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mardi, 20 mars 2012

Le fond du panier et les autres.

 

Je suis sorti du gymnase ce dimanche avec la satisfaction du devoir accompli. Après ces quatre heures à courir rageusement après un volant, j'avais mal aux jambes, aux épaules et aux bras mais je marchais fièrement sur le chemin du retour, aux côtés d'un de mes compagnons de sueur dans les environs de la Gare de Lyon. Je croisais les regards de tous ces même-pas-sportifs, revenus d'un week-end mollasson à Flémard-les-Ombrelles, trainant lamentablement leurs valises à roulettes alors que je portais encore avec force et vigueur mon sac d'où le manche de ma raquette dépassait bien assez pour justifier à lui seul la rougeur quelque peu exacerbée de mon visage. J'étais un soldat revenant du front, un héros. Pas moins.

Sur l'emploi du temps de ma classe de quatrième je crois que les cours de sport figuraient au menu du jeudi matin (ou le mardi mais je te l'accorde, on s'en fout un peu). Ce trimestre-là on faisait du basket dans une salle rutilante située à même pas cinq minutes du collège. Jouer au basket. Autant te dire que j'étais ravi comme un canari s'apprêtant à faire un séjour dans un micro-onde. Le volley passait encore, le hand je pouvais comprendre. Mais le basket. Pourquoi ? Pourquoi j'avais encore mérité un truc pareil ? Après la gym, l'endurance et même la lutte (!!?) l'année précédente. Mais au moins j'échappais encore cette année-là à la terrible piscine et, évidemment, rien ne pourrait déjà plus jamais égaler mon pire souvenir de sport au collège, cet entretien épouvantable avec Mme D. et ses dents. Comment peut-on exiger de quelqu'un qu'il soit adroit dans le maniement d'un ballon pesant dans les douze kilos et devant être lancé dans un cerceau de plomb ferraille (très certainement rouillé et infesté de tétanos) situé à six mètres d'altitude, le tout avec une demi douzaine de sauvages boutonneux prêts à toutes les bassesses pour t'arracher des mains ce ballon dont tu ne veux même pas ? Qu'ils le prennent. Et qu'ils s'étouffent avec si c'est possible.

La classe devait être divisée en six équipes. Je te fais grâce de ce moment merveilleux où les meilleurs en sport sont désignés pour choisir ceux qui seront leurs coéquipiers tout en essayant d'éviter autant que possible le fond du panier - c'est bien connu, les profs de sport sont des tortionnaires psychopathes et pervers qui ont toujours détesté les petits mecs et filles ayant un minimum le sens de la grammaire et pas trop celui du passement de jambe. La classe fut donc divisée en six factions qui allaient s'affronter vaillamment aux quatre coins de la salle de sport. Et le premier match débuta, j'étais très concentré. Vraiment très concentré. Tellement qu'à un moment j'ai réalisé que sur le terrain il y avait quelqu'un qui n'était pas de mon équipe, ni même de l'équipe adverse. D'ailleurs mon équipe entière avait disparu. La stupeur l'emporta rapidement sur une petite joie furtive. C'était souvent comme ça les sports d'équipe pour moi : je tentais de me concentrer avec tout le sérieux possible et je réalisais quelques minutes plus tard que mon esprit avait mis en œuvre malgré moi un stratagème de fuite imparable en me plongeant dans une espèce de demi sommeil apathique dont je finissais par sortir en sursaut, comme après un rêve vaporeux.

**Dans toute l'histoire de la littérature, je t'assure que le mot apathique n'a jamais été utilisé a aussi bon escient que dans cette dernière phrase.**

J'ai fini par réaliser que mon équipe avait donc terminé son match, quitté le terrain et débuté un autre match sur le terrain d'à côté sans  - un - que je m'en rende compte ni - deux - que personne d'autre ne s'aperçoive de mon absence. C'est dire si j'étais un maillon indispensable au bon fonctionnement de cette immense concentration de talents qu'était mon équipe. J'ai couru bien vite pour reprendre ma place quelque part entre un panier et une ligne blanche et je me suis mis à faire ce que je maitrisais le mieux à l'époque. La position statique. J'étais partagé entre une forte envie de rire et une véritable honte qui me faisait espérer très fort que personne n'ait rien vu. Le match s'est terminé peu de temps après mon entrée si brillante sur le terrain. Je crois me souvenir qu'on a gagné. Sans doute en bonne partie grâce à mon art de l'évitement. Une belle victoire d'équipe, quoi. Vive le sport et mes aptitudes hors-pair.

J'aurais rêvé de croiser un de mes profs de sport du collège aux abords de la Gare de Lyon ce dimanche. Par exemple Mme D. et ses dents, tiens. Je leur aurais raconté que j'ai compris, je leur aurais dit à quel point je sais désormais ce que ça fait, les endorphines, le plaisir de l'effort, de construire un point, de réussir un beau geste, pour soi ou pour son partenaire. Le plaisir. On se serait tapé dans le dos avec Mme D. et ses dents, et on aurait disserté elles et moi pendant trois quarts d'heure sur le désarroi de se sentir au fond du panier, le plaisir d'en sortir, le plaisir du sport, tout simplement, et aussi les bienfaits de l'orthodontie (dont je suis la preuve vivante et elles un peu moins). Et puis elles m'auraient filé un truc contre les courbatures et ça m'aurait pas fait de mal. Ouais, j'aurais pu m'en faire de bonnes copines. Limite, on aurait fini par se programmer une petite virée tranquille. A Flémard-les-Ombrelles.

mardi, 13 mars 2012

Mon meilleur profil

 

Et là, on me demande mon style vestimentaire. Ça doit être quelque chose comme la quinzième question et j'en ai un peu ma claque de remplir ce profil. Je regarde prestement les possibilités de réponse. On a le choix entre une myriade de termes tous plus vendeurs les uns que les autres : casual, sportswear, streetwear, costume, "selon mon humeur" et bien d'autres, oubliés dans les limbes de ma mémoire. Il faut que je me creuse méchamment pour choisir au milieu de ça. Pour me faire une idée, je jette un oeil à mon armoire dont la porte est à demi ouverte. Aux premières loges, un vieux short mal plié menace de tomber d'un étage. Je vais cliquer sur casual, c'est moins risqué. Question suivante, mes qualités. J'hésite entre mon sens inné de la répartie lorsqu'il faut parler météo et ma connaissance inégalable des meilleures tubes de Sandy Valentino. Je décide de jouer la modestie en indiquant "je ne porte jamais de chaussettes blanches", ce qui est presque vrai. 

C'est toujours un peu pareil avec les profils. Toutes ces questions ça a tendance à me gonfler sévère au bout du deuxième espace vide à compléter pour m'inscrire auprès de ma nouvelle mutuelle alors imagine un peu quand c'est pour un site de rencontres. Je deviens une sorte de petit ado rebelle qui refuse de cracher le morceau pour un oui ou pour un non. Nan je te donnerai pas mon prénom. Nan je te dirai pas si ma famille est au courant de mon orientation sexuelle (d'ailleurs ça t'intéresse vraiment, sérieux ?). Nan je te dirai pas ce que j'ai fait comme études. Nan je te donnerai pas mon tour de taille.

Au terme d'intenses réflexions j'ai dû répondre à un petit quart des questions posées et j'estime que j'ai déjà donné beaucoup de moi. J'ai tout de même indiqué ma taille exacte sans mentir, rends-toi compte. Pour le reste, c'est des infos secrètes ça Monsieur, c'est un minimum si on veut garder une intimité. Je ne suis pas de ces gens qui racontent leur vie en large et en travers sur des chats ou des bl... ah. Mince.

Je réponds à une dernière question dont je me rappelle pas du tout le sujet, c'est dire si je suis concentré, et - alléluia - on m'annonce que mon profil est en ligne. Enfin, il manque une photo quand-même. Je regarde mes archives. Ça nan, ça nan, ça non plus, ça Oh-la-vache-surtout-pas, ça Oh-oui-je-me-rappelais-plus-de-cette-photo... Ouais je vais jouer à faire une photos en live avec ma webcam. Tout le monde doit bien faire comme ça, chuis sûr. Dix minutes plus tard je ris encore tout seul devant mon écran. Parce que je n'ai toujours pas découvert comment désactiver le flash. Je suis sur le point d'envoyer un texto d'appel détresse lorsque je finis par trouver. Le résultat est un peu naze mais je décide en accord avec moi-même que c'est déjà beaucoup d'efforts accomplis et que j'en ai un peu rien à foutre pour une première connexion.

J'indique à côté de mon statut : "je file chercher une vraie photo et je reviens" ce qui dans mon langage signifie très clairement quelque chose comme "me parle pas ce soir, fais comme si j'avais mes règles". Ben figure toi que y en a un qui n'a pas compris. Et hop, déjà, le lourd qui commence à essayer de me taper la discute. Je décide de réagir avec calme et discernement : prenons la fuite. Je claque mon écran sans répondre un seul mot mais en faisant quand même coucou avec la main - même si ma webcam est bien sur éteinte - parce que je ne suis pas un rustre.

Voilà pour cette première connexion puisque je viens d'éteindre mon ordinateur dans cette manœuvre tellement habile. Ah c'était bien. Rudement bien. C'était il y a une semaine et je n'y ai pas remis les pieds. Peut-être que ma photo aura été mise au rebus par un modérateur un peu inspiré. Je crois que j'ai pas trop l'intention de retourner voir.

Parce que parfois, les rencontres de la vraie vie, c'est un peu comme Particulier à particulier : ça marche ! Si si, je t'assure...

lundi, 27 février 2012

Le marchand de sable, ce petit con

  

Ce soir je me couche tôt. Je me glisse avec élégance et raffinement sous la couette avec, sur la table juste à côté, ce bouquin que je fais semblant de lire depuis bientôt trois mois (j'en suis à la page 22, je me rappelle absolument pas de quoi ça parle). Je me force à éteindre l'ordinateur (la quatrième tentative d'auto-persuasion est la bonne) et je ferme presque complètement le rideau derrière lequel la guirlande de noël de mes voisins situés en vis à vis continue à clignoter chaque nuit comme si sa vie en dépendait.

Je suis bien, je suis détendu, je respire, je n'ai plus qu'une chose à faire, fermer mes paupières et sourire béatement à la vie en attendant les premières pelletées du marchand de sable. Il va venir, il va venir. Je le sens, il est là, tout près, il me chatouille les méninges. Le bruit du frigo. Il en fait du bruit ce frigo. Tiens, depuis combien de temps mon bidon de lait est ouvert ? Est-ce qu'il m'en reste un autre en réserve ? Faut p'tête que j'aille faire les courses dès demain soir. Ouais mais j'aurais pas le temps. Ouais mais il me faudrait des éponges neuves aussi. J'ai eu trop de mal à gratter les restes des oeufs brouillés de ce matin. Une plaie à nettoyer ces oeufs brouillés. 'Tain ça y est j'ai fini d'avoir envie de dormir. Connards d'oeufs brouillés. J'ai cru que j'en viendrai pas à bout et là encore il m'empêchent de dormir.

Machinalement je déplace le rideau pour voir si la guirlande clignote toujours. Cette gourdasse clignote toujours. On est fin février. Une guirlande avec des ampoules jaunes, bleues, vertes et rouges. Normal. Ces voisins doivent être des psychopathes qui veulent jouer avec mes nerfs. Je les imagine rire derrière leur guirlande. Objet de Satan. Je referme le rideau. Je tente d'oublier. Leur donner de l'importance, c'est leur donner gain de cause. Je suis bien, je suis détendu, je respire, je n'ai plus qu'une chose à faire, fermer mes paupières et sourire béatement à la vie en attendant les premières pelletées de ce salaud de marchand de sable.

Mes pieds sont lourds, mes jambes sont lourdes, mon corps est lourd, mes bras sont lourds. Je suis bien, je sens que ça vient. Ma couette repose lourdement sur moi. Mais pas assez. Cet oreiller me gène. Il vaut pas un traversin. Je sens que je vais à nouveau militer pour la réhabilitation du traversin. Il reste encore des combats justes et nécessaires dans ce bas monde. Le traversin est tellement plus adapté. Je récupère mon traversin dans mon armoire. Il me vengera des oeufs brouillés. Je me réinstalle. Ah oui je suis mieux là. Ah oui je sens que ça vient, ça vient. Je respire. C'est bon ça vient.

Je me sens décrocher comme dans un rêve. Comme dans mon rêve de la semaine dernière. Celui où j'ai rêvé que je tombais et je finissais par atterrir dans la maison de mes parents. Dans le lit de ma chambre d'adolescent. Mais j'avais changé la tapisserie. Pourquoi ne pas avoir gardé la tapisserie jaune ? Pour la remplacer par du bleu et du vert. Une hérésie. Dans ce rêve mes parents ont vraiment fait n'importe quoi de cette maison. Je repense au billet que j'ai écrit il y a un an sur ce que mes parents ont changé dans la maison. Et à ce que je pourrais y ajouter encore. Je me promets de retourner voir l'empreinte de pas de la chienne sur le vieux dallage la prochaine fois. J'essaie me de rappeler quelques souvenirs avec cette chienne. Juste à côté du bac à sable. Putain de sable. Et son marchand.

Il est deux heures. Le marchand de sable est un enfoiré. La guirlande clignote toujours. J'ai faim. Je mangerais bien des oeufs brouillés.

vendredi, 30 décembre 2011

Le livreur, cet être mystérieux et insaisissable

 

Pour les incultes qui n'ont pas lu mon billet précédent, j'étais ces jours-ci dans un état second lié à l'excitation bien légitime de recevoir un colis comportant un cadeau en provenance de chez Téléshopping (ahem). Le transporteur missionné par Pierre Bellemare et ses sbires ayant des façons de faire un peu curieuses (pas de livraison possible sur le lieu de travail, pas de livraison le samedi, impossible de laisser le colis dans une poste ou un point relais), nous avons programmé un "rendez-vous" ce vendredi 30 décembre à mon domicile puisque je m'étais donc résigné à consacrer cette journée à l'attente merveilleuse de ce si beau colis.

L'heure du rendez-vous est ma foi plutôt large : "entre 8h et 19h". Certaines mauvaises langues iraient jusqu'à prétendre que le terme "rendez-vous" est un tout petit peu galvaudé mais tu sais que ce n'est tellement pas mon genre de dire ce genre de choses. Du coup, ça me laisse le temps de faire plein de trucs utiles du type rester chez moi, faire mon lit, regarder si la voisine d'en face a décidé d'arrêter de fumer (apparemment pas trop), compter mes chaussettes, refaire mon lit, tomber en pâmoison devant l'émission présentée par Sophie Davant (nan mais comment on peut produire des émissions pareilles ?) ou encore ranger mes cure-dents dans mon pot à cure-dents (et rerefaire mon lit, aussi).

Et pendant ce temps je me prends à rêver de ce moment d'extase où le livreur viendra avec son air assuré et son uniforme de sauveur faire d'une pierre deux coups : d'une me remettre enfin ce cadeau dont je me languis depuis des semaines, de deux me délivrer de chez moi parce que, un 30 décembre, j'ai un peu autre chose à faire que rester enfermé telle Raiponce dans mon donjon. Je me tire un peu les cheveux par solidarité avec ladite Raiponce, ça peut peut-être m'aider.

15h12. Délivrance, on sonne à l'interphone. Youpitralala. Terrible fausse joie, ce ne sont que deux blogueurs - un grand que je rencontre pour la première fois et une sale petite teigne que je connais un peu plus - qui passent me faire coucou puisque je ne n'ai pas pu déjeuner avec eux (à cause d'une sombre histoire de livraison, vois-tu...). Je suis extrêmement déçu que ce ne soit qu'eux mais je prends sur moi et je ne fais presque pas la gueule. Je leur sers tout de même un café bien dégueulasse, ça leur fera les pieds. Hélas, ma bonté n'ayant d'égal que mon génie et ma vivacité d'esprit, je ne peux m'empêcher de leur offrir avec ce café les meilleurs Pim's de toute l'Ile de France. Au moins. C'est le plus petit des deux qui le dit, enfin, à peu de choses près. Le grand ne bronche pas trop contre mon café, je crois qu'il est un peu impressionné par les carrures si larges et l'humour tellement fin de ses deux interlocuteurs.

L'heure tourne et mes deux distracteurs trouvent des prétextes plus ou moins douteux pour me fausser compagnie (soit disant que l'un des deux avait un train à prendre). Je me retrouve esseulé et abandonné à mon triste sort. 17h30, la mort dans l'âme je me décide à manger une compote de pommes. 18h, toujours aucune nouvelle du sous-traitant de Pierre Bellemare, je me permets un petit coup de fil pour m'assurer qu'on ne m'a pas oublié. "Oui oui je vous confirme qu'une livraison est prévue chez vous le 30 décembre, ça peut être jusqu'à 19h30 ce soir, le livreur va probablement passer".

18h30, rien. 19h, rien. 19h30, j'assassine sauvagement le dernier Pim's que j'avais gardé pour l'occasion. 19h42, je rappelle le transporteur. La livraison est toujours prévue chez moi le 30 mais il se trouve aussi que le colis a été renvoyé chez l'expéditeur le 28 parce que l'adresse n'était "pas accessible" (!?!). La livraison du 30 était donc par définition totalement impossible mais le transporteur ne m'a pas prévenu alors qu'il est en possession de mon numéro de téléphone **Rire Nerveux**. Je visualise de façon subliminale toutes ces choses que j'aurais pu / dû faire aujourd'hui. **ReRire Nerveux**

Je me console un tout petit peu en pensant que demain, malgré les 3200 choses que j'ai à faire, lorsque j'irai jouer au badminton (avec mon tout nouveau sac Fred Perry qu'il est vraiment trop beau), je frapperai dans le volant en imaginant que c'est la tête du livreur et je vengerai alors toutes les Raiponces du monde. Toutes. Et mêmes celles qui n'existent pas encore. Le tout pour un Sèche-linge Express. **Toussottement**

 

PS : tu veux savoir qui est ce transporteur si performant afin d'éviter de faire comme Pierre Bellemare et donc ne surtout pas travailler avec eux ? Je ne suis pas rat, je te dis de qui il s'agit : Adrexo. Voilà, c'est dit, je me sens mieux.

vendredi, 23 décembre 2011

Mademoiselle Bellemare et sa musique

 

La tonalité habituelle du téléphone et cette soudaine musique d'attente venue d'un autre monde. Oh mon dieu, mais c'est ... mais c'est ...

J'ai le bonheur d'appeler le service client de Téléshopping (pas ma faute, hein, je vais t'expliquer) et la musique d'attente c'est le générique de l'émission de télé entendu tant de fois dans mon enfance mais un peu remixé, le résultat est très moche, ça doit donc être le générique actuel *.

Ça fait quelque chose comme : "TOU TOU TOU DOU tou tou tou dou TOU TOU TOU DOU". Et comme je suis seul chez moi, je mets le haut-parleur en attendant que quelqu'un me réponde et je commence à faire ma vaisselle en chantonnant "TOU TOU TOU DOU tou tou tou dou TOU TOU TOU DOU" tout en dodelinant de la tête. Je me sens à ce moment précis atteindre le paroxysme de la virilité, et c'est parti pour trois minutes de "TOU TOU TOU DOU tou tou tou dou TOU TOU TOU DOU".

Je finis par réaliser que - Jésus-Marie-Jospeh- je suis bien au téléphone avec Téléshoppiiiiing. Toute mon enfance avec Pierre Bellemare et Maryse QuavaitPasDeNomDeFamilleApparemment est au bout du fil. J'ai envie de hurler, de rire et j'ai des frissons à la fois. Et si c'était Pierre Bellemare qui me répondait au téléphone ? Mon coeur s'emballe. La musique met les voiles, brutalement interrompue par la voix d'une grognasse, ce ne sera donc pas Pierre mais sans doute sa femme ou sa fille (sa maîtresse ?). 

J'explique à Mademoiselle Bellemare (j'ai décidé que ce serait sa fille) le pourquoi de mon appel en comprenant que Pierre, est probablement trop occupé à décrasser sa terrasse avec son splendide nettoyeur vapeur haute pression alors que sa femme prépare un rôti qui sera tendre à souhait grace au pistolet arroseur qui évite à votre viande de se désécher pendant la cuisson (vous avez dit sexisme !?). J'imagine alors Madame Bellemare refermer son four et se tourner avec un sourire béat vers son Aspir'tout magique grâce auquel elle fait l'admiration de toutes les ménagères du quartier (vous avez redit sexisme !?). Moi pendant ce temps, je suis un peu en galère. Un membre de ma famille a eu la brillante idée de m'offrir comme cadeau de noël un article de l'émission et de le faire livrer directement chez moi sans me dire de quoi il s'agit "comme ça t'auras au moins un vrai cadeau à Noël, toi qui dis toujours que tu veux pas qu'on t'offre que de l'argent !".

Ainsi, depuis deux semaines je m'endors chaque soir en rêvant tendrement à ce que le livreur va m'apporter. Mon coeur balance entre un set de couteaux de cuisine capables de couper une boîte de conserve sans les mains et un spray anti-moustique aromatisé au jojoba du Bengale. Hélas, la livraison piétine et je n'ai reçu que le cadeau bonus offert en supplément gratuit (une merveilleuse cocotte-vapeur, enfin c'est ce qu'il y a d'écrit sur la boîte...) alors que mon vrai cadeau, lui, ne cesse de se faire désirer. Mademoiselle Bellemare comprend bien le problème, elle me demande mon numéro de cliente. Je me racle la gorge et je prends une voix bien grave en regrettant un peu d'avoir fait mes gammes sur "TOU TOU TOU DOU tou tou tou dou TOU TOU TOU DOU" pendant trois minutes. Cette connasse me redemande mon numéro de cliente.

La conversation se poursuit un peu péniblement et tout à coup, c'est le drame, j'entends Mademoiselle Bellemare me dire : "juste pour être certaine, l'article commandé, c'est bien le Sèche-linge express ?". Je tombe dans des abîmes de perplexité et je me vois dire tristement adieu à mon set de couteaux magiques. L'esprit encore tourmenté je tente de visualiser à quoi pourrait bien ressembler un Sèche-linge express. Un genre de minifour dans lequel on suspend des chemises à un ceintre ? Un combiné Grille-pain/Ventilateur ? Mademoiselle Bellemare me confirme qu'effectivement aucune preuve de livraison n'a été établie et m'assure qu'une enquête (oui oui, elle a bien prononcé ce mot) va être menée afin de retrouver mon Sèche-linge express pour que je puisse être livré dans les plus brefs délais. Je suis SOU-LA-GE. Et tellement impatient. Quand je pense que moi finalement, j'ai pas osé le coup du presse-purée.

Ah, c'est sûr, les fêtes s'annoncent bien.

 

* Et puisque ton coeur le réclame même si tu n'oses le dire tout haut, tu peux écouter un bref extrait de cette merveille musicale et télévisuelle : ici. Aaaah... on en reviendrait presque à regretter le générique de Motus.

22:11 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (8)

jeudi, 08 décembre 2011

Tout ça, ça va finir en presse-purée pour tout le monde


T'as remarqué à quel point je suis inspiré pour mes titres ces temps-ci ?


Dans mon rêve Julien Doré a une fesse plus petite que l'autre. C'est un peu étrange mais rien n'y fait, quelque soit le point de vue, la fesse droite est plus petite, je suis formel. Je me réveille le temps de regarder l'heure. C'est bon, je peux y retourner. Ce bref intermède d'éveil est fort salvateur : Julien Doré retire à nouveau son boxer - sait-il que je suis derrière lui ? - et cette fois son arrière-train joliment agencé jouit d'un parfait équilibre, c'est heureux. Je ne sais pas vraiment pourquoi, Julien a choisi de se changer - intégralement - dans la nouvelle pièce de mon appartement, celle que j'ai reçue en cadeau de Noël. Tout cet espace supplémentaire ce n'est pas du luxe, une véritable respiration, et Julien ne s'y trompe pas. 

Le réveil finira par sonner bien avant que je n'ai le temps de demander à Julien tout le bien qu'il pense de mon nouvel intérieur. La tuile. La nouvelle pièce a d'ailleurs disparu. La barbe. Toutes mes idées de cadeaux avec. Alors là c'est le pompon. Dans mon rêve mes cadeaux de Noël avaient rencontré un succès dont je n'étais pas peu fier. J'avais comblé de bonheur mon entourage avec des idées toutes plus brillantes et créatives les unes que les autres. J'avais offert ... euh ... euh ... Tu as remarqué à quel point il est énervant d'oublier le contenu d'un rêve dès le premières minutes qui suivent le réveil ? C'est une gorgée d'eau que je tente vainement de retenir dans mon poing fermé, les idées fuient mon esprit hagard qui n'a pas encore accepté que la nuit est cruellement arrivée à son terme. Le temps d'enfiler une paire de chaussettes trouvée à la hâte et potentiellement dépareillée, j'oublie jusqu'à la couleur du boxer que Julien portait avant de le retirer.

Je n'ai rien gardé de mon rêve, donc - fesses de Julien Doré mises à part - et je me retrouve à sec. L'échéance c'est dans dix-sept jours, et rien. Je soupire capricieusement. Je soupire encore un peu plus fort comme si une magie obscure allait me venir en aide mais rien, quedalle. La vie c'est vraiment rien qu'une garce et la providence elle s'en fout. Ce n'est pas dans ce pauvre catalogue de jouets Joué*Club posé à côté de ma télé que je vais trouver de quoi contenter mon ingrat entourage. Qui voudra de ce lecteur mp3 estampillé Barbie (Barbie-Moche ?), là sur cette page que j'ai ouverte au pif ? Je me concentre. Très fort, très très fort. Et tout ce que je trouve, c'est une idée de cadeau pour moi. Ah ouais, c'est pas mal, ça. C'est toujours ça mais ce n'était pas exactement le but.

Je maudis tous ces gens ordonnés, prévoyants et inspirés qui ont déjà trouvé tout ce dont ils ont besoin. Je maudis par avance tous ces autres retardataires stupides qui ne vont pas manquer de s'entasser avec moi dans les boutiques. Je sais pertinemment que, comme chaque année je vais m'en tirer avec des sorties urgentes en grands magasins parce que j'aurais eu ma première idée brillante le vingt-et-un au soir. Mais comment ils font tous ces connards qui ont déjà trouvé et qui me narguent sur twitter ou ailleurs ? Alors que j'en suis encore à répéter au téléphone que non je ne veux pas offrir d'argent à quelqu'un qui a prévu de m'offrir de l'argent en retour (famille, je t'adoooooore...).

A la faveur d'une réflexion un poil futile sur facebook je me suis imaginé offrir un truc absurde à tous. Le même pour tout le monde. J'ai cherché un petit moment, et l'évidence s'est imposée à moi. Comme une sorte de flash implacable, une volonté quasi-divine. Enfin, une évidence toute relative, hein. Sauf miracle ou sauf retour de Julien Doré dans mes rêves cette nuit (ou la suivante, je veux bien être conciliant) avec toute une batterie de bonnes idées, ce sera donc un presse-purée pour tout le monde.

'Tain, Julien déconne pas, reviens. 

dimanche, 30 octobre 2011

Accomplissement personnel, je perce donc je suis

En équilibre précaire sur mon petit tabouret bancal je ne suis pas un modèle de sécurité que l'on montrerait dans les petits programmes télévisés fomentés par les meilleures compagnies d'assurance du monde entier dans le but de faire de la publicité prévention. Le bruit plus fort que je ne m'y attendais me surprend presque. Pourtant, c'est bien moi qui maintiens le bouton appuyé. On avait passé un gros quart d'heure elle et moi à se regarder en chien de faïence puis j'ai fini par l'empoigner fermement. J'appuie bien fort pour défoncer avec une petite jouissance non feinte la trace que j'avais dessinée au crayon sur le mur. Certains diront avec un petit sourire en coin que cette histoire de jouissance en présence d'une perceuse à l'oeuvre c'est tout de même très connoté. Et bien... et bien oui, voilà, c'est l'impression que j'ai eu pendant l'acte. Mais on ne va pas épiloguer sur le sujet avec des sous-entendus scabreux pendant trois heures, merci.

L'acte, précisément, est aussi facile que dans mon souvenir (oui oui, je crois vraiment que ce n'était pas une première ou alors c'est encore un rêve très réaliste). Je retire la mèche du trou encore tout frais et je souffle bêtement sur l'engin gracieusement prêté par Monsieur Ditom comme sur un revolver qui m'aurait permis d'en finir avec la plus féroce des mouettes de la Côte Atlantique, Manche comprise. Je m'imagine regarder par la fenêtre en disant à voix haute avec un sourire entendu et un cigare à la bouche : "j'adore quand un plan se déroule sans accroc". Je regarde ensuite avec la fierté du devoir accompli ce trou rondement percé et je pense avec contentement à toutes ces fois où je vais pouvoir dire, l'air de rien et la main sur le coeur : "et c'est moooi qui l'ait faaait. Et si facilement. Oui vraiment, le bricolage, moi ça me connait ...".

Nan, en fait, tu sais ce qui a été le plus difficile ? Ce fut de replacer l'engin avec tous ses accessoires dans sa boîte et parvenir à la fermer. C'est de loin ce qui m'a pris le plus de temps en pensant piteusement à ce que se dira l'illustre Ditom la prochaine fois qu'il voudra à nouveau s'en servir et verra comment j'ai rangé ses jouets. Un vrai casse-tête. A se demander si ce n'est pas fait exprès. Il va se fout'de moi, chuis sûr... Heureusement, ce n'est pas son genre. Tellement pas.

Enfin voilà, mon appartement est maintenant une merveille absolue de bon goût. D'ailleurs, ce trou, là, grâce auquel est accroché ce miroir, je t'ai dit que c'est moi qui l'ai percé tout seul ?

Aussi loin que je me souvienne, je crois bien mon premier fantasme ça devait être le Schtroumpf Bricoleur. Oui, lui, sa salopette et son crayon à l'oreille.

mercredi, 19 octobre 2011

L'avenir, le bonheur, les Pim's

Le paquet de Pim's à la framboise est étincelant dans son étui de plastique transparent encore intact. Une splendeur. J'ai un nouveau mail de l'une de ces deux personnes qui me veulent tant de bien qui m'attend, c'est le neuvième. Elles ont manifestement trouvé mon adresse grâce à ce merveilleux blog que tu lis en ce moment-même et ont flairé en moi un esprit suffisamment ouvert pour accorder un intérêt réel à leur propos. Avant ce soir je n'avais encore pas pris le temps de lire leurs missives en intégralité, j'ai décidé de m'atteler à la tache et entrevoir enfin cet avenir prometteur qu'elles ne cessent de me laisser miroiter dans les objets de leurs mails (un jour tu seras fier de pouvoir crier sur les toits que tu lisais mon petit blog, à une époque).

Parce que j'ai un grand avenir devant moi. Elles sont deux à me le marteler mordicus, pendant qu'une fine pellicule de chocolat cède délicatement le long de mon palais, laissant deviner à ma langue ces saveurs de framboises juste assez artificielles mais pas trop. C'est une révélation. Le premier message qui m'est adressé débute par ces mots : 

 

"On a parlé de vous, Joss... en Angleterre! Ne soyez pas étonné. Vous êtes un cas à part! Votre chemin de vie comporte des promesses tellement extraordinaires pour les semaines qui viennent, qu'une Grande Spirite comme moi ne peut les taire plus longtemps..."


Tu réalises un peu ce qui m'arrive ? Nan parce que, c'est vrai, j'ai toujours su que j'étais un cas à part, une perle au milieu des graviers poussiéreux, mais imaginer que d'autres en ont enfin conscience c'est une sorte de délivrance. Un nouveau Pim's caresse langoureusement ma langue. Enfin, on va me traiter avec les égards qui me sont dus. D'ailleurs remettez moi un peu de café je vous prie. Je te fais un résumé des mails suivant parce que sinon on est là jusqu'à la mi-carème. Pour faire court, je suis un être d'exception voué à un grand destin qui reste hélas englué dans les soucis du quotidien. Il semblerait même que des forces occultes malfaisantes s'évertuent à m'empêcher d'exploiter le potentiel qui est le mien. Alors là c'est le pompon. Un Pim's vient de craquer rageusement entre mes molaires. La framboise a morflé sévère.

Heureusement, l'une et l'autre se proposent de m'aider. Mon rythme cardiaque se détend. L'une entre dans les détails. Un mage lui est apparu en rêve et lui a parlé de moi. Ah c'était sans doute ça ce bruit l'autre nuit que j'ai bêtement attribué au réfrigérateur. Elle va m'aider, elle a un présent tout spécialement pour moi. Une génoise se blottit, toute douce, contre mon palais. Mais, oh mon dieu. Il ne me restait que onze jours à partir de la date d'envoi du mail, il fallait cliquer sur un lien et je ne l'ai pas fait. Le délai est passé. Le mage ne va pas être content. Je suis perdu, mon bonheur renvoyé aux calendes grecques. Le Pim's suivant ne tiendra que le temps de deux coups de dents.

L'esprit tourmenté, je fais défiler les mails. Sa copine l'autre spirite m'offre une autre chance. Elle aussi a entendu le plus grand bien à mon sujet. Si des sources différentes concordent si bien, le doute n'est plus permis. Il y a donc tout de même une justice dans ce bas monde. Cette fois je suis encore dans les temps. Elle me décrit avec précision l'existence terne et frustrante que j'ai vécue jusqu'à présent. Elle évoque avec concision mes difficultés sentimentales passées, c'est vrai, mes problèmes pour trouver la confiance qui me fait défaut, c'est vrai, mon incapacité à exprimer mes talents, c'est tellement vrai, les difficultés financières que j'ai si souvent rencontrées, c'est ... Ah bon !? Ah tiens je m'en étais pas complètement rendu compte. Elle m'assure que bientôt je n'aurais plus aucun problème d'argent. Cool, j'ai repéré lundi un blouson en cuir qui me plait beaucoup beaucoup, qui me va comme un gant, mais qui dépasse de quelques zéros mon budget. Et pour ce faire, il me suffit... Il me suffit... d'acheter son livre sobrement intitulé "Jouez les bonnes cartes" que je peux me procurer moi et moi seul pour la modique somme de trente euros parce que je suis quelqu'un d'exceptionnel. Un livre que je pourrais consulter à loisir qu'il soit quinze heures ou trois heures du matin, c'est elle qui le dit noir sur blanc. Dingue. Un livre consultable vingt-quatre heures sur vingt-quatre si je choisis de l'acheter. Décidément on n'arrête pas le progrès.

Ouais, on va regarder le mail suivant, hein, parce que ça avait l'air important aussi. Alors que j'entame un nouveau Pim's en mangeant tout le tour pour commencer, ce dernier mail en date débute par : "La tradition des bijoux ancestraux pour une vie meilleure". Les quincailleries j'ai toujours trouvé ça sympathique, mais pourtant j'ai comme un doute, subitement. Figure toi qu'elle me propose de faire l'acquisition du Talisman du Phoenix, "Un oiseau mythique qui peut rendre invincible !", ça ne s'invente pas. Et comme je suis un être exceptionnel, pour me procurer ce pendentif, il me suffit d'un premier versement de 24 euros et des brouettes en plus de quelques euros de frais de livraison. Et là je te laisse découvrir quelques unes des lignes qui décrivent le talisman en question : 

 

"Fabriqué en argent massif 925‰ recouvert d'une fine couche d'or 14 carats et serti de zircons rouge rubis, le Pendentif du phoenix d'or vous investira d'une force inépuisable dès que vous le porterez!

Les plumes rouge et or du phoenix constituaient un véritable trésor procurant une grande puissance à celui qui les possédait. Même Harry Potter, le jeune magicien préféré des petits et des grands, a utilisé les plumes du phoenix pour accroître ses pouvoirs. Réalisé dans le plus fin vermeil doré 14 carats et orné de 12 zircons rouge rubis, votre Pendentif du phoenix d'or renferme l'essence même de ces plumes magiques."


Il me vient alors cette pensée subliminale :

 

Nan mais je donne vraiment l'impression d'être aussi con pour qu'on m'envoie des trucs pareils ? (Bordel de merde).


C'est quand-même la navritude absolue, là. Et en plus, y a plus de Pim's. Chienne de vie.

jeudi, 15 septembre 2011

Veselka, Times Square et Rockaways

Je balade un peu tristement le pointeur de ma souris sur des rues que je peine à reconnaître. Je voudrais tant être encore dans cette réalité que Google Map ne transcrit que trop mal. Je cherche un peu maladroitement Spring Street et ce bar-restaurant à la serveuse incroyable qui me fait toujours sourire. Elle doit s'y reprendre à plusieurs fois pour compter le nombre de boissons nécessaires pour arriver à un total de cinq sachant qu'elle a déjà servi les trois premières (trois coca et deux coca light. Euh combien de coca light déjà ? deux. Si si, deux.) puis elle demande aux clients de la table d'à côté si quelqu'un est venu prendre leur commande, alors qu'elle l'a fait elle-même deux minutes auparavant. Elle leur apportera finalement ce qu'ils n'avaient pas commandé. 

Je m'empresse de noter dans un ordre aussi chronologique que possible toutes ces choses que nous avons faites dans l'espoir illusoire d'en garder toutes les impressions, les ambiances. Je fouille sur Wikipédia les infos concernant les lieux que nous avons parcourus (la hauteur du Rockefeller Center, l'histoire de Broadway ou le statut administratifs des Rockaways) mais déjà je sens filer trop de souvenirs entre les parois trop perméables de ma mémoire.

_DSC3409.JPGPèle-mèle, je tente de me rappeler nos blagues (les bonnes, essentiellement, et ça fait déjà beaucoup. Si), l'antenne de l'Empire State Building si proche et pourtant si lointaine, perdue dans le nuage nocturne que j'aurais pu toucher du doigt si ... , le vertige lumineux imposé par Times Square de nuit (RIP, l'environnement), les si jolis sourires de Lolotte et celui - non moins joli - du serveur du Veselka tout proche de notre appartement, les trouvailles scéniques et les chorégraphies de Chicago, le chef d'oeuvre de notre dimanche, l'étrangeté de cette balade finale improvisée jusqu'aux lointaines plages des Rockaways avec le tronçon de métro si proche de la surface de l'eau et sur fond de coucher de soleil, digne du Voyage de Chihiro.

En guise de traitement, je continue à écouter Florence and the Machine que nous avons entendue dans une boîte où nous a guidés Mr Cerises Bleues pour conclure l'une des belles soirées passées en sa compagnie avant d'opter pour l'écoute de Chicago (All that jazz...).

Et puisque tu vas me poser la question, je le sais déjà, oui, les rues étaient vraiment semblables aux souvenirs évoqués dans mon billet précédent. Mais comment aurait-il pu en être autrement ? Un petit frisson en tournoyant autour de la Statue de la liberté, où je me vois - je ne sais comment - , enfant, à l'intérieur de la couronne, porté sur les épaules d'un adulte dont j'ignore l'identité. 

Encore quelques instants de Google Map pour l'humeur. On mesure peut-être la qualité des vacances au coup de blues ressenti au retour. Le jetlag n'est pas très bon pour le moral. Ou alors c'est simplement le fait de rentrer.

dimanche, 10 juillet 2011

Le vestiaire

Avant.

C'est une ambiance très étrange, ce jeudi soir de juillet. C'est la première séance. Nous attendons dans la rue. Nous sommes une petite dizaine. Nous sommes là pour la première fois, on ne se connait pas et cela semble nous rendre affreusement timides. On se regarde à peine alors que nous savons pertinemment que nous allons passer la soirée ensemble. Nous sommes de grands garçons timorés comme des gamins. Surtout, ne nous adressons pas la parole, ce serait bien trop convivial. Un membre du bureau de l'association nous fait entrer. Nous descendons les escaliers qui mènent au vestiaire dans un silence monacal. Chacun prépare sa tenue, ses chaussures. Pas un mot, rien. L'une des rentrées des classes les plus studieuses auxquelles il m'ait été donné d'assister. Ce n'est pourtant qu'un club de badminton (estampillé arc-en-ciel, qui plus est). Nous quittons un à un le vestiaire avant d'aller rejoindre la salle de l'autre côté du couloir. Nous ne serons pas loin d'une trentaine sans doute.

Après.

Ruisselant de sueur, rougi par l'effort et presque encore essoufflé après cette séance qui aura duré pas moins de 43 heures et demi, j'entre à nouveau dans ce vestiaire. Tout a changé. La pièce est aussi chaude et bruyante qu'elle était sinistre et studieuse en arrivant. Deux des garçons quittent tout juste la douche. Quelques remarques fusent. Nous parlons du jeu, de la fatigue à venir, de la séance de samedi. Quelques plaisanteries, aussi (on est dans un vestiaire, rappelle toi). Je me fais cette remarque pour moi : nous ne parlons même pas de météo (dingue !!). Je m'amuse à noter le contraste saisissant avec notre précédent passage dans ce même vestiaire. Les conversations couvrent presque le bruit de la douche, nous avons tous l'air bien heureux d'être là (pour ma part cas c'est une certitude). 

J'en arrive à me dire que la recette imparable pour mettre l'ambiance au sein de ce groupe d'inconnus était peut-être simplement d'ajouter un peu de sueur (euphémisme) à cette soirée. 

 

(Pendant cette première séance, on m'a dit que je joue comme une teigne. C'est scandaleux, je suis outré.)