dimanche, 29 avril 2007
Barrière psychologique
Depuis bientôt un an j'informe quelques personnes autour de moi au compte-goutte. J'essaie toujours d'y mettre les formes. Ne pas choquer, sans avoir l'air de m'excuser. En réponse à ma dernière "révélation" j'ai reçu un mail d'un ami qui me dit que je suis toujours son pote de plus 10 ans et que ça ne change rien. Ca m'a touché, ça m'a ému, ça m'a donné du courage, aussi. Jusqu'à maintenant tout s'est toujours bien passé. Il faut dire que j'ai toujours choisi les interlocuteurs, les moments, les façons de le dire.
Mais il reste mes parents.
Depuis maintenant six mois, je suis absent quasiment tous les week-end. Mes parents ne savent pas ce que je fais de mes week-end. Je me contente de leur dire que je vais à Nantes. Rien de plus. Pas de dialogue. Pas de question. Ils ne savent pas qui je vais voir. Ce que je fais. Où je dors (et encore moins avec qui).
J'ai parfois l'impression que la situation est totalement surréaliste. Je m'entends plutôt bien avec mes parents mais le silence reste de mise dès que l'on sort des futilités pour aborder des choses plus importantes. Il est plus facile de parler de Royal et Sarkozy que de moi. Je reste fermé. Eux aussi. Mes parents ne savent pas, en tout cas, pas que je sache. On pourrait toujours supposer qu'ils aient deviné avec le temps mais lorsque j'entends certaines réflexions faites en ma présence, il m'arrive de désespérer.
J'aimerais tant que les choses soient plus simples.
J'ai peur que ça leur fasse du mal.
Et pourtant j'aimerais le dire parce que ça devient parfois si lourd. Parce que les silences sont à chaque fois plus pesant. Parce que parfois je me sens coupable de les exclure de ma vie. Parce que le temps passe et je me demande ce qu'il pourra rester de ma relation avec eux lorsque j'aurais quitté la maison. Parce que je me sentirais plus honnête.
Mais j'ai toujours au fond cette volonté de les préserver (ou me préserver ?). Attendre. Attendre peut-être que j'aie quitter la maison, que les choses puissent se faire autrement que dans la précipitation.
Je suis au bord de la piscine et je ne sais toujours pas si je dois sauter. Je ne sais pas. Je ne sais plus.
17:25 Publié dans Un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note


Commentaires
pas facile en effet. Tu choisiras le moment opportun comme tu as fait pour les "autres". Ils comprendront, en fait non, il n'y a rien à comprendre. C'est juste toi, heureux, tel que tes parents le souhaitent.
Ecrit par : titonne | dimanche, 29 avril 2007
J'avais plutôt la même angoisse. Une situation très semblable, également, avec ce sentiment de tromper, de cacher quelque chose qui pourtant me rendait heureux. Finalement, je me suis fixé un ultimatum: une date, un moment, presque une heure, quoi qu'il arrive, quel que soient les conditions. Sinon, je savais que j'allais décider que la conversation n'était pas comme il faut, que c'était malvenu, qu'il faisait trop frais ou trop de vent, et je n'allais rien faire. Les dernières heures avant le moment prévu furent un long cauchemar, et, comme me le dira ma mère après, "c'était parce que tu avais peur de notre réaction que tu faisais la gueule pendant tout le repas?"... Evidement que oui!
Finalement, comme prévu, tout s'est bien passé, forcément, c'était presque évident mais la peur et l'angoisse font douter de tout ce que l'on sait sur ses propres parents.
Alors, si tu sens, si tu sais au fond leur réaction, décide de le dire. Fait le juste comme tu le sens, quand tu le sens.
Ecrit par : RCerise | dimanche, 29 avril 2007
Courage et confiance !
Ecrit par : fliptom | dimanche, 29 avril 2007
pareil que rouge cerise.
avant de leur dire, c'était comme un poids sur mon ventre... je voulais leur dire, mais j'appréhendais leur réaction. J'ai finalement aborder la chose assez futilement en face de ma mere.. qui a eu bcp de mal au début. Et finalement, ça passe... Voila plus d'un mois que je l'ai annoncé et je sais maintenant que j'ai moins de secret pour eux et qu'il me connaisse vraiment.
Courage, je sais que tu y arriveras, et c'est la meilleure des initations à la vie que celle de s'assumer face à ses parents !
Ecrit par : moi et autrui | lundi, 30 avril 2007
évidemment: courage;
certainement vu ton âge tes parents sont jeunes, et espèrons ouverts d'esprit, ce qui facilitera d'entendre ce que tu veux leur dire.
De toute façon ne pas attendre pour leur dire
Ecrit par : higgins | lundi, 30 avril 2007
Ne te fais pas non plus d'illusions: ils n'ont pas coché la case "nous désirons qu'il soit homo" à ta conception. Donc ce sera dur pour eux, autant que pour toi. Mais tout ira mieux avec du temps. Ca peut prendre un mois, une semaine, un an, toute leur vie. Mais l'essentiel, pour toi, mais aussi pour eux, tu peux en être persuadé, c'est que tu sois heureux, et si tu es heureux, et qu'ils le sentent/voient, alors ils accepteront, et ils comprendront. Et si être pleinement heureux passe par le fait de le leur dire, alors dis-le leur. Pour ma part, avec le recul, je regrette qu'ils l'aient su alors que je vivais encore chez eux, j'ai passé une année horrible, mais mes parents sont aussi très spéciaux dans leur genre tu peux lire le détail dans un de mes articles en plusieurs parties intitulé "Maman". Courage!
Ecrit par : martin | lundi, 30 avril 2007
Ne t'inquiète pas, tes parents le savent déjà. Du moins, ils s'en doutent, mais ne te demandent rien, par pudeur et peut-être par respect pour toi, car ils savent que ce ne sera pas facile de lâcher le morceau. S'ils ne s'en doutaient pas, crois-tu qu'ils ne te questionneraient pas un peu sur tes week-ends nantais ? Ils te charieraient bien un peu en te demandant "tu nous LA présentes quand ?". Non ?
Mes parents étaient pareils. Et je leur ai dit quand j'avais ton âge. A un moment donné, il fallait que ça sorte, même si au fond, ils n'étaient pas demandeur d'informations. Si j'avais attendu quelques jours de plus, ils ne l'auraient probablement su que beaucoup (beaucoup) plus tard. Dis-le quand tu le sens et pas quand ils te laissent une ouverture.
Et... quand ça se passe bien, ça se passe en général toujours très bien avec tout le monde. Ce qui est louche et cache bien des choses... C'est seulement maintenant que je m'en rends compte (je ne veux pas te décourager, mais les fidèles amis de 10 ans qui m'ont dit que ça ne changeraient rien, étrangement, je n'en ai plus beaucoup...).
Ta démarche, en tout cas, est positive et nous te sentons déterminé à t'assumer. Ce qui est fort, en soi.
Alors simplement : bravo !
Ecrit par : Hadrien | lundi, 30 avril 2007
Je vois que nous vivons les mêmes choses...
Je comprends de quoi tu parles quand tu exprimes ce poids (très lourd). Je suis avec mon chéri tous les week end mais mes parents pensent que je fais la fête avec mes amis, comme tous les ados...
J'ai parfois envie de tout déballer... mais je n'ose pas...
Un jour . . . peut-être
Ecrit par : Kaemon | mardi, 01 mai 2007
Comme tu vois, je fais toujours un petit tour ici, histoire de savoir ce que deviens un de mes amis...
et aujourd'hui, je ne peux pas m'empêcher de laisser un petit commentaire sur ce que je viens de lire...
moi aussi j'aurais tendance à penser que tes parents s'en doutent déjà, sinon ils te poseraient peut-être un peu plus de questions sur tes week-ends....mais peut-être te laissent-ils simplement la liberté du moment où tu ressentiras l'envie, le besoin, de leur en parler..
et puis tu sais je ne crois pas que leur annoncer que tu es heureux leur fera du mal....cela va probablement remettre en cause les projets qu'ils avaient pour toi, ce qu'ils avaient imaginé...mais il me semble que les gens qui t'aiment ne peuvent que se réjouir de ton épanouissement!
alors moi je te dirais de faire comme tu le sens, de ne pas programmer, et de leur dire ce que tu as à leur dire quand tu sentiras que c'est le moment. Cela doit sûrement être plus facile à dire qu'à faire.....alors simplement: courage!
Ecrit par : Audrey | mercredi, 02 mai 2007
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