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mardi, 08 mai 2012

La fin des haricots.


Si tu es un de mes voisins, je te conseille de ne pas lire ce billet, ça vaudra mieux pour tout le monde et les paillassons seront bien gardés.


J'avais une terrible envie de te parler de ma consommation déraisonnée de rillettes de thon Petit N*avire et puis je me suis dit que ce ne serait peut-être pas très vendeur pour la promotion de ma petite personne. 

Ce matin je quittais mon appartement, j'avais tourné la clé dans la serrure, j'étais prêt ouvrir la porte et sortir et puis... un bruit sur le palier. Un bruit suspect et effrayant. Comme un voisin qui serait en train de descendre l'escalier. J'ai immédiatement coupé ma respiration et je suis resté parfaitement immobile dans la position du héron jusqu'à ce que la menace s'éloigne. Plus le temps passe, plus j'éprouve une réticence presque phobique à l'idée de croiser mes voisins dans les escaliers. Mes voisins de palier qui m'ont invité une fois chez eux et à qui je n'ai jamais relancé la pareille parce que ça me fait peur, mes voisins du dessus, - dont celui qui me demande à chaque fois comment se passent mes études et qui a bien compris que je fais du "bibinton" parce qu'il me voit souvent avec ma raquette - et mes voisins du dessous qui chantent de l'opéra sous la douche. Non pas que je ne les aime pas, hein. Mais je ne sais pas quoi leur dire... Jamais.

En général, je fais ma vie tranquille dans les escaliers, je pense à vingt-trois choses en même temps et voilà qu'un voisin surgit sur mon palier sans prévenir. Chaque fois c'est courage fuyons dans mon cerveau. Je me retrouve avec autant de répartie que la boite de haricots verts extra fins qui se trouve dans le fond de mon sac de courses et qui n'a qu'une envie : aller se cacher dans un placard.

- Le voisin : bonjour ! vous allez bien ? ("tu vas bien ?" pour la version voisin de palier sensible)

- La boite de haricots verts : 'jour ... ... oué ... ... et bonne s...

- Le voisin : Ah vous rentrez des courses ?

- La boite de haricots verts : ... oué ... faut bien manger, hein... et bonne soi...

- Le voisin : vous avez vu ce temps un peu ? c'est quand même dingue, ça.

- La boite de haricots verts : ... oui ben oui alors... je ... un peu pressé... et bonne soir...

- Le voisin : Oh ça avec ce temps faut pas s'étonner qu'on soit mal fichu. Bon bah bonne soirée, hein.

- La boite de haricots verts : Oué. bonne soi...

Je déteste au plus haut point parler de banalités dont tout le monde sait que c'est uniquement pour meubler la conversation. Oui je sais parler météo si je veux. Et même bien mieux que Monsieur ToutLeMonde grâce à mon éducation familiale. J'ai peur que mes voisins finissent par me prendre pour un garçon un peu simple. Pas trop dans le bon sens du terme, tu vois. Mais me résoudre à dire du mal de la pluie et du beau temps sans apporter quoi que ce soit de pertinent, c'est au-dessus de mes forces. Peut-être que je m'aime trop pour m'abaisser à ce genre de choses (ah c'est intéressant ça...)

Cela dit, encore plus que devoir meubler une conversation dont chacun sait qu'elle ne mènera pas plus loin que le local poubelle, je déteste être pris au dépourvu en face de gens que je connais peu. Et si le voisin me demandait quelque chose que je ne veux pas ou, pire, que je ne comprends pas (dans ce cas je dis toujours oui en souriant bêtement même si je sais que ça risque d'être à mes dépens). Et si le voisin ne riait pas à la blague un peu nulle que je vais finir par faire pour alimenter cette foutue conversation parce que, c'est sûr, je me connais, ça va m'échapper à un moment. Et si le voisin commençait à se dire que j'ai l'air bien gentil mais un peu bizarre *sourire entendu*. Et si le voisin s'imaginait - à tort - que je suis un psychopathe qui a peur de croiser ses voisins... Tu comprends un peu mon raisonnement ? Voilà toute la subtilité de ma méthode boite de haricots verts.

Le souci c'est que les voisins ça reste amusant et sympathique mais ils ne sont pas les seuls mécréants à me mettre dans cet état. Je n'évoquerai pas ici quelques déboires professionnels. Aucun problème avec les gens que je connais bien, je suis capable de dire des horreurs avec un petit sourire narquois et un brin provoquant mais l'inconnu me paralyse. Tu vois, par exemple, samedi soir il y avait un mec plutôt à mon goût avec sa chemise sympa qui était venu danser avec moi un peu plus tôt et qui en toute fin de soirée est revenu me prendre par la taille pour m'entrainer et faire quelques pas avec lui. A ce moment, la boite de haricots verts extra fins a repris fermement les commandes de mon cerveau à distance depuis le placard où elle était sagement rangée avec ses copines, et rien.

J'ai souri bêtement et je crois que j'ai vaguement fait non de la tête (extra fins, tu parles...). Parce que j'avais peur, parce qu'il allait me prendre pour une tâche, parce que je n'avais aucune idée de ce que j'allais bien pouvoir dire. Dans une vie idéale je lui aurais dit "attends mon coco, laisse moi vingt minutes, le temps que je t'écrive un billet avec deux-trois blagues moyennes et je reviens, au pire tu trouveras que j'ai un peu d'autodérision".

Soyons lucides deux secondes. On est dans la nuit de samedi à dimanche, il est 5h45, on danse depuis un peu plus de quatre heures. Qui peut prétendre avoir l'air brillant, digne et alerte ? D'aucuns diront que je dois m'en sortir à peu près aussi bien que n'importe qui ( *cri du coeur ON/*  ET MEME MIEUX !!!   *cri du coeur OFF/* ). Et pourtant je me suis caché derrière la boite de haricots et lui est allé conté fleurette à quelqu'un d'autre. Il avait bien raison.

Mais, c'est dans l'air du temps, le changement c'est maintenant (si si rappelle toi). J'ai innové en faisant mes courses avant-hier et je peux te dire que la ratatouille Ca*ssegrain est une tuerie. C'est donc décidé, la prochaine fois c'est la ratatouille qui parlera, et, foi de courgette, ça ne se passera pas comme ça. La boite de haricots verts extra fins, TA GUEULE.


Après la lecture de ce billet, tu peux admirer l'extrême finesse de son titre. Et ouais.

Commentaires

Je te trouve un peu cruel de me pondre une histoire de haricot alors même qu' hier soir j'ai préparé une poignée de flageolets qui après trempage s'est révélée être suffisante pour 6 personnes voraces. Que faire, mon dieu que faire...
Sinon, pour les voisins, un truc efficace : tu portes une montre, même fausse, et tu dévales les escaliers l'oeil ostensiblement fixé dessus en hurlant "oh purée, chuis encore à la bourre, B'jour..."

Écrit par : laplumequivole | mercredi, 09 mai 2012

Ah tu la trouves bonne cette ratatouille ?

Je vois que je ne suis pas la seule à être parfois ridiculement sauvage. Entre ouvrir la porte, entendre du bruit dans l'escalier, refermer doucement la porte et attendre, l'oeil collé au judas que le danger passe. Cela m'arrive de moins en moins, pour ainsi dire plus, mais plus jeune combien de secondes collée au judas :)
Tu verras, petit à petit on affronte les autres avec plus de sérénité.

Écrit par : Valérie de haute Savoie | mercredi, 09 mai 2012

Reste à savoir, qui de la boîte de haricots ou de ratatouille danse le mieux ?

Écrit par : vinzniv | mercredi, 09 mai 2012

T'as cassé ton ouvre-boîte ! C'est ça hein?
Et après il voudrait se la raconter!
Mouha ha ha ha ha :o)

Écrit par : PascalR | mercredi, 09 mai 2012

Je te rajoute parmi la très longue liste de mes amis névrosés :-)

Écrit par : Pédro | mercredi, 09 mai 2012

Pour ce qui est des voisins, le rempart du casque que tu ôtes ostensiblement pour dire le "bonjour" et que tu replaces aussitôt après, ça marche souvent plutôt bien.

Pour le reste, il y aura une soirée la semaine prochaine, celle d'après et ainsi de suite... il y a très certainement des tas d'amateurs de haricots !

Écrit par : h | jeudi, 10 mai 2012

Ah oui ? Tu as un voisin de palier "sensible" ? Tu l'avais bien caché jusque là ! ;-)

Écrit par : TomTommy | jeudi, 10 mai 2012

la plume qui vole : les flageolets, c'est comme le riz. c'est magique et c'est terrible à la fois !

Valérie de Haute Savoie : oui je la trouve pas mal... mais faut pas le répéter à ma mère. Mon judas sert de plus en plus c'est pas très bon signe

Vinzniv : tu m'as déjà vu danser avec des courgettes, non ? rappelle toi...

PascalR : pas du tout ! (par contre le hublot de ma machine à laver...)

Pedro : non, vraiment je ne crois pas être plus névrosé que la moyenne

H : je vais continuer à chercher les mangeurs de haricots ou de ratatouille, je suis bien loin de baisser les bras !

Tomtommy : j'en ai même deux. oui je le cache, je ne raconte tout ici...

Écrit par : joss | jeudi, 10 mai 2012

Avez-vous vu votre psy dernièrement ?
Pourquoi ne pas lui confier ces névroses d'angoisse survenant dans des escaliers ?
Et ces messages télépathiques avec ... des flageolets enfermés à double tour dans votre placard ?
Lui en avez-vous confessé les menaces ?

Ah ... et ce garçon plutôt à votre goût, pourquoi ne l'avez-vous pas accueilli dans votre couche ?
Avez-vous seulement cherché à le revoir ?... ^^

Écrit par : MArC-Us | samedi, 12 mai 2012

"pas"
(puisque j'ai dit que je rétablissais les mots manquants dans les post de Joss...)

Écrit par : le lapin givré | mardi, 15 mai 2012

MArC-Us : je n'ai encore jamais consulté de psy. Vous croyez que ce serait bon pour ce que j'ai ?

Le Lapin givré : un jour je trouverai où il manque. Un jour.

Écrit par : joss | dimanche, 20 mai 2012

Les commentaires sont fermés.