lundi, 02 février 2009
La suite comme on la rêve
Lorsque j'étais adolescent, je ne m'imaginais pas vraiment vivre dans une autre région que celle où je me trouvais. A quinze ans, j'aimais me projeter vingt ans plus tard installé dans une belle maison d'un bourg de la campagne angevine avec le tryptique femme-enfants-chien (rayer la mention éventuellement inutile), un ruisseau au fond du jardin, une belle véranda - j'ai toujours adoré les vérandas -, des voisins sympas et des petites allées de gravier gris clair reliant le portail, le garage, la porte d'entrée de la maison et la cabane en bois où seraient rangés les indispensables tondeuse et barbecue.
J'ai également eu ma période bord de mer. Régulièrement, notamment à chaque rentrée de septembre, j'aimais me persuader que je finirai par trouver une jolie habitation près des embruns qui rendraient alors la vie plus douce avec un semblant de parfum estival permanant.
Plus tard, j'eus comme une révélation : je serai un citadin. Même le pavillon de quartier résidentiel ne suffirait plus à combler mon bonheur, il me faudra un appartement le plus proche possible d'un centre-ville avec les commerces et transports en commun en bas de chez moi (mais un garage réservé tout de même, ne sacrifions pas la voiture, ça peut servir). Dans mes rêves, le voisinage était peuplé de quelques restaurants, mais aussi de cinémas et de librairies. J'y mènerai une vie assez occupée mais tranquille avec une copine qui apprécierait mes parents tout en étant assez indépendante vis à vis des siens et sans trop savoir si nous vivrons ensemble à temps complet dès le début.
Plus tard encore, j'eus une autre révélation : une femme ou une copine, ce n'est peut-être pas si indispensable...
Le 1er février 2008, je récupérais les clés de mon tout-premier appartement. Il ne ressemblait pas à ce à quoi j'avais révassé tout ce temps. J'avais passé des années à imaginer un appartement plutôt petit, en hauteur, assez lumineux, situé dans un quartier bruyant d'une ville que je n'identifais pas mais que je voulais proche (au propre comme au figuré) de la ville où j'ai grandi.
Il y a un an, j'ai donc posé mes cartons dans mon premier chez moi. Un chez moi que je trouve parfois trop grand pour moi lorsque j'y suis seul, en rez-de-chaussée d'une résidence aux allures d'ancienne ferme rénovée dans une rue que l'on peut difficilement imaginer plus calme. Même la gare toute proche ne parvient pas à animer le fond sonore, ce sont encore les mouettes et goëlands qui s'en chargent le mieux. L'effet "bord de mer = illusion d'été = sourire toute l'année" s'est tout de même révélé extrêmement limité. Mais avant toute chose, même si la ville compte ce qu'il faut de commerces et lieux de sortie, je ne suis pas tout à fait dans le cadre très urbain que j'avais tant appelé de mes voeux.
Mais heureusement, comme lorsque j'avais quinze ans, comme lorsque j'en avais vingt (et comme lorsque j'en aurai trente), il y a une suite à venir et à imaginer. J'espère bien ne pas rester si longtemps ici, avec en tête des villes plus grandes, des appartements de deuxième étage peut-être un peu étriqués mais tant pis, des commerces en bas de chez moi et une terrasse qui fera aussi véranda (je suis prêt à faire une croix sur les chemins de gravier s'il le faut), la poste juste à côté, ma banque aussi, une FNAC ce serait bien, une gare avec...
Comme quoi, avec l'âge on devient tout de même autrement plus raisonnable.
18:58 Publié dans Un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note


Commentaires
Quand je lis ton premier paragraphe... Mon dieu, tu as eu le même trip affreux que mon chéri! des graviers, une tondeuse et un ruisseau... Oulalalala, quelle horreur...
Moi, je révais toujours d'une grande ville, de Paris. Et maintenant, je ne voudrais surtout pas y aller (asphyxie dans le métro, couvercle de pollution l'été, 30m2 au prix d'un rein mensuel...). C'est affreux, ch'uis devenu un vieux con qui parle qualité de vie et qui transigera quand son copain exigera un chien et un potager...
Ecrit par : Rouge-cerise | lundi, 02 février 2009
Le mieux, c'est d'avoir un pied en ville et un pied à la campagne :)
Ecrit par : bregman | mercredi, 04 février 2009
J'ai l'impression que nos billets se répondent, cher Joss...
Ben voilà, moi j'en suis au même point que Rouge-Cerise : la campagne, avec juste PERSONNE autour. Et j'habite Paris, dans un des quartiers les plus densément peuplés. Où est-ce que je me rêve dans 10 ans ? j'y ai déjà partiellement répondu - et je changerai peut-être d'idée dans les prochains semaines/mois/années...
qui sait jamais ?!...
Ecrit par : lelapingivré | mercredi, 04 février 2009
Bon, pour le petit ruban de satin mauve, j'avais souri.
Dans l'épisode des chaussures roses, franchement, j'avais rigolé !
Mais là !! Passe encore l'allée de gravier gris-clair et le petit ruisseau qui coule derrière la maison, mais LE chien !! Wouarf, je m'éclate ... ^^
Ecrit par : MArC-Us | mercredi, 04 février 2009
Rouge-cerise : avec le temps on finit tous par se vieuxconifier...
Bergman : deux pied à terre, ça fait rêver !
lelapingivré : oui, ils se répondent, c'est ce que j'ai pensé aussi. en fait, c'est vrai j'ai peur de changer d'avis le jour où j'aurais atteint ce qui me fait rêver aujourd'hui
MArC-Us : c'est un plaisir de t'amuser !
Ecrit par : joss | mercredi, 04 février 2009
Si tu veux, je lâche bientôt mon appartement, alors je te laisse : il y a la poste juste en face, des commerces tout autour (dont une boulangerie succulente), la gare et la Fnac sont à deux pas, comme la banque... Bon, ok, là c'est la ville qui est pourrie... Mais bon, tu serais finalement pas loin de chez tes futurs beaux-parents !!! ;-))
Ecrit par : Andesmas | lundi, 09 février 2009
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