mardi, 11 novembre 2008

Joss découvre la vie : Le crime est notre affaire, Têtu...

Le week-end dernier, j'ai poursuivi mon apprentissage intensif de la vie grâce aux deux jolis jours passés à Paris chez mon chéri à moi.

18981585.jpgJ'avais prévu de vous parler de Têtu en premier mais je me suis aperçu que j'avais en définitive pas mal de choses à raconter sur le sujet, je vais donc débuter par le contenu cinématographique de ces deux jours : nous avons choisi d'aller voir Le Crime est notre affaire.

Je n'avais pas vu les autres aventures du couple Beresford dans Le fil à la patte Mon petit doigt m'a dit, j'avais toutefois déjà aprécié L'heure zéro, autre roman d'Agatha Christie adapté par Pascal Thomas. Le crime est notre affaire joue avec les clichés du genre et s'en sort à merveille.

Ce film est un délice. C'est une ambiance, c'est un jeu, un amusement. Catherine Frot est pétillante. Il y a cette ambiance délicieusement sombre, toujours habitée par des touches de dérision tout en subtilité et en finesse. Je n'ai jamais été particulièrement doué pour parler de cinéma, je me contenterai donc de vous dire que si vous avez l'occasion d'y aller, n'hésitez pas.

Et ce week-end j'ai donc découvert Têtu. Si, je vous assure, je n'y avais jamais touché auparavant, et pourtant, Têtu et moi, c'est tout une histoire.

Une histoire qui a duré des années. Je ne sais plus trop à quel moment j'ai commencé à repérer la couverture de Têtu dans les étalages et les vitrines de marchands de journaux mais j'ai vite pris l'habitude de chercher des yeux la couverture aux abdos exposés à chaque passage devant une maison de la presse. Au tout début, je ne savais même pas que le magazine s'adressait aux coins-coins (et même coins-couines mais ça je l'ai su encore bien plus tard), je le croyais simplement destiné aux hommes attentionnés à eux comme les Men's Health et autres... euh... non pas FHM, il ne faut tout de même pas exagérer.tetu107.gif

Têtu et moi, c'était presque devenu une sorte de balet dans mes trajets angevins. A l'époque où mes envies et ma conscience se livraient encore une féroce bataille dans mon esprit, je choisissais mon itinéraire pour aller en cours et même la place que je prenais dans le bus afin de voir les couvertures exposées autant de fois et d'aussi près que possible, le tout en restant, cela va de soi, dans une discrétion toute hermétique.

Je connaissais naturellement par coeur l'emplacement des marchands de journaux qui se trouvaient sur le chemin que j'effectuais en partie à pied en partie en bus. Je savais même à quel emplacement de leur vitrine Têtu serait exposé. J'avais noté par exemple que pour voir au mieux l'exemplaire du kiosque situé à l'angle du boulevard Foch et de la rue d'Alsace, il fallait s'assoir plutôt à l'arrière, juste après la partie en accordéon et sur la gauche. La meilleure conjoncture arrivait lorsqu'un groupe de piétons intrépides se permettait de traverser la rue, obligeant le bus à s'arrêter ou passer à l'extrême ralenti. En me débrouillant bien, je pouvais réussir à entrevoir le cover boy et les titres jusqu'à six fois dans mon trajet. Tout devait aller très vite, je devais regarder rapidement la photo, le visage, le corps (oui, un peu) et les titres mais surtout sans m'attarder, ne pas jamais être pris en flagrant délit d'observation appuyée. D'ailleurs, considérant le nombre d'occasions restant sur le trajet, je ne lisais qu'une partie des titres à chaque fois. L'essentiel étant d'avoir vu l'ensemble de la couverture lors de la semaine où elle était exposée avant de devoir attendre le numéro du mois suivant.

Et que se passait-il alors ? A la fois tout et rien. La couverture de Têtu était devenue avec le temps le symbole de cette vie qui me paraissait interdite. C'était le trou de serrure par lequel je pouvais apercevoir de très loin une bribe de représentation homosexuelle mais c'était aussi des monceaux de frustations qui se déversaient sur moi lorsque je me persuadais que je n'en verrai, n'en vivrai jamais plus. C'était la petite montée d'adrénaline de l'adolescent qui s'autorise une pensée prohibée suivie par la tristesse de penser que les choses en resteraient là.

Et puis le temps est passé, les choses n'en sont pas restées là.

Mon copain s'est fait prêté par une collègue quelques numéros dudit magazine que j'ai donc eu le loisir de feuilleter ce week-end (mais si, je vous assure que c'est vrai, on lui a prêté).

Premier constat, je trouve le magazine un peu cher et puis c'est plein de photos et de pub... Oui, pas très surprenant, je suis d'accord mais ça devient presque pénible à feuilleter à la longue.

Mais on n'imagine pas, en deux jours, le nombre d'occasions que l'on a de piocher de la façon la plus anodine qui soit l'un des numéro et y mettre le nez... Mon second verdict est moins sévère. Après un énième feuilletage, je dirais même que c'est mieux que ce à quoi je m'attendais. Certains articles ont fini par déclancher chez moi un véritable intérêt, je mentirais si je disais le contraire. Il reste simplement un communautarisme auquel j'ai du mal à me faire. Mais peut-on reprocher à un magazine coin-coin de parler de coin-coin essentiellement ? Non, bien sur.

J'éprouve simplement une certaine satisfaction à l'idée d'avoir tenu entre mes mains ce que je m'autorisais à peine à croiser du regard il y a quelques années.

Commentaires

1 - mais c'est quoi cette expression "coin-coin" ???
2 - mais c'est qui ce "chéri" ???!!!
3 - tu n'avais encore jamais parlé de ce "chéri" non ????
4 - dis nous tout sur ce "chéri" !!!
5 - ok j'arrête sur le "chéri"
6 - .... haaa c'est qui "chéri" ???
7 - et sinon, tu as signé combien d'autographes pour... Bénabar ?

Ecrit par : Meu-Meu | mardi, 11 novembre 2008

Prochaine étape : L'achat d'un Têtu dans une librairie d'ici (voire, soyons fou, d'un PrefMAG pour comparer)...

Ecrit par : 1loup | mardi, 11 novembre 2008

Bon, sans aller jusqu'a choisir la place dans le bus en fonction du nombre de fois que cela me permetrai de matter la couverture, je dois avouer que j'ai eu le meme "fétichisme" (peut on appeler ça comme ça?) pendant mes années Paris. A chaque kioske à journeau, tu peut etre sur que mon regard s'affolait jusqu'à croiser le regard de l'éphèbe de premiere de couverture. Maintenant, à chaque fois que je me décide à acheté l'un des exemplaire, lors de la lecture, j'en reviens toujours à la meme reflexion..."Mais pourquoi je l'ai acheté???aucun interet!!!"

Ecrit par : Cereal_killer | mardi, 11 novembre 2008

C'est moi !

Ecrit par : Cheri | mardi, 11 novembre 2008

Nous n'avons pas encore eu l'occasion de faire connaissance ce WE(nous avons dû nous croiser sur la LGV)... mais je suis un ami du "Chéri" et me permets de commenter ton blog !

Alors, je partage tout à fait ton avis sur Têtu ! Bcp d'inutile, du communautarisme que j'apprécie peu !... Donc après l'avoir acheté discrètement à la gare en rentrant le WE durant mes années de DUT, première étape du "j'assume", je l'ai délaissé...

Aujourd'hui, j'assume tout à fait d'acheter, comme tu le dis, un "magazine de pouf" : M Mensuel (qui n'a de mensuel que le nom et qui est en fait trimestriel) dans lequel on retrouve uniquement des photos, des tests à la con et autres rubriques inessentielles ! ça me satisfait largement et prends beaucoup plus de plaisir à le lire !

à bientôt !

Ecrit par : Guillaume | mardi, 11 novembre 2008

Hihihihi.
C'qu'il y a d'bien avec Têtu, c'est son universalité (nationale). Peut-être qu'un jour, l'adjectif "têtu" sera connoté et que plus personne n'osera dire "je suis têtu", de la même manière que plus personne ne dit "je suis gai".

Je suis à la recherche d'un stage dans une rédaction, et ce post m'a ouvert les yeux sur de nouvelles possibilités. Qui sait ce qui se trame dans les coulisses ? Je me suis souvent demandé si la proximité permanente n'entraîne pas des dérives... Je crois que je vais postuler.

Ecrit par : Allégrion | mardi, 11 novembre 2008

Et en plus (mais ça a peut-être changé) ils payaient mal !
Quand j'avais ton âge (ok, ça fait vieux con, et en plus j'étais plus jeune que toi), il y avait une revue que les plus de 30 ans connaissent peut-être (non,je ne parle pas de Gay-pied !), qui s'appelait Ex-Aequo (un mensuel) et qui avait un peu plus d'ambition (intellectuelle).

Ecrit par : christophe | mercredi, 12 novembre 2008

Oui, "Ex-Aequo" c'était très bien, mais ils n'ont pas tenu longtemps face à Têtu...

Ici, chez les Lancelot-TiNours, on a été abonnés deux ans (à Têtu). En arrivant à Montpellier, j'ai décidé de ne pas renouveler. D'abord j'aimais beaucoup mieux l'ancienne version des toutes premières années (oui ça aussi ça fait vieux con, merci Christophe d'avoir pris les devants) qui était plus en finesse, avec de petits articles pleins d'auto-dérision. Petit à petit j'ai commencé à froncer les sourcils sur leur côté "Folle parisienne". J'en ai eu vraiment marre le jour où ils ont rajouté, à chaque numéro, un poster "PlayMec" à détacher : on tombait dans le genre "Podium" pour ados boutonneux....
Je me cache pas derrière le petit doigt : moi aussi j'aime mater des beaux mecs, mais pas besoin d'acheter Têtu (ou même de se contenter de regarder sa couverture!!) pour ça ! Des beaux mecs qui s'exhibent, y en a plein les magazines cul assumés cul, et aussi plein sur le net. Si j'achète un magazine homo, j'attends un tout petit peu plus au niveau du fond. Or, leurs reportages n'ont cessé de se dégrader en qualité. Maintenant, il m'arrive de le feuilleter chez des amis, une fois par an. Ca me suffit amplement...

Ecrit par : Lancelot | mercredi, 12 novembre 2008

Meu-Meu : 1 Moi j'aime bien cette expression. 2 Tu vois, il s'est présenté en commentaire. 3 Pas de façon explicite, c'est vrai. 4 Ah non, hein. 5 Ouf 6 Réponse 2 ;D. 7 Ben, tu n'es pas venu m'en demander

1loup : chaque jour suffit sa peine !

Cereal Killer : voilà, merci, je comprends mieux ;)

Chéri : voilà qui est bien dit !

Guillaume : merci pour ton passage. Un jour je découvrirais M. Promis !

Allégrion : ne manque pas de nous tenir au courant

Christophe et Lancelot : merci d'apporter une touche de culture. Ex-Aequo je n'en avais jamais entendu parler.

Ecrit par : joss | mercredi, 12 novembre 2008

bonjour au "chéri", moi c'est fiuuu :)

Ecrit par : fiuuu | mercredi, 12 novembre 2008

Bonjour Fiuuuu ! Moi c'est Chéri, reste à savoir si j'existe vraiment ou si je sors tout droit de l'imaginaire de notre Joss National ... Qui sais ? La suite ? Au prochain commentaire !

Ecrit par : Chéri | mercredi, 12 novembre 2008

Oh, oui, la suite! Qui est chéri? Et comment Joss l'a t il trouvé? et quand? ... Mais non, je ne suis pas curieux!

Ecrit par : Rouge-cerise | jeudi, 13 novembre 2008

Cher Rouge Cerise,
La curiosité est un bien joli défaut ! Comme je le suis tout autant je vais donc essayer de donner quelques indications afin de satisfaire ta curiosité.
Alors qui est Chéri ? Chéri réside en France, dans une (très) grande cité !
La rencontre ? Un pur fait du hasard (enfin au début).
Voilà! la suite?... au prochain commentaire (et si Joss le veut bien)
NB : Chéri dans la vraie vie ne parle pas de lui à la troisième personne (quoique!)

Ecrit par : Chéri | jeudi, 13 novembre 2008

une petite correction s'impose : les précédentes aventures du couple Beresford c'était pas Le Fil à la Patte (ça c'est Feydeau, mon cher...) mais bien Mon petit doigt m'a dit. J'avais beaucoup ri, mais moins que pour Le Crime..., où le souvenir d'Annie Cordy mimant la danse nuptiale du papillon continue, trois semaines après, de me faire rire. Et ces temps-ci, because pugilat et neutralisation de blog (pour ceux qui suivent) - je ris pas beaucoup...

Ecrit par : lelapingivré | dimanche, 23 novembre 2008

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