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mardi, 15 juillet 2008

Je ne suis pas son prince charmant

Il avait peut-être cru que je le serais.
 
La rencontre est intervenue rapidement, ce fut une bonne chose car les contes de fée les plus courts sont parfois les meilleurs. Il fait sans doute partie de ces gens un peu désespérés dont l'envie de croire à une belle histoire et sur laquelle projeter tous ses espoirs est plus forte que tout, apeuré par la solitude qui semble trop souvent l'étreindre et consummer ses aspirations au bonheur.
 
Alors il s’était imaginé la plus belle des histoires, aidé de petits coups de baguette magique pour arrondir les angles et embellir le décor, masquer les approximations et éluder les zones d’ombres. Il avait fait de l’avenir son rêve, un rêve dans un carrosse à deux places. Avant même notre rencontre, il tenait déjà à me présenter à ses amis, me proposait de partir en vacances avec lui… Il avait parlé de moi à sa meilleure amie, entichée du rôle de marraine. Mais les fées ne sont pas toujours de très bon conseil et elle ne l’invita pas à la prudence qui aurait pourtant été la meilleure des vertus, le plus sûr chemin à emprunter.

 

Nous avons passé une journée sympathique qui a semblé lui convenir. Il n’a cessé de promener au cours de ces quelques heures un sourire persistant et une humeur joyeuse ponctuée toutefois de quelques phrases réflexes déclamées avec la spontanéité d’un robot, signe d’une certaine nervosité sous-jacente.

 

De lieux en lieux, Rennes a offert un cadre joliment approprié au début du conte, nous proposant tour à tour un savoureux marché, un repas prometteur, une fort belle terrasse sur une place à colombage, une ballade dans les bois, un appartement agréable dans un quartier tranquille…

 

Hélas, le moment venu, j’ai pris sur moi pour endosser le rôle du méchant (la sorcière ?) et le carrosse redevint citrouille. Le chemin en commun allait s'interrompre là, parce que le charme n'a pas véritablement opéré.

 

Après une mise au point peut-être maladroite mais nécessaire, les dés furent jetés pour une conclusion qui me semblait implacable. En lui souhaitant de poursuivre sa recherche et de finir par trouver soulier à son pied…

 

Ils ne vécurent pas heureux (et n'eurent pas d’enfants !).

Commentaires

C'est amusant comme en quelques mois tu sembles avoir gagné en assurance - je ne parle pas tant de ton rapport aux mecs que de la tonalité des derniers textes.

Ecrit par : christophe | mardi, 15 juillet 2008

J'avoue que ce moment de la séparation est particulièrement pénible pour les deux. Sans doute davantage pour celui qui ne prend pas l'initiative...

Ecrit par : Nicolas Bleusher | jeudi, 17 juillet 2008

Christophe : oui, en effet, c'est vraiment ça. et c'est une bonne chose.

Nicolas Bleusher : moi je ressentais un sorte de culpabilité, pour lui ça semblait bien plus difficile...

Ecrit par : joss | jeudi, 17 juillet 2008

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