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dimanche, 23 août 2009

L'haltérophile, les gaillards et la main sur le jean

Un samedi soir de léger désoeuvrement après une journée bien peu animée. Il est 22h et je me décide à sortir sans but précis autre que passer un peu de temps à me faire des films réfléchir en marchant avec un peu de musique dans les oreilles.

 

Je choisis une rue au hasard. Sur la gauche une allée de gravier d'une dizaine de mètres, perpendiculaire à la rue que je longe et au bout de cette allée, une dame agée assise pare-terre. Dans la pénombre, je la distingue uniquement à son pantalon blanc. Je poursuis mon chemin pendant quelques pas. Que peut bien faire une personne agée assise pare-terre toute seule dans une allée déserte d'un quartier peu fréquenté à 22h ? Je reviens sur mes pas et le bon samaritain qui est en moi prend alors le contrôle de mon cerveau. C'est rare, mais ça arrive.

 

Madame Assise-pare-terre est tombée et ne parvient pas à se relever. Elle vit juste à côté et est venue à vélo (!?!) tenter de récupérer son chat parti se cacher au bout de l'allée. Madame Assise-pare-terre semble bien avoir au moins quatre-vingt ans et ne paraît pas très lucide. Mais pourquoooiii je me retrouve encore dans ce genre de galère ... Je lui fais la conversation (je suis très doué pour les conversations avec les vieilles dames) en cherchant comment je vais bien pouvoir la relever sans l'aide de personne. Je choisis de m'accroupir derrière elle et la soutenir par le dos pendant qu'elle essaie de se lever. Elle est persuadée qu'on y arrivera pas, elle pense qu'elle est bien trop lourde. Oui, bon, c'est pas faux, elle accuse certain embompoint, la p'tite dame mais il faut bien essayer quelque chose. Elle commence à se lever. Je la soutiens, nous sommes bien partis. Et puis... et puis plus rien.

 

Quelques instants qui me paraissent trois petits quarts d'heure. Elle n'arrive pas à pousser plus et moi je suis à bloc (j'entends ma voix intérieure qui dit : Gnnnnnnnééééééé !! Gnnnééééé !!). Je me sens tel l'halterophile qui a réussi à monter la barre au niveau de ses épaules et ne sait pas encore s'il pourra terminer son mouvement. D'ailleurs c'est bien la première fois que je m'imagine entrain de faire de l'haltérophilie. Le suspense est à son paroxysme.

 

Gnnnnnniiiiii Gnnnniiiii...(le changement de voyelle rend plus fort) et voilà que finalement je parviens à prendre appui sur mes jambes et deux secondes plus tard, nous voici tous les deux debout, elle toute chancelante et moi tout surpris d'avoir réussi. Je reste une minute contre elle, la tenant par les épaules alors qu'elle se plaint de la hanche. Elle finit par retrouver son équilibre, un équilibre tout de même bien précaire. Je passe dix bonnes minutes à la convaincre qu'elle peut rentrer chez elle en laissant son chat dehors pour la nuit.

 

Je remets mes écouteurs et reprends mon chemin en direction des remparts. Je n'ai plus approché les remparts de Mouetteland depuis début juin et c'est sans doute l'une des dernières fois que j'y viens avant mon déménagement pour Rennes.

 

Devant moi, trois garçons d'une vingtaine d'années, plutôt grands et larges d'épaules, je préfère conserver entre eux et moi une certaine distance de sécurité. Il est 22h30, ils sont trois et sans trop savoir pourquoi, leur tenue jean-et-sweet-à-capuche, m'invite plutôt à la prudence (je réaliserai ensuite que je porte moi aussi précisément un sweet à capuche... et un short déchiré). Ils se rendent dans la même direction que moi. Je laisse une quinzaine de mètres d'écart.

 

Tout à coup je suis étonné par le geste de l'un d'eux. Il accroche sa main au niveau de la ceinture de celui marche à sa droite. Mon regard interloqué ne peut que rester focalisé sur cet étrange marque d'amitié virile. La main finit même par descendre un peu plus bas, de telle sorte que pendant une dizaine de mètres l'un marche avec la main sur les fesses de l'autre pendant que le troisième semble s'assurer du regard de qui pourrait bien les voir, il n'y a que moi (et oui, je les vois, je ne vois que ça). Moi qui me méfiais, en fait ce sont trois copines...

 

Je n'ai jamais fait plus que tenir discrètement la main d'autres garçons dans des cadres exclusivement très urbains, je suis  grandement surpris (agréablement, s'entend) de voir celà à Mouetteland. Nan mais ho ! les pédés, on n'est pas dans le marais ici, faut faire gaffe !! En fait, vue la population croisée ensuite entre les remparts, je finirai par me dire que Mouetteland avait de forts accents de Pédéland ce soir. Avec parmi ces pédés, un haltérophile sauveur de dames âgées tombées pare-terre. Quel endroit étonnant...

Commentaires

Tu n'as pas cherché à plus attirer l'attention que cela sur tes pédés ?? ;))

Écrit par : Matoo | dimanche, 23 août 2009

Ouais!! Nous fait pas croire que t'as pas un peu accéléré le pas pour leur faire voir tes muscles d'altérophiles!!! ;-)

Écrit par : BisBS | dimanche, 23 août 2009

avec un "h"...

Et puis tous les remparts du monde sont un peu des coins à copines... C'est comme les bouts de plage! :-D

Écrit par : BisB | dimanche, 23 août 2009

hummm tu as sauvé une vie :) :) et tu as debusque des copines :) :) tu quittes mouetteland ? des regerts ?

Écrit par : fiuuu | dimanche, 23 août 2009

J'aime ces récits du quotidien. J'aime ta façon de raconter tout cela, sur ce ton léger. J'aime cet arrière-goût amer de nostalgie dans ton récit.

Écrit par : Zéro Janvier | dimanche, 23 août 2009

Matoo et Blogisbeau : "Mais enfin je vous jure mesdames que j'ai rien tenté !" (c'est fou comme ils marchaient vite tous les trois... ;D moi qui marche pourtant très vite, j'ai pas réussi à les dépasser avant d'arriver aux remparts, du fait évidemment de l'effort physique intense consenti précédemment avec la petite dame)

fiuuu : oui je quitte Mouetteland et sans aucun regret. C'est moi même qui ait décidé de partir et ainsi quitter cet endroit dans lequel je n'arrive pas à me plaire pour retrouver une ville plus grande comme je l'ai toujours souhaité

Zéro Janvier : merci beaucoup. Moi aussi c'est le genre de choses que j'aime retrouver dans les blogs que je lis.

Écrit par : joss | dimanche, 23 août 2009

c'est un réel plaisir de lire chaque nouveau billet , merci
un lecteur assidu de quedireoufaire!

Écrit par : jul | dimanche, 23 août 2009

Jul : merci beaucoup.

Écrit par : joss | dimanche, 23 août 2009

ils sont partout, les bons et gentils PD...

Écrit par : The 6L20 | lundi, 24 août 2009

^^ Tiens, ça me fait penser à Thierry Paulin qui aimait "rendre service" aux vieilles dames du 18ème ...
Mais non, mais non ...
Les anecdotes de tes dragues nocturnes sont très amusantes ...
Quoi de neuf dans les échauguettes ? -)

Écrit par : MArC-Us | lundi, 24 août 2009

ne me dis pas que tu n'as jamais fréquenté le bas des remparts, les belles nuits d'été ?!

Écrit par : fliptom | lundi, 24 août 2009

6L20 : ils se multiplient, c'est fou !

MArC-Us : j'adore envoyer des galets pour faire des ricochet sur la mer ^^

Fliptom : je l'ai même fait certaines fraîches nuits d'hiver (enfin je me suis promené, quoi)

Écrit par : joss | mardi, 25 août 2009

Soulevé une octogénaire quelque peu corpulente, c'est toute une technique et j'ai fait ça tout l'été (aide-soignant en maison de retraite oblige ^^).
Futur Rennais, donc. Bah, ça ne fait plus que deux heures de train jusqu'à chez moi !

Écrit par : Kab-Aod | mardi, 25 août 2009

Kab Aod : et oui, je me rapproche !

Écrit par : joss | mardi, 25 août 2009

et les fraîches nuits d'hiver c'est aussi peuplé que ta salle de cinéma ? ou bien trouves tu quand même des congénères, je veux dire des promeneurs masculins

Écrit par : fliptom | mardi, 25 août 2009

fliptom : oh non, les soirées d'hiver, il faut déjà être accompagné, sinon rien. Enfin je crois. Et donc pour répondre à ta question précédente, la réponse est non. Mais j'ai plein de bonnes raisons (si ! je t'assure !!)

Écrit par : joss | mardi, 25 août 2009

Les commentaires sont fermés.