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mardi, 02 octobre 2007

Réminiscence

C'est toujours étonnant comme des bribes de l'enfance peuvent refaire surface si rapidement. Il suffit d'une voix, d'une odeur ou parfois la combinaison des deux pour retrouver des sensations perdues mais pas toujours regrettées.

Coup de sonnette impromptu ce midi dans la maison. Les voix de l'une de mes tantes et son mari. Pas revus depuis des années. Rappelez vous, ma tante Monique, elle tenait un rôle de figurante dans l'épisode des vaches et du tobogan.

Une foule de souvenirs plus ou moins confus reviennent en pagaille. L'affaire du tobogan bien sur et puis tous ces moments passés chez eux au pays du monde rural que je fréquente beaucoup moins maintenant. Le petit bourg, le hameau, les vignes, les arsouilles (comme on dit chez moi) et les chasseurs. Les semaines de vacances passées là-bas avec mon frère. Les oeufs de ferme cuits au micro-onde (si si je m'en rappelle très bien). Le jambon Fleu*ry Michon acheté dans du plastique, je n'en avais jamais vu ailleurs, un comble au milieu de la campagne, les après-midi à jouer au tour de France avec des billes et des figurines en plastique en faisant des circuits dans le bac à sable...

Et puis le jour où j'avais pleuré parce qu'un brin de paille m'avait écorché la cheville (oui, je souffrais A-TRO-CE-MENT, quoi qu'en disent ceux qui se moquaient honteusement de moi ce jour-là). Le jour où j'avais pleuré parce que mon frère et mon cousin allaient trop vite à vélo. Le jour où j'avais pleuré parce que j'avais peur du grand chien. Le jour où j'avais pleuré parce que j'étais tombé dans la douche. Le jour où j'avais pleuré parce que ma tante me disait "si tu ne bois pas de vin, tu n'auras pas de moustaches qui pousseront". Le jour où j'avais pleuré parce que les gens riaient de moi ce qui me faisait pleurer encore plus.

Oui, revoir ma tante Monique et son mari a tendance à me donner le sentiment que j'ai passé les dix premières années de ma vie à pleurer, ce qui n'est pas totalement faux. Les choses ont bien changé depuis.

Je ne les aime pas beaucoup. Mais je ne sais pas si c'est pour ce qu'ils sont ou pour ce qu'ils me renvoient de moi, de l'époque ou je n'avais pas encore appris à me cacher. Et pourtant parfois j'aimerais être à nouveau le petit garçon qui courait dans la grande allée devant chez eux. C'était tellement plus simple.

Commentaires

Ah la joyeuse insouciance de la vie d'enfant ! Mon dieu, ça me ferait du bien, surtout aujourd'hui après le coup de fil que je viens d'avoir...

Ecrit par : Jonathan D. | mardi, 02 octobre 2007

Dans mon ancien coin, "arsouilles" désignait les enfants (petits et grands) un peu turbulents mais terriblement attachants... c'était pareil dans ton coin ? Le petit garçon qui courrait en toute innocence s'est-il vraiment évanoui à jamais ? Je parie au contraire qu'il est caché - derrière un arbre ou dans un champ de maïs - et que tu le recroiseras à l'occasion. L'occasion de très beaux sourires échangés.

Ecrit par : christophe | mardi, 02 octobre 2007

Alors, t'as fini par boire du vin ?

Ecrit par : jp | mardi, 02 octobre 2007

Jonathan >> un coup de fil qui fait évoluer (il faut voir le côté positif des choses comme on peut :-) ).

Christophe >> chez moi les arsouilles ce sont les gens qui lèvent le coude très facilement. Quant à moi, j'essaie toujours de me retrouver, petits bouts par petits bouts.

jp >> et bien oui. mais la moustache a pris son temps :-)

Ecrit par : joss | mercredi, 03 octobre 2007

C'est pour cette raison que j'ai arrêté de voir ces gens là !

Ecrit par : Cédric Darval de Bayen | dimanche, 07 octobre 2007

Cédric Darval de Bayen >> oui, ça pousse à foir les gens parfois.

Ecrit par : joss | dimanche, 07 octobre 2007

Quand on me parle de famille, je ne peux m'empêcher de penser à une chanson de Jeanne Cherhal qui dit que "la famille, ça nous crucifie"...

Ecrit par : Andesmas | dimanche, 07 octobre 2007

Ca me donne des idées de billet, tiens !
Je découvre à peine ton blog, capté chez mon ami entre2eaux et j''ai trouvé ton récit truculent ! Trucu quoi ?

Ecrit par : Fiso | mercredi, 19 décembre 2007

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