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dimanche, 27 février 2011

Caleçon, gravité et ce-qui-devait-arriver

entrer des mots clefsIl y a quelques mois, alors qu'une grave pénurie commençait à sévir dans mon armoire, j'ai entrepris de faire souffler un vent de nouveauté dans ma garde-robe en matière de sous-vêtements. Les conseils avisés de mon entourage parisien et quelques passages en magasin m'ont permis de reconstituer rapidement un stock décent et assez innovant question coloris. Un léger bouleversement pour moi.

Comme la plupart des garçons je suppose, j'ai porté comme sous-vêtement uniquement des slips pendant toute mon enfance et le début de mon adolescence. Je ne saurais pas vraiment dire ce qui l'a décidée mais un jour ma mère a subitement entériné que l'hégémonie du slip avait vécu et qu'il était temps de grandir. C'est ainsi qu'un vendredi soir en rentrant des courses hebdomadaires ma mère m'annonça entre deux tranches de jambons fumé sans couenne et un lot de trois tubes de dentifrice dont le troisième était gratuit qu'elle m'avait acheté deux caleçons. Une révolution. Je devais avoir treize ou quatorze ans. Mon enfance venait de s'écrouler froidement, gisant sans vie à mes pieds. J'allais porter des caleçons comme on en voit dans les publicités à la télé. Des caleçons. Comme les adultes.

A un âge où mon ambition était de paraître aussi semblable aux autres que possible, je crois bien que je ne m'étais encore jamais posé la moindre question au sujet de ces vêtements auxquels je confiais mon intimité. Ma mère toute-puissante (...) faisait les achats, je n'avais jamais trouvé matière à tergiverser.

Je m'étais donc saisi des deux précieux vêtements et, le soir venu, j'en étais à me demander lequel du blanc ou du noir, j'allais revêtir en premier pour ma séance d'essayage solitaire. Il s'agissait de deux caleçons assez lâches même si le tissu était de type extensible, pas de boxer pour cette première fois. C'est le noir qui recueillit mes préférences. L'emballage montrait comme souvent l'anatomie ventrale d'un mannequin que je trouvais fort agréable à observer. Dans un cérémonial discret, j'enfilai le vêtement noir et découvris alors une sensation toute nouvelle due à l'absence quasi-totale de maintien qu'offrent les caleçons flottants. Le vêtement était bien là mais, contrairement au slip, la gravité était souveraine. J'étais donc face au miroir de l'armoire de ma chambre, vêtu d'un banal tee-shirt et de mon tout premier caleçon.

Et ce qui devait arriver arriva (1) : le contact inédit de ce tissu agréable sur ma peau d'adolescent me mis rapidement en émoi (j'ai toujours été quelqu'un de très tactile). Il n'est pas utile que je te fasse un dessin pour que tu comprennes ce qui se passa exactement après les premiers instants. La gravité devint donc toute relative.

Et ce qui devait arriver arriva (2) : ma mère, pour une raison que je ne me rappelle absolument pas, entra dans ma chambre et constata donc que j'étais en train de procéder aux essayages (tu seras un homme mon fils). Quelle chance que j'ai toujours eu l'habitude à cet âge de porter des tee-shirt bien trop grands, celui-ci masquait complètement les effets que la nouveauté tactile produisait sur moi.

Et ce qui devait arriver arriva (3) : ma mère, prodigieusement curieuse (contrairement à ses habitudes), souhaitait en savoir plus et me demanda de lui montrer comment ce caleçon m'allait. A ce moment, pris au dépourvu, j'ai légèrement relevé mon tee-shirt en lui tournant le dos afin qu'elle puisse au moins voir l'arrière alors que mon coeur commençait sérieusement à s'emballer. Toujours présente dans l'entrebâillement de la porte et ne reculant devant rien, elle alla encore plus loin "Et devant, ça fait comment ?"

Il arrive parfois des instants qui durent une éternité. Ces instants où tu réalises qu'on t'a posé une question depuis quatre secondes, tu n'as toujours pas répondu et tu ne sais d'ailleurs absolument pas ce que tu vas répondre. Cette scène est pour moi un bel exemple. J'ai fini par me résigner et pivoter lentement en relevant l'avant de mon tee-shirt, les joues prêtes à rougir, voyant l'instant d'horreur arriver au ralenti. Ooooh-Moooon-Dieu.

Et ce qui devait arriver arriva (4) : la porte de ma chambre se referma instantanément et sans un mot. J'étais à nouveau seul.

Je suis resté presque assommé par ce moment d'intimité que je n'aurais tellement pas voulu partager. C'était terrible. C'était tellement honteux. J'avais une furieuse envie de tout rembobiner. Les slips ce n'était pas si mal, après tout. Je me suis rassuré en me disant qu'elle aussi avait du se trouver très mal à l'aise et qu'elle devait d'ailleurs regretter cette curiosité soudaine. Comme prévu nous n'en avons jamais reparlé, l'incident était clos.

Après quelques années de réflexion, je me dis cependant qu'elle est tout de même gonflée, ma mère. Après avoir tant insisté pour voir mon caleçon, elle a quitté la pièce sans même me dire ce qu'elle en pensait.

Et là, dans ma nouvelle garde-robe, j'ai plein de trucs sympa à lui montrer.

Commentaires

Comment ça? Ta maman ne t'a même pas proposé une petite gâterie? J'en reste bouche bée.

Écrit par : Ditom | dimanche, 27 février 2011

Lol ! Quelle horreur cette scène !

Écrit par : christophe | dimanche, 27 février 2011

C'est incroyable... refuser à ta mère de voir comment te vont les caleçons qu'elle t'a acheté, non mais quelle ingratitude !

Écrit par : Antoine | dimanche, 27 février 2011

Ah oui, un peu fâcheux quand même !

Écrit par : Jonathan D. | dimanche, 27 février 2011

Écroulée de rire. Quand on pense qu'il y a des cinéastes qui se creusent le ciboulot pour inventer des scènes inoubliables !
Et puis là tout d'un coup j'ai un doute affreux. Le 1er caleçon de mon ado à moi, mon Dieu, que s'est-il réellement passé ?

Écrit par : KarregWenn | dimanche, 27 février 2011

C'est scabreux!! Tu es vraiment prêt à tout pour faire de l'audience!

:-D

(Tes confessions sont de plus en plus graveleuses, je suis impatient de lire ou entendre la suivante!)

Écrit par : Rouge-cerise | dimanche, 27 février 2011

Prêt à tout pour son audience, et ça marche ! ;)

Est-il vrai que les caleçons remontent entre les fesses? Je n'ai jamais eu le 'plaisir' d'en porter, ce mystère mérite d'être élucidé !

Écrit par : Rafa | dimanche, 27 février 2011

le prochain post : "la fois où je me suis fais surprendre en train de me branler ..."

et sinon, tu es plutôt 12 cm ou 25 cm ?

Écrit par : fiuuu | dimanche, 27 février 2011

Ditom : oui je me doutais que ce manque de courtoisie allait heurter ta sensibilité.

christophe : merci de compatir à mes côtés. Un de mes pires souvenirs je crois.

Antoine : Je suis un mauvais garçon c'est plus fort que moi

Jonathan D : Nous sommes d'accord

KarregWenn : Oui je crois que ce billet devrait être lu par tous les parents.

Rouge-Cerise : bientôt la maternelle

Rafa : tu peux cesser dès maintenant tes investigations. La réponse est oui. Le sujet est clos je ne répondrai à aucune autre question !

fiuuu-la-finesse : et sinon t'es plutôt flocons ou vraies pommes de terre ?

Écrit par : Joss | dimanche, 27 février 2011

tu... tu te sens vraiment prêt à parler de la maternelle ?

Écrit par : Antoine | lundi, 28 février 2011

Mwouahahaha, c'est magnifique et terrible à la fois !
En te lisant j'ai encore les oreilles chez Ditom et écoute "Higher". Une chanson de circonstances ^^

Écrit par : Tambour Major | lundi, 28 février 2011

Au moins tu as échappé au slips kangourou blancs !

Écrit par : Mers | lundi, 28 février 2011

Antoine : j'avoue que j'ai quelques réserves

Tambour Major : oui, terrible. Si on m'avait dit à l'époque qu'un jour je serai capable de le raconter avec le sourire...

Mers : je ne peux porter toute la misère du monde sur mes épaules :D

Écrit par : Joss | lundi, 28 février 2011

euh elle serait pas un peu envahissante ta mère ? je dis ça je dis rien ...
et aujourd'hui c'est slips ou caleçons ?

Écrit par : laurent | lundi, 28 février 2011

OMG nous avions donc la même mère...

Écrit par : Romulus | mardi, 01 mars 2011

quelle drôle de moment ça a dû être...
mais, comme tout vieux pervers, je me demande aussi quels sont ces secrets de l'armoire : celle de l'enfance, et celle de maintenant ?...

Écrit par : le lapin givré | mardi, 01 mars 2011

Je crois qu'on se reconnait tous un peu dans cet article.
Et le passage au boxer, c'était comment ? Aussi épique ?
=)

Écrit par : thibault | mardi, 01 mars 2011

Laurent : je t'assure qu'en dehors de cette épisode malheureux elle est tout le contraire d'une mère envahissante. On peut dire boxer ascendant slip.

Romulus (de Sarthe) : les même causes...

Le Lapin givré : c'est drôle aujourd'hui. Comme ce ne le fut pas à l'époque... L'armoire est aujourd'hui moins conformiste qu'elle l'a été ;)

Thibault : le passage au boxer, c'était dans la salle de bain, j'avais fermé à clé ;)

Écrit par : Joss | mardi, 01 mars 2011

Et pour couronner le tout, cette merveilleuse publicité en bandeau de cette page :D

Écrit par : Joss | mardi, 01 mars 2011

Moi durant l'enfance je n'ai eu droit presqu'uniquement qu'à des calecons réalisés par une amie de ma mère à l'aide de différentes chutes de tissus très colorées et ornées de motifs divers et variés. Affreux. Autant dire que je ne les exhibait pas.

Et si la scène en question s'était produite, je crois bien que la stupeur aurait calmé nettes toutes mes ardeurs du moment.

Écrit par : yuto | mercredi, 02 mars 2011

Yuto : je frémis à l'idée de penser à l'épreuve des vestiaires lors des cours de sport :D

Écrit par : Joss | jeudi, 03 mars 2011

Haaaaa c'est trop immonde! Mais moins que le commentaire de Ditom!!!

Et moi je veux des photos de ton premier string, de ton premier jockstrap mais surtout la photo de toi dans ton premier maillot de bain une pièce.

Écrit par : PascalR | samedi, 05 mars 2011

PascalR : Merci pour ce soutien sans faille. Pour les photo je demanderai un peu de patience.

Écrit par : Joss | dimanche, 06 mars 2011

Par le biais de twitter je découvre ton blog, le lit depuis un moment, tombe sur ce billet et me dit "Ciel, ai-je un jour pu provoquer une telle gêne chez mon fils ?"

Écrit par : Valérie de Hte Savoie | mercredi, 11 mai 2011

Valérie de Hte Savoie : oui oui, pose toi donc ce genre de questions ... ;)

Écrit par : joss | mercredi, 11 mai 2011

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