ensuite cette bonne vieille église au chauffage éteint et aux livrets de messe dont les pages ne sont toujours pas numérotées dans l'ordre. D'ailleurs comment les dernières pages peuvent-elles être numérotées jusqu'à 1060 alors qu'il contient à vue de nez 200 pages grand maximum ? Les voies du seigneur sont impénétrables.

- J'ai passé aussi une bonne partie de la messe à lutter contre la crise de fou rire en scrutant une dame située quelques rangs devant moi qui, elle, luttait en vain contre une impressionnante crise de baillements.

- Au cimetière, juste à côté de la tombe de mes grands-parents maternels, mon père est tombé dans une fosse creusée à l'intention de quelqu'un ayant réservé l'emplacement et mal recouverte par des plaques de béton pas très bien fixées. Mes oncles et tantes (et moi aussi, j'avoue) ont du se cacher pour aller pleurer de rire en quittant le cimetière. L'un de mes cousins eut alors cette réflexion dont l'idée me plaît beaucoup : "Oh, ça va, je suis sûr que même Mamie, où elle est, elle est entrain de rire elle aussi". J'étais assez proche de ma grand-mère, décédée il y a quatre ans, et je l'ai revue, le sourire aux lèvres et l'oeil amusé. Et celà m'a fait plaisir.

- Après quelques temps d'intense concentratiooonn, nous avons remarqué que si l'un des appareils à raclette ne chauffait, pas, cela avait peut-être un lien avec le fait que personne ne l'avait branché.

- J'ai appris que l'un de mes cousins que je vois très rarement (pour ne pas dire jamais) est divorcé depuis plus d'un an. Pas si extraordinaire j'en conviens. Enfin, je ne voudrais pas passer pour un rabat-joie conservateur mais je trouve que 23 ans c'est tout de même un peu jeune pour compter un divorce à son actif.

- Nous sommes allés faire une balade dans la campagne thouarcéenne avec pas moins de 5 parapluies grand ouverts pour sept personnes alors qu'il ne pleuvait pas.

- Au milieu de la grisaille de fin de journée, le soleil ressemblait étrangement à ça :

chavagnes toutssaint 08 003 - Copie.JPG

- L'une de mes tantes a terminé la journée en rentrant les canards avec un bâton de bois qui doit bien faire trois mètres de long. On ne fait pas les choses à moitié. Au loin, elle avait tout l'air d'une sorcière.

Le mieux, c'est que demain, je retrouve les mêmes et on recommence... (enfin peut-être pas la raclette)

Edit : je ne sais pas du tout pourquoi c'est arrivé à ce moment et cela n'a rien à voir mais en entrant dans le second cimetière, j'ai eu comme une sorte de révélation et je crois que j'ai enfin compris pourquoi le Lapingivré est givré. Alors que je connaissais l'élément de réponse depuis des mois... Suis vraiment bête, moi.

dimanche, 21 septembre 2008

Mémoires d'outre-tong

Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé la chaleur, j'ai toujours éprouvé un curieux réconfort à la vue de la lumière estivale. Aussi, je crois que toute ma vie je conserverai une tendresse particulière pour ce son si évocateur à mon esprit : le bruit d'une assiette que l'on pose sur la table d'un salon de jardin au moment d'y mettre le couvert. Ce son, c'est pour moi toutes les connotations estivales regroupées dans un instantané, les vacances, les grands piques-niques de familles sous les maronniers, les repas dans le jardin, les journées de pêche... L'été.

Ce soir, entre deux gorgées de soupe, il s'est évaporé pour de bon.

Et bientôt, place aux jours sombres.

lundi, 15 septembre 2008

La quiétude

Archive, Need

Poser sa tête tranquillement et, avec la musique en fond sonore de mes pensées, ressasser avec plaisir les bons moments des jours passés. A cette heure avancée de la journée, je suis un lieu de passage où de belles images viennent flâner quelques temps.

mardi, 05 août 2008

La séance de sommeil

Melody Gardot, Goodnite

La nuit s'annonce. S'étendre doucement et laisser la fatigue adoucir les pensées. Alors que tout est calme, l'esprit prêt à lacher prise, fermer les yeux et se blottir, s'intaller confortablemement, les pieds, le dos, la tête... Une première somnolence, quelques petites bribes de rêves, les premières bandes-annonces qui donnent parfois le ton de la séance entière avant une courte interruption, un sursaut de conscience.

Puis après la brêve pause, les lumières s'estompent à nouveau, repartir avec plaisir, les yeux rivés sur l'écran de ses pensées, attendre que le rêve s'invite et vienne occuper l'esprit avec le réconfort de se dire : en attendant demain, il reste  la nuit entière pour s'évader. Alors après quelques temps, le rêve arrive accompagné de son imprévisible scénario, humour, épouvante, émotion, frisson... L'esprit a ses caprices et laisse au hasard (ou pas) le soin de faire la programmation.

Alors les courts ou longs métrages vont s'enchaîner avec une cadence aléatoire jusqu'au petit matin, cherchant tous à marquer de leur empreinte les idées du lendemain.

Un seul regret, être toujours seul au casting dans la scène du réveil.

Good night, close your eyes and just sleep tight...

dimanche, 20 juillet 2008

Terre du milieu

 

Deux petites journées passées à Chartres en région Centre Terre du milieu, dans un appartement si riche en références à une grande trilogie bien connue...

Dès les premiers pas dans la ville, le ton est donné, à peine le temps de faire quelques courses, nous sommes cernés par l'un des neuf cavaliers noirs (oui enfin il était derrière nous à la caisse, quoi). Toutefois nous avons su conserver notre calme en jaugeant notre adversaire tout de noir vétu qui n'est plus vraiment ce qu'il a été (les Nazgûls n'auraient pas du se mettre à l'alccool, ça ne leur réussit pas...).

Après un déjeuner rondement mérité suite à cette recontre non désirée, nous partons à la découverte de la ville. Comme tout promeneur de passage en cette contrée, le chemin conduit naturellement vers la Cathédrale... Les abords sont sans surprise, la façade est très travaillée mais pas dans le meilleur des états. Surprise en revanche au moment d'entrer dans l'édifice. Une telle obscurité... Sans lumière artificielle, le décor se confondrait sans difficulté avec les mines de la Moria.

Un petit tour du lieu nous permet d'apprécier la richesse du travail réalisé dans les anciens temps. Nous nous lançons ensuite dans un défi de taille, l'ascension du clocher nord par la face escalier, tout aussi redoutable que le col du Karadras un jour de blizzard. Nous évitons de déclencher la colère de magiciens maléfiques, toutefois, il nous faut puiser dans nos réserves pour atteindre le sommet. L'endroit nous offre un point de vue remarquable sur Hobbitebourg et les champs qui l'entourent jusqu'aux confins de la Comté...

Nous redescendons, ravis du panorama découvert et fort aise de l'exercice physique accompli à cette occasion. Hélas, le coeur des hommes est aisément corruptible et nous nous retrouvons rapidement à manger une grosse glace réduisant nos efforts à néant...

Le soir venu, nous nous rendons dans un restaurant. Point d'Auberge du Poney Fringant au programme mais un restaurant au nom manifestement italien qui aurait mieux fait de s'appeler Aux trois plombes... Près d'une heure et demie d'attente pour des spaghetti al pesto, j'ignorais qu'il fallait tout ce temps pour mettre simplement à contribution Lustucru, Ducros, Puget et Bridélice... Le tout dans une ambiance assez froide (il a quand même drôlement maigri, Poiredebeurrée ...)

Fin de soirée, petit jeu à travers la ville, découvrir les illuminations projetées sur les principaux bâtiments historiques. La lune presque pleine serait-elle à l'origine de l'apparition de certaines publicités disséminées ça et là ? Pas moyen d'ouvrir quoi que soit même avec une petite formule elfique...

La journée s'achève sur ces références amusées... On n'oubliera pas, bien sur, la présence au casting d'un petit Gollum à vibrisses et au comportement on ne peut plus double ;D.

Le dimanche laissera la place à un joli petit tour dans des coins plus verts de la Comté avant mon retour vers les Havres gris. Ce week-end était charmant.

Demain, je me rends dans le Mordor, une sombre d'histoire d'entretien de bilan de fin de période d'essai...

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