vendredi, 11 novembre 2011

Moulinsart

cristal.jpegC'est un détail mais c'est la trajectoire en spirale suivie par une boule de feu sur la couverture de l'album Les sept boules de cristal qui m'avait donné l'envie d'acheter mon tout premier album de Tintin un samedi matin, dans la boutique France-woisir - comme je le prononçais à l'époque - des anciennes halles d'Angers. J'avais ensuite jeté mon dévolu sur le Secret de la Licorne puis, de mine de mine *, j'ai acquis la collection complète en la terminant du côté des Picaros. N'ayant pas la place de tenir chez moi, cette collection sommeille depuis bien longtemps dans ma chambre d'enfant que j'occupe encore quelques week-ends par an et précisément celui-ci.

La semaine passée, comme tant d'autres, je suis allé voir ce que Spielberg avait fait de Tintin et son univers. Si je ne suis pas totalement convaincu par l'ensemble des choix scénaristiques, je suis en revanche largement séduit par la façon de restituer le monde de Tintin, très fidèle à l'image que je m'en faisais. Et fatalement, j'ai eu envie de m'y replonger. J'avais écrit en 2006 un billet dans lequel je racontais ma déception après avoir reparcouru le Sceptre d'Ottokar sans y retrouver la magie de mes plus vertes années.

Cette fois c'est un peu différent, très certainement parce qu'en cinq ans je suis devenu tellement plus mature, plus brillant, plus intelligent, plus mieux en tout. Il y a cinq ans je m'étais arrêté au strict récit de l'intrigue et j'avais parcouru l'album à un rythme échevelé, simplement à la recherche de la clé de l'énigme. J'ai trouvé cette fois que la richesse d'un album n'est pas tant dans les péripéties que dans l'univers. D'ailleurs, Tintin n'est pas un personnage particulièrement attachant à mes yeux, c'est son monde qui l'est, mais sans que je parvienne bien à décrire ce qui me plait, au delà de sa simplicité apparente. Un monde où, lorsqu'une voiture de malfrats force un barrage policier, les forces de l'ordre en questions s'exclament en qualifiant les contrevenants d'un vigoureux "CANAILLES !" **, ne peut objectivement que me plaire.

Ce tout premier album que j'avais lu - commençant alors sans le savoir les aventures dans un joyeux désordre -  débute quasiment à Moulinsart. Le château incarne la demeure à la fois vivante et pleine d'histoire aux lourdes portes refermant les plus palpitants secrets empoussiérés que nous rêvons tous de parcourir un jour. Oui oui, tous, même toi, je l'ai décidé. Il m'arrive de m'arrêter entre deux vignettes et chercher quelle pièce peut bien se trouver derrière ce mur et à quoi elle peut ressembler. Je me surprends à saisir en pensée le crayon d'Hergé et à tracer les contours de la bibliothèque puis de la salle de billard avant de m'apercevoir que je fais alors de Moulinsart le lieu idéal pour une partie de Cluédo (La Castafiore, avec la corde à linge, dans la cave). Les sous-sols du château constituent un filon merveilleux où chaque bibelot est potentiellement le point de départ d'une intrigue aux mille rebondissements. Je pourrais te décrire pendant des heures le parrallèle que je peux en faire avec les caves des exploitations viticoles que j'ai beaucoup fréquentées étant enfant mais je ne suis pas complètement certain que cela va te passionner.

Enfin voilà, tout ça parce que la fameuse trajectoire de la boule de feu sur la couverture des Sept boules de cristal m'avait fait penser à celle de la chaine nébulaire ou d'un ruban de GRS. La vie ça tient tout de même à peu de choses ;)

 

* Oui oui, de mine de mine. C'est comme ça qu'on dit et ça veut bien dire ce que ça veut dire !

** Les sept boules de cristal, page 53.

Commentaires

Encore un de ces posts que j'ai lu avec un grand sourire d'enfant ;-)
Merci et bon week-end !

Écrit par : JP | samedi, 12 novembre 2011

Le Secret de la Licorne fut mon premier Tintin. J'ai dû le lire et le relire des dizaines de fois. Et les caves de Moulinsart ont toujours eu un effet euphorisant sur mon imagination. Je me suis toujours demandé à qui avait bien pu appartenir l'armure qui y est entreposée et ce que pouvaient contenir tous ces coffres et malles de voyage. Et jamais je ne pardonnerai à Tintin d'avoir fracassé ce joli boulier pour échapper aux frères Loiseau : je suis sûr qu'il avait pourtant bien des choses à nous raconter, mille millions de tonnerres de Brest !

Écrit par : Tambour Major | mardi, 15 novembre 2011

Rho la la! Je n'ai jamais eu de Tintin à moi. Je devais avoir une dizaine d'années lorsque j'ai découvert "le lotus bleu" de mon cousin. Il est vrai que je suis tout de suite passé au comics Superman en collant avec Batman *bave*

Écrit par : PascalR | mardi, 15 novembre 2011

JP : j'essaie d'imaginer ton sourire en lisant, j'aurais presque demandé une photo.

Tambour Major : ah oui moi aussi cette armure elle pouvait me raconter bien des choses.

PascalR : je viens simplement de penser que batman, au tibet, il aurait vraiment fait tâche.

Écrit par : joss | mardi, 15 novembre 2011

Samedi dernier,j'ai justement été visité Moulinsart (Château de Cheverny) et son expo permanente sur Tintin qui te fait plonger au coeur du secret de la lycorne en autre.

Écrit par : Christophe | mercredi, 16 novembre 2011

Christophe : j'ignorais que le Château de Cheverny abritait une exposition. Tu piques ma curiosité.

Écrit par : joss | jeudi, 17 novembre 2011

Moi aussi, ce sont Les 7 boules de cristal et Le Temple du soleil qui m'ont rendu fou de Tintin quand j'étais môme. Depuis quelques semaines, j'ai entrepris une nouvelle lecture intégrale de cette œuvre. Je viens de finir L’Affaire Tournesol. Je ne suis pas du tout déçu.

Même si je ne suis pas totalement emballé, je trouve le film de Spielberg respectueux de l’œuvre originale, d'accord avec toi. Sinon, il faut dire que la bande originale (encore un fois) géniale de John Williams est pour quelque chose dans cette réussite...

Écrit par : Jay | vendredi, 25 novembre 2011

Jay : la bande originale, le générique du tout début...

Écrit par : joss | dimanche, 27 novembre 2011

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