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samedi, 07 août 2010

Ma cuisine est impeccable. Im-pec-cable.

L'assiette du haut ne tient que fébrilement et parce qu'elle a été déposée avec les plus grandes précautions par l'habitant des lieux, désireux de prolonger encore un peu l'ascension de l'édifice. Juste sous cette assiette, trois verres et la petite casserole qui a servi a faire durcir deux oeufs se tiennent chaud.

 

Un couvercle en plastique et la planche à découper se disputent le droit d'être étalé en travers de tout leur long. Plus bas encore, on dénombre trois assiettes, une poële dont on ne se rappelle plus exactement à quel usage elle fut employée (c'était mardi soir, peut-être. Les courgettes ?). Il est impossible de recenser ce qui se trouve plus profondément enfoui jusqu'à tapisser le fond de l'évier. L'habitant suppose simplement que c'est tout en bas que se trouve vraisemblablement la collection complète des petites cuillères de l'appartement, ceci expliquerait la pénurie qui sévit actuellement dans les placards.

 

Tourmenté par l'ampleur de la tâche il cherche à rassembler son petit courage pour affronter les affres de la vie ménagère, celle qui ne se passe jamais comme dans la publicité pour Palm*olive. Et encore moins Cal*gonit. Prêt à en découdre, il toise du regard cette pile de vaisselle de pas moins de dix-sept mètres de haut (oui, euh, j'y étais, pas toi, je suis donc bien mieux placé pour évaluer la situation). Il découvre alors avec abomination que l'éponge a disparu. Un Kidnapping probablement. C'est effroyable, c'est honteux, mais que fait Julie Lescaut ?!?

 

Ah tiens, sur la droite j'ai encore la place de glisser une assiette et le tout devrait tenir en équilibre jusqu'à demain...

 

Edit : à l'heure où ce billet est posté, mon évier est absolument vide. Je dirais même étincelant. Pas moins.

dimanche, 11 juillet 2010

L'ame-stram-gram et le dernier métro (la vie, quoi)

Sortir du métro Boulogne-Jean Jaurès, marcher, m'égarer, me retrouver (enfin je crois), faire demi-tour, trouver l'endroit après un généreux quart d'heure de marche. Grimper les quatre étages et trouver que l'endroit ne manque pas de classe.

 

Parler, rire, parler, rire, parler. Parler bêtement. Rire bêtement, aussi. Entendre "ah oui je t'aurais donné le même âge que moi, 22 ans" (il vient de se faire un nouvel ami). Parler. Recevoir des compliments sur mon téléphone. Parler, danser. Rire, rire, rire. Danser, tenter (vainement ?) de reconstituer une chorégraphie de Mylène Farmer au balcon (immisce et glisse l'abdomen) .

 

Se dire qu'il est temps de partir. Rire. Saluer la compagnie, descendre et trouver la station de métro en deux minutes (euh... j'étais venu par où en fait ? j'avais déjà bu avant de venir ? je sais plus...). Me dire que j'ai eu le dernier métro pour deux minutes après un solide suspense. Twitter quelques bêtises sur le chemin du retour.

 

Une belle journée je vais me coucher. Ah zut, ma tringle à rideau.

samedi, 29 mai 2010

C'est la faute à Amina

Amina, Le dernier qui a parlé

 

La première fois, c'était en 1991, je m'en souviens bien. J'avais huit ans, les vocalises d'Amina m'avaient transporté (tout jeune que j'étais, et déjà habité par une si grande fibre artisitique...). Amina avait pris la deuxième place pour un cheveux lors de ce concours si...

 

Pendant des années j'ai suivi fébrilement le concours de l'Eurovision, la compétition était reine et je m'accrochais jusqu'au bout de la soirée pour suivre avec la plus grande attention l'attribution des points. Le coeur battant et les yeux écarquillés, j'avais des sueurs froides en me demandant qui de l'Irlande ou de la Norvège allait l'emporter (c'est la norvégienne Gudrun Skelborgdalen qui avait la faveur de mon pronostique avec cette si belle ballade intitulée ik hestokö na he dörgbien). Je suivais aussi d'un oeil distant le résultat du concurent français même si, n'étant pas d'un naturel très chauvin, je lui souhaitais simplement de ne pas terminer trop bas dans le classement. Je guettais avec une véritable tension ces moments mythiques ou le présentateur irlandais reprenait les annonces des scores pour que tout le monde suivent bien "Sweden, ten points, leu Souèèdeuh, tix poans".

 

Toutefois, il m'a fallu des années pour réaliser que si la compétition donne un soupçon de sel à la soirée, ce n'est pas là que se trouve l'intérêt. L'intérêt est dans ce spectacle délicieusement désuet qui donne tant d'occasions de languedeputer (pas pour moi, bien sur, je ne mange pas de ce pain-là). Avec les années, j'ai appris à trouver ça drôle, très drôle. Cette chorégraphie slovène, cette mise en scène typiquement moldave ou ces costumes terriblement danois. Un regret toutefois depuis que chaque pays peut chanter dans la langue de son choix (donc en anglais) ce qui nous prive de bien des originalités linguistiques.

 

On notera aussi la présence chaque année de deux ou trois garçons dont on se demande presque si leur physique n'aurait pas un rapport avec leur sélection pour ce concours. Tu crois que le physique des candidats pourrait avoir une incidence, toi ? J'en doute. Il se raconte même dans certains milieux bien informés que l'Eurovision serait un évènement particulièrement prisé par les garçons sensibles. C'est fou ce qu'on peut raconter comme inepties, hein.

 

La qualité musicale n'est pas toujours au rendez-vous, le bon goût non plus, mais que de bon moments, que bon souvenirs printaniers. A tel point que ce soir, au moment de l'hymne européen qui sert de générique de début, j'aurais très certainement quelques frissons.

 

Et comment terminer sans cette prestation cultissime de Nina Morato en 1994 avec Je suis un vrai garçon (ma mahon ma ma mamahon) qui avait fait hurler ma mère. Aujourd'hui je ne suis plus de l'avis de ma mère. Et comme le dit si Amina, c'est le dernier qui a parlé qui a raison, de toutes façons...

 

samedi, 15 mai 2010

L'élégance du samedi matin

Oren Lavie, Her morning elegance

 

Coiffé avec talent et raffinement par la couette et l'oreiller que je viens de quitter, j'ai tout juste rejoint le séjour. Blotti sur le canapé, j'émiette avec élégance et attention le croissant de mon petit déjeuner au dessus la table basse en remuant épisodiquement la cuillère dans mon bol de café alors qu'il dort dans la pièce à côté. Sur l'écran en sourdine des couleurs vives s'enchainent furtivement (il s'agit des essais libres du grand prix de formule 1 de Monaco, on ne se refait pas. Enfin pas complètement). A mon grand étonnement, le beau temps vient frapper fièrement à la fenêtre pendant que la musique finit de m'éveiller.

 

La vie ne devrait être faite que de ces samedi matins de printemps.

lundi, 28 décembre 2009

Badboy-mobile

C'est avant-tout le résonnement de la musique crachée par l'auto-radio qui a attiré mon attention. Ils sont quatre à bord, dont trois portent une casquette. Arrêtés au feu rouge, ils semblent toiser du regard les autres automobilistes et les passants avec des mines fières et intrépides en agitant la tête au rythme de leur musique dominatrice. Expression manifeste d'une virilité exacerbée qui cherche sans cesse à s'exposer (s'imposer ?).

 

Le feu passe enfin au vert libérant ainsi le fauve : la Twingo mauve démarre au quart de tour pour aller rouler des mécaniques quelques dizaines de mètres plus loin.

mardi, 22 décembre 2009

Avent spirit - Wild Beasts

Chaque année en décembre, en marge des fêtes, j'ai l'humeur onirique et des envies de sorciers, de complots et de récits légendaires. Non, je ne fais pas que passer mon temps dans les magasins à la recherche d'une casquette, je lis aussi. Je viens de boucler les deux et troisième tomes de L'assassin royal de Robin Hobb avant d'attaquer vaillament le quatrième pendant que la flamme de décembre se consume au rythme du calendrier. Et oui, cette année encore, je suis parvenu à me priver de calendrier de l'Avent, un vrai petit miracle, ça mérite de bien beaux cadeaux, je m'en réjouis d'avance...

 

J'en profite pour glisser ce clip des Wild Beasts (l'une de mes grandes découvertes 2009) dont l'atmosphère sied à merveille à ma lecture du moment.

 

Wild Beasts, All the king's men (Two Dancers)

 

dimanche, 18 octobre 2009

Ma vie in carton motion

Ce n'est pas un secret pour toi, lecteur assidu de ce blog, je vais déménager fort bientôt (d'ailleurs il faudra que je pense à te raconter comment j'ai trouvé mon appartement grace à une famille de touristes allemands égarés). Je passe donc une partie de mon temps ces jours-ci à mettre mes petits et grands effets personnels dans mes cartons. C'est un peu ma vie que je mets en boite en attendant qu'elle refasse surface dans une petite dizaine de jours, à la sortie du camion.

 

Cette semaine, mes parents étant présents, ma mère qui, n'est pourtant pas d'un naturel envahissant en temps normal, a tenu à me prêter main forte pour la préparation du déménagement. Non, elle n'a pas contribué à remplir les cartons. A la place, ma mère, chiffon en main, avait entrepris de briquer, récurer et faire briller toutes les surfaces ayant l'audace de se présenter à ses yeux, de mes miroirs à l'intérieur de mes meubles. Oui, ma mère a nettoyé l'intérieur du meuble de ma salle de bain et rangé tout ce qu'il contenait. Euh...

 

Oui, ma mère a pris soin de bien remettre bien en place mes cotons-tiges, mon savon, ma boite de capotes (euh...), mes lames de rasoir, mon gel javelisant, mon gel à cheveux, mon gel douche en réserve et ... mon autre gel. (Euh... Maman ? ... Maman ?? Y aurait pas des trucs qui t'auraient un peu étonnée dans mon meuble de salle de bain ? Nan ? ah bon. Nan, pour rien.)

 

Hier, j'ai rangé mes CD dans un grand sac. Je me suis ainsi rappelé des choses que j'écoutais au lycée dont j'avais totalement occulté l'existance. J'ai fait défiler mes livres, mes DVD, les divers papiers que je range de façon légèrement aléatoire, des factures consciencieusement éparpillées aux quatre coins de l'appartement, des relevés de banque jamais ouverts et des boites vides jamais jetées. J'ai fait l'inventaire de mes vêtements, retrouvé ce boxer que je croyais perdu et n'ai toujours pas remis la main sur l'une de mes deux chaussettes beiges. Il y eut aussi des photos, des lettres et des billets de train, des tickets de cinéma, des listes de courses et des notes personnelles.

 

Ce soir je poursuis en m'occupant de mes chaussures avec cette idée à l'esprit : je suis seul à boucler mes cartons mais bientôt, à la sortie du camion, nous serons deux à les déballer.

dimanche, 13 septembre 2009

Lecture, bronzette et risette

Je reviens de la gare où j'ai raccompagné ma compagnie du week-end. Il fait plutôt beau et même chaud lorsque l'on arrive à trouver un coin à l'abris du vent. Je rentre chez moi sans but particulier si ce n'est un livre à terminer.

 

Je saisis le livre en question à la recherche de l'endroit où l'achever. Il me reste une quarantaine de pages sur les trois cent quatre-vingt cinq qu'il compte. Lorsque j'aime un livre, j'évite toujours de le parcourir trop rapidement, je me contente de picorer les pages par petites pincées pour faire durer le plaisir (là encore, plus c'est long plus c'est bon). Il y a donc quelques temps déjà que je laisse trainer en longueur Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates. J'ai la bonne surprise de constater qu'en cette fin d'après midi mon lit est copieusement chauffé et inondé de soleil. C'est donc le lit que je choisis.

 

J'ouvre grand la porte-fenêtre pour profiter au mieux des rayons. Dehors le vent souffle violemment. A quelques centaines de mètres, sur la plage, d'autres doivent se battre avec leur livre, le vent et le sable pour tenter vainement de trouver une position à leur convenance. Il me prend alors l'envie de pousser plus loin le vice en otant mon T-shirt, oubliant les regards éventuels d'un peu probable vis à vis. Je suis étendu sur mon lit, offrant au soleil mes épaules, ma poitrine puis mon dos. Je parcours sans trop me presser les dernière pages de roman décidément bien inspiré, imaginant les scènes et les décors à Guernesey.

 

J'arrive au dénouement le sourire aux lèvres, me réjouissant d'une fin conforme à mes attentes mais aussi et surtout de la façon dont elle nous est contée. Je referme le livre, le pose sur le côté du lit, m'allonge sur le dos dans l'alignement du soleil et pose mon bras gauche sur mes yeux pour profiter encore de la chaleur impromtue. Mais elle est déjà partie : à peine le temps de m'installer, un nuage s'est interposé, puis un autre, la chambre est de suite plus fraîche, je me redresse, il fait à nouveau gris.

 

Le bain se soleil est terminé. J'ai du linge à repasser.

dimanche, 09 août 2009

Parfois, je chante...

Oui, parfois, je chante, nottamment lorsque je nettoie mes carreaux. Le tableau est charmant : moi, sur le seuil de la porte-fenêtre, dans mon petit débardeur noir, sur la pointe des pieds et chiffon en main, écouteurs sur les oreilles. Et voilà, comme souvent, une chanson prend l'ascendant sur mon envie de rester courtoisement silencieux. Il m'a fallu quelques temps avant de m'apercevoir que mes voisins étaient tout à fait en mesure de profiter du spectacle vocal (on n'osera pas dire musical).

Heureusement, la chanson de Clarika que je fredonnais alors est bien plus convenable que ma chanson préférée du moment. Qu'importe, je quitte bientôt mes voisins pour la grande ville ;-)

vendredi, 20 février 2009

Parfois, je rêve...

Vendredi 17h30. Il a fait beau toute la journée, une journée qui se termine par un petit détour dans les couloirs pour saluer une collègue avant de prendre la route. On entend dans l'une des salles un concert de piano. Je suis dans un passage tout en verre et en lumière dessiné par le soleil déclinant sur le flanc d'un grand ciel encore tout bleu. Au loin, à travers le couloir du premier étage, on aperçoit la cime d'un grand arbre.

J'entre un instant dans la pièce voisine pour y voir en contre-bas les épaules et la chevelure du pianiste avant de m'effacer. Je retourne dans l'alignement du patio revoir le haut de cet arbre dont le pied est tout proche de la plage. D'ailleurs, à l'étage au dessus, à ce même endroit précis, c'est la mer que l'on aperçoit.

C'est curieux comme en faisant le récit de cette fin de journée, j'ai l'impression d'y trouver les mêmes invraisemblances que si je racontais un rêve. Et pourtant tout est vrai. Je file pour de bon en agitant joyeusement les clés de ma voiture au moment où je traverse le parc.