samedi, 16 mai 2009
Mais je n'en étais pas
Revenu au bercail pour le week-end, j'étais parti dans les rues d'Angers à la recherche du parfum qui m'accompagnera et me rendra irresistible pour les mois à venir, enfin, surtout en juillet (c'était couru d'avance, ce sera un Kenzo). J'entendais bien le bruit en centre-ville mais je n'avais réalisé de quoi il s'agissait. Et puis, au détour d'une rue, elle est là, face à moi.
Plus jeune, je l'avais redoutée, j'évitais soigneusement tout possibilité de la croiser, ne mettant jamais le nez en ville lorsque que je risquais de me retrouver en face d'elle. La simple idée de l'apercevoir me mettait nécessairement mal à l'aise, appuyant le doigt sur mes peurs et mes contradictions. La fuite était toujours la meilleure solution. Par conséquent, je n'avais donc jamais vu la Gay Pride dans les rues d'Angers.
Je me souviens l'avoir croisée sciemment en 2007 à Nantes, cette fois nous étions deux et je me sentais plus fort pour aller l'épier, ne serait ce que par intérêt anthropolgique. Je me rappelle y avoir été très attendri par un couple de jeunes filles dans les bras l'une de l'autre, regardant passer le cortège en silence, l'oeil brillant et le sourire aux lèvres. Je me souviens aussi avoir été charmé par ce garçon d'à peu près mon âge qui m'avait remis un tract relatant les émeutes de Stonewall. Cela dit, en dehors de quelques minutes passées (caché ?) sous le drapeau Arc-en-ciel, j'étais resté un simple passant à l'air vaguement intéressé.
Aujourd'hui je suis à nouveau ce passant anonyme qui ne fait que regarder en conservant ces distances. Je les regarde tout de même en souriant aux regards que je croise mais je ne parviens pas à faire plus. Je m'étonne de leur nombre, je m'étonne de leur jeunesse également (ils ont 15 ans à tout casser, ces deux là...).
Une perverse curiosité (ou curieuse perversité ?) m'amène à faire quelques détours dans les rues que je connais bien pour être sûr de croiser par le plus grand des hasards le cortège une ènième foi. Tous ces visages me sont rigoureusement inconnus, je ne connais aucun gay à Angers. C'est un peu dommage, c'est comme ça.
L'un des animateurs prend le micro et s'adresse aux participants. Ils étaient selon les organisateurs 900 au départ et plus de 1500 au plus fort de l'après midi, un record pour ce qui constitue la dixième édition (on attendra pour connaître les chiffres de la police...). Je trouve cela plutôt réconfortant de voir ce bon millier de personnes motivées et enjouées, le tout dans une ambiance visiblement simple et conviviale. Mais je n'en étais pas.
18:16 Publié dans Homo-acceptation | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note


Commentaires
Nous partîmes cinq cents, mais par un prompt renfort, nous nous vîmes trois mille en arrivant au port.
Le Cid, Corneille.
Ecrit par : Classique | dimanche, 17 mai 2009
Ma première Gay pride, je l'ai faite à Paris en tant qu'hétérosexuel (faut oser l'écrire tout de même !), avec ma petite amie et une amie, invité à y défiler ("pour s'amuser") par une copine qui n'est finalement pas venue. Et j'en suis reparti avec une pancarte d'Act Up que j'ai longtemps gardée... Un mois plus tard, j'embrassais mon premier garçon...
Ecrit par : christophe | dimanche, 17 mai 2009
Et pourquoi surtout en Juillet, le parfum?
En attendant, moi qui commençait à vaguement caresser l'hypothèse de vous retrouver toi et Chéri à la gaypride de Paris... (en même temps, encore faudrait il que je me décide à consulter mes logeurs potentiels et prendre des billets de tégévé...)
Ecrit par : Rouge-cerise | dimanche, 17 mai 2009
Encore une manif des Caterpillar ? ^^
Ecrit par : MArC-Us | lundi, 18 mai 2009
Classique : Corneille aurait-il eu une vision de la gay pride angevine de 2009 ??
christophe : oui, il faut oser écrire un truc pareil !!
Rouge-cerise : euh, en fait c'est à dire que ...
MArC-Us : c'était donc c'est gros chars qui défilaient, je me demandais où ils avaient trouvé des engins pareils.
Ecrit par : joss | dimanche, 24 mai 2009
eh bien moi j'ai défilé à la Gay Pride d'Angers - j'ai même fait partie de l'association Quazar activement pendant des années (qui organise la manifestation) et, même, j'ai CHANTE pour la Gay Pride (voui) il y a deux ou trois ans, au Chabada en prélude à la nuit des fiertés. C'est très agréable de marcher parmi des gens qu'on connaît, ou non, et je trouve que ces manif sont plus agréables dans des petites villes, justement parce que c'est plus petit comme groupe. On peut aussi y croiser son patron ou son oncle, mais...je transmets ton billets à mes amis ange
Ecrit par : lelapingivré | jeudi, 28 mai 2009
Merci pour ce mot intéressant sur la Gay Pride d'Angers.
L'année prochaine, un seul slogan :
JOSS, AVEC NOUS !
Je ne ferai pas ici mon topo habituel de vieux militant sur l'importance de marcher (ça lutte contre l'homophobie, ça libère les gens, ça aide à s'assumer, ça soutien l'industrie des produits estampillés rainbow...) mais je vais juste espérer que vous trouverez la force pour ne pas rester sur le trottoir la prochaine fois !
Ecrit par : Michael | jeudi, 28 mai 2009
lelapingivré : merci merci beaucoup pour ce commentaire !
Michael : et bien qui sait si ce genre d'intervention ne me donnerait pas un peu de courage ;)
Ecrit par : joss | dimanche, 31 mai 2009
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