jeudi, 28 mai 2009
Joss découvre la vie : l'Hôtel de ville
Pour mon grand projet estival, le premier ingrédient indispensable, le sésame par lequel tout doit débuter, c'est un passeport, moi qui n'en ai jamais eu (qui a dit "tiens donc, ça m'aurait étonné" ?).
Je m'étais donc renseigné bien à l'avance pour connaître les pièces nécessaires à l'obtention du précieux passe muraille, et aussi savoir quand je pourrai me rendre en mairie, tout ça tout ça... Et bien sur au téléphone, la dame de la mairie est parfaite et rassurante : vous pouvez venir du lundi au samedi sans rendez-vous, pas de problème.
Samedi matin. Je presse mon frère et sa copine, invités pour le week-end, pour nous rendre à une heure décente à la mairie. Je les laisse devant l'entrée, leur proposant de se promener dans les rues commerçantes avant de les rappeler dès la fin de mes formalités. Ayant rassemblé scrupuleusement toutes les pièces nécessaires, je me présente le coeur vaillant à la porte de l'Hôtel de ville... Des portes, il y en quatre. Euh... alors, euh...
L'Hôtel de ville est un bel endroit plein de caractère, à l'image du côté touristique de l'endroit, c'est la première fois que je m'y rends. Il y a donc quatre portes, en consultant les intitulés, je finis par en choisir une, sans être tout à fait sûr. Le premier couloir est désert avec des pancartes sinistres qui ne me disent pas vraiment si je suis ou non sur la bonne voie.
Une porte. J'ouvre. Une grande pièce. Quatre bureaux. Les trois premiers sont inoccupés. Une dame ébouriffée au quatrième. "Bonjour, je viens pour faire un passeport". "Oh là non Monsieur, aujourd'hui on fait le strict minimum, les actes de naissance ou de décès, pour le passeport vous pouvez venir à partir de lundi, 9h, et puis c'est pas ici, ce sera porte C". Je suis en colère, je suis déçu, je suis frustré, je suis triste. "Au revoir Madame Connasse".
Enervé, je cherche mon téléphone pour appeler mon frère... Cet imbécile de téléphone est resté chez moi... je les cherche une vingtaine de minutes avant de me résigner. Je rentre chez moi en colère au possible et les appelle une fois rentré (à pied...).
Mardi matin. Je suis donc revenu, j'ai enprunté la porte C comme convenu, je me présente dans une grande pièce, trois bureaux dont deux sont inoccupés. Au troisième bureau, une employée de mairie généreusement frisée s'évertue à expliquer à son interlocuteur des choses qui semblent lui paraître aussi compliquées qu'à moi. Je crois vaguement que cela concerne les élections à venir.
Dans la pièce voisine j'aperçois trois personnes entrain de discuter autour d'un café et de pains au chocolat. Je croise les bras, adresse quelques regards interrogateurs à Mme Frisée. Au moins une minute passe. A travers l'entrebaillement de la porte, j'aperçois un pain au chocolat qu'une main agite au gré d'une séance de languedeputage largement digne de ce nom. Et j'attends. Mme Frisée finit par demander à son interlocuteur de patienter quelques secondes et rejoint le salon des pains au chocolat. A ma presque surprise, je l'entends dire à ses collègues qu'il y a quelqu'un qui attend ("quand même").
Une seconde Mme Frisée vient alors s'inquiéter de mon cas. Elle est presque étonnée de l'exactitude avec laquelle je connais la liste des pièce à fournir ("c'est vraiment parfait !"). Elle me tend un formulaire et un stylo en ajoutant "voici un magnifique stylo de la ville de Mouetteland". Je comprends la sympathique ironie en découvrant un bic dont l'extrémité semble avoir été machouillée par la moitié des employés de la municipalité. Je lui rend un sourire finalement complice.
J'y reste dix minutes, elle répond gentiment à l'ensemble de mes questions et je me surprends à quitter les lieux avec le sourire aux lèvres. C'est peut-être ce stylo à la dégaine cocasse, c'est aussi la satisfaction de l'avoir très vite, ce précieux morceau de papier.
21:09 Publié dans Blablablog | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note


Commentaires
Moi j'ai toujours eu beaucoup de compassion pour les pains au chocolat...
Ecrit par : French Donut | vendredi, 29 mai 2009
...et moi toujours beaucoup d'énervement pour ces gens qui prennent tout leur temps pour les déguster alors qu'un pauvre petit voyageur attend pour déposer un dossier... L'administration est souvent une vaste (et désagréable) plaisanterie. Mon copain a déposé une demande de procuration pour le prochain vote. On lui a dit que sans carte d'électeur il ne pouvait déposer de demande (ce qui est faux puisque moi je l'ai déjà fait sans...) et, lorsqu'il a été rentré la chercher, on ne la lui a même pas demandé - mais par contre on lui a parlé comme à un chien. Oui : quel beau métier, administration : on peut bouffer des pains au chocolat et mal parler aux gens sans souci...
Ecrit par : lelapingivré | vendredi, 29 mai 2009
Ah ! les dédales d'un grand hôtel de ville. j'en ai fait la fâcheuse expérience à la mairie de Paris (celle de Bertrand). C'est exactement comme dans Les 12 travaux d'Astérix lorsque le héros et son pote Obélix doivent affronter la maison des fous... Heureusement, on finit souvent par tomber sur quelqu'un d'aimable et de rassurant.
Ecrit par : Antinoüs | vendredi, 29 mai 2009
Oh. En lisant le titre, j'ai cru que tu étais passé par Paris, que tu avais vu l'Hôtel de Ville et que tu avais confondu avec l'Assemblée Nationale ou la cathédrale Notre-Dame... Tes pérégrinations parisiennes sont toujours très inspirées.
Ecrit par : Ryan Erevan | samedi, 30 mai 2009
Ils sont tous frisés à MouetteLand ??
Ecrit par : arnaud | samedi, 30 mai 2009
French donut : moi non plus, au demeurant, je n'ai rien contre les pains au chocolat, bien au contraire
lelapingivré : merci de me comprendre
Antinoüs : les 12 travaux c'est à ça que j'ai pensé aussi
Ryan Erevan : Oh non, je n'en suis pas encore là, mais un jour, peut-être...
Arnaud : et oui, exactement, c'est le vent et les embruns ! pourvu que je en reste pas trop longtemps dans ce coin...
Ecrit par : joss | dimanche, 31 mai 2009
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