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dimanche, 09 septembre 2007

Et l'impression que la vie est injuste

C'est un dimanche un peu comme les autres. Mes parents reçoivent pour la journée certains de leurs amis que je déteste copieusement n'aime pas. Ils sont entrain de dîner alors que je suis seul à l'étage et ils en viennent sans que je sache comment à discuter des pédés.
 
Il y a des fois où je suis sidéré par tant de bêtise d'ignorance ou de connerie. Je suis dégoûté, triste, en colère. J'en rage. Je les entends rire et bavasser gaiement, eux qui bien sur ne connaissent qu'un lointain cousin qui aurait peut-être... mais qui savent visiblement tant de choses sur les pédés.
 
Cela me permet au moins de constater les progrès que j'ai fait dans mon acceptation. Il y a quelques années, ce genre de conversation me donnait envie de passer par la fenêtre. Ce soir, c'est plutôt l'un d'eux que je voudrais passer par la fenêtre. 
 
Colère  rage  frustration. 

Commentaires

Il m'arrive parfois le même genre de choses. J'ai adopté une autre réaction. Je fixe les gens avec un regard glacial. Généralement, ça les met mal à l'aise, et ils changent de conversation. Comme quoi, il suffit de peu pour leur renvoyer leur connerie en plein visage...

Ecrit par : Andesmas | dimanche, 09 septembre 2007

Joss,

En quelque temps à peine, te lire est devenu une délicieuse habitude : chaque fois, c'est un peu de gaieté et de bonheur de vivre (drôle, hein!). Mais, ce soir, je suis tétanisé.

Alors, que dire, que faire ? Respecter le silence dont tu as besoin ou te raconter certaines choses à quoi tes paroles d'aujourd'hui me font penser ? Je ne parviens pas vraiment à trancher, pourtant je vais céder à la tentation de ne pas rester bêtement là.

Je pense que tu as raison d'évoquer tes propres "progrès" sur le chemin de l'acceptation. Ce cheminement que nous avons tous fait, tes parents et leurs amis n'ont eu jusqu'à présent aucune raison de le faire ; ils n'ont donc aucune raison de faire montre de "compréhension", de délicatesse et de bienveillance. Si tu te mets cela en tête, cela devrait t'apaiser un peu.

Un jour, un de mes étudiants est venu me raconter que son frère était pédé et que cela chauffait à la maison. Cet étudiant ignorait que j'étais moi-même pédé ; pourtant, je suis longtemps resté le seul à qui, lui et sa mère indirectement, étaient venus le dire. A cette histoire, je n'ai jamais trouvé qu'une explication : ils avaient senti que je serais "accueillant". Quand, bien plus tard, je leur ai confié que j'étais moi-même comme le frérot, ils ont tiré une drôle de tête : malgré leur démarche et nos nombreuses conversations, ils n'en étaient toujours pas conscients ! C'est te dire...

Ecrit par : André | lundi, 10 septembre 2007

Ma mère m'a confié il y a quelques temps une histoire semblable... Elle était à table avec des amis de longues dates et ça s'est mis à parler sur les pédés et à sortir des blagues vaseuses et lourdes... Elle ne savait vraiment plus où se mettre (si c'était moi, j'aurai sorti en plein milieu un truc du genre "Moi aussi j'aime sucer des bites")

Ecrit par : moi et autrui | lundi, 10 septembre 2007

Il est toujours douloureux de constater que ses propres parents tombent dans ce genre de facilité.
Lorsque j'avais 15a, mon père m'a dit que s'il apprenait un jour qu'un de ses fils était pédé, il prendrait un couteau et un des deux y passerait.. Lui ou le fils pédé..
Bien des années plus tard, ayant appris que je l'étais, il me demanda candidement pourquoi je ne lui avais rien dit. Je lui ai alors rappelé ses propos, et il ne pu que me dire: "moi j'ai dit ça? quel con...". "Hin-hin", répondis-je simplement.
Et aujourd'hui, il ne vaut mieux pas critiquer un homo devant lui...

On ne comprend véritablement que ce à quoi on est confronté. Et c'est lors de cette confrontation, et nulle part ailleurs, que la vraie nature des hommes se révèle.

Mais l'important aujourd'hui, dans cette histoire, c'est toi et ton acceptation.
Car ce n'est qu'en acceptant ses choix que l'on peut les faire respecter.

Bon courage petit prince

Ecrit par : Totem 1er | lundi, 10 septembre 2007

Au fait:
Qui a dit que la vie devait être juste ? (S. Freud)

Ecrit par : Totem 1er | lundi, 10 septembre 2007

Je pense que tout pédé a déjà vécu cette scène. Selon les moments de sa vie, on rougit - ces gens dont ils parlent, dont ils rient, c'est moi -, on enrage, on ricane, etc. Je crois que les (adultes) hétérosexuels n'imaginent que très difficilement la difficulté qu'il y a à se construire dans ces conditions-là... Avec le temps - c'est-à-dire finissant par savoir que l'on est pédé - certains (c'est-à-dire, ceux qui créent le moins de difficultés) culpabilisent peut-être ou tentent de se dédouaner ("j'ai été bête", "je ne pensais pas ce que je disais"). Oui mais voilà, ils l'ont dit... J'ai pardonné tout ce que j'ai pu entendre et, à vrai dire, je n'y pense que rarement. Ou alors je me réjouis secrètement (et il n'y a pas de quoi en être fier) de cette honte-là qu'ils se traînent. Mais, intimement, il y a une rupture indépassable : ils l'ont dit et l'ont pensé, et surtout, les adultes qu'ils étaient ont quelque part échoué : non seulement ils ne m'ont pas protégé de la bêtise, mais ils l'ont véhiculé. Encore une fois, avec le temps, les relations se normalisent mais je ne suis pas certain - en ce qui me concerne - d'avoir envie de célébrer la famille.

Ecrit par : christophe | lundi, 10 septembre 2007

Comme d'habitude, j'ai étais très touché par tes propos Joss...suite a ce billet, je me suis attardé sur les commentaires, et je me suis retrouvé "tout con" devant tout ces témoignage qui m'ont carrément chambouler!!!!! Je me suis rendu compte que les commentaires étaient au final aussi bon que le texte original!!!Merci à toi pour ce blog, merci a vous de le faire vivre!!!!!

Ecrit par : cereal killer | lundi, 10 septembre 2007

J'ai pris le parti de ne plus m'asseoir à la même table que ces gens là.
J'ai fait le vide autour de moi...

Ecrit par : Shaggoo | mercredi, 12 septembre 2007

Hé hé... c'est vrai que l'on a tous entendu des phrases comme ça et que l'on continuera à en entendre... Je pense que dans un premier temps ça nous détruit, puis avec le temps, ça nous blinde, ça nous renforce. Le souci est que ces personnes, sous prétexte d'humour, pour amuser la galerie, ne réalisent pas à quel point ça peut faire mal. C'est dans cs moments là que je comprendsla notion de communautarisme gay. On se sent plus fort quand on n'est pas seul.
Bises à toi

Ecrit par : anydris | vendredi, 14 septembre 2007

Euh...

Ben en faite, j'ai envie de commenter mais tout a déja été dis (mieux que je n'aurai moi même pu le faire alors)...Donc bon disons que je compatis parce que chez moi : on les brulent!

Ecrit par : Phényx | vendredi, 14 septembre 2007

Un merci à tous de vous être manifestés. Je ne sais quoi dire, si ce n'est que ça rend plus fort de sentir qu'on n'est pas seul.

Ecrit par : joss | vendredi, 14 septembre 2007

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