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vendredi, 06 septembre 2013

Les voleurs d'instants

 
 
Ce devait être le démarrage d'un scooter arrêté au carrefour. Le bruit me ramène, presque en sursaut, dans le lit de ce petit appartement du cinquième arrondissement. La couette était évidemment de trop pour cette nuit un peu chaude, mais il la voulait. L'obscurité étant devenue aussi relative que le silence, je parcours des yeux le plafond, les étagères ou se côtoient des quantités étonnantes de romans et de livres d'histoire. Un petit studio dans un vieil immeuble d'un quartier aisé, une décoration légèrement surannée, joliment contrastée avec le personnage.

Je cherche du regard un appareil qui réussira à me renseigner sur l'heure. Il est assez tôt encore pour que mon esprit ait envie de flâner entre son épaule et l'oreiller sans notion de contrainte. C'est le moment qui restera peut-être le plus marqué en moi. Petit matin d'un jour de semaine. Mardi, selon une rumeur persistante. Regarder dormir quelques temps encore celui qui était un inconnu dix heures auparavant. Les voitures passent semble-t-il dans un ballet déjà régulier au pied de l'immeuble. 

Il se met à bouger à son tour, se tourne vers moi, s'accroche un peu à mon torse, pose un baiser sur une épaule puis nous reprenons une pose improvisée mais confortable, d'un naturel difficile à expliquer. Mais je suis bien, et lui aussi, manifestement. Septembre. Après les petites virées d'été, la vie banale est revenue avec pourtant ses petits parfums d'escapades nocturnes aux lendemains hypothétiques. Son bassin appuyé contre le mien se meut encore un peu, comme pour singer le compte à rebours annonçant l'inévitable réveil. D'autres scooters passeront. Puis un baiser, deux, et peut-être même un peu plus que des baisers.

Soudain il est plus de huit heures, la douche est passée et je me saisis de ma besace avec en tête l'image de ces personnages de films ou de séries qui découchent et s'éveillent au petit matin pour reprendre au pas de course le bus ou le métro qui va les rattacher à la vie normale. Je souris intérieurement en me voyant en héros ordinaire de feuilleton retrouvant le quotidien après une de ces gourmandises inopinées. 

Dans quelques décennies je me rappellerai peut-être à nouveau ces doux matins volés à la routine, où je me suis laissé aller à croquer ces moments fugaces d'existence en regardant un amant de passage s'éveiller paisiblement contre moi.

Commentaires

Les amants de passage peuvent être doux, ils ne sont malheureusement que de passage. Les tendresses furtives m'ont toujours laissé un goût quelque peu amer. Trop besoin de découvrir l'autre, d'y aller pas à pas. Quelque chose se jouera ou pas, et j'aime que la douceur ne se précipite pas mais se laisse attendre, désirer - pas pendant des siècles quand même. (Comment ça, fleur bleue? Ouais, j'assume.)


PS: Monsieur, vous nous manquiez, nous sommes enchantés de vous retrouver!

Écrit par : JC Heckers | vendredi, 06 septembre 2013

Mais que fait la police ?!

Écrit par : PascalR | vendredi, 06 septembre 2013

Carpe diem.

Écrit par : Lucas L | samedi, 07 septembre 2013

Ta plume délicate nous manquait. Ton billet est magnifique.

Écrit par : Tambour Major | samedi, 07 septembre 2013

De retour Mr l'angevin, ça fait plaisir.

Écrit par : traileurfou | samedi, 07 septembre 2013

JC Heckers : j'aime peut-être plus l'amer que toi ...

Pascal : Elle cherchait chez moi. Et n'a donc pas trouvé !

Lucas L. : et même cueille le matin ;)

Tambour Major : merci ;) on verra si la plume s'envole

traileurfou : Ah mais je suis repéré à ce point !? :p

Écrit par : joss | dimanche, 08 septembre 2013

Repéré ? mais tu as parler d'endroit que je connais bien pour y avoir vécu , c'est tout.

Écrit par : traileurfou | dimanche, 08 septembre 2013

Traileurfou : ah mais y a pas de mal, de toute façon

Écrit par : joss | jeudi, 12 septembre 2013

Très contente de retrouver tes émotions.

Écrit par : mume | samedi, 21 septembre 2013

Les commentaires sont fermés.