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lundi, 28 avril 2008

Un cor, une trompette, un poste

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27 avril 2008 
 
Un cor, une trompette et un poste de radio pour les accompagner. Ils ont tous deux la cinquantaine grisonnante et le sourire jovial. Nous sommes dans la ligne 12 du métro qui nous emmène vers Montparnasse et eux jouent un petit air joyeux et sympathique qui sert de générique de fin à notre week-end parisien...
 

Je garde un oeil sur les stations qui s'égrainent avant le cap fatidique tout en essayant de me remémorer chaque lieu traversé chaque moment vécu. Dans l'ordre chronologique d'abord...
 
L'arrivée à la gare et toi au bout du quai, ma toute première ascension dans la tour Eiffel ce vendredi, notre dîner sur les Champs, la promenade dans le 10ème vers l'hôtel...
 
Hélas, les stations défilent trop vite et je ne pourrai refaire en moi le film intérieur de nos deux jours avant la fin du trajet, j'essaie de ne garder que le meilleur.
 
Il y a nos deux matins ensoleillés, et, au détour d'une rue, ma question innocente "Ah tiens ça a l'air bien cette chose, là, on dirait que c'est le bout d'une église qu'on aperçoit, non ? on pourra s'en approcher tout à l'heure ? ..." Ce bout d'église qui était en fait l'un des clochers de Notre Dame... notre petit trajet à St Michel, notre pause au bord de la Maine Seine, le diner à Montmartre, la petite croisière improvisée à la dernière minute...
 
Le musiciens se sont décidés, assez pour ce wagon, comme à l'habitude, il vienne réclamer à leur petit auditoire une éventuelle récompense avant d'aller dans la voiture suivante exercer leurs talents. La fin du trajet sera privée de musique, vite, je retourne fouiller dans mes souvenirs les instants que je veux graver le plus intensément...
 
Ce petit déjeuner en terrasse au soleil tout près du forum des Halles en ce charmant dimanche matin. Je crois que c'est là mon meilleur moment du week-end... Et puis nos nombreux trajets dans le métro, mes commentaires éclairés sur les affiches du spectacle de Jean-Luc Lemoine, la dernière pause aux Tuileries, La course pour avoir le dernier métro à la Concorde vendredi soir...
 
Je me sers un peu plus près de toi, ma main contre toi. Il ne reste quasiment rien du trajet de métro, les deux jours touchent à leur fin alors que nous entrons dans la gare où nous devrons nous séparer à nouveau.
 
J'ai joué au touriste et j'aimé ça. Deux jours avec toi, un grand beau temps, mais le temps toujours si court. Le plaisir d'y être allé et la tristesse de repartir.
 
Paris. Et l'envie d'y retourner. 
 

dimanche, 06 avril 2008

Dimanche...

Lorsque j'étais enfant, il y avait un moment de la semaine que je détestais. Le dimanche soir. Avec mes parents et mon frère nous regardions Maguy sur france 2 antenne 2. Savourer amèrement les derniers moments du défunt week-end tandis qu'une pointe de cafard monte sournoisement en moi dès le début du générique. Je voulais que l'épisode n'ait pas de fin, je voulais pouvoir rester là sur le canapé et oublier qu'il y aurait un lendemain. Cette série, grand chef d'oeuvre audio-visuel s'il en est, faisait résonner en moi des sentiments ambivalants. Elle était à la fois le motif du dernier rassemblement familial sur le canapé et le déclencheur de toutes les angoisses qui allaient commencer à me ronger une fois l'épisode achevé.
 
(autre souvenir du même accabit : l'insupportable générique de 7 sur 7, si si rappelez-vous)
 
Pourtant lorsque j'étais enfant je me plaisais beaucoup à l'école. J'étais plutôt un bon élève, content de venir à l'école mais le temps de chaque week-end je réapprenais à m'attacher à la maison familiale au point de ne plus vouloir m'en détacher à l'arrivée du moment fatidique.
 
Chaque semaine je sentais le moral baisser au ryhtme que le dimanche déclinait avec bien sur une accentuation notoire les dimanches de temps gris et pluvieux. Cafard, bourdon, spleen et blues se donnaient alors rendez-vous pour venir hanter ma nuit et tourmenter mon sommeil dès lorsque j'éteignais la lumière...
 
Il y a longtemps que je n'avais ressenti ça. Et bien ce soir, j'y suis (tiens bah ça remonte pas le moral d'écrire ça...).
 
Ma consolation, c'est que, comme au temps de mon enfance, le dimanche aura une fin, le cafard et ses complices devront retourner se cacher.

jeudi, 17 janvier 2008

Chemins croisés, à quarante ans de distance

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Chemins Privés, François Boivin. 
 
Par un complet hasard, j'ai eu l'occasion de lire ces derniers jours un livre écrit par un homme qui a passé son enfance dans une propriété toute proche du hameau où vivaient mes grands-parents maternels. Ceux-ci ont d'ailleurs travaillé pour les parents de cet homme pendant de nombreuses années. Aujourd'hui agé de 65 ans, il raconte dans ce livre de nombreux épisodes de sa vie à travers des nouvelles souvent cocasses, parfois très touchantes. L'ordre de ces nouvelles ne respecte pas la chronologie, on se prend ainsi au jeu amusant de recoller un à un les morceaux de sa vie et brosser une sorte de portrait intemporel.
 
Ce livre est bien écrit, il est bourré d'émotion, de sourires, de moments tendres. Mais surtout, ce livre me parle à moi, différemment du lecteur lambda. Il décrit entre autres des lieux dans lesquels j'ai passé tant d'après-midi de vacances, dans lesquels je me suis promené tant de fois... quarante ans après lui. Ce livre est aussi et surtout peuplé de personnages qui ont été cités si souvent dans les conversations de familles de mon enfance. J'y ai même retrouvé des expressions que je n'avais entendu ailleurs que dans la bouche de ma grand-mère, décédée il y a un peu plus de trois ans.
 
Je n'ai jamais rencontré cet homme qui vit aujourd'hui dans le sud de la France mais lorsque j'étais enfant, j'ai souvent vu sa mère, aujourd'hui décédée, et sa tante dont il parle abondamment dans le livre.
 
C'est une sensation vraiment étrange que de lire dans un livre les impressions ressenties par un autre sur des personnes ou des lieux que l'on connait soi-même. Bien sur, je ne prétends pas avoir un point de vue comparable mais je me suis amusé à retrouver derrière ses mots bien des choses que ma mère m'a confiées par ailleurs et d'autres que j'ai constatées par moi-même.
 
Et puis il y a une chose en particulier qui m'a ramené à mes propres souvenirs, un parrallèle amusant que je voulais rapporter ici. Il raconte que sa mère conduisait dans le village la 5CV familiale, notamment pour le déposer parfois à l'école, alors qu'elle n'avait pas le permis (il précise d'ailleurs "heureuse époque").
 
Il ne le saura jamais mais, quarante ans plus tard, je devais avoir 6 ans, sa mère conduisait toujours, et cette fois, c'est moi qui était sur la banquette arrière de sa voiture (une AX en lieu et place de la 5CV ) aux côtés de mon frère, ma grand-mère était assise sur le siège passager. Elle se gare le temps d'un petite course dans une rue en pente du village, nous laissant tous les trois dans la voiture et oubliant de serrer le frein à main... Nous avions commencé à descendre la pente lorsque mon frère bondit sur le frein à main.
 
L'histoire ne dit pas si dans les quarante années d'intervalle elle avait passé le fameux permis.
 
J'ai aimé ce livre parce qu'en quelque sorte il a fait revivre ma grand-mère dont j'avais l'impression qu'elle était à côté de moi pendant ma lecture. J'ai aimé ce livre parce que je me suis revu enfant, écoutant les conversations d'adultes entre ma grand-mère et sa mère, je me suis revu accompagnant ma grand-mère pour nourrir les chiens de ses deux tantes, souvent absentes. J'ai aimé ce livre parce qu'il m'a paru juste et sincère et aussi pour tant de choses qu'il raconte avec malice.
 
A vrai dire j'hésite presque à contacter l'éditeur pour demander une adresse où lui envoyer un message de remerciement. Mais je ne saurais pas trop quoi dire. Ca n'aurait peut-être pas de sens. Je ne sais pas.

jeudi, 10 janvier 2008

Traumatisme noisetien

Oui, j'ai décidé une nouvelle fois de profiter de ce blog pour régler mes comptes avec mon moi profond et bidouiller mon autothérapie... (je vous avais déjà parler de Oui-oui et le crabe dans Oui-oui à la plage et de mon petit poney, ici)

Vous allez le voir dans ces lignes, Casse-Noisette et moi, c'est une histoire douloureuse. (et pas que pour les noisettes ;-)) 

Dans mon collège, les profs avaient pour habitude de demander aux élèves de dessiner une petite page de présentation pour leurs cahiers de chaque matière. Pas grand-chose bien sur mais au moins écrire joliment le nom de la matière sur la première page, agrémenté d'une touche de couleur ou de style qui voudra bien attester d'un minimum de bonne volonté. Un truc à la con, quoi.

Le deuxième lundi suivant la rentrée de 6è nous voici correctement installés dans la salle dévolue aux cours de musique. C'était le deuxième et dernier cours de notre après midi (qui se terminait à 15h40, le bon temps). Le prof commence à passer dans les rangs pour jeter un oeil sur nos pages de présentation. Subitement, il me vient une interrogation. Tiens je me rappelle absolument pas comment je l'ai faite, moi, ma page de présentation... Mais alors vraiment pas... Le trou de mémoire...

Le prof a commencé par la rangée où je me trouve alors que je commence à m'agiter pour trouver mon cahier. Il est à deux mètres devant moi lorsque je saisis le cahier en question, un peu paniqué par mon absence total de souvenir au sujet de cette page. Il en termine avec mon voisin de devant et se tourne vers moi au moment même où j'ouvre mon cahier pour y découvrir une première page remarquablement...

remarquablement blanche !! mais... mais c'est horrible ! c'est une catastrophe... Je vais mourir écrasé par la honte et la culpabilité. Moi, 11 ans, qui suis toujours si parfait, j'ai complètement oublié. Si ma page est blanche, je sens bien que mes joues sont rouges, très rouges. Le prof n'est pas content. Et moi, j'aimerais me cacher sous la table. Me mettre des giffles. Comment j'ai pu oublier de faire ça ? Pourquoi je l'ai pas noté dans mon cahier de texte ?

Nous sommes deux dans la classe à avoir commis cet impair. Je m'en veux. Affreusement. Le prof de musique va me cataloguer comme cancre. Il va en parler à ses collègues, ils vont se moquer de moi, le prof de musique va me prendre en grippe pour toute l'année. Pire c'est le seul prof de musique du collège, il va me prendre en grippe pour quatre ans. Mais qu'est-ce que je vais devenir...

Contre toute attente, et malgré un effroyable sentiment de honte, je parviens à survivre à ces minutes douloureuses, et le cours se poursuit. Ce jour-là, nous écoutons le thème de Casse-Noisette. Et moi pendant ce temps, je suis toujours rouge. Je rumine intérieurement, contre moi. Il n'y a rien de plus de la part du prof qu'un regard neutre et l'obligation de faire la page pour la semaine suivante mais moi je m'en veux déjà tellement.

Et depuis, parfois je m'étonne de voir à quel point on peut associer des sentiments à certaines sensations. Comme si ma culpabilité s'était imprimée sur la musique de Casse-Noisette. Parce qu'ensuite, pendant des années, à chaque fois que j'ai entendu les quelques notes qui entament le thème de casse-noisette, j'ai toujours été pris d'une angoisse immédiate et injustifiée. C'était toujours cette histoire de page blanche qui venait me rappeler mon oubli. Cette musique me met mal à l'aise, elle me donne le cafard, l'envie de chercher un endroit où me cacher.

Aujourd'hui ça me fait rire de voir à quel point ça me perturbait cette histoire d'oubli. J'étais vraiment un petit con, en fait :-D . Le pire c'est que j'ai cru pendant longtemps que le prof de musique me détestait juste pour ça.

Alors donc je profite de ce blog pour clamer haut et fort que cette page de présentation je m'en balance (oh la la, comme j'y vais fort !!!). Et je me libère aujourd'hui de ce fardeau qui m'a accablé si longtemps.

Voilà, ça c'est fait... suite des travaux psychologiques prochainement. (y a du boulot...)

jeudi, 08 novembre 2007

Rêve sur catalogue

67a0428aecbe7bb4d55a4adcb0fe3d97.jpgAh novembre ! le mois du catalogue de jouets. Tant d'heures passées à feuilleter, à contempler, à imaginer.

Toujours le même déroulement. Le première pages dévolues aux peluches. Pas grand intérêt mais je les regarde malgré tout parce qu'il serait tout de même fort regrettable de passer à côté de quelque chose d'intéressant, on sait jamais ce qui peut se cacher entre deux gros ours (et puis c'est mignon des fois, mais ne le répétez pas, hein).

Les jouets pour les tout-petits. Pffff... ce que ça peut être inintéressant. Nan mais vraiment. Cette espèce de grenouille, là, elle est moche en plus. Ils peuvent pas leur faire des jeux normaux aux petits ? A croire que non, des jeux de construction débiles, des personnages diformes. Une honte. Oh tiens, un camion avec des voitures, ça a l'air pas mal. A mince, celui d'à côté vient de voir quelle page je suis entrain de regarder... vite, on tourne.

Alors là, c'est le pompon. Le pire qu'on puisse envisager. Les jouets de filles. N'importe quoi. C'est vraiment nul les filles pour avoir envie de jouer avec ça. En fait j'aime bien m'attarder sur les pages de jouets de filles pour mieux apprécier la suite. Une sorte de calvaire qui me ferait mériter la qualité des pages suivantes. Et puis je peux me gausser. Elles ont vraiment l'air cruche ces gamines en photo à jouer avec la première poupée venue. Et vas y que j'habille ma poupée, et que je chante dans un faux micro tout rose (nan mais t'as déjà vu un micro rose à la télé ? RI-DI-CULE), et vas y que je me fais une fausse mèche de cheveux. On atteint le paroxisme avec les fausses poussettes et les dinettes. Y a pas à dire, les filles c'est vraiment nul.

A mesure que les poupée défilent, je tourne les pages de plus en plus lentement en me disant que chacune d'elles me rapproche un peu plus des choses sérieuses. Enfin, un peu de bleu. Les jouets pour garçons.

Attention, ne nous égarons pas, il faut savoir conserver un minimum de discernement, tout n'est pas intéressant dans ces pages, loin de là. Passons rapidement sur les figurines pour les gamins, les trucs un peu bête. Les déguisements aussi, c'est pas bien. Et là, enfin, voici la pages des robots. Les Tranformers. Le bonheur. Tout simplement. Vraiment, ça valait la peine de passer par les pages filles pour en arriver là. Les voitures aussi sont pas mal. Je regarde tout, je retiens par coeurs, je compare. Ah vraiment, ils savent faire des trucs pas mal, moi je dis. Je tourne une page, je reviens en arrière. Il y a aussi les circuits de voitures. Toujours intéressant de regarder les tracés, deviner les modèles de voiture. Les légos, aussi, enfin ceux pour les grands de neuf ou dix ans comme moi, hein. Je contemple. Mon regard s'évade un peu puis retourne au catalogue. Hélas les pages dignes d'intérêt ne sont pas nombreuses. Une fois les voitures télécommandées passées, nous arrivons dans les articles de sports pour footeux décérébrés.

On enchaîne alors des pages plus ou moins bonnes. Les loisirs créatifs, certains sont pas mal mais c'est quand même beaucoup pour les filles (et puis les filles, c'est nul). les jeux de société, ça se regarde. Les trucs de musique, j'y comprends pas grand-chose. Quelques jeux vidéos, pour les plus grands.

Et puis les dernières pages avec ces concours toujours aussi débiles. Tu fais un dessin d'un animal ou quelque chose d'autre, tu le déposes dans un magasin et tu peux participer à un concours avec 5000 peluches à gagner. D'abord mes dessins, je les garde pour moi et en plus je ne vois vraiment pas où est-ce que je pourrais ranger ces 5000 peluches si je gagnais le concours. Simplement, je m'interroge tout de même, j'essaie d'imaginer la taille du camion qui viendrait me livrer toutes mes peluches. Enfin bon, passons.

Verdict, il est plutôt pas mal ce catalogue. Je le mets de côté, je le rangerai sous ma table de nuit toute à l'heure pour le relire demain soir.

 

***

 

Pour finir, petit constat amusant. Hier soir, je me suis mis à feuilleter un catalogue comme à la bonne époque. Alors c'est plus moderne qu'il y a quinze, ans, forcément. Mais ça a très peu changé en définitive. Le même ordre de présentation et les même types de jouets pour la plupart. Et puis les filles, c'est toujours aussi nul. :-D

 

dimanche, 28 octobre 2007

Comme un baiser victorieux

C'était une fin d'après-midi, après ma journée de cours, j'étais dans le bus qui me ramenait chez moi. J'étais vers le milieu du bus, débout contre une fenêtre du côté droit. Le bus arrive au petit rond-point qui fait face à l'entrée de l'université catholique. C'est un endroit cosmopolite sorte de symbole de l'ouverture de la ville sur l'étranger. On peut y trouver toutes les langues, toutes les origines. Devant l'entrée se trouve une petite place triangulaire dont la pointe vient border le rond-point.

Comme à l'habitude les gens se croisent et défilent sur le triangle. Le Bus commence à s'écarter pour sortir du rond-point. Il y a une demi-douzaine de passants, silouhettes vétues de noir du fait de la saison encore fraîche. Des piétons traversent et obligent le bus à s'arrêter tout à côté du triangle. Et tout à coup elles sont là sur la petite place à quelques mètres du trottoir, à quelques mètres du bus.

L'une s'était approchée de l'autre rapidement. Elle avait approché son visage tout près. Si près, ça en devient étonnant.

Elles devaient avoir un peu plus de vingt ans, plutôt jolies. Le bus voyait surtout le visage de celle qui s'était approchée. Et puis comme une piqûre soudaine dans l'habitude de mon trajet quotidien, elles se sont embrassées. Le bus était toujours à l'arrêt, comme captivé par l'entorse aux règles de bonne conduite dont il était témoin. Le bus est pris au dépourvu, surpris. L'une d'elles se retourne et remarque l'étonnement qu'elle vient de susciter. Alors, heureuse de son petit effet, elle allume son plus grand sourire et se met à lever les bras en direction du bus comme pour faire partager sa joie et sa fierté.

Le bus n'avait encore jamais assisté à un baiser entre filles, ni entre garçons d'ailleurs. Il a été parcouru pas un léger murmure, il a rougi discrètement puis il a repris son chemin. Et il s'est mis à sourire.

dimanche, 07 octobre 2007

Retour aux sables

J'ai passé les premières vacances dont j'ai de véritables souvenirs aux Sables d'Olonnes. 1987 et 88. J'avais donc cinq ans la dernière fois. Je n'y étais jamais retourné jusqu'à hier. Dix-neuf ans.

 

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J'en ai toujours gardé des souvenirs très précis et même détaillés. L'appartement où nous logions, avec le lit superposé. La plage. Les promenades le soir sur le port. Les sardines que mon père se préparait pour le petit-déjeuner. L'interminable collection de bâtiments qui faisaient face à la mer. Le lait à la fraise que je buvais à la paille le soir (pourquoi uniquement aux Sables? je ne sais pas). Le bruit des moteurs du passeur qui nous permettait de passer d'un côté à l'autre du port sans avoir à tout contourner. Et puis et puis... le phare rouge et le phare vert. Ceux de l'entrée du port, évidemment. J'avais cinq ans et j'étais omnubilé par ces deux phares, leur couleur peut-être. A la maison, ma mère avait décidé que le vert serait ma couleur (serviettes, brosse à dents...) donc le phare vert, il était en quelque sorte un peu à moi. Je faisais une fixation. Je voulais aller les voir tous les jours (je n'étais pas un enfant très difficile à satisfaire).

Hier je suis donc revenu promener mon regard sur ces mêmes endroits. Et j'ai repensé à la note précédente et au commentaire sur l'occasion de retrouver son âme d'enfant. Hier j'ai retrouvé les couleurs des deux phares, j'ai entendu à nouveau le passeur qui fait toujours son devoir en chantonnant le même refrain et je me suis même amusé à me rappeler le goût du lait à la fraise.

Merci à ceux qui m'ont proposé cette journée. Merci à celle qui m'a persuadé d'y aller. 

(c'est sûr, c'est pas avec du lait à la fraise que mes moustaches allaient pousser :-D).

mardi, 02 octobre 2007

Réminiscence

C'est toujours étonnant comme des bribes de l'enfance peuvent refaire surface si rapidement. Il suffit d'une voix, d'une odeur ou parfois la combinaison des deux pour retrouver des sensations perdues mais pas toujours regrettées.

Coup de sonnette impromptu ce midi dans la maison. Les voix de l'une de mes tantes et son mari. Pas revus depuis des années. Rappelez vous, ma tante Monique, elle tenait un rôle de figurante dans l'épisode des vaches et du tobogan.

Une foule de souvenirs plus ou moins confus reviennent en pagaille. L'affaire du tobogan bien sur et puis tous ces moments passés chez eux au pays du monde rural que je fréquente beaucoup moins maintenant. Le petit bourg, le hameau, les vignes, les arsouilles (comme on dit chez moi) et les chasseurs. Les semaines de vacances passées là-bas avec mon frère. Les oeufs de ferme cuits au micro-onde (si si je m'en rappelle très bien). Le jambon Fleu*ry Michon acheté dans du plastique, je n'en avais jamais vu ailleurs, un comble au milieu de la campagne, les après-midi à jouer au tour de France avec des billes et des figurines en plastique en faisant des circuits dans le bac à sable...

Et puis le jour où j'avais pleuré parce qu'un brin de paille m'avait écorché la cheville (oui, je souffrais A-TRO-CE-MENT, quoi qu'en disent ceux qui se moquaient honteusement de moi ce jour-là). Le jour où j'avais pleuré parce que mon frère et mon cousin allaient trop vite à vélo. Le jour où j'avais pleuré parce que j'avais peur du grand chien. Le jour où j'avais pleuré parce que j'étais tombé dans la douche. Le jour où j'avais pleuré parce que ma tante me disait "si tu ne bois pas de vin, tu n'auras pas de moustaches qui pousseront". Le jour où j'avais pleuré parce que les gens riaient de moi ce qui me faisait pleurer encore plus.

Oui, revoir ma tante Monique et son mari a tendance à me donner le sentiment que j'ai passé les dix premières années de ma vie à pleurer, ce qui n'est pas totalement faux. Les choses ont bien changé depuis.

Je ne les aime pas beaucoup. Mais je ne sais pas si c'est pour ce qu'ils sont ou pour ce qu'ils me renvoient de moi, de l'époque ou je n'avais pas encore appris à me cacher. Et pourtant parfois j'aimerais être à nouveau le petit garçon qui courait dans la grande allée devant chez eux. C'était tellement plus simple.

samedi, 29 septembre 2007

Collège...

J’ai quatorze ans, je suis au collège, en troisième, je crois.  Il y a deux jours, S. a annoncé qu’il faisait une fête pour son anniversaire (il me semble que le mot boom était déjà bien passé de mode). Il a dit que nous serions tous invités. Il arrive aujourd’hui alors que nous sommes en cercle dans un coin de la cours et annonce qu’il a les invit’. 

Il ouvre son sac pour les sortir, j’ouvre le mien pour y ranger bien précautionneusement celle que je vais recevoir (dans mes souvenirs de collège, mes sacs à dos ou mes cartables font toujours environ 2m3 et 250 kg).

Il commence la distribution, je saisis la pochette rouge dans laquelle je trouve le plus judicieux de ranger le précieux carton.

Il poursuit la distribution, je sors ladite pochette et glisse mes doigts sous les élastiques qui la maintiennent fermée.

Il termine la distribution, je fais semblant de chercher quelque chose dans la pochette pour donner le change. Non, non, ça ne me fait rien de savoir que lorsqu’il disait « vous êtes tous invités », le « tous » ne m’incluait pas, vous pensez bien, ça ne me fait rien du tout (il y a juste une petite voix dans ma tête qui déclame que si la maison de S. pouvait brûler le jour de la petite fête, et ben ça me ferait plutôt chaud au coeur).

Je n’aimais pas particulièrement S., et je n’avais pas spécialement envie de devenir un de ses copains (non, je vous assure, en plus, physiquement, c'était pas vraiment ça :-) ), mais lors des semaines précédentes, nous avions eu quelques discussions dont les sujets m’échappent aujourd’hui et je croyais simplement faire partie de gens qu’il aurait eu envie d’inviter. Je me serais senti un peu plus intégré que je ne l’étais. S. était l’archétype du garçon catalogué cool et plein de personnalité, lui, le genre de gars avec lequel il était de bon ton de bien s’entendre pour être considéré comme quelqu’un d’intéressant à tout point de vue.

En retrouvant ce souvenir bien enfoui (enfuit ?) , je me rappelle à quel point j’étais triste et aussi capable de faire fi et refouler ma déception. Je n’en ai pas voulu à S. (qui n’a rien à se reprocher de toutes façons) mais je m’en suis voulu à moi d’y avoir cru. Les garçons comme S. ont une sorte d’aura, comme un pouvoir médiatique, le fait d’être à leur contact change positivement le regard de la majorité silencieuse sur vous. Voilà à peu près ce que je pensais à l’époque, à la différence qu'à ce moment, je n’étais pas capable de le formuler ainsi.

Des années plus tard on s'est croisé je ne sais plus où et j'avoue avoir pris un grand plaisir à le snober sans m'en cacher alors qu'il me cherchait du regard. J'aime penser qu'aujourd'hui S. est sans doute peut-être un gros bof qui se prend pour un exemple. Oui, ça fait du bien de dénigrer un peu (et sans aucune mauvaise foi, bien sur) les gens qui nous ont fait du mal parce qu'on se croyait inférieur à eux. C'est plaisant aussi de constater qu'en vieillissant on passe tellement au dessus de tout ça. Aujourd'hui, ça me paraît tellement insignifiant.

Et puis je suis très zen en y repensant (la prochaine fois, ton invit'à la con, tu pourras te la garder, merdeux !!), tout à fait zen. 

mardi, 18 septembre 2007

La même gestuelle ( le Chateau dans le ciel )

Janvier 2003. Samedi soir au cinéma avec des amis. Je ne sais plus pour quelle raison nous avons changé au dernier moment le film que nous allions voir (plus à l'affiche ou plus de places je ne sais plus, d'ailleurs, je ne me souviens pas du tout quel film nous avions prévu de voir). A la place, ils ont décidé qu'on irait voir un dessin animé japonais dont je n'avais jamais entendu parler, réalisé par un gars apparemment super connu, Miaquelquechose. Je suis arrivé dans la salle en ne sachant absolument rien sur le film si ce n'est que c'est un dessin animé japonais.

Je me rappelle avoir passé une bonne partie du trajet vers le cinéma à me répéter le titre du film en tête pour ne pas me trouver bête à la caisse du cinéma, parce que le titre n'était pas très marquant. Le Chateau dans le ciel.

Le Chateau dans le ciel. Le Chateau dans le ciel. Le Chateau dans le ciel.

 

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Je me suis rapidement aperçu que le film n'était pas récent, mon oeil habitué aux mangas japonais qui ont animé mon enfance n'était pas dupe, je l'ai situé dans le milieu des années 80. Il y avait cette poésie dans le début de l'histoire la liberté de s'échapper du monde connu et aller au delà avec toutefois des rappels familiers, mélange adroit d'un monde imaginaire et de l'Europe de la révolution industrielle.

La bande annonce du film pour ceux qui ne connaissent pas

 

 

Je suis tout à fait client de ce genre d'ambiance. Je suis dans le film, complètement. Il y a cette histoire et ce monde qui me plaisent. Et puis autre chose que j'ai du mal à cerner complètement. Jusqu'à une sorte de révélation. Je suis assis sur mon siège à me dire "mais oui, c'est ça ! c'est ça !".

Il y a au milieu du sérieux de l'histoire des touches d'humour bon enfant et puis surtout il y a cette façon dont les personnages bougent, leur manière de courir surtout. Tout à coup, j'ai revu le professeur Moriarty et ses deux accolytes prenant la fuite. J'ai revu l'inspecteur Lestrad et toute la horde de policiers à leur trousse. J'ai revu les méchants s'enfuir dans leur drôle d'appareil volant rose.

Le film a pris une autre importance. Ce soir là dans la salle, j'ai presque vingt ans et j'en ai huit en même temps. Il y a vraiment une ressemblance qui ne peut-être due au hasard. 

Le film est fort, il est riche, il m'a transporté complètement, il a parlé au petit garçon qui est en moi. Et surtout, j'en suis sorti avec le plaisir surpris d'avoir retrouvé un morceau de mon enfance, perchée entre les traits du dessinateur. Evidemment les jours suivants je me suis empressé de vérifier que l'auteur des premiers épisodes du dessin animé de Sherlock Holmes était bien ce même Miyazaki avec la fierté d'avoir reconnu la même gestuelle dans ses personnages (et j'ai même appris qu'il avait fait d'autres petits films qui ont un petit peu marché, si si).

 

Pour le plaisir et pour rafraîchir les mémoires, le générique dont l'intro me file toujours quelques frissons.