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lundi, 20 août 2007

Ma première soirée en milieu gay (5è et dernière partie)

Pour les fans et les retardataires qui reviennent de vacances et ont ainsi décroché avec l'actualité lourde du moment, les quatre première parties de cette saga devenue culte en quelques jours à peine sont ici, , et . (j'en fais trop ?)

Devant vos yeux ébahis et impatients, la fin de ce poignant récit...

Je m'arrête pour me donner un peu de répit pendant que notre ami chasseur continue à meubler la conversation sans l'ombre d'une difficulté. Je désespère.

Mais parfois, il est des moments où la providence accepte de faire un petit geste pour les gens dans le besoin...

Au milieu d'une de ses phrases, j'entends le chasseur de sanglier dire qu'il ne veut pas rentrer chez lui tout de suite et qu'il veut aller traîner en ville, même si il y va seul. Il espère bien sur que nous allons l'accompagner. L'occasion est évidemment trop belle, je me tourne vers Sourire-Timide :

" Et toi, tu rentres chez toi ? Si tu veux je te dépose, c'est sur ma route "

" ah oui je veux bien, merci " (et avec un tel sourire :-D)

J'ai alors en tête le sentiment du devoir accompli. Cette douce sensation d'être parvenu à tourner les évènements en ma faveur malgré les gros cons obstacles. 

Le tour était joué en quelques secondes, après avoir dit aurevoir poliment mais surement à notre chasseur de sanglier qui avait bien du mal à cacher sa déception mais ne pouvait pas décemment changer d'avis, je démarrais ma voiture avec Sourire-Timide sur le siège passager. Une grande victoire. Je repense brièvement à la soirée, à mon duo de chèvre et courgettes plébiscité, à Regard-Noir, au gesticulateur, au chasseur de sanglier... et voilà que je suis entrain de ramener chez lui ce charmant garçon.

(oui, hein, car, au passage, mon frein à main était parfaitement serré, ce dont j'avais douté toute la soirée) 

Un moment plus tard, nous arrivons dans sa rue. Au moment où je ralentis, il me demande si je veux monter prendre un verre d'eau. C'est alors que je dégaine ma toute nouvelle voix grave dans sa version 3.0 pour lui dire:

" euweuh a weee eu wa eu ee ouais, je veux bien " (quelle répartie ! je sais, c'est très impressionnant)

Nous montons discrètement dans sa petite chambre pour ne pas éveiller les autres habitants de cette maison en collocation.  

Il est dans ma ville pour ses études, il occupe une petite chambre dans un quartier résidentiel. Nous discutons un long moment. Pour la première fois j'arrive à trouver quelqu'un d'à peu près mon âge qui m'écoute et a vécu des choses semblable. Sourire-Timide est plus jeune que moi mais il a l'air plus agé, il est plus grand aussi (pour ça y a pas trop de mal). Il n'y a plus les gens autour. Il n'y a plus Regard-Noir qui m'épie du coin de la salle... Petit bip de mon téléphone...

Un SMS au milieu de la nuit, c'est bien une chose que je ne reçois jamais... C'est évidemment Regard-Noir (quel bonheur !) qui a une pensée pour moi (oui rapplez vous je lui avais donné mon numéro dans le 3è épisode). Il m'écrit, en toute simplicité bien sur, que je suis son étoile alors qu'il est perdu dans le désert, que mon regard le guide, enfin un truc qu'une ado de 13 ans aurait pu égalé sans problème un soir de grande fatigue et de déshydratation (ça c'est pour le côté désertique ;-) ). Ca me fait même rire. Je le montre à Sourire-Timide.

Nous reprenons le fil, nous nous sommes assis côte à côte sur son lit.

Ces moments font parties des instants d'une vie où l'on perd la notion du temps. La discussion a duré, duré sans jamais paraître se tarir. Nous avons fini par nous endormir dans les bras l'un de l'autre tout habillés sans qu'il ne se passe rien de plus.

Je suis reparti au petit matin avec son numéro griffonné sur un morceau de papier dans une de mes poches et le sentiment comblé d'avoir fait une belle rencontre.

 

Je garde un souvenir amusé de cette soirée à rebondissements.

 

***

 

Par la suite, nous nous sommes revus de façon épisodique (car il devait s'absenter régulièrement) et aussi nettement moins prude. Je suis resté sur mon petit nuage pendant quelques semaines avant de retomber progressivement mais surement. Nous avons entretenu pendant quelques temps une relation assez cahotique car je pense qu'en définitive nous n'étions pas l'un et l'autre ce que nous avions pensé au début.

Enfin, pour répondre à l'un des commentaires du quatrième épisode, cela s'est en effet terminé comme je l'ai raconté une fois au début ce blog.

vendredi, 17 août 2007

Ma première soirée en milieu gay (4è partie)

Attention les gens, voici la suite de cette fantastique saga. Les fans de la série peuvent retrouver les 3 premiers épisodes , et .  

Le gesticulateur s'intéresse vivement à Sourire-Timide et lui demande son numéro (ah mince) et moi, rien (ouhou, je suis là). Pendant ce temps, c'est le chasseur de sanglier qui jette son dévolu sur moi...

Le chasseur de sanglier ne cherche pas de nouvelles conquettes, il en a déjà assez (oh les pauvres). Non, ce qu'il veut, lui, c'est l'amitié, vraie, sincère. C'est pourquoi il veut m'inviter au restaurant la semaine suivante. Il est en manque d'amitié parce qu'il rencontre souvent des gens trop timides, exactement comme moi et il me dit que j'ai l'air du parfait candidat qu'il recherche pour une amitié durable et que je ne devrais pas être aussi timide (mais tu sais, ce n'est pas un problème de timidité, c'est juste que je ne veux PAS être ton ami...). Je finis par lui dire que je reviendrai sans doute le lendemain à une permanence de l'asso, ce qui me permet de ne pas lui donner mon numéro (c'est pas beau de mentir, je sais, mais c'était un cas de grave nécessité...).

A deux mètres de là, le gesticulateur annonce qu'il rentre chez lui non-sans dire à Sourire-Timide qu'il le recontactera bientôt, il me salue avec une reflexion perfide et infantilisante qui me reste encore aujourd'hui en travers de la gorge et s'en va. Nous ne sommes plus que trois. Les conversations de la soirée m'ont permis de comprendre que je suis le seul à être motorisé ce soir-là. Ils habitent tous les deux dans le même quartiers, c'est à dire de l'autre côté de la ville et moi j'habite exactement dans la même direction mais encore un peu plus loin. Sourire-Timide me demande où je suis garé et me glisse discrètement qu'il souhaite m'accompagner jusqu'à ma voiture avant de poursuivre à pied (je pense que c'est sans doute parce que, comme moi dans le premier épisode, il se demande si j'ai bien serré mon frein à main et il veut voir la réponse de ses propres yeux, je ne vois pas du tout ce que cela pourrait être, sinon, pas du tout...).

Evidemment, il y a l'autre qui nous colle.

Nous marchons vers le parking, il monopolise la parole en racontant je ne sais quoi. J'échange avec Sourire-Timide un regard complice qui me fait bien plaisir, nous sommes d'accord sur le troisième personnage. 

Nous sommes trois. L'équation consiste à retirer de l'énoncé l'un des trois tout en restant diplomate, on pourrait très bien se séparer comme ça et rentrer sagement chacun chez soi mais le gros problème c'est que je n'ai pas le numéro de Sourire-Timide et aucun moyen de le recontacter. Le temps d'arriver à la voiture, j'échaffaude dans ma tête tous les moyens de faire disparaître le troisième mais rien de juridiquement légal ne me vient à l'esprit. Nous sommes à dix mètres de la voiture et je n'ai pas de solution. Je m'arrête pour me donner un peu de répit pendant que notre ami chasseur continue à meubler la conversation sans l'ombre d'une difficulté. Je désespère.

Mais parfois, il est des moments où la providence accepte de faire un petit geste pour les gens dans le besoin... 

La suite et la fin au prochain épisode (non mais quel suspense, hein, vous trouvez pas ?).

mercredi, 15 août 2007

Ma première soirée en milieu gay (3è partie)

La première partie de cette fabuleuse saga à suspense est ici et la seconde est .

Pour la toute première fois de ma vie, un homme est entrain de me draguer, et c'est du lourd :-D ...

Regard-Noir a 39 ans et arrive donc avec ses gros sabots pendant que mon duo de courgette et chèvre au saumon fumé est entrain de faire fureur. Regard-Noir commence par me demander si je suis célibataire (pensée juste dans ma tête : "Euh, alors là mon vieux, si tu savais à quel point je suis débutant en la matière, tu le croirais pas..."). Regard-Noir poursuit en s'étonnant de mon célibat ("avec un visage pareil, et en plus tu sais cuisiner, comment se fait-il que tu ne sois pas marié ?"). Il demande s'il y a une liste d'attente pour partager ma vie et, si oui, il veut s'incrire.

Et moi pendant ce temps je suis consterné, je n'ose même plus le regarder (faut dire que jamais on ne m'avait bouffé des yeux comme ça). Sourire-Timide est parti. ( :-C ) . Et vas-y que je te dis qu'on pourrait faire des trucs ensemble, "tiens, si je t'invite à prendre un café chez moi ce soir, tu me réponds quoi ?" Ca dure un certain moment.

(mais comment je vais faire pour m'en sortir, moaaa ???)

Je me sens vraiment comme un lapin pris dans les phares d'une voiture. Je commence à lui dire que je ne sais pas, qu'il va quand même un peu vite. Que je suis flatté mais... (mais franchement, non, ça va pas être possible, quand même ! et pas avec la tête qu'il a !)

Pendant ce temps, j'arrive à suivre que tout le monde est d'accord sur un point : mon duo de chèvre et courgette au saumon est vraiment un délice, et ça me console un peu...

Grâce à son insistance, Regard-Noir finit par obtenir mon numéro même s'il remarque bien que la partie n'est pas franchement gagnée. Je n'ai pas dit oui à sa proposition. Telle une éclaircie après l'averse, Sourire-Timide revient s'asseoir à ma gauche, Regard-Noir me demande alors de réfléchir à sa proposition pendant qu'il va discuter avec d'autres. Je me tourne soulagé vers Sourire-Timide qui laisse comprendre qu'il compatit à ma situation. Nous nous mettons à discuter. J'apprends que même s'il a l'air plus agé, il est en fait plus jeune que moi (et a décidément un charmant sourire).

La soirée avance, je regarde un peu tout le monde, essentiellement des trentenaires. Sourire-Timide et moi menons une conversation maladroite, je n'arrive pas à être à l'aise et lui non-plus apparemment. Au loin j'aperçois parfois Regard-Noir qui ne me quitte pas des yeux, curieuse sensation que de se sentir poursuivi comme un gibier, mais je finis par l'ignorer faire comme si je l'avais oublié.

C'était évidemment trop simple pour que les choses restent en l'état. Un autre garçon de notre âge vient nous voir. Je l'avais pas encore remarqué celui-là. Il est comment dire... disons qu'il ne meurt pas de faim, oui, on peut dire ça, c'est un doux euphémisme. Il a visiblement un peu bu, et il est visiblement très intéressé par la chair fraîche nous. Une bière à la main, une voix qui ne me plaît pas du tout, il commence à critiquer d'autres gens présents à la soirée que je ne connais pas, puis il nous raconte un peu sa vie... (tiens, il y aurait des langues de putes chez les gays ?).

Pour déceler le mythomane qui a bu, il y a tout de même des signes qui ne trompent pas. Oui, hein, parce que lui, entre autres, il chasse le sanglier (!?!) (oh trop cool, j'ai toujours fantasmé sur les chasseurs de sangliers), il a fait son coming out dans une réunion de famille où il y avait 800 personnes (rien que ça) et, cerise sur la gâteau, il est un descendant de la famille de Joséphine de Beauharnais, la femme de Louis XIV (bêtement, j'avais toujours cru qu'elle avait été la femme de Napoléon...). Bref, il nous raconte sa vie passionante, je décroche un peu... 

La soirée va s'achever, d'autres commencent à s'agiter et parlent de poursuivre dans un bar. Il viennent nous voir, nous les petits jeunes, pour demander si on veut les suivre. Je guette la réponse de Sourire-Timide, il préfère rentrer chez lui. Bêtement je réponds la même chose (j'ai toujours regretté d'avoir dit ça). Dix-minutes plus tard nous sommes tous en bas, les joyeux trentenaires s'en vont, Regard-Noir vient me faire une réflexion sur ma timidité excessive et s'en va (bon vent). Nous ne sommes plus que quatre au pied du bâtiment: le chasseur de sanglier, le gesticulateur du début, Sourire-Timide et moi. Le gesticulateur s'intéresse vivement à Sourire-Timide et lui demande son numéro (ah mince) et moi, rien (ouhou, je suis là). Pendant ce temps, c'est le chasseur de sanglier qui jette son dévolu sur moi...

Que va-t-il advenir de moi entre les griffes du gros chasseur ? Sourire-Timide va-t-il s'éclipser en me laissant seul ? Comme va se finir la soirée ? Toutes les réponses à ces questions seront peut-être dans le prochain épisode... 

Moi je trouve que les scénaristes vous ont vraiment gâtés question suspense. :-)

lundi, 13 août 2007

Ma première soirée en milieu gay (2è partie)

Sous les acclamations de la foule en délire, voici la suite. La première partie de cette grande saga est ici.

Je termine de monter les dernières marches, ils sont quatre sur le pallier à me regarder arriver. Le premier me salue, j'explique un peu tremblant que je suis venu voir J-L. il y a peu et qu'il m'a proposé de venir. Il se présente comme étant lui aussi membre de l'asso et enchaîne en me présentant les trois autres qui sont déjà arrivés.

En temps normal, j'ai une faculté assez impressionnante pour retenir immédiatement les prénoms mais cette fois, il n'a même pas fini sa phrase que je ne sais plus lequel des trois s'appelle Philippe ni quels sont les autres prénoms. Après coup, je crois que ça a été l'un des moments les plus stressants de toute ma vie. Le membre de l'asso a la quarantaine et l'air très gentil. Parmi les autres, il y en a un qui doit avoir un peu plus de mon âge, un sourire timide, et qui me plaît beaucoup (beaucoup beaucoup). Les deux autres... euh... ils me font un peu peur en fait...

Nous sommes les premiers arrivants, il faut installer des tables, c'est très bien, ça va me permettre de bouger un peu sans chercher un sujet de conversation sans intérêt. On installe un peu, on prépare j'échange des regards avec Sourire-Timide, il n'a pas l'air plus à l'aise que moi. D'autres gens finissent pas arriver. Nous sommes 8, 12, 20...

Je fais la bise à plein de gens que je ne connais pas, ils me donnent leur prénom que j'oublie instantanément. Et puis, il y a J-L. qui vient me voir et me félicite d'avoir en le courage de venir. J-L. a environ l'âge de mon père et c'est si facile de discuter avec lui. Des groupes se forment, j'observe, un peu en retrait. Un autre membre de l'asso vient me voir. Il ne me plaît pas trop. Il parle fort en faisant de grands gestes et fait évidemment des remarques sur ma timidité apparente, ce qui me met encore plus mal à l'aise.

Je me retourne vers Sourire-Timide qui ne s'est pas trop éloigné de moi. Nous échangeons quelques mots. Lui aussi vient ici pour la toute première fois. Il y a une rangée de chaises le long d'un mur, nous allons nous asseoir. D'autres s'approchent. Sourire-Timide est assis à ma gauche, l'un des deux qui me faisaient peur (avec son regard noir) se met à ma droite et vient avec la ferme intention de me taper la discute... J'étais arrivé avec la naïveté qui laisse croire que les homo sont des gens plutôt subtils et délicats. Bon ben, pas tous, en fait, celui-là, on jurerait qu'il s'est déguisé en beauf. A chaque seconde qui passe, je sens que Regard-Noir s'approche et que Sourire-Timide se fait de plus en plus distant. C'est bien ma veine (mais pourquoi, pourquooooooooooiiiiiiiiiiii ???).

Pour la toute première fois de ma vie, un homme est entrain de me draguer, et c'est du lourd :-D ...

 
La suite, bientôt. 

samedi, 11 août 2007

Ma première soirée en milieu gay (1ère partie)

Attention les gens, je commence ici une série à suspense (Plus Belle La Vie, c'est vraiment de la gnognotte, à côté), ma saga de la fin de l'été ;-). Voici le premier épisode, je ne sais pas encore si je mettrai les suivants en ligne. Je crois que le titre est assez explicite, pas la peine que je vous fasse un pitch.
 
C'était à la fin d'un mois d'avril. Quelques semaines plus tôt j'avais rencontré un membre d'une asso gay de ma ville pour m'épancher sur mes angoisses, mes difficultés... Il m'avait proposé de venir à une soirée conviviale organisée chaque mois par cette même association. Il s'agissait d'une soirée toute simple autour d'un repas surprise, chacun était invité à venir avec un plat confectionné par ses soins. Printemps oblige, le thème était le vert.
 
Ce soir d'avril, je gare donc ma voiture à 19h50 sur le grand parking et je jette un dernier regard au duo de chèvre et courgettes que j'avais choisi d'agrémenter moi-même d'un peu de saumon fumé (parce que je suis un garçon qui cuisine ;-)). J-L., Le membre de l'asso que j'avais rencontré m'avait dit qu'il essaierait d'être là dès le début pour éviter que je ne sois trop perdu.
 
C'est le grand stress. Je n'ai aucune idée du nombre de personnes qu'il y aura. Quels âges ils auront ? Se connaissent-ils tous ? Est-ce que je ne vais pas faire un peu tâche ? Pourrai-je m'éclipser discrètement si ça ne se passe pas bien ? Mon duo de chèvre et courgettes n'est-il pas un peu trop cuit ? Est-ce que j'aurais pas du mettre un peu plus de gel (dans mes cheveux, hein, bien sur) ? Est-ce que je vais avoir l'air bête ? Est-ce qu'on va me remarquer ? Est-ce que je laisse mon pull dans la voiture ? Pourquoi a-t'il fallu que je sois homo ? Est-ce que j'ai bien serré mon frein à main ? Est-ce que je vais réussir à nouer ne serait-ce qu'un petit contact ? Est-ce que je dois baisser un peu plus la fermeture éclair de mon polo ? Mon duo de chèvre et courgettes n'est-il pas un peu trop salé ?
 
Toutes ces questions plus ou moins importantes tourbillonnent dans ma tête au moment je m'apprête à m'engouffrer dans la gueule du loup cette petite entrée discrète. Le local de l'asso est au premier étage, je remonte donc les mêmes escaliers que quelques semaines aupparavant, avec un poids tellement énorme dans les jambes et surtout dans le coeur. Je termine de monter les dernières marches, ils sont quatre sur le pallier à me regarder arriver...
 
C'est ici que s'achève sur un suspense insoutenable le premier épisode. Peut-être la suite un jour. 

samedi, 04 août 2007

On a bien le droit de changer d'avis

Quelques foulées pour monter la première pente et basculer dans la descente, prendre un peu de vitesse, trouver le rythme qui devra me permettre de tenir. Tenir.

En ce matin estival, le parc de Pignerolle a su s'habiller d'un adroit découpage d'ombre et de lumière qui lui donne l'air frais et bucolique. Je viens de partir pour mon court footing tranquille, en espérant aller jusqu'au bout sans craquer.

C'est dans ce même parc qu'il y a des années, je venais avec le collège pour les insupportables séances d'endurance. 

Dans mes souvenirs de l'époque, c'était un lieu obscur rongé par l'humidité de novembre où les arbres à demi endormis prenaient un malin plaisir à me regarder souffrir dans ces fins d'après-midi de torture. Je détestais cet endroit. Il me mettait seul, face à moi-même, face à mes difficultés, moi l'asthmatique enrobé incapable de suivre le rythme des autres garçons. Il me mettait en colère après moi. Après les autres. Après cette perfide pointe de côté qui commence déjà à me pincer. Je me sentais parfois souvent honteux de ne pas pouvoir faire mieux.

Pignerolle était mon cauchemar, ma hantise, l'endroit tant redouté et pourtant inévitable dans lequel il fallait revenir chaque année. A tel point que je sentais l'angoisse monter pendant le trajet en car qui nous amenait sur le lieu de souffrance. C'est avec bonheur que j'ai vu les années passer et l'endurance disparaître de mon programme après le bac (au profit de la mécanique ondulatoire  ...  tiens, je ne suis pas sûr d'avoir gagné aux changes, en fait ;-) ).

Et puis en 2005, alors que Pignerolle avait rejoint le grenier au musée de mes souvenirs bien enfouis, je me suis laissé convaincre par des copines. Juste un petit footing en fin d'après-midi après une joyeuse journée de cours (oui les jours de cours ont souvent été joyeux pendant mes études). C'était en mai, j'ai redécouvert l'endroit sous un jour si différent. Un jour de fou rire, un bon moment.

Depuis j'y retourne de temps en temps le matin lorsque j'en ai la possibilté pour y relever mon petit défi personnel, pour apprécier ces jeux de lumière dans la verdure, pour apprécier cette sensation.

Pour savourer ma revanche, tout un symbole pour moi. Des années après mes petites galères passées, j'aime beaucoup cet endroit. 

lundi, 23 juillet 2007

Les mains terreuses

Petit détour ce week-end par le potager familial pour une rapide balade et, au passage un tout petit coup de main à ma mère pour arracher quelques carottes. Pas vraiment un dur labeur, juste le temps de se baisser, ... et se salir les mains.
 
Je regarde mes mains. La sensation de l'une sur l'autre, la terre, la peau rugueuse...
 
Tout à coup, j'ai huit ans et je suis dans le jardin que mes parents avaient à l'époque de mon enfance. C'est sans doute un samedi de juillet, je suis entre les cerisiers dans le fond du jardin et il fait si chaud. Je crois bien que c'est un jour de corvée de petit pois.
 
Mon père actionne la vieille pompe toute rouillée, celle qui rend les mains orange, et ma mère s'affaire, accroupie dans l'un des carrés. Je me rappelle le soleil entre les plans de tomate, mon frère jouant avec les arrosoirs, ma manie de toujours marcher sur les tuyaux d'arrosage en caoutchouc...
 
A cet âge, le jardin n'est pas mon espace de prédilection, il ne le sera jamais. Mes parents ont souvent raillé mon manque d'entrain pour la cause potagère ("ce sera un intellectuel, celui-là"). Je m'assois, je crois. Les après-midis au jardin étaient souvent un moment que j'accordais aux rêves et à mes réflexions d'enfant, entre les moments où l'on me demandait de participer. Je me rappelle la vue des paniers de haricots verts et des seaux de petit pois, les derniers passages dans le persil avant qu'enfin il ne soit l'heure de rentrer et laisser cette chaleur étouffante pour d'autres occupations plus intéressantes...
 
Retour à la grisaille 2007, je continue à frotter mes mains. Elles ne sont pas sales, elles sont terreuses, elles sont pleines de souvenirs.

mardi, 03 juillet 2007

Le camion blanc et les deux Miss monde

Après une petite excursion vendéenne pour des raisons bassement matérielles, la camionnette blanche file vers Angers en ce soir du 28 juin avec à son bord tout ce que la vie peut parfois compter de joie et de camaraderie.

Plus tôt dans l'après-midi nous étions descendus dans la campagne vendéenne pour y quérir le fameux véhicule indispensable au déménagement des deux Miss monde. Nous avions sillonné l'autoroute puis la nationale pour débarquer dans ce village au nom improbable (si si je trouve) et nous nous étions attardés dans cette maison aux allures si paisibles et accueillantes. Nous étions repartis à bord du petit camion, accompagnés par un envol de faisan-perdrix (oui, ça existe, enfin, ce jour-là, oui).

Et je suis là sur la banquette, assis entre mes deux Miss monde, nous nous époumonons pour chanter plus fort que l'autoradio, plus fort que Jean-Jacques Goldman et Michael Jones, plus fort que Marc Lavoine ensuite (pas trop dur, c'est vrai :-) ). On rit, on s'amuse pour profiter encore un peu de ce moment. Le soleil s'apprête à se coucher sur ce qui sera notre dernière soirée ensemble sous les poutres de votre appartement bien nommé. La route défile et je me prends à rêver que nous n'arrivions pas. Jamais.

Mais la route a une fin, comme les études. 

Alors vivement le 27, vivement Poupet.

 

lundi, 23 avril 2007

Parfum d'élections

Non, rassurez-vous, je n'ai pas l'intention de me lancer dans une analyse des résultats d'hier parce que d'autres font cela bien mieux que moi. Cette année je me suis intéressé bien plus que par le passé à la campagne (comme le prouve mon précédent billet), mais ce qui me reste en tête après ce premier tour, c'est la douce ambiance printanière, le décor perpétuel de ces dimanches d'élection qui habitent mes souvenirs ensoleillés.

Dans mes souvenirs d'enfance les dimanches d'élection restent ces matins où mon frère et moi accompagnions nos parents au bureau de vote dans l'école voisine que je ne fréquentais qu'à cette occasion (car j'allais à l'école ailleurs). Nous jouions tous les deux pendant que Papa et Maman faisaient la queue à l'intérieur derrière cette petite file de gens qui avaient tous à la main un petit papier bleu ou saumon selon les années. Mes parents saluaient toute une ribambelle de gens qu'ils semblaient ne rencontrer que ces jour-là.

Et puis il y avait l'attente. Tout l'après-midi, jusqu'au moment où PPDA (ou son confrère de France 2, mais là, pas de nom qui me vienne à l’esprit…) lance les quelques secondes de suspense avant que ne se dessine devant les yeux de tant de téléspectateurs médusés et inquiets soit le nom du ou des vainqueurs, soit la couleur dominante de la nouvelle France, celle qui sévira pour les quelques années à venir en attendant le prochain changement de tendance.

A ce propos, vous avez déjà remarqué à quel point les créatifs des chaînes doivent faire preuve d’imagination pour la mise en scène visuelle de ces animations qui ne resteront à l’écran que quelques secondes ? Moi ça m'a toujours épaté.

Et puis les commentaires des résultats par des gens aux allures souvent sinistres... les premiers longs soirs du printemps où l’on peut rester sans allumer la lumière jusqu’à ce qu’on aille se coucher. Ces soirs annonciateurs de l’été, sur fond de Roland Garros, de fête des mères ou de festival de Cannes.

Hier, avant d'effectuer mon propre devoir civique, j'ai accompagné mon ami lorsqu'il est allé voté dans sa ville. Pour la première fois, j'ai vu un autre bureau de vote, dans une autre école primaire. J'y ai trouvé ce même parfum désuet, celui de fouler, un dimanche de printemps, le sol d'une cours d'école. Comme quand j'avais 10 ans.

mardi, 27 mars 2007

Un an tout juste

Il y aura un an demain, pour la toute première fois j'ai réussi à parler, à ouvrir un peu de moi à quelqu'un.

J'avais rassemblé tout mon petit courage dans mes mains. J'avais raconté mes petites misères dans un mail envoyé à une asso LGBT de ma ville. Pour franchir le pas, j'avais accepté de rencontrer la présidente de l'asso de vive voix, en chair et en os, et avec mon coeur bondissant.

Le rendez-vous était fixé à 18h15. J'avais passé plus de trois heures à arpenter les rues du centre-ville à imaginer comment cela se passerait. Si j'en aurais le courage. Si j'allais vraiment le faire. Combien de temps j'y resterai. Si je trouverai les mots. S'il y aurait une suite ou, plutôt, si ce serait un début.

Je connaissais le quartier par coeur. C'est celui de ma vie d'étudiant, un trajet quasi-quotidien dans une rue pavée devant cette porte au drapeau arc-en-ciel que je n'avais encore jamais vue ouverte. Et pourtant c'étais si dur de me convaincre que cette fois j'y entrerai. Je savais qu'on n'allait pas me manger (pas si vite, quand même !). Et pourtant, et pourtant... 

C'était un des premiers après-midi ensoleillés du printemps. Ma tête bouillonnait au rythme des questions qui fusaient en pilotage automatique. Et si je renonçais. Et si je refermais le couvercle. 

L'heure fatidique est arrivée. Je me suis planté devant la porte, puis je lui ai tourné le dos. Pour retarder un peu l'échéance, j'ai sorti machinalement mon portable comme pour m'accrocher une dernière fois à quelque chose de rassurant avant de plonger. Et puis j'ai entendu la porte s'ouvrir derrière moi. Elle venait me chercher pour me donner le courage de faire les derniers pas.

Je suis entré tout tremblant. Elle m'a souri. Elle m'a écouté. Elle m'a félicité. J'étais stressé au possible, un peu confus, un peu perdu. J'y suis resté un peu plus d'une heure et demie. Je suis reparti chamboulé, mais fier.

Je crois que j'arriverais à me rappeler chaque élément du décor même si je n'y suis jamais retourné.

Ce fut une éclosion tardive et je n'ai pas d'autre excuse que d'avoir fait comme j'ai pu, quand je l'ai pu.

Lorsque je me retourne aujourd'hui sur l'année écoulée, j'ai parfois presque le vertige en voyant ce qui s'est passé, en comparant ma vie d'alors et celle d'aujourd'hui. Le chemin est encore long, bien sur.

Cet été, une amie m'a écrit par mail que depuis, je suis simplement un peu plus moi. C'est la meilleure des conclusions.