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lundi, 26 mars 2012

Variation sur les nouilles et les saladiers.

 

(je suis assez fier de mon titre, c'est déjà ça)

Ce soir, je fais de la grande gastronomie. Des pâtes. Enfin des torsades comme c'est écrit sur le paquet, c'est classe de dire "je prépare des torsades", ça peut surtout laisser songeur quelqu'un qui fera semblant de comprendre de quoi je parle. Je n'ai pas encore choisi comment je vais les accommoder mais c'est un détail. Et puis mon frigo est plein à craquer de denrées qui vont se battre pour recueillir mes faveurs (les bananes sont toutefois hors concours, il est des expériences qu'il ne faut vivre qu'une fois). Je retire la casserole du feu, je vide, j'égoutte, je goutte. Du travail de pro. Les meilleures pâtes du quartier, à n'en pas douter. Le chinois d'en bas peut crever de jalousie. Je les mets à refroidir dans un saladier de plastique que je pose là où je trouve de la place pendant que je vais vaquer des occupations importantes ("oh et si je passais mon doigt sur ce meuble pour faire des dessins dans la poussière ?").

Je suis donc en pâmoison devant mon range-cure-dents lorsqu'un petit signe vient m'alerter. Je suis d'une vigilance admirable. Aussi, à peine l'odeur du plastique fondu arrivée à mes narines, j'interviens prestement en fondant sur le plan de travail comme une nuée de chèvres sur un bol de Chocapics (c'est la première image qui m'est venue à l'esprit, c'est comme ça). Je réagis donc avec l'agilité d'une chèvre (oui oui, une chèvre) pour sauver la situation et mettre mon saladier de plastique à l’abri de cette vilaine plaque électrique que ne je sais quel idiot du village a laissée allumée. C'est comme ça, chat échaudé craint le gâteau au chocolat pas très cuit.

Le bilan de l'incident est assez lourd, la plaque électrique souffre de légères contusions, les pâtes sont indemnes mais assez choquées psychologiquement et surtout le saladier grièvement blessé est immédiatement envoyé en soins intensifs, le pronostic vital est engagé. Je mets en route la procédure d'urgence vitale qui consiste à soupirer piteusement en regardant l'heure avant d'annoncer très solennellement "heure du décès, 20h17". Il est ensuite transféré à la morgue - un sac en plastique à côté de ma poubelle - parce que je ne peux tout de même pas me résoudre à le jeter si froidement dans ma poubelle comme une vulgaire lingette nettoyante parfumée à la pomme Granny Smith. Une petite pensée émue pour ce jour où j'ai acheté ce magnifique lot de quatre saladiers en plastique emboitables à moitié prix. Je venais de m'installer à Mouetteland, j'étais jeune et plein d'avenir, encore loin de penser que je serai un jour parisien. Je suis un peu triste. Pas autant toutefois que le jour où j'ai cassé mon mug jaune, mais pas loin.

Je me jure de réussir un festin en sa mémoire. Il devrait s'agir d'une farandole de torsades au filet de thon (en boite) et petits champignons (de Paris) accompagnée d'une touche de crème et son assaisonnement de poivre fin. Je suis presque prêt pour top chef. Au moins pour les noms des plats. Ce sera un délice, un enchantement. Coup de fil. L'invité attendu ne viendra pas ce soir. Cette soirée est un grand succès. C'était bien la peine de me lancer dans des projets aussi pharaoniques. J'étais tout de même allé jusqu'à ouvrir une boîte de thon, bordel. La prochaine fois, j'ouvrirai un paquet de chips.

Vingt et une heures trente, je déguste ma merveille avec un oeil sur top chef pour m'assurer que mon plat a l'air bien meilleur que leurs obscures productions douteuses. Je suis avachi avec une remarquable élégance et nerveux comme un plat de nouilles, cette soirée est une franche victoire sur la vie. Mon saladier n'aura pas péri en vain. Les gens se seraient battus pour manger mes pâtes, s'ils avaient su. C’était, c’était… presque aussi bon que le titre de ce billet.

La prochaine fois j’essaierai de caser les chèvres dans mon titre, ce sera un billet encore meilleur (mais bien sur que si, c'est possible). 

 

...En fait je suis vraiment triste pour mon saladier. C'est con, hein ?

Commentaires

moi, c'est le "nerveux comme un plat de pâtes" qui me plaît le plus !...

Écrit par : le lapin givré | mardi, 27 mars 2012

L'investissement dans un saladier en verre peut être judicieux.
En effet, outre sa résistance aux éléments qui se déchaînent dans ta cuisine, il présente l'avantage de montrer aux éventuels invités son contenu. De façon à ce que ceux-ci aient la possibilité de déclarer avoir déjà dîné ou n'avoir pas faim.
En effet rien n'est plus gênant aux âmes sensibles que d'être malpolis devant la farandole présente dans une louche au dessus de leur assiette, ou d'annuler préventivement un gueuleton vomitoire.
On préfère vraiment savourer ta littérature qu'envisager la crème au thon. Ou le thon au chèvre d'ailleurs.

Écrit par : Flavien | mardi, 27 mars 2012

Bon bé, la prochaine fois que tu parleras de chèvres, je promets de ne pas oublier mes bottes ...^^

Écrit par : MArC-Us | mardi, 27 mars 2012

Attention, mise en garde importante. En cas d'achat d'un saladier en verre, éviter absolument le pyrex. Qui ne casse jamais, sauf quand il casse, et alors c'est 3 tonnes de miettes microscopiques de verre à ramasser sous les meubles et jusque dans la chambre à coucher.
Sinon, quand un invité important arrive, lui demander sur un ton enjoué :"Tu n'as pas déjà mangé au moins ?" Comme il est très bien élevé il répond automatiquement : "Mais non, bien sûr !" Et hop coincé, il va les manger tes torsades !

Écrit par : laplumequivole | mardi, 27 mars 2012

pauvre petit saladier... paix à son âme ! ;)

Écrit par : Phil Siné | mardi, 27 mars 2012

J'ai beau chercher, je ne trouve aucune allusion à MDNA ! Les nouilles peut-être ?

Écrit par : PascalR | mardi, 27 mars 2012

Et pourtant je l'ai relu six fois ce merveilleux billet :o)

Écrit par : PascalR | mardi, 27 mars 2012

Est ce a nouveau le même "inconnu" qui ose te faire faux bon une nouvelle fois ? A toi ? Comment ose t-il ? ;)

Écrit par : Lolotte | mardi, 27 mars 2012

... J'ai relu six fois ce merveilleux billet ... ^^

Écrit par : Giselle bis | mercredi, 28 mars 2012

Quand je pense au menu que tu avais concocté, je me demande vraiment comment l'invité attendu a pu décommander... Invite un gastronome la prochaine fois.

Écrit par : Ditom | mercredi, 28 mars 2012

le lapin givré : si au moins tu trouves ton bonheur avec une des expression ça me va !

Flavien : c'était objectivement très bon, je maintiens !

MArC-Us : vos bottes et vos guêtres !

La Plume qui vole : tu te doutes bien qu'il m'est déjà arrivé dans faire éclater une assiette de pirex. J'ai beaucoup ri. (et ramassé du verre pendant un petit moment....)

Phil Siné : je pense qu'il sera heureux au paradis des saladiers

PascalR : cherchez bien !

PascalR : encore vous ?

Lolotte : oui comment les gens osent-ils me contrarier ? je crois que je ne comprendrai jamais.

Giselle bis : continuez donc mon enfant, et apprenez le par coeur

Ditom : si je ne te connaissais pas, j'imaginerais presque une pointe d'ironie dans ce commentaire.

Écrit par : joss | jeudi, 29 mars 2012

Les commentaires sont fermés.