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dimanche, 04 mai 2008

Trois radis

(le titre de ce billlet est paticulièrement vendeur, j'en ai parfaitement conscience)

Dimanche matin. Je suis rentré à Angers pour ce week-end de quatre jours, c'était la première fois que je revenais chez mes parents depuis cinq semaines. Je prépare mon petit-déjeuner dans la cuisine tout en discutant avec ma mère. Mon regard finit par se poser sur un coin de table où siègent encore trois queues de radis, vestiges probables de l'hétéroclite petit-déjeuner de mon père, pris un peu plus tôt alors que je profitais encore de ma couette.

J'ai la chance (je pense que c'en est une) d'avoir des parents à la main verte, adeptes du parre-terre de fleur et surtout du grand jardin potager. J'ai donc eu une alimentation riche en légumes divers et variés que beaucoup d'autres de ma génération ne connaissent que de façon lointaine et j'ai surtout eu cette riche habitude de voir nos repas familliaux décrire l'année au rythme des saisons.

C'est curieux comme trois queues de radis ont eu le don de faire voyager mes pensées ce matin. Je crois que je n'avais jamais réalisé à quel point les radis sont une évocation du printemps dans mon esprit. Soudainement, j'ai revu défiler les samedi matins de mai de mon adolescence. Ceux que je passais à dévorer dans L'Equipe les résultats des tournois de préparation à Roland Garros...

En mai 1998, au tournois de Berlin, une certaine Amélie Mauresmo créait la surprise. Plus tôt dans la semaine elle avait battu Lindsay Davenport et l'édition du samedi relatait sa victoire de la veille en quart de finale. Il me semble bien que c'était contre Barbara Paulus (j'irai vérifier tout à l'heure). Je me souviens encore que le samedi elle pousuivrait son parcours en battant Jana Novotna avant de s'incliner en finale le dimanche face à Conchita Martinez...

Mais pourquoi est-ce que je m'en rappelle si bien ? C'était il y a dix ans (...).

Je retourne aux radis. Nos repas du samedi midi en mai, les premiers de la saison que nous prenions dans le jardin, parfois accompagnés du barbecue. Le croquant du radis et la douceur du beurre, mais c'est aussi la qualité du pain qui faisait la réussite (ou non) de cette entrée en matière alimentaire. Les radis du jardin étaient l'entrée du samedi comme la tarte aux fraises de ma mère (à la délicieuse pâte sablée) était le dessert du dimanche. Et puis il y a toutes ces choses qui y sont associées, les jours de fête des mères, les dimanches d'élection, mes allergies au pollen, quelques pic-nic sous les maronniers...

En voyant ces restes de radis sur la table en ce dimanche matin, je suis un peu triste. Il y a maintenant trois mois que j'ai quitté la maison pour m'installer à un peu plus de deux heures de route.

C'est normal et c'est la vie qui veut ça, mais ça me fait un petit quelque-chose de savoir que désormais, les radis, ils les mangent sans moi.

Commentaires

Tu es allergique au pollen toi aussi...? Un de plus !

Entre les radis, les barbecue et la tarte au fraise, tout ça devient très alléchant... quand est-ce que tu organises un dimanche de blogueurs chez tes parents...? Si je suis invité, je me tiendrai très bien, c'est promis...

Ecrit par : lancelot | dimanche, 04 mai 2008

Sympathique post printano-gastronomique!
Mon cher, rien ne t'empêche d'en manger des radis, il doit bien y en avoir dans ta ville, vendus dans des marchés sympas.
Barbecue, élection, c'est marrant comme on s'y retrouve facilement ;-)
Encore une fois merci, tu nous auras plongé dans quelques jolies rêveries .

Ecrit par : Petit-Chose | dimanche, 04 mai 2008

Comment il suffit parfois d'un rien, quelques queues de radis oubliées sur le coin d'une table, pour réveiller les souvenirs parfumés d'une enfance heureuse et insouciante ...
Trois petits radis roses ...

Ecrit par : MArC-Us | dimanche, 04 mai 2008

Quelle sensibilité!!! ça en devient tres touchant, et attachant. M'enfin meme si tu a laisser les queues de radis derriere toi, et bien toi aussi, a la maison, tu as une queue ue tu ange sans eux...(oui je sais est nul, allez je sors de mon plein gré)
Merci pour les souvenirs pleins de vies que tu partages. Perso, j suis fan!
Biz

Ecrit par : cereal_killer | mardi, 06 mai 2008

ne plus manger les radis avec ses parents ça doit être ça devenir grand...

Ecrit par : lelapingivré | mardi, 06 mai 2008

Lancelot : oui oui, moi aussi :(

Petit-Chose : c'est vrai ça, des radis je peux en trouver partout si je veux, je peux me débrouiller tout seul !!

MArC-Us : oui, hein jamais j'aurais pensé écrire un billet inspiré par trois queues de radis

Céreal Killer : Sensible, moi ?? ais pas du tout !! y a qu'à lire le billet suivant !

Lelapingivré : oui, je crois que c'est ça qu'il faut retenir.

Ecrit par : Joss | mardi, 06 mai 2008

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