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vendredi, 23 septembre 2011

Les gros grains

Quelle idée d'être venu faire mes courses ici... Juste parce que ça m'émeut un peu de voir une enseigne des Nouveaux Commerçants à Paris (pas si loin de chez moi) et que ça me semble à la fois familier et exotique. Elle se penche vers moi pour me parler. Je crois qu'on se gène mutuellement. Quelle idée d'avoir fait un rayon fruits et légumes aussi étroit ? On est dix-huit au mètre carré (ah j'en ai un peu plus, je vous le mets quand même ?).

Visiblement, elle me parle des raisins. Oui oui, ce sont bien des raisins devant nous. Des petits grains en barquette devant moi, de gros devant elle, ce sont ceux-ci qui m'intéressent. Et puis quelle idée de laisser ce gamin faire n'importe quoi et mettre les mains partout ? Elle semble avoir vraiment quelque chose à me dire sur ces raisins. Mais qu'elle se pousse d'abord, si les gros grains ne l'émeuvent pas. Et puis qu'elle parle plus fort à la fin, c'est pénible ces gens qui ne savent pas se faire entendre.

Alors que le sale gamin a déguerpi sous les appels répétés de sa mère un peu loin dans le rayon, dans ma grande bonté, je finis tout de même par retirer l'un de mes écouteurs pour m'intéresser à ce qu'elle raconte. Que ne ferais-je pas pour faciliter la vie de mon prochain (qui le mérite pourtant si peu). Comblée d'avoir alors toute mon attention - heureuse femme, si tu savais - elle me confie le plus sérieusement du monde en indiquant de la main les raisins à petit grains et en barquette : "ceux-là, il y avait un gamin à l'instant qui n'arrêtait pas d'en manger, c'est signe qu'il doivent être très bons !".

Bête et poli comme je suis, je n'ai pas réussi à m'empêcher de rire. Et comme elle avait l'air vraiment très sympathique, j'ai pris ceux d'à côté. Au moins, si elle souhaite revenir, elle en aura plus.

Ce soir dans le magasin, je me serais pris à rêver du raisin cueilli directement sur les pieds de vigne comme lorsque j'étais petit. Je gardais les plus gros grains de la grappe pour finir, c'était ceux que je préférais. A cette saison, le samedi, on allait régulièrement passer la journée chez l'un de mes oncles puis chez ma grand-mère au milieu des côteaux où j'aimais tant courir et divaguer en espérant toujours que la journée ne passe pas trop vite. D'ailleurs on me signale dans l'oreillette que j'ai déjà raconté ce genre de choses ici (pfioouu billet de 2006... euh...). Je poursuis mes courses dans les rayons étriqués. Oh tiens des Pailles d'or, ça existe encore. Je réalise que dans le village où vivait ma grand-mère, le supermarché portait également l'enseigne des Nouveaux Commerçants.

Et, cerise sur le gâteau, comme à la grande époque, je découvre que c'est encore et toujours la voix de Daniel Prevost qui nous informe des meilleures offres promotionnelles du monde et de la création. Je me revois à côté du caddie de ma grand-mère écoutant cette même voix si caractéristique nous expliquer que la purée en flocons est en promo. Et j'en ai presque des frissons. Mon sac de raisin à la main, je tente vainement de me voir entre les rangs de vignes avec ma mère et ma grand-mère discutant dix mètres derrière moi. C'est un peu ridicule, hein ?

'tain, il est cher le raisin en gros grains.

Commentaires

Je suis perdu!
Où sont la virgule et le ET du titre?

Écrit par : vinzniv | samedi, 24 septembre 2011

"...je finis tout de même par retirer l'un de mes écouteurs pour m'intéresser à ce qu'elle raconte."
Mais quelle connasse tu fais! :o)

Écrit par : PascalR | samedi, 24 septembre 2011

Le super U est super cher. Sinon je ne savais même pas que cette voix horripilante était celle de Daniel Prévost...

Écrit par : Fcrank | dimanche, 25 septembre 2011

Vinzniv : si tu veux, je reformule le titre : Les, gros et grains.

PascalR : je crois qu'à force de côtoyer un blogueur de petite taille je finis par me bonifier

Fcrank : comment ? tu ne trouves cette voix suave et chatoyante à tomber ?

Écrit par : joss | dimanche, 25 septembre 2011

Ooooh, les souvenirs de jeunesse d'un gamin de même pas trtans ! Au moins ne fais-tu pas partie des vieux chnoks qui vont encore à l'Unico.

Amicalement.
Al
PS / Et pour le raisin cueilli au pied, ça se termine... (mais il doit bien y avoir encore quelques variétés tardives)

Écrit par : Al West | lundi, 26 septembre 2011

Ah, retrouver ses racines dans la purée en flocons et les gaufrettes trop sucrées!
Rassure toi, les grappes des supérettes de là-bas aussi sont déjà toutes entamées par les bambins aux mains sales. Sauf que l'on serait plutôt dix-huit pour mille mètres carrés, en général.

Écrit par : Flavien | lundi, 26 septembre 2011

Al West : vraiment, je t'assure que ce n'est pas terminé, mon père est encore à la tache cette semaine (et Unico, je l'ai dit pendant si longtemps...)

Flavien : oui, c'est vrai, c'est étrange et je n'aurais jamais cru le penser mais les gaufrettes ou la voix de Daniel Prévost, c'est une partie des mes racines.

Écrit par : joss | lundi, 26 septembre 2011

quand j'étais petit (oui, ça m'est arrivé aussi !), l'un de mes oncles travaillait à la biscuiterie LU à Nantes et ramenait chez ma grand-mère des sacs entiers de "Paille d'Or" à la framboise cassés, donc impropres à la vente. Ma madeleine est donc une gaufrette...

Écrit par : le lapin givré | jeudi, 29 septembre 2011

Le lapin givré : une madeleine qui croustille, ça c'est cocasse ;)

Écrit par : joss | jeudi, 29 septembre 2011

Les commentaires sont fermés.