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dimanche, 28 octobre 2007

Comme un baiser victorieux

C'était une fin d'après-midi, après ma journée de cours, j'étais dans le bus qui me ramenait chez moi. J'étais vers le milieu du bus, débout contre une fenêtre du côté droit. Le bus arrive au petit rond-point qui fait face à l'entrée de l'université catholique. C'est un endroit cosmopolite sorte de symbole de l'ouverture de la ville sur l'étranger. On peut y trouver toutes les langues, toutes les origines. Devant l'entrée se trouve une petite place triangulaire dont la pointe vient border le rond-point.

Comme à l'habitude les gens se croisent et défilent sur le triangle. Le Bus commence à s'écarter pour sortir du rond-point. Il y a une demi-douzaine de passants, silouhettes vétues de noir du fait de la saison encore fraîche. Des piétons traversent et obligent le bus à s'arrêter tout à côté du triangle. Et tout à coup elles sont là sur la petite place à quelques mètres du trottoir, à quelques mètres du bus.

L'une s'était approchée de l'autre rapidement. Elle avait approché son visage tout près. Si près, ça en devient étonnant.

Elles devaient avoir un peu plus de vingt ans, plutôt jolies. Le bus voyait surtout le visage de celle qui s'était approchée. Et puis comme une piqûre soudaine dans l'habitude de mon trajet quotidien, elles se sont embrassées. Le bus était toujours à l'arrêt, comme captivé par l'entorse aux règles de bonne conduite dont il était témoin. Le bus est pris au dépourvu, surpris. L'une d'elles se retourne et remarque l'étonnement qu'elle vient de susciter. Alors, heureuse de son petit effet, elle allume son plus grand sourire et se met à lever les bras en direction du bus comme pour faire partager sa joie et sa fierté.

Le bus n'avait encore jamais assisté à un baiser entre filles, ni entre garçons d'ailleurs. Il a été parcouru pas un léger murmure, il a rougi discrètement puis il a repris son chemin. Et il s'est mis à sourire.

Commentaires

Parce que je ne sais que répondre à cette jolie note, je me permets de reprendre ici quelques paroles de la célèbre chanson de Mécano...

"Alors, sous les yeux des autres
Dans la rue, elles le déguisent en amitié
L'une des deux dit que c'est mal agir
Et l'autre dit qu'il vaut mieux laisser dire.
Ce qu'ils en pensent ou disent ne pourrait rien y faire
Qui arrête les colombes en plein vol
A deux au ras du sol
Une femme avec une femme"

Ecrit par : Andesmas | dimanche, 28 octobre 2007

ça me rappelle il y a deux semaines, quand Mat' m'a embrassé sur le quai de la gare TGV d'Avignon. Mon premier baiser en public....

Ecrit par : moi et autrui | dimanche, 28 octobre 2007

je vois souvent des lesbiennes dans la rue main dans la main... elles ont quand meme plus de cou*lles que nous lol

Ecrit par : Linkiseb | lundi, 29 octobre 2007

j'ai assisté à la même scène mais j'étais à l'arrêt de bus et elles en face, assises en train de se bécoter ! et chaque semaine à la même heure j'ai assisté à ces retrouvailles de deux ados , moments volés entre deux bus ! plus récemment c'est à une scène de ménage avec rejet de sandwich et pleurs puis fuites en tous sens avec force appels de gsm ! alors, plus expansives, délurées ou suffragettes traditionnellement comme leurs mamans et grands mamans le furent pour revendiquer d'autres droits plus élémentaires?

Ecrit par : joseph | lundi, 29 octobre 2007

me rappelle les doux plaisirs de la vie de couple.... Merci joss.

Ecrit par : Damien | lundi, 29 octobre 2007

ça me rappelle un baiser donné à mon premier copain à la Fontaine des innocents (Paris)...

Ecrit par : christophe | lundi, 29 octobre 2007

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