Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 18 juillet 2007

Je travaille avec des gens formidables, et cette fois c'est vrai

Cet après-midi, pendant la pause, discussion avec un éducateur. 

Lui : Et sinon, tu vas commencer à chercher du boulot, là ?

Moi : oui, il faut bien...

Lui : et géographiquement, tu vas chercher où ? 

Moi : j'sais pas trop, j'aimerais ne pas trop m'éloigner, mais je verrai ce que je trouverai

Lui : pourquoi ne pas trop t'éloigner ? ta famille ?

Moi : non, pas vraiment

Lui : une petite copine ?  .. ou un petit copain ?

Moi (sans doute légèrement rougissant) : non, pas en ce moment... 

Et la conversation s'est poursuivie sans grand intérêt.

Je suis resté scotché sur la façon dont il a dit les choses. Il y avait dans la pièce d'autres gens à l'esprit sans doute moins ouvert, je ne me suis donc pas plus étendu sur le sujet et je me suis arrangé pour laisser planer le doute (les réponses évasives, c'est une de mes grandes spécialités). Mais ça m'a paru tellement normal tout à coup.

L'espace d'un instant, tout m'est apparu si simple, si facile. Comme si le fait d'avoir un copain n'avait rien d'extraordinaire. Je crois que c'est la toute première que je me suis permis de voir les choses ainsi.

Et j'ai eu l'impression de voir la vie (ma vie) autrement. 

jeudi, 12 juillet 2007

If my words are not that clear...

J'ai l'impression d'avoir tant de choses à raconter, à sortir de moi pour mieux les contenir. Je me sens à la fois rongé par les incertitudes et porté par l'espoir, l'espoir de tout. Tout se mélange et rien n'émerge.

Tout est confus et pourtant je reste convaincu qu'il y a tout près une sortie vers un peu plus de clarté.


... I know my heart is understanding.

(Emilie Simon, to the dancers in the rain

jeudi, 05 juillet 2007

Balade verte

Parmi les charmes de ma ville figure le Parc Balzac, espace dédié au développement durable, 50 hectares de verdure à deux pas du centre-ville et aussi à deux pas de mon lieu de stage, ce qui en fait le théâtre de mes pauses de la mi-journée.

Cet endroit est le royaume du promeneur égaré venu se réfugier dans les bois pour y cacher sa solitude. Le cadre idéal pour refaire le monde à sa façon le temps d'une balade introspective et laisser libre cours à une imagination fertile, toute en rêves et en doutes.

38131a608fa5adc7ea4be02be9787f54.jpg

Il serait si facile de vouloir s'y perdre et ne pas en trouver la sortie, il serait si tentant de s'enfoncer toujours plus loin dans la verdure jusqu'à la rive du lac voisin et oublier que la ville s'étend tout autour.

ba00e3fa685a0053c8b2b28e78473917.jpg
 
L'endroit me rappelle tant de décors déjà connus, ceux des contes d'enfants où j'aimais m'aventurer en rêve avec la secrète illusion de pouvoir m'y enfermer. Qu'il serait tentant de goûter encore un peu plus à la tranquilité des lieux en cette mi-journée où l'on ne croise que des oiseaux semblant venus se reposer eux aussi, à l'abris de tout. Je traîne mon regard jaloux de tant de calme apparant. 
 
299136a819c81e8a8dd80ce14081189a.jpg

Hélas, tel le douzième coup de minuit, l'arrivée impromptue des bleuets vient chaque fois me rappeler que la balade s'achêve et que derrière les arbres, la ville attend pour reprendre possession de moi, juqu'au lendemain midi.

2e68b763042dde32ceb8462b04bc3e13.jpg

lundi, 02 juillet 2007

Juste

Bravo Martin pour avoir compris.

dimanche, 01 juillet 2007

L'avenir en pointillés

Il faudra un peu de temps pour réaliser, je suis forcément un peu triste même si, au fond, ça s'est passé sereinement.

Le passage de trois jours d'examens sans grande histoire restera anecdotique dans cette semaine où il s'est passé tant de choses, après laquelle tout reste à construire. Il n'y a plus cet ilôt de stabilité au milieu d'un océan d'inconnu.

Je scrute le plafond en me demandant ce que je serais dans 6 mois. 

Et cette chanson qui ne cesse de tourner dans ma tête.

vendredi, 22 juin 2007

La fermeture pour ne pas mourir idiot

Comme vous l'avez lu précédemment, mon parcours d'étudiant touche à sa fin. Cette semaine, j'ai enfin fait pour la première fois (il était temps) quelque chose d'extrêmement tendance dans mon école : la fermeture.

Mon école est peuplée de personnages qui lui donnent une partie de son caractère:

Il y a la concierge Dame du chien, jamais avarde de regards sévères, jamais aimable et presque toujours équipée de son indispensable Yorkshire.

Il y a l'homme d'entretien qui a un prénom de chat, l'air souvent imbibé, et qui fait preuve d'une immense maitrise dans l'art de faire croire qu'il est occupé et que, non, il ne rode pas dans les couloirs en attendant que le temps passe, bien sur.

Il y a Patrick alias Mr Rigolo alias Mc Gyver, le super héros toujours prêt à venir en aide à un intervenant qui ne s'y connaît pas en vidéo-projecteur (on l'aime bien celui-là, enfin surtout les filles de ma promo qui lui trouve je sais vraiment pas quoi).

Il y a la directrice de l'UFR voisin qui n'a jamais appris à dire Bonjour, ni merci, ni rien de sympathique. Il y a aussi des profs, 3 secrétaires et compagnie comme partout ailleurs...

Et puis il y a celui dont je n'ai jamais su à quoi il servait. Devant le mystère qui reposait sur son utilité éventuelle, nous l'avions baptisé le Mari de la Dame du chien alors que rien ne laissait pourtant présager d'une quelconque idylle entre les deux protagonistes concernés.

Et puis mercredi, pour notre dernier jour de présence complète, nous sommes donc restés à trois (mes deux copines E. et E. ainsi que moi-même) jusqu'à la toute fin de journée, prenant notre temps entre les salles informatiques et les palliers... La règle prévoit qu'à 19h les étudiants doivent avoir quitté les lieux.

19h, rien. 19h10, rien. 19h20, rien. On s'ennuie presque, c'est quand qu'ils viennent pour fermer ?

Tout à coup, juste avant 19h30, je le vois qui monte les escalier à travers la paroi vitrée : le Mari de la Dame du chien ! Il sert donc à fermer les portes et expulser les pauvres étudiants qui sont restés jusqu'au bout pour achever en urgence leur dur labeur (oui, j'exagère un peu, c'est pour l'intensité de la narration). Il nous trouve tous trois installés confortablement à une table à disposition des étudiants sur le pallier du 2è étage. Il s'instaure alors un drôle de dialogue :

- Ma copine E. (tout gentiment) : "Bonsoir"

- le Mari de la Dame du chien (pas gentiment du tout) : "Oh, ça fait une demi-heure que vous devriez être partis !!!"

- Ma copine E. (encore tout gentiment mais sur un ton un tout petit peu insolent) : "Bonsoir"

- Le Mari de la Dame du chien (toujours pas gentiment du tout) : "bon, vous vous dépêchez parce que je vais être obligé de vous attendre !"

 

Il est entré dans une salle, nous avons plié nos affaires et nous sommes partis, nous ne l'avons pas revu (comme c'est dommage), il n'a pas eu à nous attendre, mais ça on s'en doutait un peu. Nous n'insisterons pas, bien sur, sur le fait qu'il avait une quand même une demi-heure de retard (nan mais c'est vrai, nous on l'a attendu pendant une demi-heure quand-même, il aurait au moins pu reconnaître ça). 

Deux conclusions à cette histoire:

 

1. Compte tenu de l'amabilité dont il a fait preuve, il est tout à fait possible qu'il soit bien marié avec la grognasse (et ça serait bien fait pour tous les deux).

2. Ca m'a bien plu de jouer à être un petit con pendant quelques minutes.

 

Merci les filles de m'avoir permis de vivre ce petit moment sympathique. Après une telle expérience, ça y est je peux dire que je suis un Homme.

lundi, 18 juin 2007

Rideau sur les bancs de l'école

J'aurais voulu appelé ce billet la fin d'une époque mais quelqu'un d'autre y a déja pensé pour aborder sensiblement le même thème.

Demain je vivrais ce qui sera le tout dernier jour de cours de ma carrière vie d'étudiant. Bien sur il y aura ensuite les exams et soutenances à boucler et les deux derniers mois de stage, mais c'est demain que l'apprentissage s'arrête pour ma petite promo et moi (on est 10) sur un cours de gestion financière quelque peu obscure...

Je frissonne en repensant à mes débuts en maternelle et à l'idée que la série va s'interrompre demain (21 ans plus tard). 

Il n'y aura plus de prof à écouter aussi calmement que possible, plus de fou-rires à étouffer discrètement (ou pas). Il n'y aura plus de salle 1 ou 2 qui donne sur le boulevard, plus de problème avec le vidéo-projecteur. On n'ira plus voir nos mails à la pause avant de faire la queue devant la machine à café. On ne sentira plus les algues au maïs devant les toilettes du rez de chassée (et ouais). On ne verra plus la Dame du chien et son regard renfrogné...

Ces choses et toutes celles que j'oublie, celles que l'on ne fera plus me laissent un léger goût de tristesse dans la tête. 

Demain, derrière la porte de la salle 8, il y aura cette autre vie qui s'ouvre avec toutes ses promesses et ses points d'interrogation.

Demain en quittant la salle 8, il y aura sans doute une foule de frissons qui viendront déferler le long de mon dos au moment où je me dirai que, quand-même, elle a été chouette, ma vie d'étudiant. 

lundi, 04 juin 2007

Des Morceaux de vie sur l’étalage

Au hasard d’une balade improvisée sur un grand escalier, nous atterrissons par surprise au milieu d’un vide-grenier. Pour l'occasion, le quartier que nous découvrons pour la première fois a attiré dans ses rues une foule de promeneurs du dimanche.

Les vide-greniers m’ont toujours inspiré un sentiment étrange. Sur des tables de fortune, les vendeurs du jour ont rassemblé une partie de leur vie qu’ils espèrent voir partir progressivement au fil de la journée.

Il y a le couple de trentenaires avec un stock étonnant de vases, venu pour faire de la place, peut-être. Il y a aussi cette dame aux allures de jeune retraitée avec un peu de tout, des bibelots, de vieux disques et des livres. Ceux qu’elle a lus, ou pas. Je m’arrête sur l’un deux qui a l’air bien neuf pour avoir été lu dans son intégralité, plus ou moins feuilleté tout au plus. Son titre : Réussir à changer sa vie. Le symbole est amusant, Madame estime peut-être qu’il est temps de transmettre le précieux ouvrage à qui voudra bien porter quelques coups de baguette magique à son existence.

Je reste toujours étonné devant ces étalages qui montrent les traces accumulées des cinq, dix ou vingt dernières années. Bien sur dans ce genre d’occasion, on cherche à se débarrasser de ce qui nous encombre, le superflu dont la valeur est toute relative, mais il y a au détour d’une petite rue étroite, une petite fille entourée de bibelots et de peluches. Elle paraît avoir 5 ou 6 ans et déjà le temps de se séparer d’un nounours câlin et protecteur semble venu.

Il me vient alors l’image de ce à quoi aurait pu ressembler mon étalage à moi, une image furtive que j’essaie d’oublier bien vite. Je n’ai pas envie d’imaginer ces séparations crève-cœur qui viendraient, au fil d’une journée de juin, alléger mon passé de bric et de broc. Je n’ai pas de difficultés à jeter les choses, mais faire une compilation de ce que l’on a eu et la disposer pour la mettre en valeur et la voir partir, morceau par morceau, me paraît un peu cruel, sous certains aspects.

La petite fille n’était pas triste. Elle vide son espace de quelques articles pour en mettre d’autres à la place. Elle troque la vie d'une petite fille pour celle d'une autre un peu moins petite. Une façon de grandir, peut-être.
 
(PS. et je n'ai pas vu l'Avion Barbie à vendre, nulle part) 

mardi, 22 mai 2007

Joss découvre la vie : le sud

Oui, enfin, j'avais pris une grande décision. A 24 ans, j'étais assez mûr pour franchir le pas et descendre...

Descendre dans le sud, oui oui. Enfin La Rochelle, quoi (n'allons pas trop vite en besogne). Moi qui n'étais jamais allé plus bas que Poitiers, c'est un cap, un exploit, une étape bien. Alors voilà, dans le sud, il y a la mer et moi j'aime beaucoup.

Dans le sud, il y a aussi des (tout) petits chats, du pollen, des ponts, des dragons de sable, des marées de coquelicots:

d78a3308794a4dea95336b55b121eac7.jpg
Dans le sud il y a des phares, des petits chemins forestiers qui ne mènent pas tous à la plage, des escargots faits d'escaliers:

840ca854a9249d2cf97d2fd881917e4d.jpg
 
et puis dans le sud, il y a aussi de délicieux moments. Des souvenirs de balade sur le port, une dégustation tardive, la tranquilité parmi la foule et des réveils souriants.
C'est vraiment chouette, le sud.

dimanche, 29 avril 2007

Barrière psychologique

Depuis bientôt un an j'informe quelques personnes autour de moi au compte-goutte. J'essaie toujours d'y mettre les formes. Ne pas choquer, sans avoir l'air de m'excuser.  En réponse à ma dernière "révélation" j'ai reçu un mail d'un ami qui me dit que je suis toujours son pote de plus 10 ans et que ça ne change rien. Ca m'a touché, ça m'a ému, ça m'a donné du courage, aussi. Jusqu'à maintenant tout s'est toujours bien passé. Il faut dire que j'ai toujours choisi les interlocuteurs, les moments, les façons de le dire.
 
Mais il reste mes parents. 
 
Depuis maintenant six mois, je suis absent quasiment tous les week-end. Mes parents ne savent pas ce que je fais de mes week-end. Je me contente de leur dire que je vais à Nantes. Rien de plus. Pas de dialogue. Pas de question. Ils ne savent pas qui je vais voir. Ce que je fais. Où je dors (et encore moins avec qui).
 
J'ai parfois l'impression que la situation est totalement surréaliste. Je m'entends plutôt bien avec mes parents mais le silence reste de mise dès que l'on sort des futilités pour aborder des choses plus importantes. Il est plus facile de parler de Royal et Sarkozy que de moi. Je reste fermé. Eux aussi. Mes parents ne savent pas, en tout cas, pas que je sache. On pourrait toujours supposer qu'ils aient deviné avec le temps mais lorsque j'entends certaines réflexions faites en ma présence, il m'arrive de désespérer.
 
J'aimerais tant que les choses soient plus simples.
 
J'ai peur que ça leur fasse du mal. 
 
Et pourtant j'aimerais le dire parce que ça devient parfois si lourd. Parce que les silences sont à chaque fois plus pesant. Parce que parfois je me sens coupable de les exclure de ma vie. Parce que le temps passe et je me demande ce qu'il pourra rester de ma relation avec eux lorsque j'aurais quitté la maison. Parce que je me sentirais plus honnête.
 
Mais j'ai toujours au fond cette volonté de les préserver (ou me préserver ?). Attendre. Attendre peut-être que j'aie quitter la maison, que les choses puissent se faire autrement que dans la précipitation.
 
Je suis au bord de la piscine et je ne sais toujours pas si je dois sauter. Je ne sais pas. Je ne sais plus.