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samedi, 30 octobre 2010

Trois semaines et quelques poussières

 

Je garderai en mémoire cette petite chose fragile, aperçue cet après-midi-là tantôt entre des mains hésitantes, tantôt au milieu des couvertures, bien au chaud dans la couveuse. Il y eut de doux moments de tendresse fugace, quelques biberons. Les quelques premiers, les quelques derniers. Ensuite sont venus les tuyaux, les aiguilles et les machines, monstres ronronnant aux voyants lumineux persistants et aux sonneries stridentes et saccadées.

Pendant des jours, des semaines, les machines et tout leur attirail sont restés autour à roder et à réciter leur train-train mécanique en attendant que la vie reparte. La petite peluche serrée contre son bras, une caresse, une pensée, un encouragement, un regard, un sourire aussi, sans doute, tout était là, à côté d'elle, tout était prêt. Les parents, les soignants, les machines ont attendu entre espoir et angoisse que le souffle démarre.

Mais le souffle s'est envolé. La vie est injuste et cette vie-là s'est faufilée comme une gorgée d'eau que l'on essaie de retenir dans son poing. On ne la verra jamais courir dans le jardin. On ne l'entendra jamais rire, jamais pleurer. Ni pour un gros bobo, ni pour un petit caprice. Il restera quelques photos prises à la hâte que l'on regardera avec un pincement en pensant à toutes ces choses, tous ces moments qui n'existeront pas et le silence qui fera écho à son absence.

Il restera des souvenirs contrariés de ce combat de trois semaines où tout le reste avait soudainement moins d'importance parce que l'essentiel se passait dans cette chambre d'hôpital. Et pourtant, la vie normale reprend son cours fait d'averses matinales, de vaisselle entassée ou de réveils difficiles. Comme si son passage n'avait rien changé, ou presque. Et c'est un peu triste.

Commentaires

Son passage a changé quelque chose en toi et en tous ceux qu'elle a croisé.
Son passage me noue la gorge en écrivant ces quelques lignes...
Son passage ne fut pas vain. Elle n'est pas oubliée.
Des bises.

Écrit par : ditom | dimanche, 31 octobre 2010

Ton billet est poignant. Alors qu'autour de moi des poupons envahissent la vie de mes amis hétéros de bonheur, je n'avais pas songé à la projection que l'on peut faire, à tous les espoirs que l'on fonde lorsque l'on devient parent : savoir qu'un jour il croira au père noël, qu'il ira à l'école, apprendra à lire, qu'il aura 12 ans, qu'il fera des études...
La vie reprend son cours. Un cours un peu différent, même si tu n'en as pas conscience.

Écrit par : Tambour Major | dimanche, 31 octobre 2010

Un billet coup de poing. Infiniment triste, oui. Il semble qu'il reste bien plus que quelque chose. Une présence à l'intérieur de tous ceux qui l'ont connue, même de manière fugace. Sa venue a sans doute apporté davantage, comme la caresse d'un enfant qui passe.

Écrit par : Flavien | dimanche, 31 octobre 2010

Que dire ou faire en cet instant?...
Toutes mes pensées affectueuses et chaleureuses dans cette épreuve. De très gros bisous. Et une pensée au petit oiseau qui a repris son envol.

Écrit par : Petit-Chose | dimanche, 31 octobre 2010

Émotion forte contenue entre quatre paragraphes. La mémoire pour cercueil.

Écrit par : Nicolas Bleusher | dimanche, 31 octobre 2010

Tu sais bien dire ta peine et elle s'allègera avec le temps. Restera le souvenir et la tendresse réconfortante. Garde ça bien au chaud pour toujours. Bises

Écrit par : KarregWenn | dimanche, 31 octobre 2010

Je me permets alors de le dire puisque tu en parles. Ça ne sert à rien, mais j'ai beaucoup pensé à toi.

Je ne peux pas imaginer l'après mais je sais que ma grand-mère, qui l'avait vécu en 1955 n'a jamais trouvé le courage de nous en parler.

Des bisous.

Écrit par : Cddb | lundi, 01 novembre 2010

Je te fais des bisous.

Écrit par : PascalR | lundi, 01 novembre 2010

Ditom : Non, elle ne sera pas oubliée, en effet. C'est important aussi.

Tambour Major : Oui, ces projections qui resteront à l'état de projections rêvées, je trouve ça très cruel.

Flavien : Oui, sa venue aura changé les choses. Mais si peu en comparaison avec ce qui était espéré.

Petit-Chose : merci pour elle

Nicolas Bleusher : oui, hélas

KarregWenn : je le garde, c'est sur

CDDB : je t'en parlerai sans problème, et aussi de la façon dont le vit ma famille. Merci pour tes pensées.

PascalR : Merci tout simplement.

Écrit par : joss | lundi, 01 novembre 2010

Tu me renvoies quelques années en arrière. Très bel hommage.
Bisous

Écrit par : Christophe | mercredi, 03 novembre 2010

Ton post est très émouvant. On dit que quand ils partent comme celà, ils deviennent des anges. Sûr que ta petite chose est devenue un ange.

Écrit par : Gouli | mercredi, 03 novembre 2010

Christophe : j'ai toutefois la "chance" ne pas être en "première ligne" parmi les tout premiers concernés par cet évènement malheureux.

Gouli : j'aime cette idée.

Écrit par : joss | dimanche, 07 novembre 2010

très émouvant en effet...toutes mes pensées pour ta famille
see you soon
biz

Écrit par : Gaë | dimanche, 07 novembre 2010

Les commentaires sont fermés.