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mardi, 09 octobre 2007

Première pluie

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L'appel des premières gouttes sur la vitre vient donner le ton. Alors que la fenêtre entre-ouverte laisse passer la fraîcheur de la première averse, la danse humide et saccadée qui se donne en spectacle sur le toit inaugure pour de bon la saison du parapluie.

samedi, 22 septembre 2007

Fraîcheur

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C'est un après-midi de fin d'été encore engourdi par la chaleur. Le sentier emmène toujours plus profondément, à l'écart. A l'abris. Une à une, les sensations de la ville se sont estompées jusqu'à devenir de vagues rumeurs, des souvenirs confus.

La balade est paisible en ces lieux. Il ne subsiste que le sentier, les arbres qui le bordent, la lumière entre les branches et cet air léger qui vient flatter doucement la joue et l'oreille. La marche se poursuit sans effort au gré de l'esprit qui prend plaisir à vagabonder, léger, espiègle, souverain. Il y a dans cet endroit la fraîcheur bienvenue, celle qui délasse et qui ravive.

Une douce rafale vient rendre la promenade plus sonore et plus réelle. Un mot, tranquillité.

Le bruit d'un camion dans la rue. La séance est terminée. 

lundi, 09 juillet 2007

Féérique Feist

Féérique, c'est le mot qui m'est venu lorsque j'ai découvert ce clip à côté duquel j'étais passé à l'époque.

 

Feist, Mushaboom

jeudi, 14 décembre 2006

Embarqué

Pour cause de réunion, j'ai dû quitter la salle où je travaille habituellement et j'ai pris place dans un bureau tout à côté.

Il y a au mur une très belle photo, une de ces images qui transportent le temp d'oublier. C'est une photo d'un lac, au soir tombant avec une barque au premier plan et, dans l'eau, les reflets de la rive opposée et des nuages teintés d'orange qui tapissent le ciel. Cette photo respire la tranquillité. J'y reste un moment à me laisser glisser sur la barque, frayant mon chemin entre les roseaux, allant rejoindre l'autre rive avant que la nuit ne vienne masquer le panorama.

J'ai quitté la première rive que l'ombre a définitivement gagnée. J'avance sans bruit, le silence est complet, il y a longtemps que je ne me suis pas senti aussi détaché.

A mesure que je progresse, le ballet des vaguelettes dicté par la barque vient ternir le reflet du ciel dans la surface et c'est un mur jaune qui s'y dessine. La porte est ouverte, quelqu'un passe dans le couloir, dehors, le marteau piqueur redonne de la voix.

Allez, tu vas bosser un peu, là quand même, pfff... t'as pas bientôt fini avec ces conneries... 

dimanche, 05 novembre 2006

Les jours sombres

Lorsque j'étais enfant, je passais chaque année au moins une journée de mes vacances de la Toussaints chez ma grand-mère, à la campagne. C'était chaque année la première fois que je découvrais les alentours, pourtant bien connus, avec le filtre assombrissant de l'heure d'hiver. Vous savez, quand les chemins de terre portent cette humidité tenace en surface, quand on se prend à garder les mains dans les poches et à baisser parfois la tête en marchant pour éviter que le froid ne s'engouffre trop parce que l'écharpe n'est pas encore redevenue un réflexe, quand l'obscurité vient surprendre une sortie un peu trop aventureuse.

Ce jour, c'était souvent le mardi parce que c'était jour de marché dans le village qu'habitait ma grand-mère. Alors c'était l'occasion, le matin, d'aller chercher un peu de vie à quelques kilomètres du hameau isolé. Ambiance cliché du bourg de village un peu vieillissant avec les étalages couleur "vieille France",  les poissons qui me faisaient un peu peur dans leur glace pilée, le crémier que je trouvais gentil et puis il y avait les vêtements. Un marchand de robes, toujours un peu à l'écard, à droite de l'église. Des robes qui paraissaient déjà vieilles (à l'époque je ne réalisais même pas qu'elles étaient neuves), je ne les imaginais pas sur quelqu'un d'autre que ma grand-mère ou certaines de ses "semblables" que l'on croisait à peu près tous les dix mètres sur la place du marché. Les conversations n'en finissaient pas, de commérages en banalités météorologiques, le marché était comme un lieu d'information par excellence pour qui voulait tout savoir des moindres faits et gestes de madame Untel ou sa voisine. Ca m'amusait assez.

Ensuite, il était temps de rentrer vers les hauteurs isolées où se trouvait le lieu-dit dans lequel vivait ma grand-mère. A la saison sombre, l'endroit prenait des allures différentes. Fini, les couleurs chatoyantes d'octobre lorsque le brun des feuilles restante vient se confondre avec la terre apparente ou le bois humide et froid. Je trouve qu'à ce moment de l'année, cet endroit devient inhospitalier pour celui qui ne connaît pas. La route n'est fréquentée que de façon intermittente par de rares voitures ne faisant que passer, les fossés paraissent piègieux, le vent est le seul à se faire entendre.

Pourtant j'aimais ça. J'aimais cette ambiance sombre comme j'avais apprécié la gaieté du printemps précédent. En face de la maison de ma grand-mère se trouvait une sorte de petit manoir occupé par une dame âgée avec quelques dépendances en triste état et des arbres dont les silhouettes ajoutaient au caractère sinistre de la bâtisse que vous voyez ici de loin, à travers les chardons.

medium_Copie_de_Copie_de_DSCN0077.2.JPGMon frère se plaisait à dire qu'il y avait quelque chose du château de la famille Adams. Pour compléter le tableau, ajoutez un gros terre-neuve (c'est un pléonasme) qui se cantonnait à l'extérieur et semblait roder autour de la propriété, ajoutez enfin que la propriétaire était très souvent absente. Ma grand-mère s'occupait alors d'aller nourrir le chien enfin de journée lorsque la nuit était déjà installée. J'adorais l'accompagner.

L'endroit avait quelque chose de lugubre, c'était plaisant d'être l'un des "connaisseurs". Je me sentais plus qu'un simple passant lambda qui aurait voulu s'aventurer là, attiré par l'atmosphère mytérieuse du lieu. La nuit venue, j'aimais imaginé qu'il pouvait s'y passer des choses, sans trop savoir quoi, j'était fasciné par l'ambiance presque digne d'un cimetière.

Et puis on rentrait dans la petite maison de ma grand-mère de l'autre côté de la route, allant s'abriter à la lumière, attendant que nos parents viennent nous chercher mon frère et moi, nous ramener vers la ville, plus accueillante, mais pas aussi "habitée".

jeudi, 28 septembre 2006

Marche nocturne avec Emilie Simon

medium_DSCN5052.jpgHier soir. Je viens d'envoyer un mail important à mes yeux. Je crois que je suis un peu perturbé. Il y a une vague soirée à laquelle "on" a dit que je passerai dans un bar en ville. J'y vais, je me gare en ville et puis je m'accorde une petite marche de réflexion avant d'entrer dans le bar. J'ai souvent mon baladeur avec moi, Emilie Simon dans mon mp3. Le temps de quelques minutes, je m'accorde un détour, puis un autre... en fait j'ai marché une heure et demie et je suis rentré chez moi sans jamais me rendre dans ce bar.

J'adore marcher la nuit. Je ne sais pas trop pourquoi mais il y a une ambiance particulière ou peut-être est-ce moi qui suis différent. J'adore déambuler dans les rues sans but précis autre que de discuter avec moi-même, faire un point, un bilan ou parfois une pause (et aussi une fuite). La musique sert parfois de support à mon monologue intérieur. Ce soir-là c'était donc Emilie Simon ("if my words are not that clear, I know my heart is understanding..."). L'album a eu le temps de se dérouler deux fois dans mes oreilles. Dans ces moments je perds tout lien direct avec l'extérieur. Il n'y a plus que moi et moi-même. Mes souvenirs, mes angoisses, mes regrets et mes espoirs, aussi surtout. Il me semble que quand je marche j'arrive plus facilement à prendre de la distance sur ce que je vis. C'est peut-être ce que certains appellent s'évader (je n'ai jamais vraiment compris ce que ça veut dire).

Dans ces moments, j'ai l'impression que la nuit "veille" sur moi (ou peut-être est-ce la Lune), je me sens serein, apaisé. Je pourrais marcher des heures, allant toujours plus à l'intérieur, une introspection en plein air et en mouvement.

Ce soir-là j'ai eu comme l'impression que certaines chansons étaient écrites pour moi ("je voudrais te dessiner dans un désert, le désert de mon coeur", "je voudrais être en hiver et très loin d'ici", "montre moi comment faire pour trouver la porte"...).

Je termine ma balade, je sais que j'ai tourné en rond comme souvent mais j'aime penser que cela m'a apporté un petit quelque chose.