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samedi, 09 septembre 2006

Mea Culpa

(Voici mon premier vrai post, il est long, en plus, c'est pour les courageux, les motivés)

Je suis désormais à la tête d'un média qui me permet de parler à la Terre entière (même si la Terre entière ne m'écoute pas, pas encore) et je crois qu'il est temps de faire une chose que j'aurais du faire il y a bien longtemps. Des excuses, publiques.

Les faits remontent à mes années de CE1 et CE2 (septembre 1990 à juin 1992) (Oh la vache, ça fait loin, on pourrait presque dire qu'il y a prescription). Durant ces deux années, j'ai eu la même instit', Mme A. Moi je la trouvais très bien, Mme A., mais elle avait une habitude à l'origine de tout ce qui va suivre. Elle punissait des élèves au cours de la journée mais attendait la fin d'après-midi, le moment où l'on notait les devoirs pour le lendemain, pour déterminer la sentance exacte (souvent, recopier un paragraphe qu'on avait lu dans la journée).

Tout se passait normalement jusqu'au jour où, après avoir ajouté un nouveau nom sur la liste noire des punis, elle ajouta : "Il faudra que vous m'y fassiez penser ce soir", parce qu'il lui arrivait d'oublier.

Le mal était fait. Car elle ne savait pas sans doute à quel point j'étais assoiffé de justice et de respect de l'ordre établi. Cette remarque n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd, oh là non. A partir de ce jour, à chaque fin de journée, dans les cinq dernières minutes, je me tenais prêt à bondir pour parer au moindre oubli de sa part. Et cela arrivait, parfois. Alors, heureusement, je brandissais fièrement mon bras droit (celui de la justice, ça va de soi) pour rappeler que untel, untel (et unetelle, aussi) figuraient sur la liste des condamnés au paragraphe et ainsi assurer qu'ils auraient bien à repondre de leurs actes répréhensibles du jour (des trucs horribles du genre deux mots à son voisin, rire bêtement sans raison valable ou encore, comble de la mauvaise éducation, bailler sans mettre la main devant sa bouche).

C'est étonnant, moi je connaissais à chaque fois la liste sur le bout des doigts (pas besoin de prendre des notes) et, bien évidemment, je n'y figurais jamais.

Et les jours s'écoulaient paisiblement de la sorte. C'était devenu un acte rituel auxquels même les habitués de la puniton semblaient s'être résignés. Mme A. se montrait plutôt reconnaissante de mes interventions. C'est étonnant mais pas une seule fois je n'ai eu de remarques de la part des autres élèves qui auraient voulu me chercher quelques griefs. J'étais juste dans le rôle de l'assistant punisseur qui veillait au bon fonctionnement de la règle. Et pourtant (si si je vous assure) je cherchais pas du tout à être le chouchou de la prof.

Et puis un jour, je ne sais plus pourquoi, je parlais à la maison avec mon frère et ma mère de punitions scolaires. Et, bizarrement, je me suis mis à leur parler de cette habitude que j'avais prise.

Regard ahuri de ma mère : "mais c'est pas possible que tu fasses ça !". En un instant, je vois défiler devant mes yeux de neuf ans toute cette colère qui a pu habiter les punis. Et j'ai honte. Quelques jours plus tard, à une réunion de parents d'élèves ma mère s'arrange pour discuter à l'écart avec Mme A. et excuser mon comportement. Réponse de Mme A. "Oh non, il ne fait pas ça sur un ton génant, pas du tout". Du jour au lendemain, j'ai cessé cette habitude, malheureusement, la fin d'année était trop proche pour que cela se remarque.

Aujourd'hui, je voudrais donc dire à toutes les victimes de mon extrémisme punitif que je m'en veux vraiment beaucoup beaucoup beaucoup. Bizarrement, je n'ai gardé aucun contact avec ces gens (comme c'est malheureux).

Le bon côté de tout ça c'est que ça m'aura fait un sujet de post. Alors au bout du compte, je sais pas si regrette tant que ça. Un avis sur la question ?

Commentaires

Hihi, je suis morte de rire devant ton anecdote. Ce n'était pas à toi de faire régner la justice mais à ta maîtresse de noter consciencieusement les noms des punis.
As-tu fait 10 ans de thérapie pour t'en remettre ?

Écrit par : Aventurine | samedi, 09 septembre 2006

on a trouvé la Nelly Oleson de la Blogosphère, warf warf !!!

jolie histoire...

Écrit par : nicolas | dimanche, 10 septembre 2006

sors de ce corps nicolas sarkozy !

Écrit par : fcrank | lundi, 11 septembre 2006

C'est trop mignon ! J'adore comment tu racontes ça !

Fayot, va ;-p

Écrit par : Antinoüs | jeudi, 16 novembre 2006

C'est d'une puterie sans borne, j'adore, je n'aurai jamais eu le courage que tu as eu.

Bravo !

Écrit par : Ganymède | jeudi, 05 avril 2007

imaginer le pti Joss en assistant punisseur me réjouit à un point que je ne saurais dire !... (même 5 ans après !)
(putain, t'étais à l'école primaire que j'entrais au lycée. Gââmin...)

Écrit par : vincent | jeudi, 28 avril 2011

Vincent : mais j'oeuvrais uniquement pour le bien et la justice !

Écrit par : joss | dimanche, 01 mai 2011

Les commentaires sont fermés.