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dimanche, 14 novembre 2010

C'est pas compliqué, je suis un chef (euh...)

CIMG0167.jpgLa recette s'avérait assez simple. Les ingrédients étaient tous réunis, dosés et disposés comme pour une photo de famille (bon, il manquait juste la levure, mais c'est bien connu, la levure, ça sert à rien, nan ?). De la même façon, les ustensiles étaient bien en rang, prêts à faire feu de tous bois. Le cuisinier lança les hostilités d'un geste confiant en allumant le four pour l'indispensable préchauffage et le spectacle débuta.

Un léger parfum de beurre envahit l'appartement, la farine se mit à voler en pluie savante, les oeufs s'entrechoquaient et le chocolat fondait langoureusement alors que la casserole, le fouet et la fourchette s'en donnaient à coeur joie pour donner une jolie mélodie à ce joyeux mélange. Jamais une si belle matinée de cuisine ne s'était annoncée dans cet appartement.

Mais en une fois encore la vie, cette garce, a trouvé que les choses se passaient un peu trop bien à son goût et elle décida sournoisement d'y mettre son grain de sel. Alors que le cuisinier s'émerveillait de retrouver les souvenirs de son enfance où il tournait autour de sa mère et de la table en Formica, il se mit à sentir une odeur quelque peu étrange assortie d'une surprenante fumée en provenance du four. Un rapide coup d'oeil à l'intérieur du four le rassura pourtant : rien à l'horizon. Décidément, cette recette, ça allait être du gâteau.

Comme lorsqu'il était petit, le cuisinier s'amusa à goûter de-ci de-là la préparation qui commençait à prendre forme et tout se passait pour le mieux. Les blancs en neige moussaient fermement et la farine faisait décidement de si jolis dessins sur la table... Et puis... Et puis il y eut cette affreuse fumée, cette odeur qui prend à la gorge, les yeux qui piquent de façon tout à coup insupportable, tellement insupportable qu'il fut difficile d'aller jusqu'à la fenêtre pour l'ouvrir.

ATTENTION : ceci est un communiqué du ministère de la prévention contre les risques d'accidents pâtissiers :

Quand tu as un four équipé de plaques de cuissons dont tu ne te sers pas (parce que bon, ce four tu l'avais acheté en urgence quand tu vivais à Rennes et que là, les plaques de cuisson t'en as pas besoin), il est TRES FORTEMENT déconseillé de poser son micro-onde directement sur les plaques de cuisson et d'allumer les plaques pas inadvertance au lieu d'allumer le four.

Une fois la fenêtre ouverte et les vapeurs nocives dissipées, la recette reprit avec un enthousiasme largement entamé, l'ambition et la magie s'étaient envolées, le cuisinier devait toutefois procéder à la cuisson de la "chose".

Et cette cuisson... Euh... en fait c'est à dire que ... nan c'est trop long à expliquer tu pourras pas comprendre, mais le cuisinier a réellement eu une multitude de circonstances atténuantes, sois en convaincu.

En conclusion, on retiendra que mon fondant fut aussi fondant qu'il soit possible de l'imaginer (plus liquide c'est de la soupe), tellement fondant que même les pieds de mon micro-onde ont fondu. C'est dire si je suis un CHEF.

(Et non, tu ne verras de photo du résultat sorti du four et encore moins servi à l'assiette, c'est classé secret défense.)

(Quant au micro-onde, paix à son âme)

dimanche, 07 novembre 2010

Banquise, résolution de problème et Captain Igloo

Cela faisait quelques temps déjà que je voyais les cristaux s'amonceler et grossir peu à peu les parois du petit compartiment freezer de mon réfrigérateur. La couche de glace commençait à gagner en ampleur et mon avis était assez partagé lorsque je tombais nez à nez avec elle.

Ma mère m'a toujours appris que du givre qui s'accumule c'est tout sauf une bonne nouvelle et qu'il faut y remédier, cependant mon optimisme habituel préférait y voir des signes positifs : d'une, j'avais la preuve irréfutable que mon frigo il est trop fort parce qu'il sait faire de la glace, de deux, je contribuais dans une démarche civique à contre-balancer la fonte des glaces au pôle nord en entretenant ce petit îlot de banquise au coeur du onzième arrondissement parisien.

J'ai toutefois fini par écouter la voix de la sagesse maternelle en me décidant à détruire ce qui aurait pu devenir un habitat refuge pour les ours polaires de la pub coca-cola (Ooooooooh soooooo sweeet). J'ai néanmoins dû user de plusieurs stratagèmes pour parvenir à mes fins.

Ma première méthode consista à appliquer une stratégie parfaitement maîtrisée dans ma famille depuis ma plus tendre enfance : quand tu as un problème, le meilleur moyen de le régler c'est de faire comme s'il n'existait pas, il finira bien par disparaître ou alors tu l'oublieras. Dans le cas qui nous concerne, il s'agissait donc ne pas jamais prêter attention à la couche de glace et toujours refermer très rapidement le compartiment gelé après ouverture pour ne pas la prendre en considération. Et bien figure toi que malgré mes efforts assidus et répétés, rien ne se passa. Pire encore, la glace continua à pousser et une colonie de manchots empereurs allait bientôt pouvoir s'installer.

Il était temps de passer au plan B : une idée de génie. J'allais tout simplement ne plus fermer du tout la porte du compartiment freezer. Ainsi, la température des deux compartiments allait se réguler naturellement, la banquise fondrait lentement sans même que je m'en rende compte et un jour prochain, je pourrai à nouveau acheter des épinards Findus et des poissons Croustibat. Au bout d'une dizaine de jours je me suis aperçu que la vie est vraiment belle garce. Figure toi qu'il s'est formé en haut de mon freezer toute une rangée de méchants stalactites qui se sont amusés à déverser des petits bouts de glace sur la partie inférieure, c'était pire que tout. La fin des haricots (extra fins Bonduelle), un bac à glaçons n'y aurait plus retrouvé ses petits.

C'est cet après-midi, en sirotant mon café que j'ai finalement décidé de prendre le taureau par les stalagmites. J'ai éteint l'alimentation de mon réfrigérateur et je me suis jeté furieusement sur ma bouilloire. J'ai garni mon freezer de pas moins de trois verres d'eau bouillante et j'ai tapé du pied fermement en toisant la banquise d'un regard hautain. Au propre comme au figuré, j'étais en train de réaliser un coup fumant. Et bien après seulement deux minutes, je prenais un plaisir certain à faire glisser le long de la paroi du haut les stalactites et à les écraser entre mes doigts. Après quatre minutes, je prenais un pied d'enfer à extraire sans effort un bloc de glace qui devait bien peser dans les vingt-cinq kilos (dommage, ma balance n'a plus de piles) et le laisser se vider lentement de son sang dans mon évier. Tant pis pour les oursons.

Ce soir je crois que je suis quand même, un peu, le roi du monde. 

C'est bon, Captain Igloo, tu peux revenir.

dimanche, 19 septembre 2010

Chauve-souris, chat créole et soleil

C'est alors que nous nous baignions, en fin d'après midi dans la piscine privée sous les arbres que nous avons fini par nous en rendre compte : aux Seychelles, les très gros oiseaux qui commencent leur ballet au moment où la lumière décline, s'ils ont l'air quelque peu étrange, c'est avant tout parce que ce sont des chauve-souris (hmmm...).

Bon, sinon, je ne peux pas te raconter toute ma semaine passée là bas, tu finiras par m'en vouloir. J'ai tout de même appris que :

- Le transit entre Dubaï et les Seychelles c'est simplement un grand rodéo aérien (ah, ça accélère. ah, ça ralentit).

- Se retenir de rire au moment où le douanier secoue vigoureusement le flacon de gel en se demandant ce qu'il peut y avoir dedans, ce n'est pas si facile.

- Un jet ski ça peut se retourner, oui. Très facilement, d'ailleurs.

- Se retenir de sourire lorsque le touriste français un petit peu lourd nous fait la conversation en disant : et vous êtes venus sans femme ? c'est surprenant, deux gars comme vous !" , c'est pas si facile non plus.

- Alors qu'il fait nuit noir, sur un petit sentier au milieu de ce qui ressemble à la jungle uniquement éclairé par notre lampe torche et les étoiles, il ne faut jamais dire : "Tu vois, le gars de l'hôtel avait raison les chiens qu'on entend aboyer sont enf..." . Ah ben non, il est pas enfermé celui là. Oups.

- Après trois verres de rosé, personne ne parle en créole à un chat comme moi. Il paraitrait même qu'il existe une preuve en vidéo.

- Avant de partir, il faut bien regarder les horaires sur tes billets d'avions, même les billets retour. Et il faut cesser de croire qu'une escale à Dubaï ça dure forcément pas plus de deux ou trois heures (3 x 3h = 9h).

- Pfiooouuu. C'est haut la Burj Khalifa, hein !

Je ne te montre pas de photo parce que tu me détesterais vraiment mais comme tu t'en doutes, c'état absolument magnifique... oh allez, trois pour la forme puisque tu insistes.

 

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mercredi, 25 août 2010

Flashing Boulette

Imagine un peu la scène qui suit :

Après une journée plutôt pénible au travail, je suis las, dans ma rame de métro à penser distraitement à ce que je vais faire de beau de ma soirée (yaourt à la grecque ou stracciatella ?) lorsque tout à coup, un homme arborant une SPLENDIDE paire de chaussettes jaunes prend place sur le strapontin qui me fait face.

Je me dis alors que, tout de même, il y a là une bien belle photo à prendre. Une photo qu'il serait si opportun de twitter pour moi qui clame depuis des semaines sur Twitter que mon bermuda jaune vif est une pure merveille de classe et de bon goût. Toutefois, j'hésite quelques instants : voler des photos de la sorte, c'est mal et je grillerai sans doute en enfer pour avoir fait ça. Au moins.

Discrètement je sors pourtant mon téléphone, je démarre l'air de rien l'application "appareil photo" et je m'arrange pour avoir ma cible dans le viseur sans que rien ni personne ne puisse se douter du cliché que je suis en train de fomenter. Je réajuste une dernière fois l'alignement de mes épaules, je jette un ultime regard à ma cible et ses voisins pour m'assurer que nul ne remarquera rien et je me lance, le coeur battant, en posant mon doigt sur le petit logo vert.

Evidemment, comment ai-je pu oublier qu'avec un téléphone aussi sophistiqué, le flash aurait l'idée lumineuse de se déclencher automatiquement ?

Rester digne. Quoi qu'il arrive, rester digne...

samedi, 21 août 2010

Séparation

Regina Spektor, Wallet

Je ne comprends pas vraiment, il a du en avoir assez, tout simplement. Cela faisait un peu plus de deux ans, lui et moi. Peut-être était il jaloux de ma sacoche ou de mon I*pod. Oui, c'est sans doute ça, mon porte feuille était très certainement jaloux de mon baladeur parce que pour l'enfiler je le glisse sous mon T-shirt, lui. Comment pouvait-il en être autrement ?

Et voilà, ainsi, ce lundi, mon porte-feuille s'est fait la malle. Alors que je l'avais bien sagement installé dans ma sacoche elle même dans un tiroir de mon bureau, j'ai constaté à mon retour qu'il avait choisi de prendre la poudre d'escampette. Il a laissé le tiroir entre-ouvert et la sacoche égaillée dans un désordre désolé. Parti sans laisser d'adresse, ce salaud a embarqué ma carte bancaire, mon permis de conduire, ma carte d'identité, ma carte vitale. Et Dix euros, aussi. Il est un peu con, il ne connait pas le code de ma carte bancaire. Et la sécu c'est moi qui la paie. Il a au moins eu la délicatesse de me laisser mes clés et j'avais eu la présence d'esprit de ne pas lui confier mon passeport.

J'aurais préféré le savoir, on aurait pu en discuter mais voilà, il s'est sans cesse muré dans un silence obstiné, toujours replié sur lui-même. Il doit se trouver bien malin, à l'heure qu'il est, tombé entre les mains de je ne sais quel opportuniste.

De mon côté, j'ai tenté de me raisonner. Lors des premières minutes, j'ai tenté de me persuader qu'il n'était pas allé bien loin, que j'allais le trouver ailleurs sur le bureau, derrière un classeur, au pied de ma chaise... Il m'a fallu plus d'une demi-heure avant d'admettre la dure réalité et signaler la disparition de son contenu à ma banque avant non pas une mais bien deux escales vers le commissariat en attendant désormais la préfecture et ses horaires toujours si habilement adaptés aux gens qui travaillent.

J'aimerais faire le fier, prétendre que ça ne m'atteint pas et que je vais me refaire. Mais pour être honnête, ça me fait un peu rire jaune de penser que je ne suis fait volé comme ça sur mon lieu de travail.

mercredi, 07 juillet 2010

Méthode Coué et verger

Je crois bien que j'ai maigri un peu... Mais oui.

 

Et puis je te signale que j'ai fait de efforts. Pas moins de une grosse semaine sans mes amis Ben et Jerry (sous tes applaudissement). Allez, je tiens le bon bout...

 

Il faut dire qu'en ce moment je me gave de fruits. C'est la faute de Twitter, il faudra que je te raconte.

 

(rarement un billet aura à ce point mérité d'être classé dans ces catégories)

samedi, 05 juin 2010

"Dès que je trouve un appartement, je..."

Depuis mon arrivée à la grande ville il y a quelques mois, tu l'as peut-être compris, je squatte discrètement chez mon homme. Officiellement, bien sur, je passe mes nuits sur le canapé, éclairé par quelques voyants lumineux (tu parles...). Cette situation provisoire s'achève bien évidemment dès que je trouve un appartement.

 

Ainsi, depuis quelques mois, je ne cesse d'avoir cette échéance en tête, pour tout et pour rien. Dès que je trouve un appartement, je me renseigne pour changer de téléphone. Dès que je trouve un appartement, je me mets au sport (sérieusement) (si !!). Dès que je trouve un appartement, je cherche un médecin traitant. Dès que je trouve un appartement, je consulte mes finances pour passer, éventuellement, du côté de la pomme croquée. Dès que je trouve un appartement, je me procure un abonnement cinéma et je me cherche une librairie préférée. Dès que je trouve un appartement, je fais ceci, je fais cela.

 

Hier je l'ai dit à nouveau. Et puis, après quelques secondes de réflexion, j'ai réalisé que cette excuse fumeuse s'est évaporée... Oui j'ai trouvé un appartement il y a une semaine, après des recherches si âpres et compliquées (il m'a fallu pas moins de une visite pour laquelle j'étais le seul candidat et même deux ou trois coups de téléphones en plus de deux mails, rends toi compte). Il me reste donc à planifier mon emménagement courant juin avant de devenir résident de l'ouest du onzième arrondissement. C'est évidemment une bonne nouvelle mais il y a un mais.

 

Le mais, c'est que j'ai vais être obligé de me mettre vraiment à faire du sport... c'est affreux...

 

Je file, je vais faire des pompes... (heureusement, mes mollets sont déjà au top).

dimanche, 23 mai 2010

Suite à l'incident de ce midi...

Il est des choses que l'on ne peut accepter.

 

Même si je ne crois pas avoir des exigences particulièrement élevées, j'estime tout de même que traiter les gens avec un tant soit peu de respect ne nuit pas. Au moment d'une balade à la mi-journée sur un marché coloré et très ensoleillé je réalise que certains se permettent encore des comportements tellement outranciers.

 

C'est donc décidé : après les mouettes, les goëlands et les sangliers, ce blog sera désormais également interdit aux Pigeons.

 

(Fort heurseusement, je n'ai pas été la principale victime)

lundi, 17 mai 2010

L'évangile selon St Jean-Marc

Nous sommes arrivés tout juste à l'heure. Vraiment tout juste, c'est heureux. Nous prenons place sans faire de bruit sur les derniers sièges disponibles dans la petite assemblée composée d'une quarantaine de personnes. Je pensais qu'un silence de cathédrale se serait imposé de lui-même mais ce n'est pas tout à fait le cas. Devant nous les intervenants se préparent, chancun à sa façon, alors que nous entendons la fin de l'émission précédente en provenance d'un autre studio. Les gestes se font alors plus précis et solennels, une bouche s'approche d'un micro, la cérémonie débute.

Emmanuel Maubert, sorte d'Emmanuel Moire en un peu plus âgé et en beaucoup plus bear, indique aux fidèles qu'il est temps d'applaudir, Julie annonce l'heure et nous voici partis pour deux heures et demi d'émission. Deux heures et demi à suivre le sermon de M. Jean-Marc Morandini. Je n'aime pas particulièrement le personnage mais venir assister au déroulement d'une émission quotidienne d'une grande radio nationale (avec le nom d'un continent suivi d'un nombre premier du chiffre 1) était une opportunité qui m'intéressait grandement (je suppose qu'on ne peut pas dire "enregistrement" d'une émission lorsque ladite émission est diffusée en direct).

Comme chaque jour de la sainte-semaine, le bon Jean-Marc s'est donné pour mission de nous parler des médias pendant une heure (publicités généreusement dotées incluses) avant la tranche info de la mi-journée.

Après le premier flash d'information afflublé de l'indispensable météo (il fera froid et gris, ce week-end, et les chevaux ont froid en Basse-Normandie), nous assistons donc à cette fameuse page média. Le sujet phare de l'émission s'attache à nous parler d'un candidat d'une émission de télé-réalité ayant fait preuve de zèle en déclamant quelques phrases, il est vrai, originales. Les gens amusés par ce genre de répliques dont on ne sait si elles sont jouées par un acteur les ont déjà tous entendues sur internet (quatre fois. Au moins), les autres (ceux que ça n'intéresse pas), eh bien (justement) ça ne les intéresse pas. Un expert d'internet (Guy Birenbaum pour ceux que ça intéresse) nous dit qu'il s'agit peut-être d'un acteur, peut-être pas (sinon ben, le ciel est peut-être nuageux, peut-être pas, nous aurait dit avec la même certitude un expert chevronné en météo) (Ou mieux, Dieu existe peut-être, ou peut-être pas, nous dira un expert en epistémiologie des sciences).

Nous assistons ensuite au ballet des intervenants. Une vraie célébration où chacun vient lire son petit texte au micro. Je souris en voyant la préparation intense d'une journaliste qui a la lourde tâche de déclamer à l'invité du jour une liste de questions auxquelles il doit se contenter de répondre par oui ou par non. Elle était là dix bonnes minutes à l'avance pour une intervention qui aura duré quelque chose comme quarante secondes. Exactement comme lorsque j'avais douze ans et que je lisais à la messe un texte de quatre lignes sur lequel je m'étais concentré pendant de longues heures.

Je te fais une version courte parce qu'on va pas parler de Morandini jusqu'au prochain carême non plus : passons donc, sans plus attendre à notre seconde partie, les auditeurs posent leurs questions aux éminents spécialistes présents dans le studio. En ce vendredi, trois domaines sont abordés : les nouvelles technologies, l'argent, la cuisine (la vie, quoi). Il est douze heures, nous ouvrons le bal avec une auditrice dont j'ai malheureusement oublié le prénom. Nous sommes sur l'une des plus grandes radios de France, au tout début de la tranche info de la mi-journée et cette auditrice a une question cruciale dont la réponse devra l'aiguiller spirituellement pour le restant de ses jours (au moins) : Est-il conseillé de rouler les morceaux de viande dans la farine au moment de débuter un boeuf bourguignon ?

Je serais volontier tombé de ma chaise si je l'avais pu mais comme à la messe, je reste stoïc. Juste une léger sourire (euh...). La réponse sera dans la droite lignée du début de l'émission : des fois oui, des fois non, tout est une question de culture ou de goût. Une fois encore je te fais une version accélérée car je ne suis pas certain que tu te passionneras pour le fait que l'or soit vraiment la meilleure des valeurs refuges. Le tout est évidemment entrecoupé de réguliers moments de recueillement publicitaire s'achevant par le geste immuable d'Emmanuel Mau-BEAR nous invitant à applaudir.

L'émission se poursuit avec LE grand titre de l'actualité : un mort suite à l'apéro géant organisé  deux jours auparavant à Nantes et cette question brûlante, faut-il interdire les apéros géants ? La victime serait tombée d'un pont alors qu'elle avait accidentellement atteint un taux d'alcoolémie bien supérieur à deux grammes par litre. Mon dieu que ces apéros sont vils et dépravants. Hâtons-nous donc de faire des débats aussi constructifs que celui auquel nous assistons ici lors de chaque décès lié à l'alcool. Mieux, proposons donc une loi à chaque fois, le monde ne s'en portera que mieux.

Hélas, les meilleures choses ont une fin et l'office de St Jean-Marc ne fait pas exception. Sacrebleu.

samedi, 08 mai 2010

Haan ! Josette, t'as vu ça ?

Josette tourne la tête et rejoint son amie qui vient de l'interpeler puis regarde avec admiration cette machine métallique qui sert à "couper les arêtes des filets de poissons".

Jusqu'à demain, les pavillons de la Porte de Versailles accueillent l'un des spectacles les plus drôles qui amuse Paris à chaque printemps : La foire de Paris et, en son sein, le concours Lépine.

Josette et des milliers d'autres gens se bousculent pour admirer les merveilles les plus inventives, celles qui reflètent toute la quintescence de notre société. On citera pèle-mèle un sac à crotte de chien "design" répondant au doux nom de KK+, une pince absolument remarquable qui te permettra de retourner les saucisses qui cuisent, non seulement dans ta poële mais aussi sur la grille de ton barbecue ou encore ce nouvel ustensile de cuisine dont la conception ré-vo-lu-tion-naire te permet d'éplucher très facilement tes gousses d'ail, il s'appelle tout simplement le pèle-ail. Fichtre, moi c'est un pèle-oignon que je rêvais de trouver. Le monde est une fois de plus trop injuste, je passe mon chemin la mort dans l'âme. Enfin, je ne peux pas ne pas citer ce qui pourrait bien être l'un des objets fétiche de la prochaine Gay-pride : des piquets de sécurité pour les tentes, à savoir de magnifiques piquets ou sardines comme ceux qui servent habituellement à arrimer ta tente au sol (pas de mauvais esprit s'il te plait) mais cette fois avec une tête visible de 6 ou 7 centimètres de diamètre et surtout jaune, rose fluo ou rouge à pois blanc. Une merveille de plus.

Pendant ce temps le petit Jordan, 5 ans, attend sa mère à l'entrée du hall 3.

Les inventions les plus improbables se côtoient et suscitent heureusement des réactions assez partagées. Comme nous, certains quidam ne peuvent masquer un sourire de façade pendant que nous luttons tous les deux contre la crise de fou-rire et répondons par la négative à un exposant qui nous propose de nous montrer le principe de sa trouvaille de peur de craquer pendant l'exposé (j'ai toujours été une personne à haut risque de fou-rire public). Juste à côté du pèle-ail, un grand classique dont je ne me lasserai décidément jamais : la rape qui te fait les meilleures carottes rapées du monde. Mais si, regarde comme elles sont belles, mes carottes. On en mangerait.

Nous changeons de pavillon (ou d'étage, je ne sais plus) pour découvrir le monde merveilleux des canapés. Josette, d'ailleurs, nous y aura peut-être précédés. Le cas échéant, elle aura été accostée par ce vendeur aux dents longues (et aux cheveux grassement gélifiés) qui se sera fait un plaisir de lui démontrer par A + B qu'elle passe vraiment à côté d'une affaire en or. D'ailleurs Josette, asseyez vous donc sur ce canapé lavande et vous verrez. Josette se sera défendue en disant que, non, cela ne fait pas partie de ses projets. Mais de toutes façons, qu'y a-t-il de plus pénible qu'un vendeur de canapé un jour de foire ? Et bien un vendeur de cuisine, précisément le même jour.

Celui-ci, par exemple. Alors que nous passons furtivement tout près de lui, il expose sa plaidoirie aux deux proies assises en face de lui (je te propose de les appeler Mr et Mme Duchemin) en insistant sur le fait que s'il ne font pas affaire aujourd'hui il sait très bien que Mr et Mme Duchemin sont des clients perdus pour son magasin puisqu'après la foire, ils iront se renseigner chez la concurence et... J'avoue ne pas avoir compris la logique de son raisonnement mais il est évident que si Mr et Mme Duchemin ont un coeur, et un tant soit peu de bon sens, ils DOIVENT s'engager dès maintenant.

Cette fois, c'est la petite Aïcha qui attend sa mère à l'entrée du hall 1.

Les cuisines, les salles de bains et les appareils éléctroménagers se succèdent, provoquant tour à tour des hochements de tête convaincus, des haussement de sourcils à la découverte du prix, des sourires entendus qui passent rapidement au stand suivant ou pire, des exclamations spontanées et grimaçantes : "ouh ! c'est moche !!". Les gens se croisent et se recroisent, certains trainent innocemment à proximité des stands des grandes marques de café (on ne sait jamais, ils font peut-être déguster).

Et enfin, alors que les Jacuzzi bouillonnent encore bon train et que les allées sont désormais plus clairsemées, une voix hésitante annonce que la foire de Paris ferme ses portes pour aujourd'hui. Josette aura alors rejoint l'entrée du bâtiment en disant à son amie qu'à force d'avoir piétiné autant cet après midi elle commence à avoir un peu mal aux jambes mais qu'effectivement cette machine qui coupe les arêtes des filets de poisson, elle espère bien que ça va être commercialisé. Une machine qui siègera éventuellement un jour sur le plan de travail de la cuisine pour laquelle Mr et Mme Duchemin auront signé en se disant avec un regard entendu qu'ils ont sept jours pour se rétracter, ils l'ont entendu dans une émission à la télé la semaine dernière.

Tout ce petit monde se dirige vers la sortie en regardant sa montre alors que la petite Aïcha n'en finit plus d'attendre sa mère à l'entrée du hall 1. Nous concluons pour notre part que même si nous voyons ton scepticism(e), on n'a rien inventé de mieux depuis le Willy Waller Two thousand and six.

Mais, au moins, nous avons beaucoup ri.

23:26 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (8)