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dimanche, 02 novembre 2008

Incertitude photographique

Lorsque je regarde cette photo, il m'arrive parfois de me demander si j'ai réellement "vu" cet endroit ou si ce n'est pas un délire de mon appareil photo.

 

DSCN0280.JPG

Janvier 2007, Pornic

(selon toute vraissemblance)

samedi, 01 novembre 2008

Grisaille et décadence

Je pourrais écrire un billet qui ressemblerait trait pour trait à celui d'il y a un an mais cette Toussaints fut légèrement différente, quelques touches de fantaisie en plus. Comme je le faisais lorsque j'étais plus jeune, j'ai passé la journée de la Toussaints en compagnie d'une partie de ma famille maternelle avec le passage rituel sur les tombes de mes quatre grands parents. La journée s'est déroulée dans un parfum gentiment décadant ou parfois absurde.

En vrac :

- J'aime beaucoup l'ambiance du cimetière où reposent les parents de mon père avec vue sur les coteaux, particulièrement les jours de brume. Il s'habille de teintes ternes que je trouve étrangement séduisantes. C'est assez glauque, et même plutôt triste, mais, ne les ayant jamais connus, et ne les ayant vus qu'une fois brièvement en photo, la seule représentation à laquelle je peux me raccrocher pour associer quelque chose de matériel aux parents de mon père c'est cette tombe grise visitée à chaques Toussaints et dimanches de Rameaux de mon enfance. Je sais très peu de choses sur eux, j'ai d'ailleurs du mal à employer le terme grands-parents pour les désigner. Je ne sais même pas de quoi mon grand-père est mort, mon père lui-même l'ignore et le sujet est tout ce qu'il y a de plus tabou dans la famille.

- J'ai retrouvé ensuite cette bonne vieille église au chauffage éteint et aux livrets de messe dont les pages ne sont toujours pas numérotées dans l'ordre. D'ailleurs comment les dernières pages peuvent-elles être numérotées jusqu'à 1060 alors qu'il contient à vue de nez 200 pages grand maximum ? Les voies du seigneur sont impénétrables.

- J'ai passé aussi une bonne partie de la messe à lutter contre la crise de fou rire en scrutant une dame située quelques rangs devant moi qui, elle, luttait en vain contre une impressionnante crise de baillements.

- Au cimetière, juste à côté de la tombe de mes grands-parents maternels, mon père est tombé dans une fosse creusée à l'intention de quelqu'un ayant réservé l'emplacement et mal recouverte par des plaques de béton pas très bien fixées. Mes oncles et tantes (et moi aussi, j'avoue) ont du se cacher pour aller pleurer de rire en quittant le cimetière. L'un de mes cousins eut alors cette réflexion dont l'idée me plaît beaucoup : "Oh, ça va, je suis sûr que même Mamie, où elle est, elle est entrain de rire elle aussi". J'étais assez proche de ma grand-mère, décédée il y a quatre ans, et je l'ai revue, le sourire aux lèvres et l'oeil amusé. Et celà m'a fait plaisir.

- Après quelques temps d'intense concentratiooonn, nous avons remarqué que si l'un des appareils à raclette ne chauffait, pas, cela avait peut-être un lien avec le fait que personne ne l'avait branché.

- J'ai appris que l'un de mes cousins que je vois très rarement (pour ne pas dire jamais) est divorcé depuis plus d'un an. Pas si extraordinaire j'en conviens. Enfin, je ne voudrais pas passer pour un rabat-joie conservateur mais je trouve que 23 ans c'est tout de même un peu jeune pour compter un divorce à son actif.

- Nous sommes allés faire une balade dans la campagne thouarcéenne avec pas moins de 5 parapluies grand ouverts pour sept personnes alors qu'il ne pleuvait pas.

- Au milieu de la grisaille de fin de journée, le soleil ressemblait étrangement à ça :

chavagnes toutssaint 08 003 - Copie.JPG

- L'une de mes tantes a terminé la journée en rentrant les canards avec un bâton de bois qui doit bien faire trois mètres de long. On ne fait pas les choses à moitié. Au loin, elle avait tout l'air d'une sorcière.

Le mieux, c'est que demain, je retrouve les mêmes et on recommence... (enfin peut-être pas la raclette)

Edit : je ne sais pas du tout pourquoi c'est arrivé à ce moment et cela n'a rien à voir mais en entrant dans le second cimetière, j'ai eu comme une sorte de révélation et je crois que j'ai enfin compris pourquoi le Lapingivré est givré. Alors que je connaissais l'élément de réponse depuis des mois... Suis vraiment bête, moi.

dimanche, 21 septembre 2008

Mémoires d'outre-tong

Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé la chaleur, j'ai toujours éprouvé un curieux réconfort à la vue de la lumière estivale. Aussi, je crois que toute ma vie je conserverai une tendresse particulière pour ce son si évocateur à mon esprit : le bruit d'une assiette que l'on pose sur la table d'un salon de jardin au moment d'y mettre le couvert. Ce son, c'est pour moi toutes les connotations estivales regroupées dans un instantané, les vacances, les grands piques-niques de familles sous les maronniers, les repas dans le jardin, les journées de pêche... L'été.

Ce soir, entre deux gorgées de soupe, il s'est évaporé pour de bon.

Et bientôt, place aux jours sombres.

lundi, 15 septembre 2008

La quiétude

Archive, Need

Poser sa tête tranquillement et, avec la musique en fond sonore de mes pensées, ressasser avec plaisir les bons moments des jours passés. A cette heure avancée de la journée, je suis un lieu de passage où de belles images viennent flâner quelques temps.

mardi, 05 août 2008

La séance de sommeil

Melody Gardot, Goodnite

La nuit s'annonce. S'étendre doucement et laisser la fatigue adoucir les pensées. Alors que tout est calme, l'esprit prêt à lacher prise, fermer les yeux et se blottir, s'intaller confortablemement, les pieds, le dos, la tête... Une première somnolence, quelques petites bribes de rêves, les premières bandes-annonces qui donnent parfois le ton de la séance entière avant une courte interruption, un sursaut de conscience.

Puis après la brêve pause, les lumières s'estompent à nouveau, repartir avec plaisir, les yeux rivés sur l'écran de ses pensées, attendre que le rêve s'invite et vienne occuper l'esprit avec le réconfort de se dire : en attendant demain, il reste  la nuit entière pour s'évader. Alors après quelques temps, le rêve arrive accompagné de son imprévisible scénario, humour, épouvante, émotion, frisson... L'esprit a ses caprices et laisse au hasard (ou pas) le soin de faire la programmation.

Alors les courts ou longs métrages vont s'enchaîner avec une cadence aléatoire jusqu'au petit matin, cherchant tous à marquer de leur empreinte les idées du lendemain.

Un seul regret, être toujours seul au casting dans la scène du réveil.

Good night, close your eyes and just sleep tight...

dimanche, 20 juillet 2008

Terre du milieu

 

Deux petites journées passées à Chartres en région Centre Terre du milieu, dans un appartement si riche en références à une grande trilogie bien connue...

Dès les premiers pas dans la ville, le ton est donné, à peine le temps de faire quelques courses, nous sommes cernés par l'un des neuf cavaliers noirs (oui enfin il était derrière nous à la caisse, quoi). Toutefois nous avons su conserver notre calme en jaugeant notre adversaire tout de noir vétu qui n'est plus vraiment ce qu'il a été (les Nazgûls n'auraient pas du se mettre à l'alccool, ça ne leur réussit pas...).

Après un déjeuner rondement mérité suite à cette recontre non désirée, nous partons à la découverte de la ville. Comme tout promeneur de passage en cette contrée, le chemin conduit naturellement vers la Cathédrale... Les abords sont sans surprise, la façade est très travaillée mais pas dans le meilleur des états. Surprise en revanche au moment d'entrer dans l'édifice. Une telle obscurité... Sans lumière artificielle, le décor se confondrait sans difficulté avec les mines de la Moria.

Un petit tour du lieu nous permet d'apprécier la richesse du travail réalisé dans les anciens temps. Nous nous lançons ensuite dans un défi de taille, l'ascension du clocher nord par la face escalier, tout aussi redoutable que le col du Karadras un jour de blizzard. Nous évitons de déclencher la colère de magiciens maléfiques, toutefois, il nous faut puiser dans nos réserves pour atteindre le sommet. L'endroit nous offre un point de vue remarquable sur Hobbitebourg et les champs qui l'entourent jusqu'aux confins de la Comté...

Nous redescendons, ravis du panorama découvert et fort aise de l'exercice physique accompli à cette occasion. Hélas, le coeur des hommes est aisément corruptible et nous nous retrouvons rapidement à manger une grosse glace réduisant nos efforts à néant...

Le soir venu, nous nous rendons dans un restaurant. Point d'Auberge du Poney Fringant au programme mais un restaurant au nom manifestement italien qui aurait mieux fait de s'appeler Aux trois plombes... Près d'une heure et demie d'attente pour des spaghetti al pesto, j'ignorais qu'il fallait tout ce temps pour mettre simplement à contribution Lustucru, Ducros, Puget et Bridélice... Le tout dans une ambiance assez froide (il a quand même drôlement maigri, Poiredebeurrée ...)

Fin de soirée, petit jeu à travers la ville, découvrir les illuminations projetées sur les principaux bâtiments historiques. La lune presque pleine serait-elle à l'origine de l'apparition de certaines publicités disséminées ça et là ? Pas moyen d'ouvrir quoi que soit même avec une petite formule elfique...

La journée s'achève sur ces références amusées... On n'oubliera pas, bien sur, la présence au casting d'un petit Gollum à vibrisses et au comportement on ne peut plus double ;D.

Le dimanche laissera la place à un joli petit tour dans des coins plus verts de la Comté avant mon retour vers les Havres gris. Ce week-end était charmant.

Demain, je me rends dans le Mordor, une sombre d'histoire d'entretien de bilan de fin de période d'essai...

mardi, 15 juillet 2008

Je ne suis pas son prince charmant

Il avait peut-être cru que je le serais.
 
La rencontre est intervenue rapidement, ce fut une bonne chose car les contes de fée les plus courts sont parfois les meilleurs. Il fait sans doute partie de ces gens un peu désespérés dont l'envie de croire à une belle histoire et sur laquelle projeter tous ses espoirs est plus forte que tout, apeuré par la solitude qui semble trop souvent l'étreindre et consummer ses aspirations au bonheur.
 
Alors il s’était imaginé la plus belle des histoires, aidé de petits coups de baguette magique pour arrondir les angles et embellir le décor, masquer les approximations et éluder les zones d’ombres. Il avait fait de l’avenir son rêve, un rêve dans un carrosse à deux places. Avant même notre rencontre, il tenait déjà à me présenter à ses amis, me proposait de partir en vacances avec lui… Il avait parlé de moi à sa meilleure amie, entichée du rôle de marraine. Mais les fées ne sont pas toujours de très bon conseil et elle ne l’invita pas à la prudence qui aurait pourtant été la meilleure des vertus, le plus sûr chemin à emprunter.

 

Nous avons passé une journée sympathique qui a semblé lui convenir. Il n’a cessé de promener au cours de ces quelques heures un sourire persistant et une humeur joyeuse ponctuée toutefois de quelques phrases réflexes déclamées avec la spontanéité d’un robot, signe d’une certaine nervosité sous-jacente.

 

De lieux en lieux, Rennes a offert un cadre joliment approprié au début du conte, nous proposant tour à tour un savoureux marché, un repas prometteur, une fort belle terrasse sur une place à colombage, une ballade dans les bois, un appartement agréable dans un quartier tranquille…

 

Hélas, le moment venu, j’ai pris sur moi pour endosser le rôle du méchant (la sorcière ?) et le carrosse redevint citrouille. Le chemin en commun allait s'interrompre là, parce que le charme n'a pas véritablement opéré.

 

Après une mise au point peut-être maladroite mais nécessaire, les dés furent jetés pour une conclusion qui me semblait implacable. En lui souhaitant de poursuivre sa recherche et de finir par trouver soulier à son pied…

 

Ils ne vécurent pas heureux (et n'eurent pas d’enfants !).

dimanche, 13 juillet 2008

Le calme

Fin d'après-midi dans la chambre apaisée. Au loin, le son de quelques voitures venant animer le boulevard par intermittence, au plus près, un léger courant d'air vient agiter doucement le rideau. Je suis étendu sur le lit, le regard perdu dans les profondeurs du plafond. Sa respiration lente et régulière me laisse le répit nécessaire au débat qui débute en moi sans que je puisse le contrôler. Ne pas tomber dans une histoire dont je sais déjà que je ne veux pas.
 
Mes pensées repartent tourbillonner autour du lustre et balaient un à un les coins de la pièce. Sa respiration s'interrompt, il se tourne de son côté puis reprend son ryhtme. Le temps s'écoule au ralenti dans la pièce où tout n'est que repos de son côté et réflexion du mien. A la recherche de l'ouverture dans laquelle s'engouffrer pour ne pas laisser glisser les choses le long d'une mauvaise pente.

samedi, 05 juillet 2008

Touché

C'est un repas comme chaque jour au self. Les même convives, la même table ronde, le même genre de conversations (à propos, je crois, d'une certaine Ingrid B. qui aurait apparemment été libérée de je ne sais pas trop quoi...). Il est assis à ma gauche. Au hasard d'un changement de position, son genou est venu frôler le mien. Dans un geste naturel d'évitement, j'aurais effacé mon genou au contact du sien et chacun aurait repris une position anodine à cette table où nous sommes bien serrés, c'est un fait. Mais ce geste naturel, je ne l'ai pas eu. Nous sommes restés un certain temps genou contre genou et même jambe contre jambe, d'une façon qui laisse peu de place à la coïncidence quant au maintien de cette position.
 
Alors que lui vit sa vie au grand jour, il est le seul à savoir pour moi, à connaître un peu de ma vie, un peu de mes peines de ces dernières semaines. La conversation se poursuit et nos cuisses se touchent toujours. Je ne sais plus vraiment combien de temps. Je reste à mon plaisir surpris d'apprécier ce contact impromptu. 
 
Dans ma famille, on ne se touche pas. Jamais une main sur l'épaule, jamais une main dans la main, jamais on ne se prend dans nos bras. Dans ma famille, même lorsque l'on fait la bise (jamais entre hommes, évidemment, on n'est pas des tafioles quand-même), on prend bien garde de ne pas se toucher ailleurs que la joue, pas d'épaule, pas de corps qui s'approche, rien. Le contact physique est une chose qui m'a toujours beaucoup fait défaut jusqu'au début tardif de ma vie amoureuse. Je me rappelle, au cours de mon adolescence être resté figé après avoir fôlé par accident la peau d'untel ou untel. J'avais toujours ce réflexe de m'effacer bien vite suivi d'un léger regret, un instant bref pendant lequel je m'autorisais à apprécier l'accident survenu. La peau contre la peau ou même au travers du vêtement, simplement celà, et l'envie d'y revenir. Jamais assouvie.
 
Retour au self, aux jambes sous la table. Ce genou appuyé, pour moi, c'est presque la représentation discrète et atténuée d'une épaule tendue pour reposer un peu de ma solitude. Une façon de dire je suis là ou peut-être bien d'autres choses. Je crois que je me suis senti moins seul. Bien mieux que des mots n'auraient pu le faire. Une petite phrase pleine d'humour de sa part est venue ponctuer l'affaire, il n'y a que moi qui aie saisi la complète portée du message.
 
La peau contre la peau. Ca me manque tant.

mardi, 01 juillet 2008

Dans mon jeu de cartes...

 

La semaine passée, je vous faisais part de mes états d'âme à l'idée de me sentir seul dans cette ville, trouvant mon jeu bien vide. Vendredi, après une balade introspective le long de la plage, je m'étais résolu à m'emparer de nouvelles cartes. Un compte créé quelque peu au hasard sur un site bien connu avec une photo petite mais entière comme atout majeur.
 
Et la partie débuta.
 
Après quelques plis laborieux au cours desquels je me suis efforcé de ne pas trop dévoiler mon jeu, je suis parvenu à tisser deux parties fructueuses laissant augurer, pour la suite, d'éventuelles bonnes pioches. Ayant délaissé le chat du site pour retrouver avec MSN un terrain de jeu plus familier, je me suis autorisé à avancer certains pions sans pour autant griller toutes mes cartes.
 
Les plis se sont alors enchaînés plus rapidement que prévu. La retenue étant de mise, les joueurs sont sagement restés sur un registre purement "amical". Après tout, c'est ce que je recherche, deux dix de trèfle plutôt qu'un valet de coeur. Dans un second temps, il sera toujours possible de redistribuer les cartes.
 
Avec le premier joueur, la rencontre pour une belle, verbale cette fois-ci, fut programmée dès dimanche. Hélas, contraint par d'autres obligations, le joueur du passer son tour. La belle eut lieu finalement à nouveau par écran interposés avant une revanche en chair et en os, apparemment pour demain. Avec le second joueur, les joutes verbales débuteront toute à l'heure.
 
Il y a simplement en jeu un peu de contact social et pourquoi pas des bribes d'amitié. Toutefois, je me réjouis tout de même à l'idée que le jeu puisse tourner en ma faveur.
 
Un simple verre ce soir. Et demain ? Rebelotte.