« Dernière rentrée | Page d'accueil | Little Rentrée Sunshine »
jeudi, 21 septembre 2006
Psychologie du commentaire
J'ai lontemps été ce que j'appelle moi-même un lecteur de blog silencieux. Je me délectais des billets de Matoo ou de Se non è vero et surtout je suivais avec attention les aventures de Rouge Cerise à l'époque où il avait un autre pseudo et où j'avais l'impression de me reconnaître tant en lui. Mais je ne laissais pas de commentaires. Jamais. Deux raisons:
1- J'aimais rester discret et invisible (oui, contrairement à ce que pourrait laisser croire un commentaire laissé chez Mathieu sur les souvenirs d'églises, j'aime être dans l'ombre ;-) ). Et puis, surtout, commenter sur un pédéblog, c'est laisser une première trace...
2- Les blogueurs et ceux qui les commentent avaient l'air de se connaître si bien. Ils semblaient être une bande d'amis. Pour moi, commenter, c'était me taper l'incruste dans un endroit où je n'avais pas été invité.
3- (Oui parce qu'en fait, il y a une troisième raison, elle vient tout juste de débarquer dans ma p'tite tête...). Je crois que je n'avais rien à dire d'intéressant. Rien de plus que ce qui se disait déjà, je n'avais rien à apporter et puis ils avaient déjà tant de commentaires que ma modeste contribution n'aurait pas valu grand-chose. En plus, ils écrivaient tellement bien, je me sentais incapable d'écrire quelque chose qui serait à la hauteur.
Et puis un jour, je ne sais plus trop pourquoi. J'ai commenté, mon premier commentaire, tout tremblant au moment du dernier clic (oui, je sais ça va paraître ridicule à ceux qui ne se posent pas de questions comme moi). C'était chez Rouge Cerise. Un commentaire discret sur un billet qui datait déjà un peu, comme ça j'étais d'autant plus sûr de ne pas trop attirer l'attention. Pour moi, c'était déjà un grand pas (oui, même moi, je trouve ça ridicule aujourd'hui), plus important même que d'ouvrir mon propre blog.
Aujourd'hui, j'ai plus de facilité, et pourtant. Parfois il m'arrive de rester planté un quart d'heure devant un billet qui me plaît : est-ce que je commente ? qu'est-ce que je dis ? est-ce que ça va pas paraître trop niais ? est-ce que je vais être bien compris ? est-ce que j'ajoute un truc entre parenthèse ? (bah oui, évidemment, un commentaire de moi sans parenthèses, c'est rare, une vraie pièce de collection). Beaucoup de doutes et d'hésitations. Et c'est très con. Alors si un lecteur de blog silencieux passe par là, c'est ici l'occasion de se manifester même dans six mois (ou plus) (bon, et puis les autres, ne vous privez pas, bien sur ;-) ).
17:15 Publié dans Psycho-blogo-logie | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note


Commentaires
Hello, bien analyser la "peur" du commentaire.Difficile de se lacher, sans auparavant avoir fait "toc toc, je peux entrer,je ne vous dérange pas".En tout cas content que mon commentaire sur le blog de Martin t'es fait rire.Aller j'ose je clic sur envoyer.
Ecrit par : Christophe | jeudi, 21 septembre 2006
Si tu savais le nombre de commentaires idiots que j'ai pû laissé par le passé sur un blog ou un autre... et ceux à venir !
Parfois, sur des blogs sérieux qui traitent de choses graves, tu ne sais pas quoi dire ( chez Pascal / Contre le cancer , par exemple ). Tu aimerais encouragé, mais tu te sens impuissant...
Enfin, pour toi maintenant, dis-toi que tu fais partie de la bande d'amis, qu'on aime que tu commentes et que tu ne seras jamais ridicule !
Ecrit par : Martin | jeudi, 21 septembre 2006
Me voilà devant cet espace à remplir.
Je dirai qu'il n'est jamais facile de noter un premier commentaire sur le blog de quelqu'un qu'on ne connait pas encore (c'est exactement ce que je fais en ce moment). C'est vrai qu'il y existe une sorte de complicité entre le blogueur et les commentateurs habituels.
Alors voilà, cette fois je tape l'incrust...
Pour ma part, j'ai commencé à bloguer avant de commenter et aujourd'hui encore, je redige peu de commentaires sur les blogs que je lis presque quotidiennement.
Je crois tout simplement qu'on n'a pas toujours quelque chose de pertinent à dire.
Ca doit etre mon cas en ce moment.
Aller... Je sors
Ecrit par : Michael | jeudi, 21 septembre 2006
Moi vu les fautes d'accord que j'ai faites, j'aurais dû sortir avant de commencer... mon dieu que j'ai honte !
Ecrit par : Martin | jeudi, 21 septembre 2006
Je fais toujours du spontané.
Ceci expliquant cela ;)
Ecrit par : Mathieu | jeudi, 21 septembre 2006
C'est drôle cette peur de commenter, je ne la ressens pas beaucoup moi. Mais une fois qu'on est lancé, c'est vrai qu'on est finalement de moins en moins inhibé. Mais bizarrement, autant je suis incapable d'aller accoster quelqu'un que je ne connais pas dans une soirée, autant laisser un commentaire ou même un mail est naturel... ;-)
Ecrit par : Matoo | vendredi, 22 septembre 2006
@ matoo : "C'est drôle cette peur de commenter, je ne la ressens pas beaucoup moi." tu m'étonnes ! tu es un bavard, toi !
@ l'auteur : dis-toi que les commentaires sont souvent plus intéressants que le texte lui-même.
Ecrit par : nicolas | vendredi, 22 septembre 2006
"à l'époque où il avait un autre pseudo et où j'avais l'impression de me reconnaître tant en lui. " >> parce que maintenant, non? En meme temps, je comprend, mon blog est devenu assez nul et consensuel. Bref.
Je comprend parfaitement la peur du commentaire. Je n'aime pas moi meme en laisser partout. C'est lié aux caractères de chacun, je pense. Quelqu'un qui n'est pas très spontané dans la vie ne le sera pas forcément plus sur internet.
Ecrit par : RCerise | vendredi, 22 septembre 2006
@ Christophe : merci, j'espère bien avoir d'autres commentaires à l'avenir.
@ nicolas: oui, c'est vrai, je suis bien d'accord.
@ Martin : les fautes je m'en fous (pour être honnête, je les avais pas vu avant que tu ne le dises ;-) )
@ Michael : merci pour l'incruste. Si si c'était pertinent. (en fait, pertinent c'est le mot que je cherchais pendant tout le temps où j'ai rédigé ce billet, et je ne l'ai jamais trouvé...)
@ Mathieu : t'as bien raison (y a même des fois où j'arrive à faire pareil) (bon, pas souvent, mais j'essaie)
@ Matoo : oui, on se doute (un peu) que toi tu ne ressens pas la peur de commenter ;-)
@ RCerise : mais, non, ton blog m'intéresse toujours autant ! C'est juste qu'aujourd'hui, j'ai moins "besoin" de lire les histoires de gens auxquels je peux essayer de m'identifier.
Ecrit par : Joss | vendredi, 22 septembre 2006
Ca te réussi pas trop mal ;)
Ecrit par : Mathieu | samedi, 23 septembre 2006
J'ai éprouvé les mêmes scrupules que toi au début. Laisser un commentaire sur certains blogs est intimidant, je ne parle pas des "skyblogs" mais des "vrais" blogs, qui paraissent plus sérieux, mieux écrits, plus construits...
Vu de l'extérieur, on a l'impression d'arriver en retard, que tout le monde se connaît déjà, qu'ils ont des private jokes.
Et puis on se lance...
Et puis un jour, sur son propre blog, on a une vraie fierté - ou, plus exactement, un plaisir sincère - à lire un commentaire posté par un auteur que l'on lit par ailleurs...
Ecrit par : Tomdom | vendredi, 29 septembre 2006
Tiens, plus d'un an après, j'ai envie de te faire ici un commentaire 'non silencieux'
Elle me plaît beaucoup ta note, je me suis totalement retrouvé dedans (l'angoisse au moment de cliquer pour envoyer son 'premier' enfant, et c'est vrai que c'est plus impressionnant même que d'ouvrir son propre blog, parce qu'ouvrir son blog, on a eu longuement le temps d'y réfléchir, et de mûrir la décision. Un commentaire, on ne réfléchit pas 20 ans avant de venir l'écrire).
Et puis le côté "on se tape l'incruste" au milieu d'une bande de copains qui se connaissent déjà, c'est vrai aussi. On a toujours peur de se faire mal voir.
En plus mon premier commentaire était très critique et "acide" mais je n'avais pas pu me retenir. Le fait de bloguer m'a aussi appris ça (un peu) : mettre de la retenue dans mes propos (enfin, pas trop non plus).
Ecrit par : lancelot | samedi, 13 octobre 2007
Ecrire un commentaire